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Le lavage de cerveaux en liberté, par Noam Chomsky. Commençons par la question des médias.

Le lavage de cerveaux en liberté, par Noam Chomsky

En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ? Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique.

Est-ce les soviets ? Vivre en troupeau en se pensant libres, par Dany-Robert Dufour. L’individualisme n’est pas la maladie de notre époque, c’est l’égoïsme, ce self love, cher à Adam Smith, chanté par toute la pensée libérale.

Vivre en troupeau en se pensant libres, par Dany-Robert Dufour

L’époque est à la promotion de l’égoïsme, la production d’ego d’autant plus aveugles ou aveuglés qu’ils ne s’aperçoivent pas combien ils peuvent être enrôlés dans des ensembles massifiés. Et c’est bien d’ego qu’il s’agit, puisque les gens se croient égaux alors qu’en réalité ils sont passés sous le contrôle de ce qu’il faut bien appeler le « troupeau ». Celui des consommateurs, en l’occurrence. Vivre en troupeau en affectant d’être libre ne témoigne de rien d’autre que d’un rapport à soi catastrophiquement aliéné, dans la mesure où cela suppose d’avoir érigé en règle de vie un rapport mensonger à soi-même.

Et, de là, à autrui. Mais quelle est la nécessité de ce mensonge ? La télévision est avant tout un média domestique, et c’est dans une famille déjà en crise qu’elle est venue s’installer. Ces aspects sont connus. Médias français, une affaire de familles, par Marie Bénilde. En 1936, le Front Populaire a libéré la Banque de France de la tutelle des 200 familles qui dominaient son assemblée générale.

Médias français, une affaire de familles, par Marie Bénilde

Une sorte de démocratie capitalistique fut instaurée en donnant le droit de vote aux 40 000 porteurs d’actions que comptait alors la France. Soixante-sept ans plus tard, faut-il espérer un nouveau Front populaire pour affranchir l’économie française de l’emprise de fortunes familiales singulièrement présentes dans les médias ? De fait, loin du nouvel âge du capitalisme qu’était censée produire la mondialisation des marchés financiers, ce début de XXIe siècle est marqué par la perpétuation de positions patrimoniales bien assises dans la presse, la télévision ou la radio.

Cette situation conforte l’adhésion de la collectivité à un système de valeurs quasi dynastique sur lequel se fonde la légitimité de l’héritier. L’économie française se caractérise par l’importance de son capitalisme familial. Taille de l’article complet : 2 304 mots. Vous êtes abonné(e) ? Médias en crise, par Ignacio Ramonet. Rien ne symbolise mieux le désarroi de la presse en France, confrontée à une baisse alarmante de sa diffusion, que la récente disposition du quotidien Libération, jadis maoïste, à favoriser la prise de contrôle de 37 % de son capital par le banquier Edouard de Rothschild...

Médias en crise, par Ignacio Ramonet

Il y a peu, le groupe Socpresse, qui édite quelque 70 titres dont Le Figaro, L’Express, L’Expansion et des dizaines de journaux régionaux, a lui-même été acquis par un fabricant d’armes, M. Serge Dassault. Et l’on sait qu’un autre industriel de l’armement, M. Arnaud Lagardère, possède déjà le groupe Hachette (1), qui détient quelque 47 magazines (dont Elle, Parents, Première) et des quotidiens comme La Provence, Nice-Matin ou Corse-Presse. Le principal groupe indépendant de presse écrite, La Vie-Le Monde, a lui-même connu récemment d’importants soubresauts, et en particulier la démission du directeur de la rédaction du Monde.

La chute touche désormais la presse de référence. Ici et là, des titres disparaissent. Face à l'ordre médiatique, par Henri Maler. La contestation de l’ordre médiatique gagne un nombre croissant de pays.

Face à l'ordre médiatique, par Henri Maler

Elle prend pour cibles la concentration des médias, la prostitution de l’information et de la culture aux marchés financiers. En France même, depuis plusieurs années, les réunions publiques se multiplient. Chaque semaine, les salles sont presque toujours pleines, les débats fiévreux. Au cœur des mobilisations contre les régressions néolibérales, les médias de la morgue et du mépris social sont pris à partie. Simultanément, les actions contre la pollution publicitaire de l’espace public mettent en question l’emprise des annonceurs sur l’espace médiatique (lire L’« antipub », un marché porteur).

De cette contestation multiforme, les médias dominants préfèrent ne rien savoir. Et force est de constater qu’ils bénéficient de silences complaisants. Taille de l’article complet : 1 176 mots. Vous êtes abonné(e) ? Connectez-vous pour accéder en ligne aux articles du journal. Vous n'êtes pas abonné(e) ? Accès sans abonnement. Scanner les cerveaux pour mieux vendre, par Marie Bénilde. En octobre 1919, la légende raconte que Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, aurait rendu visite au physiologiste Ivan Pavlov pour savoir en quoi ses travaux sur les réflexes conditionnés pouvaient contribuer à la conception de l’« homme nouveau » que les bolcheviks s’employaient alors à façonner.

Scanner les cerveaux pour mieux vendre, par Marie Bénilde

Le savant aurait pu servir la propagande du régime en associant, par voie de stimuli extérieurs, des pulsions instinctives à des automatismes de transformation collective. Pavlov ne fut en réalité d’aucun secours aux bolcheviks, mais cette anecdote, vraie ou fausse, illustre un fantasme qui a habité le XXe siècle : celui d’une prise de possession des esprits par la manipulation de l’inconscient. Ce qui permettrait de venir à bout de toutes les résistances que le simple usage de la raison critique peut entraîner. Les sociétés démocratiques ont banni de leur langue commune ce mot de « propagande », assigné aux seuls régimes totalitaires. Taille de l’article complet : 2 338 mots. Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch) : évolution depuis 2004. En novembre 2007, le magazine Forbes a publié la liste des 25 hommes d’affaires les plus puissants de la planète : Rupert Murdoch est classé en deuxième position.

Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch) : évolution depuis 2004

Pas d’inquiétude donc pour notre nouveau « Citizen Kane » qui se définit lui-même comme « un tyran milliardaire » [1]. Son groupe reste un géant mondial des médias, le 3ème après Time Warner et Disney, il est évalué à plus de 70 milliards de dollars (48 milliards d’euros) ; son chiffre d’affaires est de 23,8 milliards de dollars dont 22,4% proviennent de la télévision (câble 11,3%, satellite 9,7%), magazines 4,5%, journaux 17%, édition 5,5%, My Space et Scout.com 4,7%, films 24,9%. Bénéfices : 3,4 milliards de dollars [2]. L’empire en 2002 était déjà florissant, comme on peut le vérifier en lisant ici même « Le Groupe News Corp. en 2002 ». On peut reconnaître cette qualité à Murdoch : il a du flair et une capacité certaine à repérer les affaires juteuses. 2005. 2007. 2007.

Dans la famille Murdoch, demandez le fils ! « Bienvenue chez les puissants » : C’est Le Monde qui se charge de l’accueil. Pendant le mois d’août, donc, Le Monde a publié une série d’articles intitulée « Lieux de pouvoir, Bienvenue chez les puissants ».

« Bienvenue chez les puissants » : C’est Le Monde qui se charge de l’accueil

Les lieux investis étaient le premier vol CityJet du lundi matin entre Paris et Londres, l’hôpital militaire des Armées du Val de Grâce, une fête luxueuse entre riches vignerons du bordelais, le club le Siècle, le cabinet d’une acupunctrice couru par le Tout-Paris, l’aéroport du Bourget et ses jets privés à l’heure de pointe des départs en week-ends, le dernier étage du siège de TF1, le golf de Spérone en Corse, haut lieu de villégiature chic, et, enfin, une réunion de l’EBG 500, sorte de Rotary pour affairistes de la net économie [1]. Le titre (trompeur) de la série - « Lieux de pouvoir » - pourrait laisser penser qu’elle propose une enquête qui investit les endroits propices à l’exercice effectif du pouvoir et tente d’expliquer la convergence concrète entre le lieu cité et l’expression d’une puissance économique, politique ou médiatique. Mathias Roux. Les médias déconsidérés pondent dans Internet. par Vladimir MARCIAC.

Merci pour l’article, je me suis bien marré !

Les médias déconsidérés pondent dans Internet. par Vladimir MARCIAC

Vraiment trés bien écrit bravo Je me permet de poster un article que j’avais écrit il y a un an en revenant de la conférence pour le lancement de Mediapart, ainsi qu’une réponse qui m’avait été envoyé par une journaliste de Mediapart. a+ — Mediapart ou le journalisme parisien numérisé par Clemsos, le 02 fev 2008 Boulevard St-Germain-des-Prés, dans le forum de la FNAC "Digitale". Une cinquantaine de cinquantenaires assis sur des chaises pliantes, dont une quarantaine de journalistes parisiens et quelques étudiants d’écoles de journalisme. Devant eux, confortablement installé dans de gros fauteuils, deux anciens du Monde, présente leur nouveau projet de site d’information micro à la main.

Les gens se regardent, se reconnaissent, se sourient. Les gens trépignent d’impatience, le speech commence, petits rires et boutades et même sérieux quand il le faut. L’audience oscille entre stupeur et ravissement (Internet, c’est le monde de demain !) Bonjour, L'information et l'idéologie. par Serge CHARBONNEAU. Idéologie : Un système d’idées, de croyances, de doctrines propres à un groupe social.

L'information et l'idéologie. par Serge CHARBONNEAU

Une vision bien précise du monde, de la réalité. Nous sommes tous, qu’on le veuille ou non, à des degrés divers, d’une certaine façon, « idéologues ». C’est-à -dire que nous voyons les choses à travers nos perceptions, nos idées, nos convictions, bref nous avons tous des lunettes qui nous colorent la réalité. L’objectivité dans l’analyse des événements est un but à atteindre.

Nous devons être conscients que nos opinions peuvent teinter notre perception des choses et de la réalité. C’est un métier bien difficile. On peut penser à ce regretté Louis Martin de Radio Canada. Radio Canada fut, à une époque, un chef de file exemplaire pour la qualité de son information grâce à la qualité professionnelle de ses journalistes et de ses communicateurs hors pair. L’information était "non-éditoriale". Qu’en est-il aujourd’hui ? Radio Canada, comme bien d’autres, semble avoir perdu de sa rigueur. Référendum irlandais sur Lisbonne : l’UE pris en flagrant délit de mensonge. Autres articles Le quotidien irlandais, Daily Mail, a révélé le lundi 14 avril, un plan« qui montre comment les ministres préparent une campagne délibérée de désinformation afin de faire gagner le ‘oui’ au Traité de Lisbonne lors du vote référendaire imposé par la Constitution. ». Le Daily Mail rend public un courriel adressé par Elizabeth Green, une diplomate britannique de haut rang basée à Dublin, au gouvernement britannique, après sa rencontre avec un haut responsable du ministère irlandais des Affaires étrangères, Dan Mulhall.

Ce courriel, rapporte le Mail, « était destiné à montrer à ses maîtres politiques à Londres, toutes les mesures que le gouvernement était prêt à prendre ici afin d’assurer un vote Oui au référendum ». Voici quelques extraits de cet article. « L’Irlande est le seul Etat membre de l’Union européenne qui autorise ses électeurs à donner leur avis sur le Traité, et les chefs d’Etat sont visiblement terrifiés à l’idée qu’ils puissent le rejeter. Les jeux vidéo, nouveau terrain d'entraînement des armées. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Laurent Checola et David Kalfa Les yeux rivés sur leurs ordinateurs, des experts du Pentagone scrutent la situation à Bagdad.

Faut-il, comme le préconisent les forces de la coalition sur place, détruire une vieille centrale électrique de la ville ? Quelles en seraient les conséquences pour les 3 000 insurgés retranchés dans les bâtiments avoisinants et pour la population locale ? Cette situation plausible en Irak n'est pourtant pas réelle. Les soldats américains s'exercent à la gestion de crise sur un terrain virtuel. Au XIXe siècle, l'état-major prussien utilisait déjà des jeux de plateau pour définir ses stratégies.

Les simulations militaires ne se limitent plus désormais au simple jeu de tir : elles se déclinent et se spécialisent, pour mieux correspondre aux besoins des armées. Les développeurs de jeux ont compris qu'il s'agissait d'un marché fructueux. Pourquoi les armées se prennent-elles autant au jeu ? Psychologie et manipulation des masses (première partie) Edward Bernays L’étude systématique de la psychologie des foules a mis au jour le potentiel qu’offre au gouvernement invisible de la société la manipulation des mobiles qui guident l’action humaine dans un groupe.

Trotter et Le Bon d’abord, qui ont abordé le sujet sous un angle scientifique, Graham Wallas, Walter Lippmann et d’autres à leur suite, qui ont poursuivi les recherches sur la mentalité collective, ont démontré, d’une part, que le groupe n’avait pas les mêmes caractéristiques psychiques que l’individu, d’autre part, qu’il était motivé par des impulsions et des émotions que les connaissances en psychologie individuelle ne permettaient pas d’expliquer.

D’où, naturellement, la question suivante : si l’on parvenait à comprendre le mécanisme et les ressorts de la mentalité collective, ne pourrait-on pas contrôler les masses et les mobiliser à volonté sans qu’elles s’en rendent compte ? Edward Bernays La deuxième partie de cet article sera publiée mardi prochain . « Storytelling » : ces histoires que construit le pouvoir. Avec « Storytelling », Christian Salmon signe un essai décapant sur la nouvelle « arme de distraction massive », devenue grâce à la mondialisation et à la férocité cynique des communicants, l’arme de destruction rêvée du marché : quand « l’art de raconter des histoires » devient l’art de « formater les esprits » pour les aliéner. Ce n’est pas de la fiction : le « storytelling » manage le monde depuis les années 90.

Entretien. Dans un monde où le rapport au réel oscille majoritairement entre téléréalité et chaînes tout-info, la fiction semble devenue une norme sous-jacente, un besoin, une échappatoire. De nos jours, un roman ou une série télé fonctionnent surtout s’il est « vrai » (dilemme pour les éditeurs). Aujourd’hui, un discours politique ne touche que s’il apparaît comme une histoire héroïque plutôt que comme une litanie (Graal de tous les communicants politiques). « Les marques s’attribuent les pouvoirs qu’avant on cherchait dans la drogue » Eux, c’est « l’empire ».