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Inégalités dans l'enseignement supérieur

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50 ans de massification, et après ? – Docs en stock : dans les coulisses de la démocratie universitaire. Pour les 50 ans du Congrès de la Conférence des présidents d’université (désormais France universités), M. Emmanuel Macron a déclenché un émoi national en fustigeant un « enseignement supérieur qui n’a aucun prix », avec « tant de précarité étudiante » et invitant à « profond changement d’approche, [une] transformation systémique de nos universités, de notre organisation » et estimant que les universités devaient « garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi » [discours du 13 janvier 2022].

C’est l’occasion de faire un point sur l’articulation entre l’enseignement supérieur et l’emploi en France durant ces cinquante dernières années. Ce point conduit à identifier la possible fin de la massification, qui pourrait conduire à l’écroulement du principe « diplôme-bouclier contre le chômage ». Coincés entre l’absence d’emplois non pourvus et l’impossibilité de pousser plus loin les jeunes dans leurs études, notre politique se réduirait à une gestion des débordements. Méthodologie. Aux Etats-Unis, « la discrimination positive a permis d’augmenter la proportion de Noirs et d’Hispaniques parmi les étudiants des meilleures universités » Aux Etats-Unis, les universités ont introduit des mesures de discrimination positive en faveur des Afro-Américains dès les années 1960.

Mais elles sont indirectes, et certains Etats sont revenus sur ces programmes, explique Daniel Sabbagh, directeur de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po et spécialiste du sujet. Quand les Etats-Unis ont-ils commencé à collecter des statistiques ethniques ? Au sens large, dès 1790, dans le cadre du recensement. A l’origine, les agents recenseurs étaient chargés de noter la « race » dans leurs relevés, en fonction de leurs propres constatations – sans nécessairement poser la question aux personnes concernées. Dans quelles circonstances les universités américaines ont-elles instauré la discrimination positive (« affirmative action », en anglais) ?

En 1978, l’arrêt Bakke de la Cour suprême a établi l’inconstitutionnalité de ces quotas raciaux, à de rares exceptions près. Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000. Massification et démocratisation de l'accès à l'école et à l'enseignement supérieur — Sciences économiques et sociales. Les sources des graphiques et des données sont détaillées en fin d'article. Depuis les années 1950, l'accès à l'École, puis à l'enseignement supérieur, s'est élargi : l'enseignement secondaire et supérieur s'est ouvert à des catégories sociales qui en étaient autrefois écartées et la durée de scolarisation moyenne s'est allongée.

L'examen des taux de scolarisation, d'accès et de réussite à des diplômes permet de mettre en lumière ce phénomène de « massification » du système scolaire, tout en nuançant l'idée de « démocratisation » de l'école [1]. La massification de l'enseignement secondaire et de l'accès au baccalauréat À la fois diplôme sanctionnant la fin des études secondaires et premier grade universitaire donnant accès à l'enseignement supérieur, le diplôme du baccalauréat était autrefois réservé à une élite. Jusqu'au début des années 1950, moins de 5 % des élèves d'une classe d'âge accède au baccalauréat. En 2017, cette proportion est de 79,6 %.

Une démocratisation limitée Notes. Grandes écoles, petites portes. En reconstituant sur 150 ans leurs mécanismes de défense, Paul Pasquali explique comment les grandes écoles parviennent à conserver leur grandeur. La faible représentativité sociale des grandes écoles, bastions des élites françaises, n’a plus besoin d’être démontrée, de la même façon que les stratégies scolaires des familles favorisées sont bien connues. Paul Pasquali choisit dans Héritocratie d’inverser la perspective pour prendre un point de vue original, et analyser les stratégies adoptées par les grandes écoles elles-mêmes.

Le sociologue, chargé de recherche au CNRS, spécialiste des transfuges scolaires et « migrants de classe », analyse depuis les débuts de la IIIe République jusqu'à nos jours la place de Polytechnique, de l’ENA, des ENS et autres Sciences Po au sein du système d'enseignement supérieur français. Le Mérite est mort, vive le Mérite Ce livre fait une victime : la méritocratie. Certains, partis de loin, parviennent pourtant à franchir les portes des grandes écoles. Grandes écoles : quelle ouverture ? Notes de l'institut des politiques publiques, janvier 2021n61 notesIPP janvier2021.

Dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans. Des initiatives, des discours, mais peu de changements. Le chemin vers la diversité sociale des grandes écoles françaises est encore long. Il l’est même plus que prévu. Des chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP), un laboratoire de l’Ecole d’économie de Paris, ont conduit une étude inédite sur l’évolution du recrutement des étudiants en grandes écoles (écoles d’ingénieurs, de commerce, instituts d’études politiques et écoles normales supérieures). Le bilan est sans appel : entre 2006 et 2016, la diversité sociale au sein de ces établissements, qui forment les futures élites administratives, scientifiques et économiques de la France et qui sont, pour beaucoup d’entre eux, financés par l’Etat, n’a pas progressé.

. « L’extrême stabilité du recrutement social des grandes écoles est d’autant plus remarquable que leurs effectifs ont augmenté de manière importante au cours de la période, de 4 % à 5 % par an. Il vous reste 72.9% de cet article à lire. Comment la classe prépa produit son emprise. Muriel Darmon, Classes préparatoires. La fabrique d’une jeunesse dominante. 1Les classes préparatoires, écrivait Pierre Bourdieu dans La noblesse d’État, exercent une « fonction sociale d’exclusion rituelle » : elles sont une pièce maîtresse du système qui légitime la reproduction des inégalités sociales en l’appuyant sur des inégalités scolaires.

L’objectif de Muriel Darmon, dans ce nouvel ouvrage, n’est pas de s’opposer à cette analyse, mais de déplacer l’éclairage de la fonction sociale à la « fonction technique » des classes préparatoires, fonction laissée de côté par la sociologie française. Ces formations sont ici considérées comme un « lieu de socio-genèse des habitus, c’est-à-dire [une] institution de fabrication d’un type particulier de personne » (p. 16). L’auteur montre ainsi comment la « prépa » produit chez ses élèves un ensemble de dispositions adaptée à leur position de « jeunesse dominante » : elle crée un rapport au temps, au travail scolaire, et à la vie extra-scolaire objectivement adapté à ce statut. 1 Muriel Darmon, Devenir anorexique. Des classes préparatoires et des grandes écoles toujours aussi fermées.

Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié » Des classes préparatoires et des grandes écoles toujours aussi fermées. Les enfants de cadres supérieurs représentent au moins la moitié des filières les plus sélectives de l’enseignement supérieur, et parfois jusqu’à 70 % (ENA et Polytechnique), alors qu’ils constituent à peine un quart de l’ensemble des jeunes de leur âge. Dès les classes préparatoires les catégories les moins favorisées sont très peu représentées : on y compte 7 % d’enfants d’ouvriers et 11 % d’enfants d’employés, contre près de 52 % d’enfants de cadres supérieurs, soit deux fois plus que leur part dans la population des élèves. Ce déséquilibre s’accentue encore par la suite. Dans les écoles d’ingénieurs (hors université), les enfants d’ouvriers ne sont que 5 %, ceux de cadres supérieurs 54 %, dix fois plus.

On ne compte plus que 4 % d’enfants d’ouvriers à l’ENA, 2 % dans les écoles normales supérieures et pratiquement aucun (0,4 %) à l’École polytechnique. L’élitisme social des filières dites « d’excellence » ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, pas grand-chose n’a changé. « J’ai compris que j’étais pauvre en arrivant au lycée Henri-IV » La première fois que j’ai compris qu’il existait des lycées plus réputés que d’autres, c’était en discutant avec ma professeure de français de 3e, au collège Lamartine de Crémieu (Isère). Elle m’incitait à postuler dans un lycée plus prestigieux que celui de mon secteur, expliquant que ma moyenne – entre 18 et 19 – me le permettait. Ni mes parents ni mon entourage n’avaient eu cette idée. La nuit, il m’arrivait d’aider ma mère dans le cinéma ou dans les écoles où elle travaillait comme femme de ménage. Aîné d’une fratrie de six enfants, je n’avais alors aucune envie de quitter l’Isère.

Par curiosité et aussi pour faire plaisir à ma prof, je cherche quand même quels sont les « meilleurs lycées de France » sur Internet, et décide d’envoyer ma lettre à Henri-IV et Louis-le-Grand, à Paris. « LLG » refuse ma demande mais « H4 » m’autorise à passer la deuxième étape du processus de sélection. Le 1er juillet 2009, j’apprends que je suis pris : je suis tiraillé entre la joie et la panique.