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Sur la CULture

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Les nigauds qui gobent n'importe quoi. La première partie de ce texte est à lire ici: Quand l'État est défaillant, les sorcières apparaissent L'exemple parfait du gogo-martyr qui s'offre un moment d'illusion de puissance, se trouve dans le film de Louis Malle "Lacombe Lucien".

Les nigauds qui gobent n'importe quoi

En 1942, un pauvre gosse handicapé, intellectuellement limité, constamment humilié, trouve soudain sa revanche en s'engageant dans la milice. C'est lui qui désormais fait régner la terreur : bref moment de mauvais bonheur avant le naufrage. Ce n'est pas Lacombe Lucien qui a inventé la collaboration mais puisqu'elle était là, dans son contexte culturel, elle lui offrait une occasion de revanche tragique. On peut tenir le même raisonnement pour ces jeunes largués de notre culture. Les "biens élevés", dans de gentilles familles chrétiennes ou musulmanes, connaissent eux aussi des moments de fragilité. Ces jeunes ont été aimés par leurs parents dans une culture en paix qui les accueille plutôt bien, même quand ils sont d'origine étrangère.

La censure par le populaire. « Il appartient aujourd'hui aux êtres dissonants de résister autant que faire se peut à cette fiction discriminante de béatitude, d'une part en traquant les dérives de ce langage afin que sa vacuité saute aux yeux du plus grand nombre, d'autre part en alimentant in situ sa dissonance.

La censure par le populaire

L'enjeu est à la fois de déstabiliser les tenants de ce langage dominant, et de se forger une ligne de conduite critique. » Eric Chauvier, Que du Bonheur. 1Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ».

L'Herne – Il n’y a pas d’identité culturelle. Le débat de l’identité culturelle traverse l’Europe entière ; il concerne, plus généralement, le rapport des cultures entre elles en régime de mondialisation.

L'Herne – Il n’y a pas d’identité culturelle

Or on se trompe ici de concepts : il ne peut être question de « différences », isolant les cultures, mais d’écarts maintenant en regard et promouvant entre eux du commun ; ni non plus d’ « identité », puisque le propre de la culture est de muter et de se transformer, mais de fécondités ou ce que j’appellerai des ressources. L’auteur ne défends donc pas une identité culturelle française impossible à identifier, mais des ressources culturelles françaises (européennes) – « défendre » signifiant alors non pas tant les protéger que les exploiter.

La Silicon Valley est-elle en passe de devenir la capitale de la culture ? En quelques années, l'économie numérique a établi son hégémonie sur les industries culturelles.

La Silicon Valley est-elle en passe de devenir la capitale de la culture ?

Netflix représente désormais plus de 90 % de la consommation de video on demand aux Etats-Unis, 63 % du temps passé par les 2,3 millions de Français abonnés aux offres légales, et tâte désormais avec succès à la production. Amazon écrase la vente de livres. L'audience de la presse vient massivement de Google et Facebook (et un peu Apple désormais) et est déterminé par des algorithmes bien précis. Huit des dix personnalités préférées des jeunes Américains sont des youtubeurs. «Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle» «Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle» L 19 sptmbr, Lbrtn s’ssc l Msn d l dns d Lyn pr l rncntr «L cltr x ctyns», l’nvrst Cthlq d Lyn.

«Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle»

Les pratiques culturelles « populaires », bien vivantes mais invisibles. Cette chronique présente les pratiques culturelles contemporaines de la majorité des Français, celles qui existent le plus souvent en dehors de toute institution publique, une culture à zéro subvention, « marginalité d’une majorité » comme l’écrivait Michel de Certeau.

Les pratiques culturelles « populaires », bien vivantes mais invisibles

Dans le rejet actuel du politique, tel qu’il apparaît aux dernières élections dans les votes extrémistes ou l’abstention, les classes « populaires » expriment un sentiment de domination et d’impuissance qui concerne aussi les politiques culturelles. Ceux que l’on appelle les « acteurs culturels » ont l’impression de représenter l’intérêt culturel des populations, ce qui n’est pas le cas. En réalité, les pratiques culturelles prises en compte par les politiques publiques de la culture sont principalement portées par ceux qui peuvent se faire entendre, le plus souvent les classes moyennes supérieures.

Une foule de pratiques ignorées. Les pratiques culturelles « populaires », bien vivantes mais invisibles. Le désir asphyxié, ou comment l’industrie culturelle détruit l’individu, par Bernard Stiegler (Le Monde diplomatique, juin 2004) Une fable a dominé les dernières décennies, leurrant pour une grande part pensées politiques et philosophies.

Le désir asphyxié, ou comment l’industrie culturelle détruit l’individu, par Bernard Stiegler (Le Monde diplomatique, juin 2004)

Contée après 1968, elle voulait faire croire que nous étions entrés dans l’âge du « temps libre », de la « permissivité » et de la « flexibilité » des structures sociales, bref, dans la société des loisirs et de l’individualisme. Théorisé sous le nom de société postindustrielle, ce conte influença et fragilisa notablement la philosophie « postmoderne ».

Il inspira les sociaux-démocrates, prétendant que nous étions passés de l’époque des masses laborieuses et consommatrices de l’âge industriel au temps des classes moyennes ; le prolétariat serait en voie de disparition. Non seulement, chiffres en main, ce dernier demeure très important, mais, les employés s’étant largement prolétarisés (asservis à un dispositif machinique qui les prive d’initiatives et de savoirs professionnels), il a crû. Quant aux classes moyennes, elles sont paupérisées. La culture, théâtre des inégalités? La culture est un droit.

La culture, théâtre des inégalités?

C’est même inscrit dans les textes depuis 1998. Pourtant, en France, nous ne sommes pas tous égaux face à la culture. Selon une étude du Credoc [pdf] de 2012, 63% des cadres supérieurs sont allés au théâtre au moins une fois en 2011, contre 23% des ouvriers. De même, 69% des cadres supérieurs avaient visité un musée au moins une fois dans l’année, contre 20% des ouvriers. Emmanuel Négrier, : «On constate une événementialisation de la vie culturelle et sociale» Observateur de l’écosystème des festivals, Emmanuel Négrier, directeur de recherche CNRS en science politique au Centre d’études politiques de l’Europe latine (Cepel) à l’université de Montpellier-I, revient sur l’événementialisation du rapport à la culture dont la manifestation Un été au Havre [lire ci-contre] est le dernier signe.

Emmanuel Négrier, : «On constate une événementialisation de la vie culturelle et sociale»

Comment nommer ces manifestations XXL axées sur le tourisme culturel qui fleurissent ces dernières années ? Il faudrait sans doute parler de «saisons», ou d’événement d’événements, voire de minicapitales culturelles puisqu’ils appartiennent au même régime que les «Capitales européennes de la culture». Ce ne sont plus des festivals au sens où leur identité artistique est multiforme, leur durée est dilatée, que la part d’espace public et de mobilité sur le territoire est plus importante, qu’ils fédèrent un nombre conséquent d’acteurs publics et privés. Depuis quand observe-t-on leur multiplication ? De quoi ces grands raouts sont-ils le signe ? Democratisation culturelle etude mars2016.

« Les femmes artistes disparaissent progressivement du métier après la sortie de l’école » Aline César, présidente H/F Île-de-France (Ariane Mestre) Le constat est sans appel.

« Les femmes artistes disparaissent progressivement du métier après la sortie de l’école »

Alors que les étudiantes du spectacle vivant sont plus nombreuses que les étudiants selon l’Observatoire 2016 de l’égalité entre hommes et femmes dans la culture et la communication, le milieu demeure très majoritairement masculin lorsqu’il s’agit d’occuper des postes à responsabilité, aussi bien sur le plan artistique qu’en termes de production.

Droits Culturels

« On constate un certain recul de la culture savante chez les élites » - La Croix. Chaque lundi pendant sept semaines, « La Croix » interroge des intellectuels sur les grandes questions qui traversent la société française. Cette semaine, Philippe Coulangeon, sociologue, analyse les rapports des Français à la culture.