Curation
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Peu importe nos propres utilisations de l'Internet, parfois fantaisistes, parfois excessives, nous dépendons au quotidien de cet espace.
Face à la surabondance de l'information sur le web où l'internaute est à la fois et avec plus ou moins de bonheur consommateur, créateur et organisateur de ressources, comment trier/sélectionner, catégoriser et mettre en valeur selon les besoins individuels, socio-professionnels ou communautaires, mettre à disposition/partager/discuter la masse infinie de données disponibles ?
La notion de curation a fait l'objet de bon nombre d'analyses et de commentaires regroupés pour une partie d'entre eux par Béatrice Foenix-Riou sur son blog Recherche-eveillee.com .
En navigant sur Internet, on collecte une foule d'informations intéressantes, que l'on ne prend pas toujours la peine d'approfondir sur le moment mais que l'on souhaite conserver pour un examen ultérieur. Si l'on prend effectivement cette peine, si de plus l'on fait du lien entre diverses informations ainsi collectées et entre celles-ci et ce que l'on sait déjà, nous voilà dans un magnifique processus d'apprentissage non formel, applicable en tous temps et en toutes circonstances. Le web nous transforme en effet potentiellement en puits de savoirs, dès lors que l'on sait utiliser les informations qu'il met à notre disposition. Mais encore faut-il collecter, classer et réutiliser les informations que l'on estime pertinentes, et pas seulement les collectionner dans un coin de sa machine ou dans les nuages, où elles vont doucement mourir faute de n'être pas utilisées.
Les différentes plateformes de curation manuelle (Scoop.it, Pearltrees) ou automatique (Paper.li) questionnent le droit d'auteur car ces services reproduisent du contenu protégé par le droit de la propriété intellectuelle. Lionel Maurel (nous rendons compte d' un autre de ses articles ici ), conservateur des bibliothèques à la Bibliothèque nationale de France essaie d'apporter quelques réponses juridiques à ce sujet sur son blog S.I.Lex. Scoop.it : un service aux "bases juridiques fragiles" Scoop.it est un service en ligne qui permet à l'usager du web de créer son propre magazine en ligne. Lors de l'ajout d'une actualité, l'outil se charge de récupérer le titre, l'image et parfois les premières lignes du texte sauf si le curateur choisit de personnaliser cette présentation.
Jean-Christophe Dichant , éditeur et expert en gestion de contenu Web, a récemment consacré sur son blog un dossier complet à la méthodologie de veille et de la curation , un processus ordonné basé sur l’expérience professionnelle de l’auteur.
Alors que Google vient d’annoncer le lancement de son bouton de partage +1 , à l’image du fameux like de Facebook, la juriste Murielle Cahen publie sur le site Avocat Online une intéressante analyse , qui confronte ce type de fonctionnalités avec les principes du droit d’auteur à la française. On a immédiatement évoqué les questions de protection des données personnelles à propos du nouveau bouton de partage +1 de Google, mais il est possible que le droit d'auteur finisse lui aussi par entrer dans la danse... Son raisonnement, finement nuancé, tend à prouver que plusieurs principes du droit d’auteur, et notamment le droit moral , fragilisent ces pratiques de propulsion des contenus en direction des réseaux sociaux. Cela dit, il me semble que son analyse gagnerait à être complétée par la prise en compte du droit de courte citation , ainsi que d’une jurisprudence récente rendue à propos de l’exception de revue de presse.
La curation est souvent présentée comme une pratique destinée aux « amateurs » , en raison de son adoption par un grand nombre de personnes, qui utilisent ce moyen de sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web (selon la définition proposée par Wikipedia ) pour diffuser les résultats d’une veille effectuée à titre personnel.