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Mars 2017

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L'homme qui parlait a la nuit Mira Jacob. Les maraudeurs Tom Cooper.

Petite ville de Louisiane dévastée par l'ouragan Katrina, Jeanette survit tant bien que mal grâce à la pêche à la crevette. Mais cinq ans plus tard, la marée noire provoquée par la rupture d'une plateforme pétrolière vient polluer ses côtes, livrant les habitants au désespoir. On y croise quelques personnages hauts en couleur ou parfois franchement inquiétants : Gus Lindquist, un pêcheur manchot esquinté par la vie, accro à l'alcool et aux antidouleurs, qui a gardé au coin de sa tête son rêve de gosse : retrouver le trésor du célèbre flibustier Jean Lafitte; Hanson et Cosgrove, deux losers magnifiques, et Wes Trench, un adolescent en rupture avec son père; les frères Toup, jumeaux psychopathes, qui accessoirement cultivent la meilleure marijuana du coin; ou encore Brady Grimes, mandaté pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites judiciaires en échange d'un chèque... Mariant avec une virtuosité réjouissante noirceur, cynisme et humour corrosif, Tom Cooper réussit à rendre palpables la torpeur du bayou et le désarroi d'une communauté qui lutte tant bien que mal contre sa propre disparition. – clr987

Firmin Sam Savage.

Firmin est un rat. Un rat non pas de bibliothèque mais de librairie. Et cela change tout. Sam Savage, un tout jeune écrivain à la soixantaine bien posée, nous offre avec ce premier roman,Firmin, une histoire amusante. Suivons les grignotages de ce rat peu ordinaire. Firmin est le dernier rat d’une portée de treize nés dans les sous-sols d’une librairie dans le vieux quartier de Scollay Square à Boston. Dès ses débuts, la vie n’est pas tendre avec lui. Il est malingre car il a difficilement accès aux mamelles de sa mère tant la concurrence est rude avec ses frères et sœurs. Très vite pour compenser cette différence de régime alimentaire, Firmin va se tourner vers les livres et en grignoter quelques pages. Il est né dans les confettis de Finnegans Wake. Joyce était un Grand, peut-être même le plus Grand. Je suis né, j’ai dormi et j’ai tété sur la carcasse effeuillée du chef-d’œuvre le moins lu au monde. Excusez-le du peu ! Il ne faut pas croire que Sam Savage se contente de raconter la vie banale de ce rongeur. Ce serait bien trop simple. Sous sa plume, Firmin est intelligent, friand de grande littérature et surtout, il a appris à lire les livres qu’il grignote par petits bouts. Il devient dévoreur de livres au propre comme au figuré. « Un cas banal de biblioboulimie ». Très vite séparé du reste de sa famille qui part par ruelles et autres immeubles vit sa vie, Firmin, peu courageux et surtout pas téméraire, choisit de rester dans sa librairie. Il en découvre tous les recoins et également des caches où il peut suivre la vie de la librairie tenue par Norman. Ce premier homme rencontré par Firmin va devenir son idole. Mais peu à peu, le rat va découvrir la vraie nature de Norman. Ensuite, il rencontrera Jerry, écrivain marginal, un peu alcoolique, bricoleur et nettement plus sympathique. Jerry ne s’étonnera pas longtemps de voir que Firmin sait lire. Si vous voulez être ami avec Firmin, ne lui parlez surtout pas de Mickey ni de Little Stuart qu’il déteste au plus haut point. En dehors des livres, Firmin a d’autres passions : le cinéma qu’il découvre au Rialto theater. Il ne rate aucune séance ou presque quand il sort de ses lectures. Son autre idole chez les humains n’est autre que Fred Astaire. Dans ses rêves les plus fous, il s’incarne souvent en cet élégant danseur. Il admire aussi Ginger Rogers. Et puis il a une collection de Mignonnes, ses petites amies rêvées qui ressemblent fort aux actrices plus ou moins déshabillées des films qui passent après minuit. Firmin se rêve aussi en écrivain. Il a déjà la première phrase de son roman… mais la deuxième tarde à venir. Avec Firmin, Sam Savage nous raconte aussi le déclin d’un vieux quartier de Boston pris dans les turbulences des rénovations urbaines que connaît la ville en ces années 60. Les promoteurs détruisent à tout va sans tenir le moindre compte de l’histoire des bâtiments qu’ils mettent à terre et en poussière. Triste monde où le profit triomphe et règne en maître. Cette histoire est écrite dans un style simple, mélangeant allégresse et phases de melancholia. L’auteur égraine quelques références littéraires avec humour, les traits de cette maladie incurable ou presque qu’est la biblioboulimie. Dans les premiers temps, mon appétit était primitif, orgiaque, imprécis, goinfre – une bouchée de Faulkner ou une bouchée de Flaubert, je ne faisais pas la différence –, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour discerner quelques nuances. Selon Firmin, les meilleurs livres à manger sont les meilleurs à lire. Saviez-vous que chaque ouvrage avait un goût propre ? Pour exemples, Jane Eyre a un goût de laitue et Emily Post, la grande prêtresse de l’étiquette et des convenances a le goût du papier blanc très doux accroché au mur juste à côté des toilettes. L’auteur réglerait-il ses comptes ? Voici donc le portrait de Firmin, un rat peu ordinaire avec lequel vous passerez un agréable moment. Bel hommage à la littérature et aux lecteurs. – clr987

Herzog Saul Bellow. Rosa Candida Audur Ava Olafsdottir. Mercier et Camier Samuel Beckett.

Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son œuvre. Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit " d'aller de l'avant ". Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir ce qui n'est jamais une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant. Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ? – clr987

Salut Marie Antoine Senanque. Oblomov Ivan Gontcharov. Je cherche. Le desert des Tartares Dino Buzzati. Le temps qui va, le temps qui v Hiromi Kawakami.

C’est non pas une coupe de saké mais un poisson à la main que l’on pénètre dans ce petit quartier commerçant de Tôkyô. Car c’est surtout dans la boutique du poissonnier amateur de Cocteau que se rencontre la chaleureuse communauté de gens qui l’habitent. Chacun à son tour prend la parole dans une manière de fugue à la composition surprenante, à la fois très structurée et d’apparence aussi aléatoire que le hasard qui enchevêtre ces vies les unes aux autres. Il est question de solitude et de rencontres, de passions secrètes, de joies modestes mais délectables, et l’écriture ne se fait jamais plus légère que lorsqu’il s’agit d’évoquer les choses graves. – clr987

Le Dieu des Petits Riens Arundhati Roy.

"Tout ce qu'on peut dire de l'Inde est vrai, on y voit les choses plus clairement parce que c'est le chaos", affirme Arundhati Roy à propos de ce premier livre qui lui a valu le Booker Prize en 1997. La jeune romancière indienne s'est inspirée du village d'Ayemenem, dans l'État de Kerala en Inde du sud, où elle a grandi. Un monde de bruit et de fureur vu à travers le regard de Rahel et de son frère Estha, deux jumeaux silencieux, perdus dans le monde des adultes et contraints par eux à la pire des trahisons. Dans l'odeur douceâtre de l'usine de confitures de la grand-mère, la lutte des classes rejoint la lutte des castes et autour de la redoutable grand-tante Baby Kochamma s'agitent des personnages tragiques ou pittoresques comme l'oncle Charko ou Ammu, la mère des jumeaux, abandonnée par son mari et amoureuse en secret d'un Intouchable. La seule loi qui régisse ce chaos est celle qui précise "qui devait être aimé et jusqu'à quel point", une loi qu'il coûte toujours cher d'enfreindre, en Inde ou ailleurs. --Gérard Meudal Quatrième de couverture Rahel et Estha Kochamma, deux jumeaux de huit ans, vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l'oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, esprit romantique converti au marxisme pour les besoins de son portefeuille, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu, désertée par son mari, qui aime secrètement Velutha, un Intouchable. Un drame va ébranler leur existence et les séparer. Comment réagir quand, à huit ans, on vous somme de savoir «qui aimer, comment et jusqu'où» ? Comment survivre quand, après un événement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ?Un récit envoûtant, plein d'humour et d'émotion, servi par une écriture neuve et poétique, qui recrée le monde de l'enfance - celui de l'imaginaire et de la liberté. – clr987

Prodigieuses creatures Tracy Chevalier. La petite dame en son jardin de Charles Bertin. Les Deferlantes Claudie Gallay.

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D' autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire. Dans ce livre dense en personnages et en rebondissements, Claudie Gallay nous convainc une nouvelle fois de la singularité de son univers romanesque. – clr987

Les tendres plaintes Yoko Ogawa. D'apres une histoire vraie Delphine de Vigan.

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.» Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d’une époque fascinée par le Vrai. – clr987