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Le travail de réécriture entre imitation et innovation

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Textes Fondateurs » Salomé. Salomé est un personnage des plus mineurs au sein du Nouveau Testament. Elle n’est pas directement liée à l’histoire du Christ, et ne fait donc pas partie des figures qui jalonnent son parcours, comme Lazare ou Marie-Madeleine, et qui dès lors acquièrent le statut capital, pour l’écriture des Évangiles, de témoins des miracles accomplis et de la « bonne parole » prêchée. Elle va à l’inverse avoir pour fonction, à travers les nombreuses représentations artistiques dont elle est l’objet, d‘incarner l’exemple même d’un comportement féminin condamné. Paradoxalement, la jeune fille que les Évangélistes ne nomment pas devient l’archétype de la femme fatale.

Un rôle d’autant plus étonnant qu’elle n’est pas l’instigatrice de la décollation de Jean-Baptiste. Léonard de Vinci, saint Jean-Baptiste (1513-1516), Musée du Louvre Cette image dévalorisante se construit essentiellement en littérature dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les textes princeps : les trois sources bibliques. Le mythe de Salomé en littérature. Les réécritures en Première L. Pratiques de réécritures: l'autre et le même - Chantal Foucrier, Daniel Mortier. Enseignement - Les réécritures. « Parce que je survole un texte célèbre, chacun croit l’entendre pour la première fois. » (Cocteau, Antigone) Les modalités de ces réécritures demeurent néanmoins multiples.

La transposition la plus fidèle d’un texte est à première vue sa traduction, versant heureux du plagiat, variation infime apparemment puisque simple passage du même dans une autre langue, un autre goût et une autre sensibilité, comme le firent Du Bellay avec les Tristes d’Ovide ou Apollinaire avec la « Loreley » du poète allemand Clemens Brentano. Le poète accompagne ainsi un texte dans sa langue, semblant substituer à sa part de création un choix, un regard, une lumière portée sur un texte antérieur, par ce qui pourrait être compris comme un geste de totale soumission à son modèle, presque comme un effacement de soi. « Dès que je lisais un auteur, je distinguais bien vite sous les paroles l’air de la chanson qui en chaque auteur est différent de ce qu’il est chez tous les autres ».

(Proust, Contre Sainte-Beuve) L'adaptation théâtrale et la réécriture: expérimentations scéniques et puissances de contestation. « L’adaptation théâtrale et la réécriture : expérimentations scéniques et puissances de contestation » Appel à communications Colloque international Université d’Artois, Arras, 16-17 octobre 2008 Coordonné par Véronique Bontemps Equipe d’accueil « Textes et cultures » Axe « Praxis et esthétique », Université d’Artois L’adaptation et la réécriture sont deux formes d’écriture théâtrale que l’on retrouve tout au long de l’histoire du théâtre, dès les origines : la tragédie grecque s’est inspirée des épopées d’Homère, les Mystères du Moyen-Age sont des illustrations vivantes de la Bible et la plupart des œuvres de Shakespeare tirent leur source de nouvelles, de ballades, de chroniques.

Au vingtième siècle, les metteurs en scène vont très largement pratiquer l’adaptation et la réécriture : Jacques Copeau, Charles Dullin, Gaston Baty et surtout Jean-Louis Barrault adopteront pour la scène divers romans ou nouvelles, tout comme Erwin Piscator ou plus récemment Krystian Lupa. Pourquoi adapter ? La réécriture cinématographique. La réécriture du texte littéraire Mythe et Réécriture. « ...je me dis qu'un poète devait, pour être vraiment poète, prendre pour matière des mythes... »Socrate, in Phédon « ...les mythes, ces honnêtes ressorts du théâtre intellectuel que porte en lui tout rêveur ».Louis Aragon « ...il faut tenir écrire pour un problème ».Paul Valéry 1 Qu'il soit permis, une fois pour toutes, de préférer ici le néologisme récriture. Récriture ne figu (...) 1Qu'est-ce à dire que parler de la réécriture1 du texte littéraire. 2« Méthode, méthode, que me veux-tu ?

2 On été consultés et librement cités Littré, Robert et Petit Robert, Le dictionnaire des mots nouvea (...) 3Cédons d'abord à la tentation d'une excursion lexicologique. « Réécrire, disent les dictionnaires2, c'est écrire - ou rédiger de nouveau ce qui est déjà écrit, en modifiant à la différence de copier. » Et encore « écrire une nouvelle lettre » ou « répondre à une lettre ». 3 On lira, à ce sujet, en annexe "Rédacteurs ou écrivains". 4 Nous devons à une remarque de J.P. 9 J.L. Le site philosophique de l'académie de Reims - La réécriture de l'histoire. Réécritures - Une Joconde peut en cacher une autre !