background preloader

« Absence de tensions » ou « présence de la justice » ?

Facebook Twitter

« Je dois tout d’abord vous avouer que ces dernières années, j’ai été extrêmement déçu par le Blanc modéré.

J’en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le principal obstacle que rencontre le Noir dans son élan vers la liberté n’est ni le Ku Klux Klan, ni les ligues de défense des blancs, mais bien le blanc modéré, celui qui s’attache davantage à l’ “ordre” qu’à la justice ; qui préfère une paix négative, qui se réduit à l’absence de tensions, à une paix positive, qui est la présence de la justice ; qui dit constamment “je suis d’accord avec le but que vous poursuivez, mais je ne peux pas être d’accord avec vos méthodes d’action directe” ; qui, de manière paternaliste, s’imagine qu’il peut décider des étapes par lesquelles un autre homme accèdera à la liberté ; qui vit dans un temps mythique, et qui conseille en permanence au Noir d’attendre “un moment plus favorable”. La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que l’incompréhension totale des gens de mauvaise volonté. L’acceptation tiède est beaucoup plus déconcertante que le rejet complet ».
Martin Luther King, 16 avril 1963, prison de Birmingham (Alabama)

I must make two honest confessions to you, my Christian and Jewish brothers. First, I must confess that over the past few years I have been gravely disappointed with the white moderate. I have almost reached the regrettable conclusion that the Negro’s great stumbling block in his stride toward freedom is not the White Citizen’s Counciler or the Ku Klux Klanner, but the white moderate, who is more devoted to «order» than to justice; who prefers a negative peace which is the absence of tension to a positive peace which is the presence of justice; who constantly says: «I agree with you in the goal you seek, but I cannot agree with your methods of direct action»; who paternalistically believes he can set the timetable for another man’s freedom; who lives by a mythical concept of time and who constantly advises the Negro to wait for a «more convenient season.» Shallow understanding from people of good will is more frustrating than absolute misunderstanding from people of ill will. Lukewarm acceptance is much more bewildering than outright rejection.
The Letter from Birmingham Jail or Letter from Birmingham City Jail, also known as The Negro Is Your Brother
.

CONTRE EXHIBIT B. Trop sensibles. We're Compiling Every Police-Involved Shooting In America. Help Us. This is a great idea, but can I make some suggestions on your data collection that will make this way easier to work with down the road?

We're Compiling Every Police-Involved Shooting In America. Help Us.

1. Instead of letting people data into the spreadsheet, consider using Google forms: 2. The federal government has a standard system for classifying race data: American Indian or Alaska Native, Asian, Black or African American, Native Hawaiian or Other Pacific Islander, and White. "Hispanic" is usually coded separately (either "Hispanic or Latino origin," or "Not of Hispanic or Latino origin. " 3. 4. 5. 6. Guillaume Mivekannin, esclave dans « Exhibit B » : « Le voyeur n’est pas celui qu’on pense » Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Clarisse Fabre Il n’a pas encore enfilé son habit d’homme de cour du XVIIIe siècle, loué à l’Opéra de Paris.

Guillaume Mivekannin, esclave dans « Exhibit B » : « Le voyeur n’est pas celui qu’on pense »

Il est en jean et blouson, immense, légèrement barbu, devant un café de la Goutte d’or. Dans quelques heures, Guillaume Mivekannin, 42 ans, aura le visage maquillé de blanc, sera allongé tel un mort, au sous-sol du 104, à quelques stations de métro, dans le 19e arrondissement de Paris. Il attendra les visiteurs qui défilent au compte-goutte, un par un. « Exhibit B » : pas d'interdiction, mais calendrier écourté. « Exhibit B » : les associations déboutées de leur demande de suspension.

Il a perdu.

« Exhibit B » : les associations déboutées de leur demande de suspension

Le collectif qui avait déposé un référé, lundi 8 décembre, afin d'obtenir l'interdiction du spectacle de Brett Bailey, Exhibit B, présenté au 104, dans le 19e arrondissement de Paris, a vu sa demande rejetée, mardi 9, par le tribunal administratif de Paris. Ce dernier a estimé au contraire qu'Exhibit B « ne porte pas atteinte au respect de la dignité de la personne humaine ».

Le collectif fondait sa requête sur le motif qu'il jugeait « raciste » et « portant une atteinte grave à la dignité humaine » le spectacle du Sud-Africain, qui met en scène douze tableaux vivants reproduisant les « zoos humains » de la fin du XIXe siècle, afin de dénoncer les atrocités du colonialisme et d'interroger les politiques actuelles de l'immigration africaine en Europe.

Lire notre chronique : Interpeller, boycotter, cogner 9 / 10Ces débordements n'ont fait l'objet d'aucune interpellation. La représentation des Noirs au cœur de la polémique d'“Exhibit B” Et si Exhibit B était finalement autre chose qu’une œuvre d’art ? Les défenseurs d’Exhibit B considèrent tous que cette « performance » serait une œuvre d’art.

Et si Exhibit B était finalement autre chose qu’une œuvre d’art ?

On a pris l’habitude d’admettre, surtout depuis Marcel Duchamp, que n’importe quel objet peut être promu à la dignité d’œuvre d'art par le choix de l'artiste, à condition qu’il soit validé par notre perception. Exhibit B repose principalement sur la volonté de mettre en scène des corps d’Africains ou d’Afro-descendants dans des situations dont il est difficile de contester qu’elles sont humiliantes, et sur le regard de spectateurs qui reconnaissent implicitement, en pénétrant dans le théâtre, cette mise en scène comme une œuvre.

L’argument majeur qui est opposé aux contestataires est leur refus de voir la « performance » avant de la rejeter. Pourquoi ça a raté. Puis, un peu plus tard : "Quant au choix de montrer la vidéo, en effet, c'est exactement parce que "ça n'apporte rien au niveau de l'info et sans dialogue que ça devient insupportable.

Pourquoi ça a raté

" Ce qui était exactement le propos : montrer que la banalité de toute cette scène (et vous devriez voir les dix minutes tournées par la caméra de surveillance qui précèdent pour vous en pénétrer) qui finit par un meurtre commis par un policier en deux secondes sans même y réfléchir est précisément l'insupportable, pourtant tous les jours supporté, en quoi il est justement l'insupportable. Croyez-vous vraiment que ce meurtre ait "appris" quelque chose qu'ils ne savaient pas aux noirs américains ?

This is not news ! Et le déguiser d'une certaine manière en "info", une parmi les autres (et que faut-il de plus, le nom du policer, de l'enfant, ses antécédents s'il y en a, interviewer la famille, le policier comme on vient de le faire pour Ferguson, ressortir les statistiques ?) Aujourd'hui, rien à ajouter. Exhibit B : des artistes portent plainte en référé contre l'expo jugée raciste. Protesters storm Exhibit B ‘human zoo’ in Paris. CONTROVERSIAL: A performer in Exhibit B DEMONSTRATORS STORMED a Paris theatre to stop the highly controversial performance piece Exhibit B.

Protesters storm Exhibit B ‘human zoo’ in Paris

Last week (Nov 28), the work by South African artist Brett Bailey, dubbed by some critics as a “human zoo”, was temporarily cancelled after about 100 anti-racism protesters forced entry into the Gerard Philippe de Saint-Denis theatre. Exhibit B had already been showing for two nights before the protesters smashed their way into the theatre, but despite the cancellation, organisers have said the performance will go ahead in December at 104 theatre in northern Paris.

The protest comes after groups in London stopped the performance at the Barbican in September, complaining it was racist and demeaning to black history. Some critics have taken issue with a white artist using black performers to enact his vision, which features people recalling violence and atrocities inflicted upon Africans under colonial rule and apartheid in South Africa. Exhibit B ou le Mein Kampf de la liberté d'expression. « Exhibit B » : interpeller, boycotter, cogner. Les mésaventures de l’antiracisme blanc. Romantisme antiraciste Concernant la forme de cette installation, à la lecture des diverses descriptions qu’on peut en lire, elle semble proposer une énième variation sur le grand thème de l’art contemporain (au sens large) depuis Sade qui, comme l’a montré le philosophe Mehdi Belhaj Kacem, vise une « présentation positive du Mal »[1].

Les mésaventures de l’antiracisme blanc

On peut penser qu’en-deçà de tout propos politique, l’exhibition des Noirs représente avant tout une occasion d’offrir à un public ce qu’il prise et recherche : une sublimation transgressive d’humiliations et de violences historiques. Or, il se trouve en effet que les Africains y furent souvent impliqués en mauvaise part – une aubaine pour l’artiste. Le discours, qui se veut antiraciste, vient ainsi se greffer à une grammaire artistique qui tire tout son souffle, toute sa capacité d’affecter, de susciter des réactions, de la désormais banale présentation positive du mal. L’antiracisme à usage blanc. Exhiber des corps noirs et faire taire les vivants. (Laurent est afrodescendant et élu d'arrondissement Ensemble-Front de Gauche à Paris dans le 20ème ) Exhiber les corps noirs et faire taire les vivants Brett Bailey peut être rassuré.

Exhiber des corps noirs et faire taire les vivants

Responsables politiques, institutions culturelles et même des associations antiracistes convenables se bousculent pour dire tout le bien qu’ils pensent de lui et d’Exhibit B. Mais Brett Bailey peut aussi être inquiet, la colère monte chez les afro-descendants et chez certains antiracistes contre cette exposition. Il y a déjà 20000 signataires pour la déprogrammation de son spectacle[1] et entre jeudi et dimanche, plusieurs centaines de personnes pour la plupart noir-e-s, ont manifesté à chaque représentation devant le théâtre, en ayant même réussi le premier soir à annuler le spectacle. Recréer des zoos humains pour dénoncer le racisme ? « Taisez-vous, payez votre obole et venez communier avec nous ! Un antiracisme paternaliste et compassionnel. Oui, un spectacle qui se veut antiraciste peut être raciste. Et c'est le problème avec la performance montée par le metteur en scène sud-africain blanc Brett Bailey, qui reproduit un zoo humain du début du XXè siècle.

Oui, un spectacle qui se veut antiraciste peut être raciste

Tribune d'Amandine Gay, militante anti-raciste, opposée à cette performance, et qui a participé aux manifestations. Ce jeudi 27 novembre à 18h s'est tenu un rassemblement devant le Théâtre Gérard Philippe (TGP) de Saint-Denis (93), à l'appel du collectif Contre Exhibit B. Un lieu hautement symbolique aux vues de la composition de la population de Saint-Denis, où les immigrés d’Afrique subsaharienne représentent 28% de la population immigrée. Réalisation Amandine Gay, Images Enrico Bartolucci. A l'arrière plan, Amandine Gay est présente sur les images. J'irai au TGP (mais cette fois pour manifester) J'irai manifester jeudi 27 à 18h devant le TGP même si je ne suis pas pour l'interdiction, pour qu'on entende les questions sur le racisme que pose le collectif contre Exhibit B.

J'irai au TGP (mais cette fois pour manifester)

Je ne suis pas pour l'interdiction car je pense que la liberté d'expression est un droit aussi fondamental que fragile qui ne doit être restreint que dans des cas limités et précis, ceux que la loi française prévoit. Le trouble à l'ordre public, dont le respect de la dignité humaine serait une composante (jurisprudence « lancer de nain »), invoquée par le collectif, me semble une pente glissante car elle s'appuie sur des concepts juridiques fourre-tout. Par ailleurs, personne ne va jusqu'à dire que ce spectacle inciterait à la haine raciale, cas d'interdiction que je soutiendrais. Pour autant est-il raciste ? Cela dépend de ce que l'on appelle racisme. Il y a le racisme explicite.

En quoi cela a-t-il un rapport avec Exhibit B ? Quand je vais au TGP, je suis très bien accueilli par des personnels très attentives. Africa numéro 1, Le Grand débat du 26 novembre 2014. «Exhibit B», pièce contre les zoos humains, deuxième soir de tensions. L’art doit tenir compte de la sensibilité des victimes du colonialisme. Par Eric Fassin Une œuvre d’art, antiraciste dans ses intentions, peut-elle être jugée raciste dans ses effets ? Ce paradoxe est au cœur de la polémique contre Exhibit B. Si Brett Bailey y dénonce les politiques de la race qui déshumanisent ceux qu’elles asservissent, ses critiques l’accusent de reproduire cette dégradation en portant atteinte à la dignité humaine. Qu’en est-il ? L’installation expose, sous forme de tableaux vivants qui sont des natures mortes, des figures historiques de la domination raciale, à commencer par la célèbre « Vénus hottentote ».

Toutefois, on ne saurait réduire l’œuvre à quelque « repentance » passéiste. « Exhibit B », une évocation des « zoos humains » qui scandalise. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Fabienne Darge Une femme, dite la « Vénus noire », tournant sur un podium, exhibée aux regards comme un phénomène de foire. Une « odalisque » assise nue sur le lit de la chambre d’un officier français à Brazzaville, chaîne au cou. Une autre femme, tenant dans ses mains un panier rempli des mains coupées par le colonisateur belge aux esclaves qui ne rapportaient pas leur quota de latex… Depuis 2010, l’artiste sud-africain, blanc de peau, Brett Bailey, à la fois metteur en scène et plasticien, présente dans toute l’Europe Exhibit B, une série de douze tableaux-performances représentant des scènes issues de l’histoire coloniale et postcoloniale. Troublante, dérangeante, l’œuvre l’est d’autant plus que les performeurs noirs présents dans ces tableaux vivants mettent le spectateur/visiteur (blanc, en grande majorité) en position de voyeur : obligé de regarder en face une histoire coloniale encore mal digérée.

Lire aussi : Brett Bailey, Africa remix. Saint-Denis: les manifestants empêchent une expo qu'ils jugent raciste - 27/11/2014. Le spectacle Exhibit B est annulé ce jeudi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Face aux manifestants très virulents rassemblés devant le théâtre Gérard-Philipe, le directeur a décidé peu avant 20 heures d'annuler la représentation de ce jeudi. «Non au racisme déguisé», «Je ne suis pas un objet», «Respectez vos ancêtres», ce sont quelques-unes des pancartes brandies dès 18 heures devant le théâtre pas plus de deux cents manifestants très virulents. Ils étaient venus réclamer l'annulation d'Exhibit B, une exposition performance de l'artiste sud-africain Brett Bailey. "Annulez #ExhibitB, non au racisme déguisé" - Manifestation devant le théâtre Gérard Philippe pic.twitter.com/v1bPqyvIbH— Sihame Assbague (@s_assbague) 27 Novembre 2014 A 19 h 30, la représentation n'avait toujours pas démarré.

Depuis sa création en 2013, Exhibit B suscite la polémique. Vers 19 heures, le directeur du théâtre a accepté de discuter avec un représentant de la «brigade contre la négrophobie».