2009
< art numérique anthologie
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Les arts numériques visent la perfection technique du simulacre, éventuellement en trois dimensions, dont les éclairages, les textures, les colorations, voire la fluidité du mouvement, soient capables de créer la parfaite illusion d’une perception réaliste. En ce sens, ils tentent de relever le même défi que les peintres qui, depuis la Renaissance jusqu’au XIXe siècle, ont tenté de recréer une imitation aussi parfaite que possible de la réalité, même lorsque cette réalité est savamment recomposée pour célébrer des scènes mythologiques, historiques, bourgeoises, voire des natures mortes. Et c’est sans compter le concours de réalisme entre les peintres grecs Xeusis et Parrhasius, dont les grains de raisin ou le rideau pouvaient tromper notre perception, les peintres spécialisés dans le trompe-l’œil, le mouvement récent de l’hyperréalisme, ou l’école actuelle de ceux qui composent des scènes sophistiquées de personnages et de décors et en recolorent l’agrandissement photographique .
Avant de débuter ce bref survol de l’art génératif tel qu’il se manifeste sur le Web, il est souhaitable d’en proposer une définition. Celle qui nous est apparue la plus satisfaisante, au fil de nos recherches, a été développée par Philip Galanter dans son article «What is Generative Art» 1 . En voici une traduction libre : «L'art génératif est une pratique où l'artiste crée un procédé, par exemple un ensemble de règles langagières, un programme informatique, une machine ou tout autre mécanisme qui est par la suite mis en marche et qui, avec un certain degré d'autonomie, entraîne la création d'une oeuvre d'art issue de ce procédé.» Cette définition, on le remarque, insiste sur le fait que l’artiste crée les dessous de l’oeuvre, les règles dans le cadre desquelles les oeuvres générées se réalisent.
Avec l'avènement de l'informatique, notre société est, de fait, devenue une société de l'information. Sous forme numérique, le texte, le son et l'image se distribuent et se partagent en réseau. Ces nouvelles technologies ont naturellement engendré de nouveaux outils, de nouveaux comportements.
Cet article ,évolutif, permettra d’énumérer quelques évidences ( voire truismes) concernant cette nouvelle forme d’art qui remet en cause implicitement des conceptions esthétiques datées du XX siècle. Par définition l’image numérique (apparue vers les années 50) est le produit d’un traitement informatique . Par l’intermédiaire d’un scanner, u n dessin "fait à la main" est reconstitué au moyen de pixels ( point par point, rectangulaire ou carré) , autrement l’image peut être construite par des calculs à partir de modèles mathématiques ( image de synthèse) .
Les arts numériques ont cessé de faire bande à part ; dorénavant ils partageront leurs secrets avec le plus grand nombre. Trois professionnels d’horizons complémentaires ont réuni leur énergie et leur passion pour fonder Digitalarti.com, une nouvelle plate-forme Web et Digital Art Promotion, un fonds d’investissement, destinés tous deux à promouvoir l’art digital, « domaine qui n’est pas encore reconnu à sa juste mesure par le monde de l’art, de la culture, et par les institutions », note Anne-Cécile Worms. Editrice et journaliste, la jeune femme n’en est pas à son coup d’essai en matière de nouveaux médias. Il y a six ans, elle créait le magazine MCD ( Musiques & Cultures Digitales ), pionnier français en matière d’art numérique et de musique électronique.