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Je suis Charlie

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Le poignant discours du frère d'Ahmed Merabet, policier tué. Résistons à l’esprit de guerre. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Dominique de Villepin (Ancien Premier ministre) Nous sommes aujourd’hui sidérés par le déchaînement de violence froide et calculée qui a tué douze personnes et grièvement blessé tant d’autres, qui visait à réduire au silence un organe de presse par la liquidation méthodique de toute sa rédaction pour intimider la liberté elle-même.

Résistons à l’esprit de guerre

Ils sont morts parce qu’ils étaient journalistes, morts parce qu’ils étaient libres, morts pour ce qu’ils représentaient. Nos forces de l’ordre ont payé un lourd tribut à la protection de la sécurité de nos concitoyens. Le pays fait face, uni, à l’attentat terroriste le plus meurtrier depuis près de deux siècles, par des manifestations spontanées de solidarité. La tentation est grande dans ces moments de recourir à des formules martiales.

Une peur constuite pour nous enfermer tous La France glisse lentement dans un climat de guerre. « Libres, debout, ensemble » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gilles van Kote Editorial du Monde Emotion, sidération, mais aussi révolte et détermination : les mots peinent à exprimer l’ampleur de l’onde de choc qui traverse la France, au lendemain de l’attaque terroriste perpétrée contre Charlie Hebdo.

« Libres, debout, ensemble »

Un choc qui nous renvoie, toutes proportions gardées, à celui éprouvé le 11 septembre 2001 par la planète entière. En plein jour, en plein Paris, de sang-froid, des fanatiques ont assassiné lâchement des journalistes, des dessinateurs, des employés ainsi que des policiers chargés de leur protection. Douze morts, exécutés au fusil d’assaut, pour la plupart dans les locaux mêmes de ce journal libre et indépendant. « Lettre à ma fille, au lendemain du 11 janvier 2015 », par Le Clézio. Tu as choisi de participer à la grande manifestation contre les attentats terroristes.

« Lettre à ma fille, au lendemain du 11 janvier 2015 », par Le Clézio

Je suis heureux pour toi que tu aies pu être présente dans les rangs de tous ceux qui marchaient contre le crime et contre la violence aveugle des fanatiques. « Le 'musulman modéré', une version actualisée du 'bon nègre' » Dès que la nouvelle du massacre tragique de Charlie Hebdo s’est répandue, la condamnation de l’horreur a été accompagnée, comme d’une sœur jumelle, par la mise en garde contre « l’amalgame ».

« Le 'musulman modéré', une version actualisée du 'bon nègre' »

François Hollande comme Nicolas Sarkozy ont utilisé ce mot. Sans oublier les cohortes d’invités des plateaux télé qui, la main sur le cœur, ont juré que les terroristes « ne représentent pas les 5 millions de musulmans de France ». Oui, l’islam de ces derniers est « modéré », ont opiné à l’unisson les animateurs vedettes. Ce discours n’est pas nouveau. C’est même un classique de la bien-pensance politico-médiatique, qu’on rejoue sans ciller après chaque attentat terroriste. Quand on dit « les cathos », on pense à une minorité de culs-bénits en marge du consensus social.

The War with Radical Islam by Jeffrey D. Sachs. NEW YORK – French Prime Minister Manuel Valls was not speaking metaphorically when he said that France is at war with radical Islam.

The War with Radical Islam by Jeffrey D. Sachs

« L'islam victime des tueurs » Par Tahar Ben Jelloun, écrivain L’attaque de Charlie Hebdo est un fait de guerre. Sauf que les journalistes qui ont été assassinés n’étaient pas des guerriers. Ils étaient sans haine, sans préjugés. Ils étaient des poètes, des moqueurs, des fous de liberté, des génies dont les armes étaient des crayons de couleur, de l’intelligence de la fantaisie et de la lumière. C’est une guerre contre la liberté d’écrire, de dessiner et de créer. La France est engagée dans des combats importants. Si les tueurs ont crié « Allah Akbar », c’est aussi contre l’islam et les musulmans qu’ils ont agi. Ces derniers temps, on aurait dit qu’une chasse était ouverte contre l’islam et les musulmans, montrés du doigt chaque fois qu’une certaine France perd confiance ou se laisse aller à trouver des boucs émissaires pour expliquer la crise morale ou pour gagner des électeurs.

On a fait commerce de peur et de haine, de fantasmes et de crise d’identité. Martin Argyroglo on Twitter: "#nation #JeSuisCharlie... Not the Nine O'Clock News - Monty Pythons worshipers. The Blasphemy We Need. In the wake of the vicious murders at the offices of the satirical French newspaper Charlie Hebdo today, let me offer three tentative premises about blasphemy in a free society. 1) The right to blaspheme (and otherwise give offense) is essential to the liberal order. 2) There is no duty to blaspheme, a society’s liberty is not proportional to the quantity of blasphemy it produces, and under many circumstances the choice to give offense (religious and otherwise) can be reasonably criticized as pointlessly antagonizing, needlessly cruel, or simply stupid. 3) The legitimacy and wisdom of such criticism is generally inversely proportional to the level of mortal danger that the blasphemer brings upon himself.

The Blasphemy We Need

The first point means that laws against blasphemy (usually described these days as “restrictions on hate speech”) are inherently illiberal. But we are not in a vacuum. The emphasis is my own, because that’s the crucial point.