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Nouvelles

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Fendre l'armure Anna Gavalda.

On me demande d'écrire quelques mots pour présenter mon nouveau livre aux libraires et aux critiques et, comme à chaque fois, ce sont ces quelques mots qui sont les plus difficiles à trouver. Je pourrais dire que c'est un recueil de nouvelles, que ce sont des histoires, qu'il y en a sept en tout et qu'elles commencent toutes à la première personne du singulier mais je ne le vois pas ainsi. Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens. De vrais gens. Pardon, de vraies gens. C'est une faute que j'avais laissée dans mon manuscrit, "la vraie vie des vrais gens", avant que Camille Cazaubon, la fée du Dilettante, ne me corrige : l'adjectif placé immédiatement avant ce nom se met au féminin. Quelles gens ? Certaines gens. De bonnes gens. Cette règle apprise, je suis allée rechercher tous mes "gens" pour vérifier que tous s'accordaient bien et j'ai réalisé que c'était l'un des mots qui comptait le plus grand nombre d'occurrences. Il y a beaucoup de "gens" dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude. Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean (!) et les autres n'ont pas de nom. Ils disent simplement "je". Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement. Ils parlent pour essayer d'y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l'armure. Tous n'y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m'a émue. C'est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu'ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce ne sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c'est eux que je vous confie aujourd'hui. (A.G.) – clr987

Chiennes de vies Chroniques du Frank Bill.

Bienvenue dans l'Amérique profonde d'aujourd'hui, où les jobs syndiqués et les fermes familiales qui alimentaient les revendications sociales des Blancs ont cédé la place aux labos de meth, au trafic d'armes et aux combats de boxe à mains nues. Les protagonistes de Frank Bill sont des hommes et des femmes acculés au point de rupture - et bien au-delà. Pour un résultat toujours stupéfiant. Si le sud de l'Indiana dépeint par Frank Bill est hanté par un profond sentiment d'appartenance à une région qui rappelle le meilleur de la littérature du Sud, ses nouvelles vibrent aussi de toute l'énergie urbaine d'un Chuck Palahniuk, et révèlent un sens de l'intrigue décapant, inspiré de récriture noire à la Jim Thompson. Une prose nerveuse, à vif, impitoyable et haletante, qui fait l'effet à la fois d'une douche glacée et d'un coup de poing à l'estomac. Frank Bill vit dans le sud de l'Indiana. Chiennes de vies est son premier ouvrage à paraître à la Série Noire. «Bon sang, mais d'où il sort, ce type-là ? Il carbure à toute blinde et cogne fort, très fort, vous laissant sonné comme si vous aviez pris un coup de masse sur le crâne après avoir sniffé de l'acide de batterie.» Donald Ray Pollock – clr987

Alexie Sherman Danses de guerre. Un immense asile de fous Louis de Bernieres.

Raconter la vie d’un village – grec dans la très célèbre Mandoline du Capitaine Corelli, turc dans Des oiseaux sans ailes, tous deux traduits en plus de trente langues – c’est ce que Louis de Bernières excelle à faire. Cette fois, il est allé moins loin et c’est dans le village anglais de son enfance qu’il nous emmène. Moins loin pour un lecteur français, mais très exotique quand même, car on sait bien que les Anglais sont les rois de l’excentricité. « La Grande Bretagne est vraiment un immense asile de fous, nous avons une conception très souple de la normalité », nous dit Louis de Bernières. Dont acte… Voici Mrs. Mac qui sort se promener en tenant son mari par le bras, paie leurs tickets dans le bus, prend le thé avec lui. L’ennui, c’est qu’il est mort depuis longtemps mais personne ne s’étonne de l’étrange balade à deux. Voici le colonel en retraite qui perd un peu la mémoire au point d’oublier de mettre son pantalon quand il va faire ses courses. Là aussi, tout se passera fort courtoisement. Voici des jeunes, des vieux, des solitaires, des enfants dont les histoires vont nous faire rire, mais aussi, souvent, nous serrer le cœur. Et voici la nature omniprésente, les saisons, les arbres, les animaux, une vie encore un peu sauvage, d’avant les ordinateurs et les téléphones portables. Un excellent cru de Bernières, un de ses meilleurs livres. – clr987

Comment vivre sans lui Franz Bartelt.

Un célèbre rhumatologue reconverti dans la chanson entraîne avec lui dans la mort le monde de ses admirateurs ; un couple occupe ses week-ends à courir les vide-greniers pour se reposer de sa semaine d'adultères multiples ; un artiste dont le talent consiste à changer de pseudonyme tous les quatre matins est pris à son propre piège… Ces treize nouvelles, aussi réjouissantes qu'inattendues, divaguent autour du couple, de la mort et de Dieu. L'auteur dévoile un petit monde d'hommes et de femmes ordinaires confrontés à l'absurdité de leurs vies, de leurs mœurs, de leurs caractères, et s'ingénie malicieusement à les faire trébucher ou chuter. On retrouve ici le style inimitable, l'humour absurde et noir, la loufoquerie, l'esprit anarchiste et déjanté de Franz Bartelt. – clr987

Petits malentendus sans importa Antonio Tabucchi.

Une Toscane secrète et ensorcelée, des villas à Forte dei Marmi, une gare de la Riviera, une Lisbonne baudelairienne, un rallye de voitures d'époque, un persécuteur implacable à l'air distingué sur un train de Bombay à Madras. Les nouvelles de Tabucchi paraissent, à une première lecture, des aventures existentielles, des portraits de voyageurs iraoniques et désespérés. Mais l'apparente syntonie entre le réel et le récit se transforme d'un coup en trouble et en malaise. Comme des obliques "contes philosophiques", les histoires de Tabucchi deviennent une réflexion autour du hasard et du choix, une tentative de regarder les interstices qui traversent le tissu de l'existence. Dans les pages de Tabucchi, il y a une inquiétude métaphysique qui évoque Piero della Francesca, Chirico et Pirandello. Mais cet écrivain qui aime les personnages excentriques et les vies ratées, charge ses énigmes d'une étrange lueur : ses rébus "policiers" sont l'enquête d'un investigateur qui ne cherche pas des réponses mais un message, un signal, une apparition. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre. – clr987

Des hommes sans femmes Haruki Murakami.

Neuf ans après Saules aveugles, femme endormie, le retour d'Haruki Murakami à la forme courte. Dans ce recueil comme un clin d'œil à Hemingway, des hommes cherchent des femmes qui les abandonnent ou qui sont sur le point de le faire. Musique, solitude, rêve et mélancolie, le maître au sommet de son art. " Ce que je veux aborder avec ce recueil ? En un mot, l'isolement, et ses conséquences émotionnelles. " Des hommes sans femmes " en est l'illustration concrète. C'est le titre qui m'a d'abord saisi (bien sûr, le recueil éponyme d'Hemingway n'y est pas étranger) et les histoires ont suivi. Chacune de ces histoires est venue en résonance du titre. Pourquoi Des hommes sans femmes ? Je n'en sais rien. D'une façon ou d'une autre, ce titre s'est enraciné dans mon esprit, comme une graine déposée dans un champ par le hasard du vent. " – clr987

Des accouplements bien regles Carlo Emilio Gadda.

Ce recueil de quatorze récits est, avec la Connaissance de la douleur, l'Adalgisa et l'Affreux Pastis de la rue des Merles, un des quatre chefs-d'œuvre incontestés de Gadda. Ecrits entre 1930 et 1958, ces textes laissent passer en filigrane l'Italie juste avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, y compris les furies de l'auteur contre les guerres mussoliniennes. Mais, surtout, ce qu'on trouve ici, c'est tantôt le sarcasme à l'égard de la bonne société milanaise (Saint Georges chez les Brocchi), tantôt la description pittoresque d'une catastrophe populaire (l'Incendie de la via Keplero), tantôt les souffrances et la faim qui accompagnent la Seconde Guerre mondiale (Socer Generque et le très émouvant Club des ombres), tantôt encore le tragique d'une aventure dont le mystère reste inéclairci (Un salut respectueux), pour aboutir enfin à ces Accouplements bien réglés où s'entremêlent inextricablement affaires de sexe et d'héritage. Comme toujours chez Gadda, des évocations de paysages magnifiques alternent avec des analyses de caractères ici émues, là sarcastiques, et des excursus qui emportent tout, tel celui dont Cicéron fait les frais. – clr987

Nager dans les etoiles Kanishk Tharoor.

Deux ethnologues partis recueillir les mots et gestes de la dernière femme parlant une langue vouée à s'éteindre avec elle. Des diplomates de l'ONU réfugiés dans une station orbitale qui assistent, impuissants, à la disparition de notre planète sous les flots. La rencontre d'Alexandre le Grand et d'une baleine morte au fond des mers. Un éléphant mélancolique, vaincu par l'amour et par les caprices d'une princesse... En 13 histoires enchanteresses, traversant les siècles et les continents, Kanishk Tharoor invente mille et une nouvelles nuits, à la croisée du conte persan, de la fable moraliste et du surréalisme. Héritier cosmopolite de Borges et de Rushdie, Tharoor s'inscrit dans la grande tradition des poètes de l'imagination. D'une plume ciselée, trempée à l'encre de l'émerveillement et d'une ironie douce-amère, il nous fait découvrir le monde et les hommes comme nous ne les avions jamais vus, entre récit de nos triomphes et peinture de nos vanités. Kanishk Tharoor, ancien élève des universités Yale et Columbia, est écrivain, journaliste politique et culturel. Intervenant régulier dans les colonnes du New York Times, du Guardian ou du Hindustan Times, il a produit en 2016 pour la BBC une série intitulée "Le musée des objets perdus", consacrée à la destruction des trésors culturels d'Irak et de Syrie. Ses nouvelles lui ont déjà valu de nombreuses distinctions aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où le présent recueil paraît en même temps qu'en France, après une publication initiale en Inde. Il vit aujourd'hui à New York, où il travaille à l'écriture de son premier roman. – clr987

Le temps vieillit vite Antonio Tabucchi.

«Pense aux bouteilles en plastique, celles d'eau minérale, la bouteille a un sens tant qu'elle est pleine d'eau, mais quand tu l'as bue tu peux la ratatiner sur elle-même et puis tu la jettes, voilà ce qui m'est arrivé, le temps s'est pour moi ratatiné, un peu aussi les vertèbres, si je puis le dire comme ça…» En neuf récits, Antonio Tabucchi sonde les mémoires de ses personnages confrontés au travail du temps. Celui qui ressurgit soudain dans les plis du présent, et qui nous fait prendre conscience de nos ambiguïtés et de nos contradictions. Un ancien agent secret, jadis chargé de surveiller Bertolt Brecht, déambule dans Berlin, désormais sans objectif, en pensant à la femme aimée et disparue. Un ex-officier malade en vacances au bord de la mer parle des mésententes existentielles avec une petite fille singulière tout en lui apprenant à lire l'avenir dans les nuages. Une vieille femme à l'hôpital tente de léguer au neveu qu'elle a élevé des souvenirs d'avant le début de la mémoire … Sensible aux récents bouleversements de l'Histoire, l'écrivain italien inscrit ces nouvelles dans l'espace-temps d'un Occident aux prises avec le décalage des temps, comme si les aiguilles de l'horloge de notre conscience indiquaient une autre heure que celle de la réalité. – clr987

Nouvelles inquietes Dino Buzzati.

Dans un fort reculé, une sentinelle reçoit la visite d’une mystérieuse ombre qui vient chercher un général célèbre, désormais vieux et malade. Le démon, lassé de voir les hommes lutter contre lui, entreprend de faire la grève du Mal. Un écrivain se réveille un matin avec une idée de roman fabuleuse qu’un de ses rivaux lui a donnée en rêve. Ainsi débutent quelques-unes des quarante-neuf Nouvelles inquiètes, réunies ici. Chacune d’elles ouvre les portes d’un monde étrange dans lequel rien n’est ce qu’il paraît, où passé et présent se confondent. Sous le signe de l’intranquillité, ce recueil d’histoires troublantes met en scène les grands thèmes chers à l’enchanteur transalpin. – clr987

Fictions Jorge Luis Borges.

Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l'esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d'emblée qu'il s'agit d'une réflexion sur la richesse foisonnante de l'imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s'exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La Bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l'ensemble des livres, existants ou non. La multitude d'univers parallèles et d'effets de miroir engendrent un "délire circulaire" vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l'espace. Dans quelle dimension sommes-nous? Qui est ce "je" qui raconte l'invasion de la cité dans La Loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ? Il n'est pas certain que l'on ait envie d'être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d'être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d'un prestidigitateur exercé. --Sana Tang-Léopold Wauters – clr987

Differentes Saisons Stephen King.

Printemps : l'histoire d'un prisonnier innocent qui prépare l'évasion la plus extraordinaire depuis celle du comte de Monte-Cristo... Été : un jeune adolescent découvre le passé monstrueux d'un vieillard et joue avec lui une variante terrible du chat et de la souris... Automne : quatre garçons turbulents s'aventurent dans les forêts du Maine, à la découverte de la vie, de la mort et des présages de leur destin... Hiver : dans un club étrange, un médecin raconte l'histoire d'une femme décidée à accoucher quoi qu'il arrive... Ces quatre récits prouvent triomphalement que le grand Stephen King est capable de transcender l'horreur sans abandonner son style singulièrement entraînant, sa façon imagée de rendre le décor et les personnages, et ses intrigues haletantes, suspendues au bord du gouffre. Différentes saisons : quatre joyaux, d'une lecture irrésistible. – clr987

Matin Brun Franck Pavloff.

Matin brun est une nouvelle universelle contre la pensée unique et ce que Pavloff appelle les « petites compromissions». Ce livre a une portée universelle car les indications spatio-temporelles ne sont pas détaillées. Le livre a connu un grand succès en 2002 (plus d'un million d'exemplaires vendus) après la surprise du premier tour de l'élection présidentielle où le candidat d'extrême-droite, Jean-Marie Le Pen fut qualifié pour le second tour. Depuis, cette nouvelle est régulièrement l'objet de discussions et de travaux dans les écoles. – clr987

Nocturnes Kazuo Ishiguro.

Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d’un appartement londonien à l’étage feutré d’un hôtel sélect de Hollywood, ce cycle sublime de nouvelles explore l’amour, la musique et le temps qui passe. Les personnages décrits sont des musiciens de rue, des stars déchues et des rêveurs, chacun en quête intime, chacun dans un moment de vérité. Comme le rythme de la musique qu’il évoque, imprégné de thèmes obsédants, le quintette résonne de questions spirituelles et éternelles : le combat humain pour s’éloigner du désenchantement, et pour préserver intact le charme de la vie, même quand les relations s’embourbent et que les espoirs de jeunesse s’émoussent. – clr987

La promesse du lendemain Hitonari Tsuji.

Qui est cette inconnue qui se rend jour après jour à la poste pour observer le guichetier à la dérobée ? Savez-vous que là où vit la jeune Acacia, le temps n'existe pas ? Pour quelle raison cet homme qui s'amuse des heures avec les pigeons se laisse-t-il envahir par une tristesse infinie au moment de rentrer chez lui ? Quel est ce mal qui rend tous les habitants d'un pays sans nom incapables de chanter ? Pourquoi ce petit garçon s'est-il choisi pour héros un SDF qui porte un sac de toile sur la tête, et pourquoi massacre-t-on soudain tous les chiens de son quartier ? Coincée avec son petit ami tout en haut de la grande roue, cette femme trouvera-t-elle la force de lui dire qu'entre eux, c'est fini ? Les réponses à ces questions soin à découvrir au fil des nouvelles de Hitonari Tsuji. Dans ces histoires en forme de fables, le poète se fait le chantre des amours qui naissent puis se fanent, de la solitude résultant de l'incommunicabilité, de la violence du monde. Ainsi, au détour de phrases pures, limpides, lumineuses, surgissent l'étrangère et les ténèbres. Hitonari Tsuji est né à Tokyo en 1959. Créateur protéiforme, il incarne au Japon une certaine idée de la modernité artistique. Considéré comme un des chefs de fille d'une nourelle génération d'écrivains, il a atteint une renommée internationale arec Le Bouddha blanc (Mercure de France, prix Femina étranger 1999) et En attendant le soleil (Belfond, 2004). – clr987

L'ermite Rick Bass.

Rick Bass, auteur de plus de quinze livres nous offre, avec The Hermit’s Story, son nouveau recueil de nouvelles. Le lecteur qui a aimé les précédents recueils, ou bien encore les romans, comme Là où se trouvait la mer, retrouvera ici ces personnages attachants qui poursuivent leur rêve, qu’il soit grandiose ou trivial, qui sont confrontés aux aléas des relations humaines — des couples qui se découvrent ou se rendent compte qu’ils se sont perdus, des amours que la maladie et la mort viennent briser, des familles qui ne semblent plus avoir d’autre lien que celui de l’état civil mais où resurgit soudain une étincelle, des amis qui un jour se demandent ce qu’ils ont en commun… —, et bien sûr de grands solitaires, comme l’ermite de la nouvelle-titre. Un des personnages les plus étonnants du recueils est certainement Thomas Jefferson, revu à travers le double prisme d’une guide amoureuse du grand homme et d’un touriste désabusé. Tout en continuant à privilégier cette richesse dans l’analyse psychologique, Rick Bass multiplie ici les situations dramatiques, et joue, comme lui seul sait le faire avec l’espace et les éléments : étrange traversée d’un lac sous la couche de glace qui le recouvre, voyage fantastique dans une vieille mine désaffectée, équipée pathétique d’un groupe de copains vers le Golfe du Mexique… Si le nord-ouest des USA a toujours les faveurs de Rick Bass, il sait néanmoins nous faire voyager à travers un espace auquel son écriture et ses thèmes confère une dimension magique et légendaire, sans jamais tomber dans une quelconque complaisance. Avec ce recueil, Rick Bass poursuit une œuvre qui fait certainement de lui un des grands écrivains américains contemporains. – clr987

Dans les monts Loyaute Rick Bass.

Rick Bass a dédié son premier livre, " Dans les monts Loyauté ", à Jim Harrison et Tom McGuane et, à leur suite, sonde le cœur de la nature sauvage et celui non moins sauvage de l'homme. Ainsi, un narrateur se rappelle ses virées de jeunesse dans les collines avec un oncle bambocheur dont les frasques prennent rétrospectivement un sens inédit. Ou bien c'est un jeune boxeur qui attend sa centième victoire dans de glauques combats de tripot avant de passer professionnel à New York. Des enfants mettent des masques de loup pour traquer un garçon dans la forêt... Chaque nouvelle est un récit mythique, l'emblème d'un conflit ou d'une connivence, la révélation d'une vérité essentielle, d'une loyauté vitale. Comme l'a écrit François Jacquemont dans l'Est républicain : " Avec Rick Bass, le lecteur européen le plus avachi fait le plein d'énergie. " – clr987

Ce qui desirait arriver Leonardo Padura.

En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme la musique d’un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude. Magie des décors qui n’ont pas besoin de description, ou si peu. Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu’ont les choses, souvent, d’arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s’effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d’êtres aimés. On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désœuvrés, fonctionnaires désabusés, souvenirs cuisants... On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l’humanité qui irradie à chaque ligne, la nostalgie des vies qu’on ne vit pas, et l’art suprême de nous plonger dans une île qu’on emporte toujours avec soi. – clr987

Manuel à l'usage des femmes de ménage Lucia Berlin.

La publication de Manuel à l’usage des femmes de ménage révèle un grand auteur et un destin exceptionnel : Lucia Berlin, mariée trois fois, mère de quatre garçons, nous raconte ses multiples vies en quarante-trois épisodes. Élevée dans les camps miniers d’Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème vivant dans un loft new-yorkais au milieu des années 50 et une infirmière aux urgences d’Oakland. Avec un délicat mélange d’humour, d’esprit et de mélancolie, Berlin saisit les miracles du quotidien jusque dans les centres de désintoxication du sud-ouest des États-Unis, elle égrène ses conseils avisés et loufoques tirés de ses propres expériences d’enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage. Dix ans après la mort de l’auteur, la découverte de Manuel à l’usage des femmes de ménage a constitué un événement littéraire majeur aux États-Unis, puis dans le monde entier. Comparée par la critique américaine à Raymond Carver et Alice Munro, Lucia Berlin est un grand écrivain injustement méconnu, un maître de la narration qui se nourrit du réel pour émerveiller son lecteur. « Lucia Berlin est sans doute le meilleur écrivain dont vous n’avez jamais entendu parler… » —Publishers Weekly « Les nouvelles de Madame Berlin font s’émerveiller des imprévus de l’existence. C’est ça un grand écrivain. » —The New York Times « Quarante-trois nouvelles, quarante-trois petits chefs-d’œuvre. » —La Repubblica – clr987

Histoires vraies Blaise Cendrars.

Existe-t-il vraiment ce passage secret qui mène à la Banque d’Angleterre ? Et la T.P.M.T.R., cette ligue de marins garantissant aux morts en mer un enterrement au pays natal? Et ce Saint inconnu, sacristain de la cathédrale de Santiago ? Qu’importe… Du Far West à l’Argentine, de Londres à la forêt vierge, Blaise Cendrars nous invite dans ses sept "histoires vraies" à ouvrir les yeux sur les beautés du monde – et sa part de mystère. – clr987

Le Pigeon Patrick Suskind.

"Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût lui arriver rien de notable sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie." Qu'est-ce qu'un "événement" ? Que se passe-t-il, en somme, quand "il se passe quelque chose" dans la vie d'un homme ? Tel est au fond le sujet, étonnamment simple et profond, de ce nouveau conte philosophique et cocasse de l'auteur du "Parfum". Patrick Süskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Il a fait des études littéraires à Munich et à Aix-en-Provence et exerce le métier de scénariste. Outre "Le parfum", best-seller mondial, il a écrit une pièce de théâtre à un personnage, "La contrebasse". – clr987

La vie des pierres Rick Bass.

Écologiste ardent aussi bien dans ses textes de fiction que dans ses essais polémiques, Rick Bass nous offre un recueil de dix textes d’une veine délicate et puissante. De la nouvelle qui donne son titre à l’ensemble à celle qui retrouve le souvenir du raz-de-marée annuel dans le golfe du Mexique, sans oublier les pages dédiées aux inquiétants glissements de terrain dans les marnes, au premier cerf abattu par une jeune femme hantée par ses souvenirs d’enfance, ou encore à une rivière à la fois magique et polluée dans laquelle trois jeunes gens immergent un bathyscaphe de fortune, la Nature américaine, menacée et rebelle, est partout. Sans jamais se départir d’un certain humour et d’une conscience de la beauté, Rick Bass tend la même oreille attentive aux sourds mouvements telluriques qu’aux discrets tressaillements de la mémoire. Tout comme celle des pierres, la vie palpite, secrète, immémoriale et terriblement présente. Jusqu’à quand ? – clr987

Incandescences Ron Rash.

Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de désespoir rural, des tranches de vie oblitérées par la misère, le manque d'éducation, la drogue. Situées dans le décor sauvage et magnifique des Appalaches, déjà rencontré dans Le Monde à l’endroit et Une terre d’ombre, elles évoluent entre l’époque de la guerre de Sécession et nos jours. Elles décrivent avec une compassion affligée et lucide de pathétiques gestes de survie, une violence quotidienne banalisée par la pauvreté, des enfants sacrifiés par leurs parents au culte de la meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contrée imperméable au progrès et à la modernité. À mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash écrit une prose d'une noirceur poétique, laissant par instants entrevoir un éclair d'humanité même chez les êtres les plus endurcis. Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires —Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize (deux fois), James Still Award, Novello Literary Award. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University. Incandescences a été récompensé en 2010 par le Frank O’Connor International Short Story Award. – clr987

Le Spinoza de la rue du marche Isaac Bashevis Singer.

Les nouvelles qui composent ce recueil se passent toutes en Pologne à diverses époques. Rééditées ici dans une nouvelle traduction pour certaines, encore inédites en français pour d'autres, elles comptent parmi les plus belles qu'Isaac Bashevis Singer ait jamais écrites.On y retrouve les sages et les fous, les marchands et les rabbins, les amoureuses, les bandits, les étudiants, les tailleurs, les colporteurs qu'il nous a appris à connaître et à aimer.On n'oubliera pas le Spinoza de la rue du Marché qui découvre l'amour à soixante-dix ans bien sonnés, ni cette coquine de Glicka Genendel qui se cherche un nouveau mari, pas plus que l'infortunée Lisa, que le diable tente. – clr987

La tour de Babylone Ted Chiang.

Entre 1991 et 2002, Ted Chiang a écrit huit nouvelles (toutes réunies dans ce recueil). Ces textes, ciselés par un véritable surdoué, ont été récompensés par une kyrielle de prix littéraires. « La tour de Babylone », la première nouvelle publiée par l'auteur, a eu les honneur du prix Nebula. « L'histoire de ta vie » a été récompensée par un autre Nebula et le Theodore Sturgeon Award. « Soixante-douze lettres » a été nominée au prix Hugo et a reçu le Sidewise Award. « L'enfer, quand Dieu n'est pas présent » a reçu les prix Hugo et Nebula. On trouve ainsi au sommaire de ce recueil : deux brillantes uchronies, un thriller paranoïaque haletant, une histoire de deuil et d'anges, une rencontre avec des extraterrestres, une autre avec la post-humanité... Huit textes dont la somme dessine le potentiel hors du commun d'un auteur d'ores et déjà célèbre dans le monde de la science-fiction anglo-saxonne malgré son impardonnable manque de prolixité. Ted Chiang est né en 1967 à Port Jefferson, État de New York. Il vit actuellement dans la région de Seattle où il travaille dans l'industrie informatique. – clr987

Numero 11 Quelques contes sur l Jonathan Coe.

Rachel et son amie Alison, dix ans, sont très intriguées par la maison du 11, Needless Alley, et par sa propriétaire qu’elles surnomment la Folle à l’Oiseau. D’autant plus lorsqu’elles aperçoivent une étrange silhouette à travers la fenêtre de la cave. Val Doubleday, la mère d’Alison, s’obstine quant à elle à vouloir percer dans la chanson, après un unique succès oublié de tous. En attendant, elle travaille – de moins en moins, restrictions budgétaires obligent – dans une bibliothèque et trouve refuge dans le bus numéro 11, pour profiter de son chauffage et de sa chaleur humaine. Jusqu’à ce qu’un appel inespéré lui propose de participer à une émission de téléréalité. Quelques années plus tard, dans un quartier huppé de Londres, Rachel travaille pour la richissime famille Gunn, qui fait bâtir onze étages supplémentaires... souterrains. Piscine avec plongeoir et palmiers, salle de jeux, cinéma, rien ne manquera à l’immense demeure. Mais plus les ouvriers s’approchent des profondeurs du niveau –11, plus des phénomènes bizarres se produisent. Si bien que Rachel croit devenir folle. À travers ce roman construit autour du chiffre 11, Jonathan Coe tisse une satire sociale et politique aussi acerbe que drôle sur la folie de notre temps. Il croque ses contemporains britanniques, gouvernés par une poignée de Winshaw – descendants des héros malveillants de Testament à l’anglaise –, capture dans sa toile les très riches et leurs serviteurs, leurs frustrations, leurs aspirations et leur démesure, avec une virtuosité toujours aussi diabolique. – clr987

Jesus prend la mer James Lee Burke.

Qu’il raconte la violence des chasseurs sous la lumière hivernale ou celle d’une bande de motards qui aiment à humilier ou terroriser les gens, qu’il recrée l’époque agitée et haute en couleurs des débuts du rockn’roll à l’ombre d’Elvis Presley et Jerry Lee Lewis, qu’il refasse vivre dans des récits manifestement autobiographiques sa jeunesse et son adolescence pendant la Seconde Guerre Mondiale, sa rencontre avec Bugsy Siegel ou le quotidien des prospecteurs de pétrole, James Lee Burke ne perd jamais de vue La Nouvelle Orléans et les ouragans qui la dévastent, une ville qui est un “poème” ou “une chanson dans le Coeur qui ne meurt jamais”. C’est quand il évoque les rescapés de la ville martyre que son lyrisme naturel atteint au sublime. – clr987

Un Combat et autres recits Patrick Suskind.

Contre ce jeune inconnu arrogant qui déplace ses pièces sans réfléchir en roulant des cigarettes, le héros d’Un combat, un vieux joueur expérimenté, comprend que sa carrière est finie… Et son public, pourtant fidèle, le croit aussi. L’issue de la partie dira ce qu’il faut penser de certaines « évidences ». N’importe quel artiste, un jour ou l’autre, a entendu parler de « profondeur ». Mais qu’est-ce que la profondeur ? Et qu’est-ce que « manquer de profondeur » ? Voilà une question qui peut décider d’un destin… Patrick Süskind nous offre ici quatre récits étincelants et imprévus, où l’on voit une idée tourner à l’obsession au point d’avaler fantastiquement celui ou celle qui en est la proie… Quatre histoires dans le ton grinçant, drolatique, qui a fait le triomphe du Parfum et de La Contrebasse. – clr987

La Roue et autres nouvelles Christian Gailly.

Réparer une roue. Penser à un cadeau d’anniversaire. Confectionner un gâteau, etc. Bref, toujours aimer une femme. Ne pas rompre immédiatement. Tenter de la retrouver avant qu’il ne soit trop tard. – clr987