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Intellectuels de gauche : florilège

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L'urgence de tout repenser, entretien avec Bernard Stiegler. En mars dernier, nous avons tendu notre micro au philosophe Bernard Stiegler dans les locaux parisiens de l’Institut de recherche et d’innovation qu’il dirige.

L'urgence de tout repenser, entretien avec Bernard Stiegler

Le logiciel libre, ses licences, le domaine public, les biens communs : autant de sujets qui intéressent hautement Bernard Stiegler. Mais pour lui, toutes ces problématiques s’inscrivent dans un cadre beaucoup plus vaste, qu’il est urgent de prendre à bras le corps : la révision totale de l’organisation de notre société. L’économie de la contribution Bernard Stiegler considère le logiciel libre comme la matrice de l’économie de la contribution ; c’est en effet une activité industrielle qui ne prive plus les gens de leur savoir mais au contraire développe des savoirs, individuels et collectifs, dans un processus de déprolétarisation.

Par ailleurs, la numérisation est en train d’engendrer une automatisation colossale, bien plus importante que celle que l’on a connue par le passé. Aller au delà du choix des licences libres Pharmakon. Miguel Benasayag, « militant chercheur » Philosophe et psychanalyste, Miguel Benasayag est aussi un ancien combattant de la guérilla guévariste en Argentine, où il a passé plusieurs années en prison.

Miguel Benasayag, « militant chercheur »

Depuis son arrivée en France, à sa libération, il réfléchit inlassablement aux moyens de rester fidèle à l’exigence de liberté et de solidarité des luttes révolutionnaires passées, tout en tirant les enseignements de leurs échecs et de leurs errements. Dans Du contre-pouvoir, co-écrit avec Diego Sztulwark, il observe l’émergence d’une nouvelle radicalité désireuse de changer la vie. Et clame que, si on veut préserver la vitalité de ces mouvements, il ne faut surtout pas ressortir du placard les vieux schémas révolutionnaires.

. . . - Pourriez-vous nous faire votre biographie, en tous les cas politique ? Miguel Benasayag : J’ai commencé à militer très jeune. Il y avait deux grands mouvements en Argentine. A côté des péronistes, il y avait la mouvance guévariste. Quand je suis arrivé en France, je suis arrivé dans un autre monde. Interviews. Financer l’allocation universelle, par Baptiste Mylondo (Le Monde diplomatique, mai 2013) «Mais ce serait impossible à financer !

Financer l’allocation universelle, par Baptiste Mylondo (Le Monde diplomatique, mai 2013)

» Voilà, d’ordinaire, la première objection faite aux promoteurs d’un revenu universel déconnecté de l’emploi. La première, mais sans doute aussi la plus faible. Si l’on se fie à son produit intérieur brut (PIB), la France est aujourd’hui le cinquième pays le plus riche du monde. En 2010, le revenu disponible (après versement des prestations sociales et prélèvement des impôts directs) s’y élevait à 1 276 euros par mois et par personne, adultes et enfants confondus.

Nous disposons donc de ressources suffisantes pour garantir à chaque individu 1 276 euros si l’on décidait d’opérer un partage strictement égalitaire. Toutefois, si le financement est un faux problème, ses modalités, quant à elles, posent de vraies questions, car elles ne sont pas neutres et déterminent pour partie la portée d’un revenu inconditionnel en termes de transformation sociale et de partage des richesses. La question se pose surtout lorsqu’on envisage son autofinancement. Baptiste Mylondo. Un article du numéro d’été du journal La Décroissance interpelle les défenseurs décroissants du revenu inconditionnel, dont je suis.

Baptiste Mylondo

Naïf, j’ai cru y voir une invitation au débat. « Tout peut changer », la conférence vidéo de Naomi Klein à Paris. Naomi Klein : «Il faut être fou pour croire aux conférences climat» De passage à Paris pour la sortie de son dernier livre, Tout peut changer (1), l’altermondialiste canadienne Naomi Klein enchaîne conférences et entretiens pour appeler à la convergence des mouvements anti-austérité avec ceux pour la défense du climat.

Naomi Klein : «Il faut être fou pour croire aux conférences climat»

Quand avez-vous pris conscience de l’ampleur de la crise climatique ? Je n’ai jamais nié le changement climatique. Mais je ne l’ai vraiment regardé en face qu’à partir de 2009, après avoir rencontré Angélica Navarro, une ambassadrice bolivienne. Elle comparait la question de la dette climatique [des pays du Nord, qui ont une responsabilité historique vis-à-vis de ceux du Sud, ndlr] aux réparations pour l’esclavage. Mais ce livre découle aussi du précédent, la Stratégie du choc, dans lequel je parlais de l’ouragan Katrina qui a ravagé La Nouvelle-Orléans en 2005.

Naomi Klein. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Naomi Klein

Pour les articles homonymes, voir Klein. Naomi Klein (née le 8 mai 1970 à Montréal) est une journaliste canadienne, auteur, cinéaste et militante altermondialiste. Biographie[modifier | modifier le code] Naomi Klein. Published in The Daily Beast.

Naomi Klein

Serge Halimi. Pour accueillir Noam Chomsky. Je suis très heureux d’accueillir ici Noam Chomsky au nom du Monde diplomatique, de l’association des Amis du Monde diplomatique qui a assuré bénévolement l’essentiel de l’organisation de cette réunion et en votre nom à tous.

Pour accueillir Noam Chomsky

Cela fait trente ans que Chomsky n’était pas venu en France. Non pas par accident. On peut l’avouer : il n’apprécie pas trop la scène intellectuelle française, son moralisme hypocrite, la place qu’elle consacre à des penseurs de petit calibre, presque toujours situés dans un même spectre idéologique très étroit. Nous non plus. Il n’est pas très étonnant que ce petit groupe de garde barrières (gate keepers) ait entendu éloigner Chomsky de ses nombreux lecteurs français potentiels. Serge Halimi - Les Nouveaux Chiens de Garde.

Vous avez dit « souverainisme de gauche » ? Débat avec Fréderic Lordon. « Qui donc oserait prétendre que cette grande maison n’est pas criminellement gérée, alors que cinq hommes produisent le pain de mille autres, et que des millions n’ont même pas de quoi manger ?

Vous avez dit « souverainisme de gauche » ? Débat avec Fréderic Lordon

» Jack London, Le peuple d’en bas, 1903. Patrick Boucheron : “Les historiens se doivent d’être indisciplinés” C’est quoi, être médiéviste aujourd’hui ? Puiser dans le passé pour comprendre le présent, ou l’inverse ? Etre au cœur de la société, ou en retrait ? Eléments de réponses avec l’historien Patrick Boucheron. Professeur à l'université Paris I – Panthéon-Sorbonne, Patrick Boucheron est l'un des historiens les plus libres de sa génération. Patrick Boucheron: « l’hospitalité n’est pas un devoir, elle est un droit » Il nous rappelle que le droit d’asile est le fruit d’une longue et douloureuse histoire.

Patrick Boucheron: « l’hospitalité n’est pas un devoir, elle est un droit »

Et, avec ferveur, nous invite à conjurer nos peurs. Quelle lecture faites-vous de l’accueil des réfugiés en France ? Patrick Boucheron : On discute pour savoir s’il est raisonnable d’accueillir en France 24 000 réfugiés syriens en deux ans pendant que l’Allemagne en accueille 20 000 en deux jours. Comment rendre compte de cette scandaleuse dissymétrie, sans se cantonner dans l’indignation morale ? Car on ne saurait opposer l’idéalisme allemand au réalisme français : c’est l’orchestration de la crainte qu’est censé nous inspirer l’afflux d’un tout petit nombre de réfugiés qui est de part en part idéologique, tandis que la gestion allemande de l’urgence semble bien pragmatique (on l’a encore compris tout récemment), eu égard à leur besoin de main-d’œuvre, aux enjeux de sécurité intérieure et aux politiques de la mémoire nationale.

P. Car la France a une responsabilité particulière. P. P. Joan W. Scott ou l’histoire critique des inégalités. « La critique ce sera l’art de l’inservitude volontaire, celui de l’indocilité réfléchie » [1]. Placée en exergue de son article « L’Histoire comme critique » [2], cette citation de Foucault constitue un raccourci saisissant pour appréhender le parcours épistémologique de l’historienne américaine Joan Scott. Professeure à l’Institute for Advanced Study de Princeton, Joan Scott est l’auteure de nombreux travaux sur le genre, le féminisme et la citoyenneté.

Chercheuse mouvante et plurielle, elle a évolué de l’histoire sociale marxiste à l’histoire des femmes, puis, dans le courant des années 1980, de l’histoire des femmes à l’histoire du genre dont elle a été une des premières théoriciennes. Ces historiographies engagées furent à chaque fois pour Joan Scott matière à une réflexion critique, susceptible d’éclairer les points aveugles des systèmes sociaux de la Révolution française à nos jours.

. « Rêvant de devenir Clio, nous en étions devenus une version subversive » [2] Joan W. La pompe à phynance.