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L'image, une expression controversée

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Liberté d’expression : la caricature est aussi une exception au droit d’auteur. Samedi et dimanche derniers, les manifestants se sont levés en masse pour défendre la liberté d’expression, gravement remise en question par les attentats contre Charlie Hebdo.

Liberté d’expression : la caricature est aussi une exception au droit d’auteur

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que la caricature, la parodie et le pastiche, qui constituaient les moyens d’expression privilégiés des dessinateurs assassinés sont protégés par une exception au droit d’auteur, instaurée au titre de l’intérêt général par le législateur pour permettre le débat d’idées, la libre critique et la création artistique. Alors qu’un nouveau numéro de Charlie Hebdo paraît aujourd’hui, avec une caricature de Mahomet signée Luz, on peut se souvenir que certaines des parodies qui ont illustré les unes du journal, détournant des personnages célèbres, s’appuyaient sur cette exception au droit d’auteur. C’est le cas de cette une de Charb ou de la suivante par Luz, détournant Astérix et Obélix.

Pourtant les pratiques, elles, débordent déjà de toutes part ! Exception de caricature dans la presse. Un article de JurisPedia, le droit partagé.

Exception de caricature dans la presse

L’humour représente une grande force. La caricature est l'expression la plus évidente de la satire dans le graphisme, la peinture, la statuaire »[1]. La caricature est un élément indispensable de la presse dans une société démocratique puisqu’en exagérant les traits d’une personne, elle représente un instrument efficace de la critique de la vie politique. La caricature dans la presse joue donc un rôle social très important dans chaque pay démocratique. Ce genre humoristique est basé sur les exagérations qui ne seraient pas autorisées dans le cadre d’une simple présentation de l’information dans la presse. Deuxièmement, il y un élément moral. Après Charlie : la liberté d’expression à l’épreuve de ses caricatures. Liberté.

Après Charlie : la liberté d’expression à l’épreuve de ses caricatures

Mot sacré au pays de Voltaire et de la République. Un principe qui n’est pourtant pas à l’abri des attitudes paradoxales, voire des lectures caricaturales, comme le montrent les diverses réactions en France et à l’étranger devant la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, en une duquel le prophète Mohamed est à nouveau représenté. A peine le soleil avait t-il quitté la marche du dimanche 11 janvier que les journaux du monde entier saluaient la République d’une sincère amitié. Chacun d’une façon qui a ironiquement révélé la diversité des appareils judicatoires en matière de liberté de la presse dans les différents Etats du monde. La divergence des sensibilités, aussi. Mais, la presse étrangère a parfois fait valoir d’autres arguments en se demandant si les journaux devaient reproduire ou non les caricatures de Charlie.

“Les caricatures, dans l’histoire de la République, ont toujours bénéficié d’une grande tolérance” Plasticages, menaces… La presse française a régulièrement été confrontée à des intimidations, mais jamais à une telle attaque explique l'historien Christian Delporte.

“Les caricatures, dans l’histoire de la République, ont toujours bénéficié d’une grande tolérance”

Avec un bilan à ce jour de 12 morts et 11 blessés, l'attaque à l'arme automatique contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, est un coup porté à la presse française d'une gravité sans précédent. L'historien Christian Delporte, spécialiste des médias, revient sur les menaces, intimidations et attentats qui ont jalonné l'histoire du journalisme dans notre pays et sur la place très particulière qu'y tiennent la caricature et la presse satirique. Quels sont les attentats contre les médias, journaux quotidiens ou hebdo, dans l’histoire contemporaine, qui ont pu revêtir une signification politique d’une telle importance ? Haro sur la caricature. Les marges d’expression de la caricature et du dessin de presse se réduisent chaque jour un peu plus et aucun sujet ne semble épargné.

Haro sur la caricature

Dernier exemple en date, suite à la parution d’un dessin de Gerald Scarfe (en illustration) qui commentait les élections en Israël, la rédaction du Sunday Times qui l’avait publié a présenté ses « excuses sans réserve » au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. PHOTO. La Une de "Fluide Glacial" sur le "Péril jaune" choque un journal chinois. MÉDIAS - Un journal de la presse officielle chinoise a dénoncé lundi "l'indécence" de la dernière couverture du magazine satirique français Fluide Glacial évoquant le "péril jaune", dans un contexte de critiques sur la liberté d'expression et le mouvement "Je suis Charlie".

PHOTO. La Une de "Fluide Glacial" sur le "Péril jaune" choque un journal chinois

Dans son dernier numéro, Fluide Glacial a publié en première page un dessin titré "Péril jaune, et si c'était déjà trop tard? ", où un Français caricatural conduit dans une rue de Paris un pousse-pousse, dans lequel sont assis un Chinois et une jolie blonde visiblement charmée. Proposé par Ministère de l'Education Nationale "Peut-être que ce magazine cherche à attirer l'attention du monde entier, en suivant l'exemple de Charlie Hebdo", a jugé le quotidien Global Times.

"Quelle indécence! " Cette "quête de liberté d'expression s'apparente à une religion" Analyse de l'attitude des Français face à la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Les Français apparaissent très partagés quant à la publication de ces caricatures.

Analyse de l'attitude des Français face à la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo

Interrogés par l’Ifop pour Sud Ouest Dimanche, 51% des sondés considèrent que la presse est libre et que le journal Charlie Hebdo n’avait pas à se censurer et pouvait publier ces caricatures. A l’inverse, 47% jugent que la publication risquerait de provoquer de nouvelles tensions dans le contexte actuel et n’aurait pas dû avoir lieu. Cliquer sur le graphique pour agrandir Dans le détail, la question suscite de multiples controverses selon le segment sociodémographique étudié. Se font jour des premiers clivages selon le sexe et l’âge des personnes interrogées, les femmes (51% contre 42% des hommes) et les personnes les plus âgées (48% des 35 ans et plus et même 55% des 65 ans et plus contre 46% des jeunes de moins de 35 ans) manifestant davantage d’inquiétudes vis-à-vis des conséquences que pourraient avoir ces publications.

Mais le clivage politique est également très marqué. Intéressé par cet auteur ? La liberté d’expression et le droit à la caricature religieuse. L’islam permet-il que l’on représente le prophète Mahomet? (vidéos) Qu’est-ce que l’islam ?

L’islam permet-il que l’on représente le prophète Mahomet? (vidéos)

Qu’est-ce que le Coran et quels sont ses interdits ? Qu’est-ce que le djihad, la charia et que justifient-ils ? L’islam est-il compatible avec nos valeurs démocratiques ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’islam sans (nécessairement) oser le demander, vous le découvrirez ce week-end, dans un cahier week-end spécial de 12 pages, élaboré en compagnie de Malek Chebel, le grand islamologue francophone. Douze pages pour faire le tri entre vérités (qui peuvent déranger), approximations et jugements infondés, à l’heure où plus que jamais, chacun doit s’imposer un devoir de clarté. En prélude à ce dossier, Malek Chebel a répondu à ces trois questions : 1. 2. 3. Islam : l’interminable débat sur la représentation du prophète - Moyen-Orient. En 1976, le cinéaste syrien Moustapha Akaad sort son film Mahomet, Le Messager de Dieu, avec Anthony Quinn.

Islam : l’interminable débat sur la représentation du prophète - Moyen-Orient

Dans ce long-métrage racontant la vie du prophète, le personnage de Mahomet n’est jamais représenté, pour ainsi « coller » à la tradition musulmane de non-représentation du prophète. « En islam, il y a un principe de base théologique, voire existentiel, témoigne l'ancien directeur du Centre de recherche sur l'islamisme et la radicalisation, le politologue d'origine iranienne, exilé au Danemark, Mehdi Mozaffari. Il y a un créateur, c’est Allah. Tous les êtres animés, humains et animaux, ne peuvent être représentés car ils sont une création d’Allah.

L'islam interdit-il les images de Mahomet ? Cet article a été initialement publié en 2011.

L'islam interdit-il les images de Mahomet ?

Le sujet avait éclaté aux yeux de l’opinion publique mondiale en 2006 avec l’affaire des caricatures de Mahomet parues dans un journal danois, celui de la représentation du prophète musulman. L’islam interdit-il la fabrication d’images de Mahomet? Les trois grandes religions monothéistes que sont l’islam, le judaïsme et le christianisme ont comme point commun l’acceptation d’un seul Dieu (Allah pour la religion musulmane) et l’interdiction de le représenter.

La représentation de Dieu est ainsi restée taboue tout au long de l'histoire de l'islam. Dans quelles conditions l'islam autorise-t-il la représentation du Prophète ? Le Monde | • Mis à jour le | Par Louis Imbert « Tout est pardonné », et le prophète Mahomet en pleurs tient lui aussi une pancarte « Je suis Charlie ». La dernière « une » de Charlie Hebdo est un nouveau dessin du Prophète. Cette liberté de caricaturer qu'exècre l'islam radical. Si l'islam s'est progressivement affranchi de l'interdit de représentation, la liberté de dérision reste une barrière inexpugnable entre Occident et islam radical. La caricature, le dessin, l’humour, la dérision sont tout ce qu’exècre le militant radical islamiste. Pour lui, les coups de crayon de Charlie Hebdo sont devenus le symbole même de l’attentat contre la religion et un insupportable blasphème.

En 2006, la publication de caricatures de Mahomet, reproduites à partir d’un journal danois, avait enflammé le monde musulman. La représentation figurée du prophète Muhammad. L’islam et ses pratiques, pas plus que tout autre phénomène humain, n’échappent aux mutations au fil de l’histoire. La question de la représentation figurée en général, et de celle du prophète de l’islam en particulier, a été diversement tranchée selon les périodes et les milieux.

Si elle a parfois déclenché des débats animés, elle ne semble pas avoir posé un problème majeur ou permanent aux croyants musulmans ni à leurs juristes (Naef 2004). Les polémiques récentes, parmi les plus vives qu’aient connues l’histoire, sont attisées par le fait que les images qui les ont déclenchées sont des caricatures ; elles alimentent l’idée fausse et essentialiste que, « de tout temps », l’islam aurait interdit la représentation de son prophète, voire toute représentation humaine. Qui d'autre, comme Charlie Hebdo, a caricaturé Mahomet ? Ils n’en étaient pas à leur premier coup d’essai.

Déjà, en 2011, lors de la publication de l’édition spéciale « Charia Hebdo, Mahomet rédacteur en chef », l’hebdomadaire avait frappé fort. L’affaire des caricatures avait battu son plein en septembre 2005 lorsque le quotidien danois Jylland Posten publiait 12 caricatures du prophète, comme témoignage de la liberté de la presse. Les journaux français rediffusent les dessins, les gouvernements arabes se rebiffent, l’affaire s’épanche internationalement puis se tasse. Depuis plusieurs décennies, tous les auteurs, dessinateurs et journalistes ont connaissance du tabou et des risques existants pour quiconque représentera le prophète de l’Islam. C’est revigorés et courageux que certains ont transgressé cet interdit sans relâche.

Mahomet, une image très sensible. Liberté d’expression contre respect des croyances religieuses ? Depuis une trentaine d’années, le débat fait rage entre l’Occident et l’Orient musulman. Pourquoi la figure de Mahomet provoque-t-elle de si fortes polémiques ? La liberté d’expression oui ! Mais jusqu’où. « On n’a pas le droit de nier un affect qui s’exprime. » L’anthropologue Emmanuel Todd mal à l’aise avec le mouvement «Je suis Charlie» L’anthropologue et historien français Emmanuel Todd a confié au quotidien japonais Nikkei être mal à l’aise avec le mouvement «Je suis Charlie», né en France après l’attentat contre Charlie Hebdo, jugeant que les caricatures de Mahomet humilient les faibles de la société. «Il y a un grand écart entre ce qui se passe actuellement en France et ce que je pense», a déclaré M. Todd au correspondant du Nikkei à Paris.

«En France, si on ne touche pas à une personne en particulier, on considère qu’il est possible de tout caricaturer. Avant l’attentat, je critiquais les dessins satiriques de Charlie Hebdo. Je ne peux donc pas être d’accord avec la sanctification de cet hebdomadaire qui a publié des caricatures obscènes du prophète Mahomet», a-t-il ajouté selon des propos rapportés en japonais. Il pointe en outre les inégalités dont sont victimes les immigrés et leurs enfants, «qui ne peuvent recevoir un enseignement suffisant et ne trouvent pas de travail en période actuelle de crise économique.