Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ? Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. Le lavage de cerveaux en liberté, par Noam Chomsky

Le lavage de cerveaux en liberté, par Noam Chomsky

Vivre en troupeau en se pensant libres, par Dany-Robert Dufour L’individualisme n’est pas la maladie de notre époque, c’est l’égoïsme, ce self love, cher à Adam Smith, chanté par toute la pensée libérale. L’époque est à la promotion de l’égoïsme, la production d’ego d’autant plus aveugles ou aveuglés qu’ils ne s’aperçoivent pas combien ils peuvent être enrôlés dans des ensembles massifiés. Et c’est bien d’ego qu’il s’agit, puisque les gens se croient égaux alors qu’en réalité ils sont passés sous le contrôle de ce qu’il faut bien appeler le « troupeau ». Vivre en troupeau en se pensant libres, par Dany-Robert Dufour
Médias français, une affaire de familles, par Marie Bénilde Médias français, une affaire de familles, par Marie Bénilde En 1936, le Front Populaire a libéré la Banque de France de la tutelle des 200 familles qui dominaient son assemblée générale. Une sorte de démocratie capitalistique fut instaurée en donnant le droit de vote aux 40 000 porteurs d’actions que comptait alors la France. Soixante-sept ans plus tard, faut-il espérer un nouveau Front populaire pour affranchir l’économie française de l’emprise de fortunes familiales singulièrement présentes dans les médias ? De fait, loin du nouvel âge du capitalisme qu’était censée produire la mondialisation des marchés financiers, ce début de XXIe siècle est marqué par la perpétuation de positions patrimoniales bien assises dans la presse, la télévision ou la radio.
Rien ne symbolise mieux le désarroi de la presse en France, confrontée à une baisse alarmante de sa diffusion, que la récente disposition du quotidien Libération, jadis maoïste, à favoriser la prise de contrôle de 37 % de son capital par le banquier Edouard de Rothschild... Il y a peu, le groupe Socpresse, qui édite quelque 70 titres dont Le Figaro, L’Express, L’Expansion et des dizaines de journaux régionaux, a lui-même été acquis par un fabricant d’armes, M. Serge Dassault. Et l’on sait qu’un autre industriel de l’armement, M. Arnaud Lagardère, possède déjà le groupe Hachette (1), qui détient quelque 47 magazines (dont Elle, Parents, Première) et des quotidiens comme La Provence, Nice-Matin ou Corse-Presse. Médias en crise, par Ignacio Ramonet Médias en crise, par Ignacio Ramonet
Face à l'ordre médiatique, par Henri Maler La contestation de l’ordre médiatique gagne un nombre croissant de pays. Elle prend pour cibles la concentration des médias, la prostitution de l’information et de la culture aux marchés financiers. En France même, depuis plusieurs années, les réunions publiques se multiplient. Face à l'ordre médiatique, par Henri Maler
En octobre 1919, la légende raconte que Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, aurait rendu visite au physiologiste Ivan Pavlov pour savoir en quoi ses travaux sur les réflexes conditionnés pouvaient contribuer à la conception de l’« homme nouveau » que les bolcheviks s’employaient alors à façonner. Le savant aurait pu servir la propagande du régime en associant, par voie de stimuli extérieurs, des pulsions instinctives à des automatismes de transformation collective. Pavlov ne fut en réalité d’aucun secours aux bolcheviks, mais cette anecdote, vraie ou fausse, illustre un fantasme qui a habité le XXe siècle : celui d’une prise de possession des esprits par la manipulation de l’inconscient. Scanner les cerveaux pour mieux vendre, par Marie Bénilde Scanner les cerveaux pour mieux vendre, par Marie Bénilde
En novembre 2007, le magazine Forbes a publié la liste des 25 hommes d’affaires les plus puissants de la planète : Rupert Murdoch est classé en deuxième position. Pas d’inquiétude donc pour notre nouveau « Citizen Kane » qui se définit lui-même comme « un tyran milliardaire » [1]. Son groupe reste un géant mondial des médias, le 3ème après Time Warner et Disney, il est évalué à plus de 70 milliards de dollars (48 milliards d’euros) ; son chiffre d’affaires est de 23,8 milliards de dollars dont 22,4% proviennent de la télévision (câble 11,3%, satellite 9,7%), magazines 4,5%, journaux 17%, édition 5,5%, My Space et Scout.com 4,7%, films 24,9%. Bénéfices : 3,4 milliards de dollars [2]. L’empire en 2002 était déjà florissant, comme on peut le vérifier en lisant ici même « Le Groupe News Corp. en 2002 ». Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch) : évolution depuis 2004 Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch) : évolution depuis 2004
Pendant le mois d’août, donc, Le Monde a publié une série d’articles intitulée « Lieux de pouvoir, Bienvenue chez les puissants ». Les lieux investis étaient le premier vol CityJet du lundi matin entre Paris et Londres, l’hôpital militaire des Armées du Val de Grâce, une fête luxueuse entre riches vignerons du bordelais, le club le Siècle, le cabinet d’une acupunctrice couru par le Tout-Paris, l’aéroport du Bourget et ses jets privés à l’heure de pointe des départs en week-ends, le dernier étage du siège de TF1, le golf de Spérone en Corse, haut lieu de villégiature chic, et, enfin, une réunion de l’EBG 500, sorte de Rotary pour affairistes de la net économie [1]. « Bienvenue chez les puissants » : C’est Le Monde qui se charge de l’accueil « Bienvenue chez les puissants » : C’est Le Monde qui se charge de l’accueil
Les médias déconsidérés pondent dans Internet. par Vladimir MARCIAC Merci pour l’article, je me suis bien marré ! Vraiment trés bien écrit bravo Je me permet de poster un article que j’avais écrit il y a un an en revenant de la conférence pour le lancement de Mediapart, ainsi qu’une réponse qui m’avait été envoyé par une journaliste de Mediapart. a+ — Mediapart ou le journalisme parisien numérisé par Clemsos, le 02 fev 2008 Boulevard St-Germain-des-Prés, dans le forum de la FNAC "Digitale". Les médias déconsidérés pondent dans Internet. par Vladimir MARCIAC
L'information et l'idéologie. par Serge CHARBONNEAU Idéologie : Un système d’idées, de croyances, de doctrines propres à un groupe social. Une vision bien précise du monde, de la réalité. Nous sommes tous, qu’on le veuille ou non, à des degrés divers, d’une certaine façon, « idéologues ». C’est-à -dire que nous voyons les choses à travers nos perceptions, nos idées, nos convictions, bref nous avons tous des lunettes qui nous colorent la réalité. L’objectivité dans l’analyse des événements est un but à atteindre. Nous devons être conscients que nos opinions peuvent teinter notre perception des choses et de la réalité. L'information et l'idéologie. par Serge CHARBONNEAU
Autres articles Le quotidien irlandais, Daily Mail, a révélé le lundi 14 avril, un plan« qui montre comment les ministres préparent une campagne délibérée de désinformation afin de faire gagner le ‘oui’ au Traité de Lisbonne lors du vote référendaire imposé par la Constitution. ». Le Daily Mail rend public un courriel adressé par Elizabeth Green, une diplomate britannique de haut rang basée à Dublin, au gouvernement britannique, après sa rencontre avec un haut responsable du ministère irlandais des Affaires étrangères, Dan Mulhall. Ce courriel, rapporte le Mail, « était destiné à montrer à ses maîtres politiques à Londres, toutes les mesures que le gouvernement était prêt à prendre ici afin d’assurer un vote Oui au référendum ». Voici quelques extraits de cet article. Référendum irlandais sur Lisbonne : l’UE pris en flagrant délit de mensonge
Les jeux vidéo, nouveau terrain d'entraînement des armées Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Laurent Checola et David Kalfa Les yeux rivés sur leurs ordinateurs, des experts du Pentagone scrutent la situation à Bagdad. Faut-il, comme le préconisent les forces de la coalition sur place, détruire une vieille centrale électrique de la ville ? Quelles en seraient les conséquences pour les 3 000 insurgés retranchés dans les bâtiments avoisinants et pour la population locale ? Cette situation plausible en Irak n'est pourtant pas réelle.
Psychologie et manipulation des masses (première partie) Edward Bernays L’étude systématique de la psychologie des foules a mis au jour le potentiel qu’offre au gouvernement invisible de la société la manipulation des mobiles qui guident l’action humaine dans un groupe. Trotter et Le Bon d’abord, qui ont abordé le sujet sous un angle scientifique, Graham Wallas, Walter Lippmann et d’autres à leur suite, qui ont poursuivi les recherches sur la mentalité collective, ont démontré, d’une part, que le groupe n’avait pas les mêmes caractéristiques psychiques que l’individu, d’autre part, qu’il était motivé par des impulsions et des émotions que les connaissances en psychologie individuelle ne permettaient pas d’expliquer.

« Storytelling » : ces histoires que construit le pouvoir | Cabinet de lecture

Avec « Storytelling », Christian Salmon signe un essai décapant sur la nouvelle « arme de distraction massive », devenue grâce à la mondialisation et à la férocité cynique des communicants, l’arme de destruction rêvée du marché : quand « l’art de raconter des histoires » devient l’art de « formater les esprits » pour les aliéner. Ce n’est pas de la fiction : le « storytelling » manage le monde depuis les années 90. Entretien. Dans un monde où le rapport au réel oscille majoritairement entre téléréalité et chaînes tout-info, la fiction semble devenue une norme sous-jacente, un besoin, une échappatoire. De nos jours, un roman ou une série télé fonctionnent surtout s’il est « vrai » (dilemme pour les éditeurs). Aujourd’hui, un discours politique ne touche que s’il apparaît comme une histoire héroïque plutôt que comme une litanie (Graal de tous les communicants politiques).