background preloader

Revue de presse

Facebook Twitter

Sombre Rivière de Lazare. Photo jean-Louis Fernandez Depuis ses tout premiers textes, Lazare questionne le présent, son présent, notre présent qu’il ne sépare jamais de ce qui fût son histoire, notre histoire.

Sombre Rivière de Lazare

Il ne cesse d’interroger le passé pour mieux comprendre aujourd’hui, faisant parler vivants et morts, nous entraînant dans le monde trouble des secrets qui finissent par se révéler. Son écriture sait rendre poétique la langue orale de ceux qui ne maîtrisent pas la langue « savante », de ceux qui vivent dans les marges d’une société cabossée. Avec Sombre Rivière, titre d’un standard de blues, c’est dans la musique et le chant que nous entraînent Lazare et ses compagnons de route pour dire tout à la fois la violence trop actuelle du monde et la force des songes. Critique : “Sombre Rivière” au Nouveau Théâtre de Montreuil. Dans ce capharnaüm mené tambour battant pendant deux longues heures, Lazare est interprété par trois comédiens (Julien Villa, Mourad Musset et Olivier Leite) qui représentent autant de facettes de sa personnalité (le Français, l'Arabe, et l'artiste qui ne trouve le courage de subir les circonstances que dans l'alcool) entourés par un chœur qui personnifie son entourage.

Critique : “Sombre Rivière” au Nouveau Théâtre de Montreuil

En suivant le fil d'une pensée chaotique qui va et vient en permanence entre différentes idées sans leur trouver d'articulation logique, Lazare convoque les massacres de Paris et Nice aux côtés de ceux de Guelma et Sétif, fait référence à ses œuvres antérieures, invoque le fantôme du Général Bugeaud, le souvenir de la dramaturge Sarah Kane (dramaturge britannique qui, avant lui, avait exposé sur scène la violence de notre monde), fait appel à Dieu, aux migrants, aux Arabes Bisounours… "Sombre rivière", le dramaturge Lazare se gondole sur la corde raide.

© Jean-Louis Fernandez Sombre rivière ouvre sur une évocation des attentats de 2015 et 2016.

"Sombre rivière", le dramaturge Lazare se gondole sur la corde raide

Les mots djihad, Daesh, islam ne sont jamais prononcés. Lazare ne se livre pas à un réquisitoire. Aux idéologies mortifères ou à la haine, il oppose l’amour, l’humour, l’autodérision, une inépuisable vitalité et la force irrépressible de l’imaginaire. Dans “Sombre Rivière”, Lazare et sa compagnie Vita Nova chantent pour mieux voir l’avenir. «Sombre rivière» par Lazare et Cie: un sublime bazar chanté, dansé et joué! En ces temps de déprime et de peur où la Marine nous sort par les narines, où le Macron nous bouffe les rognons, où le Mélenchon et le Hamon jouent aux cons, où le Fillon montre son vrai visage d’Harpagon poltron, et où le Hollande glande, v’là que déboule un puissant contre-feux, une marmite explosive mettant sous pression les vents de l’Histoire, la grande et la petite jouant au coude-à-coude.

«Sombre rivière» par Lazare et Cie: un sublime bazar chanté, dansé et joué!

Voici que surgissent Lazare et son scenic band, des loustics en surmultipliés, à la fois musicos, tchatcheurs, rappeurs, slameurs, danseurs de tout, acteurs à tout va et activistes porte-parole du poète. Une langue, un univers. Sombre Rivière, théâtre emporté. "Sombre rivière" :Lazare connait la musique ! Diatribe en lit mineur. Son écriture sait rendre poétique la langue orale de ceux qui ne maîtrisent pas la langue « savante », de ceux qui vivent dans les marges d’une société cabossée.

"Sombre rivière" :Lazare connait la musique ! Diatribe en lit mineur

Avec Sombre Rivière, titre d’un standard de blues, c’est dans la musique et le chant que nous entraînent Lazare et ses compagnons de route pour dire tout à la fois la violence trop actuelle du monde et la force des songes. Se souvenant de Rainer Werner Fassbinder interviewant sa mère dans son film L’Allemagne en automne, Lazare écrit Sombre Rivière s’inspirant de deux conversations téléphoniques, une avec sa mère, l’autre avec un ami dramaturge pour parler de cette violence qui nous enserre et nous rend peureux et sans défense. Ces deux textes, où l’on n’entend que la parole d’un des correspondants et où l’on devine dans les silences celle de l’interlocuteur, permettent à Lazare de poursuivre son chemin sur la voie d’un théâtre où « la musique est une respiration de l’écriture ».

Sombre Rivière, texte et mise en scène de Lazare. Crédit Photo : Jean-Louis Fernandez Sombre Rivière, texte et mise en scène de Lazare, artiste associé au Théâtre National de Strasbourg Sombre Rivière, dernière création de Lazare, s’annonce comme la clôture des spectacles précédents, dessinant dans le même temps une ouverture vers un nouveau cycle.

Sombre Rivière, texte et mise en scène de Lazare

Ce théâtre en marche a sa cohérence : les massacres de Sétif et Guelma en 1945 en Algérie inspirent les récits de Passé – je ne sais où, qui revient, tandis que la crise des banlieues françaises se glisse dans Au Pied du mur sans porte et la Guerre d’Algérie dans Rabah Robert – touche ailleurs que là où tu es né. Le matériau de Sombre Rivière évoque les blessures de la séparation entre Français dits « de souche » – expression honteuse qui rappelle la séparation grotesque du noble et du bourgeois dans George Dandin –, qui se pensent habilités à « dominer » les Français issus de l’immigration, selon les restes d’une triste histoire coloniale.