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Contre les pandémies, l’écologie, par Sonia Shah (Le Monde diplomatique, mars 2020)

Contre les pandémies, l’écologie, par Sonia Shah (Le Monde diplomatique, mars 2020)
Serait-ce un pangolin ? Une chauve-souris ? Ou même un serpent, comme on a pu l’entendre un temps avant que cela ne soit démenti ? C’est à qui sera le premier à incriminer l’animal sauvage à l’origine de ce coronavirus, officiellement appelé SRAS-CoV-2 (1), dont le piège s’est refermé sur plusieurs centaines de millions de personnes, placées en quarantaine ou retranchées derrière des cordons sanitaires en Chine et dans d’autres pays. S’il est primordial d’élucider ce mystère, de telles spéculations nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause plus profonde : la destruction accélérée des habitats. Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus dans des régions où, parfois, ils n’avaient jamais été observés auparavant. Or ces derniers n’y sont pour rien. Ebola l’illustre bien. Dangers de l’élevage industriel Même phénomène s’agissant des maladies véhiculées par les tiques.

https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547

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Démesure, promesses, compromis (2/3), par Bernard Stiegler Démesure, promesses, compromis Lire ici le 1er épisode : Crédit et certitude 2. Incertitude et indétermination Après l’immense épreuve du discrédit qui commença dès le début du XXIe siècle, avant même que la conscience de la toxicité anthropique n’advint, quiconque veut aujourd’hui véritablement faire face à la nécessité de transformer cette désespérance en espoir, quiconque veut transformer sa propre conviction en véritable possibilité de réalisation d’un avenir prometteur au-delà de ce qui apparaît constituer un devenir catastrophique – et au-delà des simples postures diversement adoptées par les uns et les autres – , quiconque veut tout cela doit avant tout questionner les conditions de la reconstitution d’un crédit, après cette mécréance absolue.

Les virus, les pauvres et "les moeurs civilisées" : pourquoi on s'est mis à chasser les germes Depuis la montée en puissance du Covid-19 et la multiplication des discours de l’exécutif sur les mesures face au coronavirus, nombre de commentaires pointent le retour de l’égalité et de l’intérêt général dans le discours politique. Les termes “intérêt général” ne figurent pas explicitement dans le verbatim du discours prononcé lundi 16 mars par Emmanuel Macron, par ici. Mais il dit "je vous demande d’être responsables tous ensemble" et le texte de son allocution mobilise l’image d’une union sacrée. Cette image fait écho à celle d'un ciment transcendant entre les Français de tous milieux en temps de guerre - et Emmanuel Macron répète six fois “Nous sommes en guerre”. L’idée d’une union sacrée peut en partie être déconstruite, tant elle s’est imposée avec pas mal de raccourcis : durant la Grande guerre par exemple, la répartition des rôles sur le terrain militaire et au sein de l’armée était loin de se jouer complètement des origines sociales. "Pas de passe-droit" dans l'union sacrée

Touristes partis, biodiversité revenue ? L'exemple des Calanques Ce n'est certes pas une étude scientifique, mais cette annonce fait figure de bonne nouvelle dans l'accumulation d'informations inquiétantes autour du coronavirus... même si elle n'est pas non plus sans lien avec le covid-19. Dans un bref communiqué du 23 mars, le parc national des Calanques, le dernier né des parcs français, s'interroge sur "les effets du confinement humain sur la biodiversité marine", en ne manquant pas toutefois d'y ajouter un point d'interrogation. La parc s'appuie sur les observations de ses agents. Malcom Ferdinand : “Il faut penser l'écologie en prenant en compte l'histoire coloniale et esclavagiste” A l'écart des messes politico-médiatiques autour de la COP25, des marches pour le climat ou de la consécration contestée de Greta Thunberg par le Times, des voix tentent de déplacer les contours d'une écologie trop souvent pensée par et pour les blancs. Le livre Une écologie décoloniale (éditions du Seuil) du philosophe et chercheur au CNRS Malcom Ferdinand fait partie de celles-ci. Entretien.

Svetlana Alexievitch, quand l'histoire des femmes reste un champ de bataille 29 janvier 2016 Texte inédit pour le site de Ballast Prendre la route — celle de l’an­cien empire sovié­tique — munie d’un magné­to­phone. Quand la porte s’ouvre, enre­gis­trer chaque vécu, le col­lec­ter comme un maté­riau. Écrire l’Histoire selon la plu­ra­li­té des expé­riences et des émo­tions qui la com­posent et non selon l’a­li­gne­ment des faits. C’est, depuis tou­jours, le tra­vail de four­mi de l’é­cri­vaine d’o­ri­gine bié­lo­russe Svetlana Alexievitch, qui s’é­ver­tue à ramas­ser sur son pas­sage les voix silen­cieuses, res­tées vivantes der­rière les guerres. Les vertus sanitaires des films de contagion Que recherche-t-on dans ces fictions tandis que la réalité, selon la formule consacrée, semble les dépasser ? Bien sûr la peur ne prévient pas du danger et on pourrait, à juste titre, penser que ce n’est pas la peine de se rajouter une dose de psychose. Si chacun est appelé au calme et au civisme face aux nouvelles règles de confinement, pourquoi nourrir la panique ? A quoi sert par exemple de se plonger dans l’angoisse des hôpitaux débordés et les affres de la quarantaine en regardant Pandémie de Suong Soo-kim ?

Le confinement, un répit pour les animaux sauvages Des oiseaux chantant à gorge déployée, des dauphins qui s’aventurent dans le port sarde de Cagliari, les eaux de Venise devenues limpides… Et si l’épidémie de Covid-19 offrait un répit bienvenu à la faune et à la flore sauvages ? Parmi les effets immédiats du virus, la Chine a décidé, le 24 février, d’interdire « complètement » le commerce et la consommation d’animaux sauvages, une pratique soupçonnée d’être à l’origine de la propagation du coronavirus. Une bonne nouvelle pour le pangolin, et toutes ces espèces – souvent menacées – braconnées et vendues sur les marchés chinois. Comment construire ensemble le monde d'après pour qu'il soit différent Comment le monde post-coronavirus peut-il tendre vers une société qui place le collectif au-dessus des égos individuels ? Quelques pistes pour construire le monde d’après. Par Denis Gancel, fondateur de l’agence W Communiquer sur ses valeurs plutôt que ses produits Espérons que l’après 2020 ne soit pas comme l’après 2008.

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