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Education genrée

Répartition genrée de l'espace. "Et les différences biologiques alors ?" La différence des sexes démêlée. Recensé : Anne Fausto-Sterling, Corps en tous genres : La dualité des sexes à l’épreuve de la science, traduction d’Oristelle Bonis et de Françoise Bouillot, Éditions La Découverte, 2012. 390 p., 32 €.

La différence des sexes démêlée

Paru en anglais en 2000, Corps en tous genres nous fournit à la fois des clés conceptuelles et des exemples historiques précis pour argumenter contre toutes les théories du déterminisme biologique de la différence des sexes. Sa thèse principale en est « qu’apposer sur quelqu’un l’étiquette « homme » ou « femme » est une décision sociale. Le savoir scientifique peut nous aider à prendre cette décision, mais seules nos croyances sur le genre — et non la science — définissent le sexe » (p. 19). Au delà de deux sexes Le premier chapitre, en guise d’introduction, pose la problématique centrale du livre et les arguments centraux que l’auteure veut démontrer.

Or, ce ne sont pas seulement les policiers du genre qui sont en cause. Dans ce contexte, lorsque A. Le sexe du cerveau. Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? Partout dans le monde, les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes.

Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ?

Même chez les Européens du Nord, qui sont actuellement les plus grands du monde, leur taille est inférieure à celle des hommes d’une quinzaine de centimètres environ. Le dimorphisme sexuel de taille, comme l’appellent les scientifiques, n’est cependant pas universel. Le camion et la poupée : jeux de singes, jeux de vilains. Un argument est régulièrement invoqué à l’appui de l’idée qu'il existe une différence naturelle entre filles et garçons dans les choix de jouets : la même différence aurait été observée chez les singes.

Le camion et la poupée : jeux de singes, jeux de vilains

La lecture de la littérature scientifique ayant adressé cette question ne nous apprend pas grand chose sur les singes, et encore moins sur les enfants humains. Elle permet en revanche d’éclairer sous un jour intéressant le comportement des personnes qui ont utilisé cet argument, eu égard à la manière souvent fantaisiste – et toujours fallacieuse – dont ils ont résumé cette littérature. Ce nouvel exemple de vulgarisation scientifique alimentant la naturalisation du genre est aussi l’occasion d’explorer la grande diversité de ses chemins, ainsi que celle des modalités de distorsion des résultats d’études scientifiques.

1973 : Une femme bat un homme au tennis » Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée. Une personne s’apprête à manger un cerveau rose, puis bleu Photo : Tristen West/Flickr/CC.

Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée

Montage : Leonardo da Cerdan. Les hommes et les femmes ont-ils le même cerveau ? L’interview que nous avons publiée de Susan Pinker, le 10 juin, a fait débat aussi bien parmi vous, riverains, que dans la rédaction de Rue89. Psychologue et chroniqueuse – au quotidien canadien The Globe and Mail –, Pinker évoque notamment des différences entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes. « Des différences subtiles dans l’architecture neuronale et la connectivité cérébrale. » Catherine Vidal, neurobiologiste et auteure de « Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ? Les femmes sont-elles moins fortes que les hommes? Il existe des groupes d'auto-défense qui, au cours de stages réservés aux femmes, parviennent à convaincre celles-ci qu'il leur est tout à fait possible de couper en deux une épaisse planche de bois à l'aide du tranchant de la main.

Les femmes sont-elles moins fortes que les hommes?

Le stage s'achève sur cette épreuve. Cela pourrait faire rire, et pourtant: quand les participantes qui viennent ici réparer leurs plaies ou simplement prendre confiance en elles se trouvent face au rectangle de pin brut, elles respirent un bon coup, elles frappent et la planche tombe, coupée en deux, sous leur propre regard médusé. «Je n'aurais jamais cru que je pouvais faire ça». Et pour cause. La société occidentale n'encourage pas les femmes à croire qu'elles sont aussi fortes que les hommes. Bien sûr, il y a des femmes qui sont moins fortes que les hommes. «Il faut aussi prendre en compte le fait que la force physique dans la culture occidentale n’est pas valorisée pour les femmes, ajoute Claire Greslé-Favier. On pourrait parler de ségrégation. «Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48»

Berlin, 19 août 2009, Championnats du monde, finale du 800 mètres «dames» : la Sud-Africaine Caster Semenya, 18 ans, accomplit un véritable exploit en courant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes 45 centièmes. Sa victoire est de courte durée. À peine la course finie, le staff des équipes rivales et les journalistes sportifs accusent la championne d’être un homme. Les épaules de Caster Semenya sont trop larges, son bassin trop étroit, sa poitrine trop plate, ses maxillaires trop carrées… «trop», «trop», «trop»… pour être considérée comme une «authentique femme». Le commentateur Mondenard déclare même sur Europe 1 «onze athlètes avaient une culotte et une seule avait un bermuda» (1). Aurait-il fallu que Caster porte du maquillage ? L’accès aux toilettes pour dames lui est interdit (alors qu’elle urine avec une vulve).

Pour Eric Macé, l’ambiguité sexuelle ne devrait plus être classée dans la catégorie des maladies. Photo © Reuters.