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Mai 2017

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A la lumiere de ce que nous savons - Rahman Zia Haider (03-2016)

« Un premier roman incroyablement abouti. Rahman apparaît d’emblée comme un raconteur d’histoires puissant et subtil, témoignant d’un sens du détail dramatique. Il sait exprimer les blessures, le surgissement de la honte, par le biais de paraboles saisissantes. À la lumière de ce que nous savons peut être qualifié de ce que Salman Rushdie a un jour appelé “roman total” : accueillant, chaleureux, polémique, expérimenté, cérébral. » James Wood, The New Yorker « Une sorte de roman d’aventures, où l’on trouve des échos d’œuvres majeures telles que Au cœur des ténèbres de Conrad ou Gastby le magnifique de Fitzgerald, des romans d’enquête et de déconstruction de Graham Greene et de W. G. Sebald, mais aussi des romans d’espionnage de John le Carré, tant Rahman parvient à créer et maintenir du suspense. À la lumière de ce que nous savons est un roman ambitieux à tous égards, un travail de fiction qui rend compte de l’indicible dans les relations humaines comme dans les relations internationales. » Joyce Carol Oates, The New York Review of Books « Ce roman formidable et captivant offre aux lecteurs des plaisirs rarement proposés au sein d’un même volume. L’audace avec laquelle Rahman convoque des éléments de notre crise contemporaine est vivifiante. À travers ses différents personnages, il propose des lectures extraordinaires des mœurs et des rapports de classe. Un premier roman qui doit être salué. » Norman Rush Biographie de l'auteur Zia Haider Rahman est né dans une région rurale du Bangladesh. Il a fait ses études à Balliol College à Oxford, à Munich et à Yale University. Il a travaillé à Wall Street dans une banque d'investissements avant de devenir un avocat international spécialisé dans la défense des droits de l'homme. A la lumière de ce que nous savons est son premier roman. – clr987

Infini. L'histoire d'un moment - Josipovici Gabriel (01-2016)

Noble, riche et excentrique, Tancredo Pavone est un compositeur d’avant-garde dont la vie est rapportée par Massimo, son ancien majordome. Massimo se souvient de l’ego bien trempé comme des opinions très tranchées de son maître, donnant parfois le sentiment de ne pas avoir tout à fait conscience de ce qu’il dit. Vérité ou imagination ? Au fil de ses propos surgit le portrait complexe et contrastée de Pavone — un homme qui donne voix à la musique en lui —, et le lien très singulier qui lie deux hommes socialement aux antipodes. Infini — l’histoire d’un moment décortique le processus créatif musical sans rien perdre de l’originalité de son « sujet », hors norme, parfois jusqu’au comique. – clr987

Deux secondes de trop - Joyce Rachel.

En 1972, deux secondes furent ajoutées au temps pour compenser le mouvement de rotation de la terre. Deux secondes. Cela semble insignifiant. Mais pas pour le jeune Byron Hemming fasciné par ce phénomène. Il scrute en vain le cadran de sa montre, en attente de ce moment magique où les aiguilles reculeront de deux secondes. Alors que sa mère le conduit à l'école, il croit que ce moment arrive enfin, le crie à sa mère. Et c'est l'accident... aux innombrables conséquences. Intimement persuadés que les deux secondes supplémentaires sont responsables de ce jour funeste qui a changé sa vie, Byron et James, son meilleur ami, enquêtent pour découvrir ce qui s'est véritablement produit. Mais cette enquête risque de bouleverser encore plus leur destin... Des personnages attachants, un grand sens de l'observation, des situations poignantes... Un roman tendre et fascinant où l’obsession d’un enfant peut faire voler en éclats le miroir parfait dans lequel une famille aimait à se contempler. Avec cette plongée bouleversante dans une famille de la bourgeoisie anglaise, Rachel Joyce confirme son immense talent de romancière. – clr987

Histoire de Knut Yoko Tadawa.

De sa naissance en 2008 à sa mort prématurée en 2011, Knut, un jeune ours polaire, fut la vedette incontestée du zoo de Berlin. Les circonstances exceptionnelles de sa naissance en firent une star mondiale : rejeté par sa mère, une ourse savante, ancienne pensionnaire d'un cirque de la RDA, il ne dut sa survie qu'aux soins de ses gardiens. De cette histoire vraie, Yoko Tawada a tiré ce roman dans lequel les ours prennent la parole : avant Knut, c'est d'abord sa grand-mère, en proie à une impérieuse vocation littéraire, puis sa mère (que son nom, Tosca, destine de toute évidence à la scène), qui nous racontent leur apprentissage de la vie et leurs rapports compliqués avec les humains. Alors que nous avons pris l'habitude de les considérer comme des objets d'amusement ou de curiosité, les animaux, ici, nous regardent. Ils jettent sur le monde contemporain et l'histoire de l'Europe un regard décalé qui fait d'eux les héritiers du Chat Murr d'E.T.A. Hoffmann ou du héros des Recherches d'un chien de Kafka. – clr987

Les bucherons Roy Jacobsen.

«Le 7 décembre 1939, lorsque les troupes finlandaises incendient la ville de Suomussalmi, afin qu'elle ne tombe pas entre les mains de l'Armée rouge, Timmo Vatanen refuse l'évacuation. Lui, le bûcheron considéré par presque tous comme l'idiot du village, va raconter l'histoire de sa survie, avec d'autres laissés-pour-compte finlandais et russes, des "hommes qui ne valent rien". Les bûcherons est une histoire de liberté, de responsabilité morale face à un choix, l'histoire d'un individu, un antihéros qui lutte contre l'autorité et contre l'absurdité. Surtout, c'est le récit d'un homme qui se débat dans les conséquences d'événements extrêmes - la guerre d'Hiver -, et dans des conditions très difficiles - le Grand Nord -, sans jamais renier son humanité, ni celle des autres.» Alain Gnaedig. – clr987

Une famille delicieuse Willa Marsh.

Mina et Nest vivent à Ottercombe House, imposante demeure familiale plantée au coeur de la lande, entourées de leurs chiens et unies par le souvenir d'une enfance idyllique. L'arrivée de Géorgie, la soeur aînée atteinte de démence sénile, fait ressurgir un passé douloureux qu'elles auraient préféré oublier. Pire, Géorgie s'apprête à révéler des secrets au pouvoir destructeur... Les deux cadettes sont prêtes à tout pour empêcher que la vérité n'éclate au grand jour. Qui aurait cru que ces respectables vieilles dames avaient tant de choses à dissimuler ? Marcia Willett, alias Willa Marsh, est née en Angleterre, en 1945. Elle a écrit son premier roman à cinquante ans passés. Elle en a depuis publié plus de vingt autres qui sont traduits dans seize pays. Une famille délicieuse est son cinquième livre à paraître chez Autrement. – clr987

Les Ames des enfants endormis Mia Yun.

Avec un père absent et peu fiable, la jeune Kyung-A, son frère, sa sœur et sa mère ne peuvent compter que sur eux-mêmes. De déménagements en nouvelles rencontres, d’emplois précaires en drames adolescents, chacun apprend à se débrouiller seul, fort de savoir qu’il pourra retourner auprès des siens à tout moment. Mais, le temps passant, les enfants se font happer par leur destinée individuelle et par la grande Histoire, et désertent ce foyer familial si fragile. Mia Yun se révèle à la fois poète, peintre et conteuse dans ce roman qui nous plonge dans un ailleurs dépaysant, évocateur, d’une beauté infinie. – clr987

L'ordre de dispersion Alain Chany.

Un jeune professeur de philosophie, bien placé pour se méfier des mots, se trouve licencié de la philosophie pour avoir prononcé un discours révolutionnaire, lors de la distribution des prix, dans le collège où il enseigne. Contraint à la solitude des chômeurs, qui forme des penseurs malgré eux, il erre dans Paris au début de l'été, se raconte des histoires, se souvient de son enfance campagnarde, et jette sur le monde un regard ironique. – clr987

Un collectionneur allemand Manuel Benguigui.

De son plus jeune âge, Ludwig fut absorbé par l’art. Il vivait par les œuvres, pour les œuvres, et rien d’autre. Leur vision, leur vision seule et simple lui tenait lieu de nourriture fondamentale. Principalement les tableaux, toiles et panneaux. Ludwig se contrefichait de la Terre et de ses habitants. Il n’aimait que l’art, il ne voyait que cela, et pas les hommes derrière. C’est tout juste si les artistes y sauvaient leur peau. L’humanité ne l’intéressait pas, il ne voulait en voir que les créations.Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Ludwig, officier de l’armée allemande, est en poste à Paris dans un service dévolu à la confiscation des œuvres d’art, où il excelle. Protégé par Goering, lui-même collectionneur compulsif, il attise les jalousies. Mais Ludwig ne déroge pas à sa mission, mû par une exigence et une intransigeance esthétiques qui l’éloignent de plus en plus du monde des hommes.Pourtant, le jour où il croise Lucette, quelque chose en lui vacille. Pour la première fois de sa vie, il est ému par un visage et un corps de chair…Manuel Benguigui est né à Paris en 1976. Il travaille dans une galerie d’art tribal. Un collectionneur allemand est son premier roman. – clr987

Ce que les hommes appellent amo Joaquim Maria Machado de Assis.

Ce journal intime du diplomate brésilien Aires, revenu à Rio après trente années en Europe, est fait de petites touches ironiques sur le vieillissement, l'amour, l'ambiguïté des sentiments et l'abolition de l'esclavage. – clr987

Le dernier paradis de Manolo Alan Warner.

Voir Les Dents de la mer assis entre deux Japonaises, grandir entouré d'inconnus dans un hôtel, épouser la meilleure amie de son ex-femme... Le passé prend un sens différent lorsque Manolo apprend qu'il est atteint du sida. Luttant contre sa mélancolie, il accueille un immigré clandestin à qui il se confie. La découverte de l'altruisme et de la sincérité aura-t-elle raison de la vanité de Manolo ? – clr987

Anthracite Cedric Gras.

« À l’hiver 2014, dans une Ukraine survoltée, la foule furieuse se mit à dézinguer toutes les idoles communistes. Elle détruisait les plâtres, les granits, les bronzes, la fonte, les effigies, elle abattait les grands Lénine, les petits, les statues où il montrait la voie (sans issue). Elle cognait le spectre d’une URSS qui la hantait. Elle défoulait sa haine contre les fantômes soviétiques, taillant tout cela en pièces et veillant jusqu’à l’aube, comme si les sculptures avaient eu le pouvoir de se redresser à la faveur de la nuit. Et d’une certaine manière c’est ce qui arriva : l’empire fut ravivé. » Entre guerre civile et mines d’anthracite, deux amis d’enfance traversent leur Donbass natal dans un road-trip tragi-comique. Une grande épopée contemporaine – clr987

Le Dernier Quartier de Lune Zijian Chi.

Ecoutez la voix d’une femme qui n’a pas de nom car son histoire se fond avec celle de la forêt de l’extrême nord de la Chine. Elle partage avec son peuple une vie en totale harmonie avec la nature, au rythme des migrations des troupeaux de rennes et du tambour des Esprits frappé par les chamanes. On y rencontre des hommes vigoureux comme des arbres, à qui il arrive de mourir gelés sur leur renne aux sabots en fleur, un vieillard qui élève un vautour pour se venger du loup qui l’a rendu infirme, un chamane qui tisse une mirifique robe en plumes pour prendre au piège la femme qu’il aime, et aussi les guerres et les convoitises extérieures qui viennent menacer ce monde fragile. Sa voix coule comme l’eau, de sa venue au monde annoncée par un renne blanc à son grand âge qui n’attend plus que des funérailles dans le vent. Et lorsque sa voix se tait, elle continue à résonner en nous comme si quelqu’un de très lointain nous était devenu très proche et ne voulait plus nous quitter. "Tant que je vivrai dans la montagne, même si je suis la dernière, je ne me sentirai jamais seule. Ce feu sur lequel je veille est aussi vieux que moi. Je l’ai toujours protégé des vents violents, des tempêtes de neige et des grosses pluies. Jamais je ne l’ai laissé s’éteindre. Ce feu, c’est mon cœur qui bat." – clr987

Un parcours d'historien Souven Pierre Goubert.

Issu du monde des humbles et né durant la Grande Guerre, élevé au coeur du vieux Saumur (dans la rue qui avait été celle d'Eugénie Grandet), Pierre Goubert a vraiment vécu au cours des années vingt de ce siècle ce que Péguy avait déjà observé sur sa propre enfance: il a " littéralement touché l'ancienne France, l'ancien peuple tout court ". Dans l'Anjou de l'entre-deux-guerres, une voiture était forcément attelée, l'école maternelle se nommait asile, et les enfants portaient des galoches...Voilà peut-être pourquoi le parcours de l'un des meilleurs historiens de notre temps est aussi peu classique que possible: a-t-on souvent vu un boursier non bachelier revêtir une toge de professeur à la Sorbonne en n'ayant presque jamais mis les pieds dans une université? Il faut dire que Pierre Goubert aura entre-temps écrit quelques-uns des quinze ou vingt livres d'histoire majeurs publiés depuis la Libération, qu'il aura été le disciple, le collègue, le maître des plus grands _ les Bloch, Febvre, Labrousse et autres Braudel _, se sera fait l'ambassadeur de la recherche française dans une bonne quinzaine d'universités étrangères prestigieuses et aura, par ses vues non conformistes sur l'Ancien Régime, fait progresser de façon décisive notre compréhension de ce type de société. Plutôt qu'un nouvel essai d'ego-histoire, ces Souvenirs sont une plongée dans une succession de mondes disparus: le Saumurois de l'entre-deux-guerres comme le Beauvaisis du XVIIe siècle, l'enseignement sous la IIIe République comme l'Université d'avant 68. Leur saveur particulière tient certes à la truculence d'un homme aux goûts et aux dons multiples mais aussi à ce métier d'historien qui enseigne à séparer la paille et le grain: le destin personnel et ce qui procède de l'expérience collective. – clr987

La derniere Partie Wieslaw Mysliwski.

Un carnet d'adresses hante son propriétaire. Il le nargue et refuse de livrer ses secrets. Philosophie et ironie imprègnent ce roman où un homme d'affaires polonais d'aujourd'hui parcourt les pages de son vieux calepin dans l'espoir d'y retrouver l'essentiel de sa vie. En dressant le portrait en creux de l'homme sans qualités du XXIe siècle, déchiré entre la tentation de la modernité et les assauts du passé, Mysliwski, avec son art du récit élégant et singulier, nous donne un roman philosophique foisonnant de vie et d'aventures. – clr987

Novembre Josephine Johnson.

Pulitzer 1935 Novembre. À présent je revois d'un seul coup nos vies durant les années passées. Cet automne est à la fois une fin et un commencement, et les jours naguère brouillés par ce qui était trop proche et trop familier sont clairs, étrangers à mes yeux. Consacré par le prix Pulitzer en 1935, ce premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans est immédiatement salué par la critique comme une oeuvre majeure de la Grande Dépression. D'une maturité et d'une profondeur renversantes, Novembre dépeint dans une langue aussi poétique que musicale l'explosion d'une fratrie de trois soeurs plongée dans la misère, qui voit son destin inexorablement basculer dans la tragédie. Le tableau poignant d'une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise. Josephine Johnson est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri. Après des études à l'université de Saint Louis, elle retourne dans la ferme de sa mère et s'installe dans le grenier pour entamer la rédaction de Novembre. Dès sa parution en 1934, le roman est salué comme un chef-d'œuvre de la littérature de la Grande Dépression et Josephine Johnson remporte le prix Pulitzer l'année suivante à seulement vingt-cinq ans, ce qui fait d'elle l'une des plus jeunes lauréates du prestigieux prix. En France, le livre paraît chez Stock en 1938. En 1942, Josephine Johnson épouse le rédacteur en chef d'une revue agricole avec lequel elle aura trois enfants. Elle devient professeur à l'université d'Iowa, sans pour autant renoncer à sa carrière d'écrivain. Auteur prolifique, elle a notamment écrit deux recueils de nouvelles, de la poésie, un livre pour enfants, des mémoires et trois autres romans, qui ne connaîtront pas le même succès que son extraordinaire premier roman. Josephine Johnson s'est éteinte en 1990 à Batavia, dans l'Ohio. – clr987

L'enfant aux cailloux Sophie Loubiere.

Elsa Préau est une retraitée bien ordinaire. De ces vieilles dames trop seules et qui s'ennuient tellement — surtout le dimanche — qu'elles finissent par observer ce qui se passe chez leurs voisins. Elsa, justement, connaît tout des habitudes de la famille qui vient de s'installer à côté de chez elle. Et très vite, elle est persuadée que quelque chose ne va pas. Les deux enfants ont beau être en parfaite santé, un autre petit garçon apparaît de temps en temps — triste, maigre, visiblement maltraité. Un enfant qui semble l'appeler à l'aide. Un enfant qui lui en rappelle un autre... – clr987

Vingt ans avec mon chat Mayumi Inaba.

Tout a commencé avec la rencontre d un chaton égaré. Une boule de poils vaporeuse accrochée de toutes ses griffes au grillage d un collège près de Tôkyô. Une chatte friande de sardines et de bonite aigre-douce, qui va s'introduire dans la vie de l'auteur pour très longtemps. Mî va partager avec elle quatre-vingt saisons, la rendre sensible à l'odeur du vent, aux signes de la nature, à la température de la lumière, et accompagner chacune des transformations de sa vie. Car ce roman étoilé de poèmes est aussi celui d'une femme habitée par le désir d'écrire, qui tous les soirs égrenait sur le papier des choses qui apparaissaient, ou disparaissaient, les yeux posés sur Mî blottie à ses côtés. La naïve et craintive chatte va se transformer, avec la vieillesse, en une belle endormie, et sa maîtresse, presque sans s'en apercevoir, va devenir écrivain. – clr987

Assez de bleu dans le ciel Maggie O'Farrell.

Avec un art de la construction vertigineux qui mêle les lieux, les époques et les voix, Maggie O'Farrell donne vie à une galerie de personnages complexes et livre la bouleversante radiographie d'un mariage, des forces qui le soudent aux pressions qui le menacent. Encensé par une presse unanime, un roman puissant, à la fois drôle et poignant. Une maison au bout d'une piste, à des kilomètres de tout. Autour, rien que l'herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Daniel Sullivan est linguiste, il s'en va donner un cours à l'université avant de prendre l'avion pour les États-Unis, son pays d'origine, pour se rendre à l'anniversaire de son père qu'il n'a pas vu depuis des années. À ses côtés, dans la voiture qui le conduit à l'aéroport, sa femme Claudette et leurs deux enfants. C'est là, dans cette voiture, que Daniel apprend à la radio le décès de Nicola, son premier amour. Une cascade de souvenirs se déversent et une question : se pourrait-il qu'il soit responsable de sa mort ? Le doute le ronge, implacable. Et une envie, deux en fait : découvrir la vérité sur Nicola ; revoir sa famille, son autre famille, ses deux grands enfants qu'il a abandonnés soudainement aux États-Unis dix ans plus tôt. Mais comment dire tout cela à Claudette, cette ex-star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d'organiser sa propre disparition pour échapper au monde ? Comment lui révéler l'homme qu'il est véritablement ? Et que peut-il encore promettre, lui qui n'a jamais su que fuir ? Si comme le veut le proverbe, assez de bleu dans le ciel promet une belle journée, alors chacun peut voyager sans crainte. Il y aura toujours l'amour pour les ramener à bon port... – clr987

Anna la douce Dezso Kosztolanyi.

Budapest. Juillet 1919. Les « Rouges » de Béla Kun ont perdu. Une ère nouvelle débute pour la bourgeoisie. Seule Mme Vizy, la femme du haut fonctionnaire Vizy, est obsédée par tout autre chose : Anna, la bonne promise par le concierge, viendra-t-elle ? Enfin Anna est là : « Alors commença pour eux une existence idyllique dont ils sentaient en permanence le goût dans la bouche. L’impossible s’était réalisé ; ils avaient mis la main sur la bonne, la vraie, celle dont ils avaient rêvé. » Pourtant, la bonne idéale assassinera ses maîtres, transperçant leurs corps de neuf coups de couteau. Pourquoi ? Kosztolányi nous laisse seuls juges de l’acte d’Anna, Anna la bonne, Anna la douce. « Sur les parquets trop bien cirés de Budapest la pudibonde, Anna la douce fait tournoyer d’impitoyables danses macabres où défile une humanité qui semble se réduire à un ramassis de dupes et de lâches. » (André Clavel, Le Journal de Genève) – clr987

La silhouette, c'est peu Nathalie Peyrebonne.

« Des mains anonymes griffonnent ou impriment chaque jour ces dictons impérissables dont la présence est devenue évidente. Ils sont un repère pour qui ouvre un œil le matin, un filet de sécurité : les mots nous protègent du vide, c’est un fait. » Depuis quelques jours des « semeurs » font fleurir des dictons dans les rues de Paris, sous forme de petits papiers laissés à l’arrière des taxis, sur les tables des cafés ou de mots tracés à la craie sur les murs : « La nuit d’août trompe les sages et les fous », « En septembre, le fainéant peut aller se pendre », « À la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine »,... Personne n’y prête attention au début, mais ils s’installent imperceptiblement dans les esprits et vont tout doucement inciter les citadins à interroger leurs amours, leurs amitiés ou leurs choix de vie. Diane, conductrice de taxi, Agnès, scaphandrière en eaux troubles, ou Angélique, ex-secrétaire tranquillement retirée dans son appartement, croiseront ainsi le chemin d’Edmé, vagabond décalé, protecteur des laissés-pour-compte de son quartier. Tous vont se frôler, s’influencer pour un avenir où les frustrations et les peurs pourraient n’être plus les seules à gouverner les hommes. Née en banlieue parisienne en 1971, Nathalie Peyrebonne passe une partie de son enfance en Amérique centrale avant de revenir s’installer à Paris, où elle enseigne la littérature espagnole classique à la Sorbonne Nouvelle et fait de la traduction (théâtre, livres de cuisine anciens). Son premier roman Rêve général a reçu le prix Botul 2013. – clr987