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Alimentation

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Les jeunes sont les plus grands consommateurs de boissons sucrées. Quelque 65 % des Québécois âgés de 15 à 17 ans consomment des boissons sucrées de façon «régulière», c’est-à-dire environ deux par semaine.

Les jeunes sont les plus grands consommateurs de boissons sucrées

La guerre au sucre. Photo: iStockphoto Un bœuf bourguignon au Coca-Cola?

La guerre au sucre

Décon­cer­tant… Le sucre, la récompense gourmande des petits et des grands, l’incontournable ingrédient des confiseries et des desserts, apparaît de plus en plus dans des plats qui n’étaient habituellement pas sucrés: le Web dégouline de recettes de magrets de canard au miel ou aux mangues, de foie gras caramélisé à la cassonade, de filets mignons aux pruneaux. Depuis que l’humain a appris à le produire en quantité, voilà deux ou trois siècles, le sucre s’est taillé une place de choix dans son alimentation. Une place démesurée, estiment les spécialistes. «Le sucre est partout, il est devenu l’éléphant dans l’assiette», dit la nutritionniste Catherine Lefeb­vre, auteure de Sucre: Vérités et conséquences (Édito, 2016). Journaux du Monde Entier. Bien manger, pas de la tarte.

«Il n'y a pas grand-chose de noir et blanc en nutrition», explique le chercheur en entrevue au Soleil, déplorant du même souffle les prises de position tranchées.

Bien manger, pas de la tarte

«Pas sûr que ça rend toujours service. J'en cherche du noir et du blanc et je n'en trouve pas. L'alimentation, c'est complexe, il faut regarder ça dans sa globalité.» Au fil des ans, fait-il remarquer, des dogmes ont été promulgués en matière de nutrition. «On a tapé pendant 30 ans sur les gras et on se rend compte aujourd'hui qu'on s'est peut-être trompés. En théorie, poursuit Benoît Lamarche, la grande partie de la population sait ce qu'il faut manger pour être en santé. L'environnement, le stress, le temps disponible, le niveau social, la difficile conciliation travail-famille, autant de facteurs à considérer lorsqu'il s'agit de comprendre pourquoi le message ne passe pas.

Trop rapidement. Non à la taxe sur les boissons sucrées. C'est en fait ce que font des groupes comme la coalition Poids qui demande depuis des années au gouvernement d'imposer une taxe sur les boissons sucrées.

Non à la taxe sur les boissons sucrées

Il faut punir ces Québécois qui n'ont pas entendu ou tenu compte de leur message. Ne savent-ils pas que le sucre, consommé en trop grande quantité, est mauvais pour la santé ? À notre grand désarroi, régler un problème en inventant une nouvelle taxe semble faire partie de l'ADN québécois. L'intention de la coalition Poids est noble. C'est d'ailleurs sans doute pour cela qu'elle se sent habilitée à utiliser l'argent des contribuables qu'elle reçoit en subventions du gouvernement du Québec pour faire la promotion d'une nouvelle taxe sur ces mêmes contribuables. Baisse des achats de boissons gazeuses.

Les clients des supermarchés du Québec achètent de moins en moins de boissons gazeuses et de plus en plus d’eau en bouteille, révèle une étude.

Baisse des achats de boissons gazeuses

«C’est encourageant, mais il reste quand même beaucoup de chemin à faire pour diminuer la consommation de boissons sucrées», dit Laurie Plamondon, une des auteurs. Alors que le gouvernement examine la possibilité de taxer les boissons sucrées, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a diffusé hier un rapport sur l’achat de boissons non alcoolisées dans les supermarchés et grandes surfaces du Québec. Le lait numéro un Les boissons gazeuses sont celles qui ont connu la plus forte diminution entre 2010 et 2014, soit une baisse de 18%. En revanche, les achats d’eau en bouteille ont augmenté de 21%. L’eau plate embouteillée a remplacé les boissons gazeuses régulières comme deuxième boisson la plus achetée après le lait nature à partir de l’année 2012-2013, révèle l’étude. En crise. Stratégie pour une saine alimentation.

Il peut être difficile pour de nombreux Canadiens de faire des choix alimentaires sains.

Stratégie pour une saine alimentation

Les aliments et les boissons riches en calories de même qu'en gras, en sucres et en sel sont largement accessibles et font l'objet de publicités. Les aliments nutritifs dans les communautés isolées du Nord sont coûteux et souvent inexistants. Ces choix alimentaires malsains laissent des traces. Une mauvaise alimentation est le principal facteur de risque pour l'obésité et les maladies chroniques telles que le diabète de type 2, le cancer et les maladies du cœur, qui sont courantes au Canada. Cette situation constitue un lourd fardeau pour notre système de soins de santé et notre économie. Face au problème, Santé Canada se servira de chaque outil à sa disposition - législation, réglementation, éducation et recommandations à jour en matière d'alimentation - afin que ce soit plus facile pour les Canadiens de manger mieux.

La mauvaise alimentation, pire que l’alcool et les drogues. Une mauvaise alimentation pose plus de risques pour la santé que l’alcool, le tabac, les drogues et les relations sexuelles non protégées réunis, conclut une étude.

La mauvaise alimentation, pire que l’alcool et les drogues

«Il faut absolument porter une plus grande attention à l’alimentation puisque 6 des 11 facteurs de risques de maladies sont liés à ce qu’on mange. Il faut s’intéresser à la mauvaise alimentation plutôt que seulement aux symptômes», croit Patrick Webb du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition, un comité d’experts qui s’est penché sur les systèmes alimentaires. Leur rapport publié récemment fait état de la situation partout dans le monde. Cette malnutrition inclut donc autant la sous-alimentation que l’obésité et le surpoids. La lutte intéressée de Coca-Cola et PepsiCo contre l'obésité. Les deux géants de boissons non alcoolisées ont versé de 2011 à 2015 de généreuses donations à 96 associations américaines luttant contre des fléaux de santé publique (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires...), avance l'étude réalisée par Daniel Aaron et Michael Siegel, de l'Université de Boston.

La lutte intéressée de Coca-Cola et PepsiCo contre l'obésité

Si une majorité de ces ONG est privée, d'autres sont rattachées au gouvernement fédéral, à l'instar des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Les dons sont devenus plus importants lors des dernières années, avec l'intensification des campagnes de sensibilisation contre les risques posés par l'obésité et la nécessité de réduire la consommation de sodas. Ceux-ci sont considérés par les scientifiques comme un facteur participant à l'augmentation de l'obésité et, par ce biais, du diabète. D'après le Center for Responsive Politics, organe indépendant, PepsiCo a dépensé en moyenne 3 millions $ par an en lobbying depuis 2011. Les Québécois cherchent des alternatives bouffe. Les ventes de haricots, de pois et de tofu grimpent en flèche, alors que l’assiette des Québécois vit des changements majeurs.

Les Québécois cherchent des alternatives bouffe

«Les gens sont à la recherche de nouvelles protéines végétales, il y a véritablement une évolution à ce niveau et ça semble être une tendance lourde», indique Maurice Doyon, professeur en économie agroalimentaire à l’Université Laval. C’est entre autres ce qui se ressort du rapport sur les Ventes au détail des produits alimentaires dans les grands magasins en 2015, analysé par un panel de cinq experts à la demande du Journal. Sept tendances sur le comportement des Québécois à l’épicerie ont été dégagées par ces experts. Santé et économies. Pepsi et Coca-Cola forcés de dépenser des milliards pour vendre des produits moins sucrés. Le grand mouvement de remise en question des traditionnelles activités des géants des boissons gazeuses s'accélère.

Pepsi et Coca-Cola forcés de dépenser des milliards pour vendre des produits moins sucrés

PepsiCo a annoncé lundi 17 octobre un plan de dix ans, pendant lequel il va dépenser des milliards de dollars pour développer des boissons, des snacks et reformuler des produits existants avec moins de sucre, de sels et de graisses. Dans le détail, le groupe américain a promis que les deux tiers de ses boissons auront 100 calories ou moins issus de sucres ajoutées par dose équivalentes à 33 cl. Pepsi va réduire le sucre et les acides gras dans ses produits. Le producteur des sodas éponymes, mais aussi des jus de fruits Tropicana et des boissons vitaminées Gatorade, va réduire la quantité de sucre ajouté dans les deux tiers de ses boissons en canette (0,35 litre) pour la porter à un maximum de 100 calories.

Sur la même période, Pepsi s'engage à accroître le nombre de boissons sans calorie, assure le groupe dont les produits sont associés à l'augmentation de l'obésité et, par ce biais, du diabète. Il s'engage en outre à réduire la proportion d'acides gras dans au moins trois quarts de ses grignotines d'ici 2025. Pour 100 grammes d'apport calorique il y aura un maximum de 1,1 gramme d'acides gras saturés, promet PepsiCo, qui fabrique les croustilles Frito-Lays et Doritos. Enfin, il n'y aura plus que 1,3 milligramme de sel par calorie ingurgitée. Combien de sucre dans vos aliments? Consommez-vous trop de sucre? Nous avons calculé la quantité de sucre que contiennent quelques aliments transformés retrouvés sur les tablettes des supermarchés.

Et certains résultats étonnent. Taxer les boissons sucrées fait baisser la consommation. Pour la première fois, une étude sur une vaste population montre que le fait de taxer les boissons sucrées réduit nettement leur consommation. Les Mexicains ont réduit leur consommation de boissons sucrées de 6 % depuis que leur gouvernement a imposé une taxe de 10 % sur ces produits, le 1er janvier 2014. Boissons sucrées: la prévention plutôt que les taxes. À cette demande, le gouvernement de Philippe Couillard oppose son credo de prédilection : pas question de taxer davantage les Québécois. C'est ce qu'on indique au cabinet de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Le flottement perçu par certains sur cette question paraît avoir vécu. Pour l'avenir prévisible, le gouvernement a choisi sa voie. Il optera pour la prévention. D'ici la fin du mois ou au début de septembre, Lucie Charlebois donnera officiellement naissance à la Table québécoise sur la saine alimentation. Les personnes qui y siégeront auront pour mandat «d'assurer la promotion, l'adoption et le maintien d'une saine alimentation», indique sa collaboratrice, Alexandra Bernier.

La ministre présentera en outre une politique de prévention en santé, qui impliquera le ministère de l'Éducation et celui de la Santé. Bémol Pour la Coalition Poids, la prévention est nécessaire. La taxe sur les boissons sucrées redemandée. Au Québec, un enfant sur quatre est en surpoids, et ce chiffre bondit à près de 60 % chez les adultes. Dans un nouveau rapport sur les coûts de l'obésité au Québec, l'Institut national de santé publique estime à 1,4 milliard $ le coût des médicaments et de l'invalidité associés au surpoids et à l'obésité.

À cela s'ajoutent les coûts des nuits d'hospitalisation et de consultations médicales, évalués à 1,5 milliard $ en 2011. C'est donc dire que l'obésité coûterait aux contribuables québécois au moins 2,9 milliards $ par année. 10 causes insoupçonnées des kilos en trop. Nombreuses sont les personnes qui désirent perdre du poids. Ce n’est pas chose facile lorsqu’on vit dans un environnement qualifié «d’obésogène». Si nos apports alimentaires et notre pratique d’activités physiques influencent assurément notre poids, il y a aussi des déterminants moins connus. Information sur la consommation et l’utilisation du sucre extrait de la betterave et de la canne à sucre.