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Pluralisme

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Après le Brexit, le déni des économistes - Le Temps. Au début du mois dernier, Andy Haldane, économiste en chef à la Banque d’Angleterre, a expliqué que l’échec des modèles de prévision récents de la BoE est dû au «comportement irrationnel» des agents économiques. Le fait de ne pas avoir repéré cette irrationalité avait amené les décideurs à prévoir que l’économie britannique ralentirait dans le sillage du référendum sur le Brexit en juin dernier. Au lieu de cela, les consommateurs britanniques se sont lancés dans une frénésie de dépenses inconsidérées depuis la décision de quitter l’Union européenne; et, de manière tout aussi illogique, les secteurs de la construction, des produits manufacturés et des services ont rebondi. Haldane ne donne aucune explication pour cette explosion de comportement irrationnel. Il ne le peut pas, d’ailleurs: pour lui, l’irrationalité signifie simplement un comportement qui est incompatible avec les prévisions dérivées du modèle de la BoE.

La rationalité des économistes et le sens commun Rêve impossible. André Orléan : « Keynes défend des valeurs éthiques opposées au capitalisme » Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, André Orléan a préfacé la réédition de « Lettre à nos petits-enfants », de John Maynard Keynes. Il analyse, ici, l’œuvre complexe de l’économiste britannique. LE MONDE IDEES | • Mis à jour le | Propos recueillis par Antoine Reverchon André Orléan est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), président de l’Association française d’économie politique (AFEP), fondée en 2009, qui regroupe les économistes souhaitant ouvrir la recherche et l’enseignement de leur matière au-delà du seul courant néoclassique. Spécialiste de la monnaie, il a publié en 2011 L’Empire de la valeur (Seuil). La plupart des œuvres de Keynes ont déjà été traduites en français. Keynes a été un auteur prolifique et complexe, tout au long de sa carrière.

Pourquoi ? Quand Messieurs Cahuc et Zylberberg découvrent la science. Il n’est pas facile de lire sereinement le livre de Messieurs Pierre Cahuc et André Zylberberg. Non seulement parce que la violence du ton et des attaques peuvent dissuader les meilleures volontés, mais surtout parce que, sans cesse, le lecteur se trouve confronté à des contre-vérités manifestes et à des manipulations. Ce livre n’éclaire pas ; il obscurcit et déforme sciemment. Son but n’est pas la recherche de la vérité mais le désir de faire mal – ou de faire du buzz, ce qui est à peu près la même chose. L’usage du terme « négationnisme » est pleinement révélateur de cette volonté, non pas de réfuter ou de contredire, comme il sied à un débat contradictoire argumenté, mais de salir. Le livre s’ouvre sur le récit de l’affaire Lyssenko et, en effet, il y a dans le ton des auteurs comme des relents de guerre froide, de croisade purificatrice, d’ennemis irréductibles qu’il s’agit de détruire et d’exclure comme y invite explicitement le sous-titre : « comment s’en débarrasser ».

Walras le négationniste ! Pour Pierre Cahuc et André Zylberberg, un bon économiste est quelqu’un qui publie des articles en anglais dans des revues jugées de prestige et qui montre une capacité à faire de la « science expérimentale ». De nombreux économistes, d’Angus Deaton à André Orléan ont montré la fragilité de ce raisonnement. Si, de plus, vous avez le malheur de penser qu’il faut tenir compte des rapports de force présents dans toute activité économique, ou bien si vous voulez mobiliser l’histoire, la science politique ou la sociologie pour expliquer les phénomènes économiques et que vous êtes prompt à souligner la tendance des marchés à déraper, alors allez chercher du travail ailleurs !

La vision dominante l’est d’autant plus qu’elle tient les institutions clés de la reproduction des économistes (revues, sélection des professeurs, financements, influence médiatique…) et empêche d’autres voix de se faire entendre, au détriment du débat démocratique sur les questions économiques. Facs d’éco : un économisme sans pluralisme. Il n’y a pas qu’en France que les étudiants en économie se plaignent du contenu de leurs études. AlterEcoPlus révèle les résultats d’une étude internationale, non encore publiée, réalisée dans 13 pays. Elle montre que les universités forment d’abord des techniciens déconnectés des problèmes du monde et fermés sur leur discipline. Il y a trois ans, le collectif d’étudiants PEPS économie avait démontré combien l’enseignement universitaire français était confiné dans le moule étroit d’un économisme technicien.

Grâce au travail d’analyse d’une cinquantaine d’étudiants mobilisés dans le cadre de l’association International Student Initiative for Pluralism in Economics (ISIPE), l’étude a été élargie à 13 pays. La méthode est simple : lister les matières enseignées à l’université permettant d’obtenir une licence d’économie et les fameux « crédits ECTS » affectés à chacune d’elle – pour obtenir sa licence il en faut 180 – afin de mesurer son poids dans la formation.

« À quoi sert un économiste » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Philippe Arnaud A quoi servent les économistes ? La question n’est pas nouvelle. Le Cercle des économistes se l’était posée en 2010, en publiant un ouvrage en forme d’exercice d’introspection (A quoi servent les économistes ? , sous la direction de Christian de Boissieu et Bertrand Jacquillat, PUF/Descartes & Cie). La même année, dans le mensuel Alternatives économiques, Joseph Stiglitz, le Prix Nobel 2001 d’économie, réglait ainsi son compte à la profession : « Les économistes ont fourni le cadre intellectuel utilisé par les régulateurs financiers pour justifier leur inaction. La théorie économique est devenue un monde autosuffisant, une fausse représentation de la réalité. » Un propos repris en substance par le collectif des Economistes atterrés, pour qui la plupart des « experts » qui interviennent dans le débat public le font pour rationaliser les politiques de soumission aux exigences des marchés financiers.

Comment se forment les oracles moutonniers des économistes. Les prévisions de croissance du «consensus des économistes» sont très attendues par le gouvernement et tous les membres du microcosme de la conjoncture. Mais qui est donc ce grand oracle inconnu qui prévoit le retour du beau temps? L’année touchant à sa fin, chacun revient sur la croissance de 2015 et suppute sur celle de 2016. Parmi toutes ces prévisions, celle du «consensus des économistes» est très attendue par le gouvernement et tous les membres du microcosme de la conjoncture. Moyenne des prédictions des plus grands augures économistes, elle souffre pourtant de quelques biais. Déjà, à quoi ça sert de faire des prédictions de croissance? Un oracle incontournable Des prévisions qui tendraient naturellement vers l’optimisme. Pas d’inquiétude pour le projet de loi de finances 2016: la copie du ministère des Finances ne s’est pas fait retoquer.

Bercy n’est pas seul à s’appuyer sur cet organisme. Consensus des économistes, qui êtes-vous? Bruno Tinel, économiste à l’Université Paris 1. Où il est démontré par des économistes que l’économie n’est pas une science. Dans les sciences dures, quand un chercheur trouve un résultat original, l’un des moyens de s’assurer de la qualité de son travail est de demander à d’autres de reproduire l’expérience dans les mêmes conditions.

S’ils retrouvent les mêmes résultats, c’est que la recherche est sérieuse. Les économistes ont voulu faire pareil : quand Ben Bernanke, alors universitaire, était le rédacteur en chef de l’American Economic Review, considérée comme la plus prestigieuse aux Etats-Unis, il a instauré l’obligation pour les économistes de fournir leurs données et leurs méthodes. Pour que d’autres puissent s’en saisir et tenter de reproduire les résultats. Depuis, d’autres revues ont imposé les mêmes obligations. Du coup, deux économistes, Andrew C. Chang et Phillip Li, ont tenté de reproduire le travail de leurs petits copains. Le résultat n’est pas joli, joli… Ils ont focalisé leur attention sur 67 articles publiés dans 13 revues d’économie américaines entre juillet 2008 et octobre 2013.

La cause ? Jean Tirole : «La concurrence peut servir la gauche» Après Thomas Piketty, lundi, Jean Tirole, Prix Nobel d’économie, et Etienne Wasmer, professeur à Sciences-Po, proposent, à une gauche qui semble paralysée en attendant que la croissance advienne et que le chômage baisse enfin, une autre vision d’une politique économique. Les derniers chiffres montrent que l’inversion de la tendance n’est pas pour demain : 3,536 millions de chômeurs en avril, + 0,7 % sur un mois, + 5,1 % sur un an. L’OCDE évoque 2015… Pourtant, tous les paramètres semblent au vert : un euro au plus bas, un pétrole autour de 60 dollars et des taux d’intérêt historiquement bas.

Résultat : une croissance de 0,6 % au premier semestre. Nous avons donc demandé à plusieurs économistes qui se revendiquent à gauche quels seraient les outils propres à réduire le chômage et les inégalités. Etre progressiste au XXIe siècle, c’est partager un socle de valeurs et d’objectifs redistributifs. Première idée reçue : la concurrence desservirait l’idéal progressiste. Jean Tirole : «La concurrence peut servir la gauche»

Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde ? Les banquiers ! « Touche pas au grisbi ! ». Cette réplique des Tontons Flingueurs est bien connue dans les couloirs de la rédaction du Monde dès qu’il s’agit d’aborder la question européenne. Une étude menée par Acrimed montre clairement que les économistes interrogés à ce sujet par le quotidien sont favorables à la construction européenne telle qu’elle se fait. C’est incontestable : les analyses dissonantes sont bannies des colonnes du Monde et les économistes qui travaillent pour des banques y ont pignon sur rue. Chasse gardée, donc. Alors que nous pointions du doigt la tendance qu’avait le journal Le Monde à interviewer des économistes au service des banques dès lors qu’il s’agissait de la « zone euro » [1] ou du chômage [2], une journaliste du quotidien du soir (Marie Charrel) – mise en cause dans nos articles – a sursauté et a tweeté : « @acrimed_info.

C’est marrant, vous ne pointez jamais les articles où je ne cite que des économistes d’université » (7 avril 2015). Edmond Malinvaud, grand économiste français, est décédé. Son nom a circulé pendant des années pour le prix Nobel. Edmond Malinvaud, économiste d'envergure internationale, est décédé le 7 mars à Paris à l'âge de 91 ans, révèle une annonce parue mardi 9 mars dans Le Figaro. Né en 1923 à Limoges, ce polytechnicien et ancien élève puis directeur de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) a dirigé pendant 13 ans, de 1974 à 1987, l'Institut national de la statistique et des études économiques, qu'il avait intégré en 1946. Considéré comme l'un des plus éminents représentants de l'économétrie, c'est-à-dire de l'approche mathématique et statistique des phénomènes économiques au moyen de modèles sophistiqués, il y a mis en place des méthodes de modélisation qui inspirent encore aujourd'hui le travail des statisticiens français.

Dans des déclarations rendues à l'AFP, Jean-Luc Tavernier, actuel directeur général de l'institut, lui rend honneur en ces termes : Mais qui sont donc ces économistes. La théorie économique en débat Avant-propos par Wojtek Kalinowski La crise financière a ébranlé quelques certitudes et déclenché une vague de critiques à l’encontre des économistes qui, comme on le dit souvent, n’auraient « rien vu venir ». On peut cependant s’interroger sur les résultats concrets de cette agitation médiatique : au bout du compte, quels enseignements ont été tirés ?

Au tournant de l’année 2008/2009, l’échec de la théorie des marchés « autorégulateurs » était patent et ses effets désastreux décriés à l’unisson par les hommes politiques, les journalistes et les experts. Un an plus tard, la nouvelle régulation financière se fait toujours attendre, la lutte contre les paradis fiscaux s’enlise – notamment en France – et le débat économique revient à son thème de prédilection, la limitation des dépenses publiques. C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’article de James K. Amen. Notons que Keynes n’en oublie pas pour autant l’importance du facteur esthétique. 1. 2. 3. 4. 5.

Economistes : la guerre entre orthodoxes et hétérodoxes est déclarée. Rien ne va plus dans le petit monde des économistes divisés entre orthodoxes – les tenants d’une vision néolibérale de l’économie – et les hétérodoxes – les autres. Objet de cette guerre ouverte à coup de courriers au ministère ou de tribunes publiées dans les médias ? La création d’une nouvelle section d’économie au sein du Conseil national des universités (CNU) qui délivre, entre autres, les sésames pour enseigner. Cette nouvelle section souhaitée par l’Association française d’économie politique (AFEP) – qui regroupe les hétérodoxes – a tout d’abord été soutenue par la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem avant qu'elle fasse volte-face sous pression des orthodoxes. Lesquels sont vent debout contre une nouvelle section "fourre-tout" qui va servir à caser les "ratés" ou "frustrés" du système universitaire.

Ambiance. Les économistes hétérodoxes sont-ils en voie de disparition ? Orthodoxe ? Frédéric Lordon sur notre plateau Le drôle de CNU Les orthodoxes contre-attaquent. Niκoς sur Twitter : "Lettre ouverte de Gabriel Colletis à Jean Tirole en faveur d'une section «Économie et société» à l'université. Lettre ouverte à Jean Tirole - AFEP. Cher Monsieur, La diversité intellectuelle n’est pas source d’obscurantisme et de relativisme mais d’innovations et de découvertes !

La dépêche AFP du jeudi 23 janvier fait état d’un courrier que vous avez adressé au ministère de l’Éducation nationale. Cette lettre, a-t-on dit, aurait joué un rôle dans le recul du ministère concernant son intention de créer une nouvelle section en économie. Il nous semble utile d’y répondre car vos propos illustrent les motivations qui nous poussent à souhaiter quitter la section de « sciences économiques » pour une nouvelle section « Économie et société », ouverte et interdisciplinaire.

Vous écrivez que « les critiques […] sur le manque d’interdisciplinarité, de scientificité et d’utilité sociale de l’économie moderne sont infondées » et vous ajoutez que compte tenu de vos travaux faisant appel à la psychologie, vous mériteriez de « faire partie de cette nouvelle section ». Bref, vous pensez qu’il n’y a qu’une manière de faire de la science économique.

Quand le Nobel français d’économie pète un plomb… Les revues de sciences humaines et sociales (2) : l’évaluation de la recherche et des chercheurs. La bibliométrie et les SHS L’instrument privilégié de l’étude de la production scientifique, la bibliométrie, consiste à mesurer cette production à partir des articles publiés dans les revues et à l’évaluer à partir des citations de ces articles dans les autres revues. À l’origine il ne s’agissait pas de classer les revues et les chercheurs (et par extension, les laboratoires de recherche, les universités, etc.). Dans les années 1920 et 1930, à la suite de l’explosion du nombre de revues scientifiques, et parfois de leur prix, les bibliothécaires ont cherché des méthodes de sélection plus objectives que les demandes des chercheurs pour choisir les abonnements utiles à ces derniers. La bibliométrie s’est affirmée alors comme un outil permettant de repérer les revues les plus citées, la progression dans le temps du nombre de ces citations et en conséquence de choisir celles qui pouvaient intéresser les chercheurs dans un domaine particulier.

Les classements et l’AERES Jean Pérès. Nouvelle section d’économie : risques et opportunités. Quand Fioraso soutient la dictature des économistes orthodoxes. Université : les économistes dominants défendent leur territoire. Tout le monde n’est pas Bernard Maris ! A Bernard Maris. Universités: guerre ouverte chez les profs d’économie. Christian Chavagneux, Alternatives Economiques - Pourquoi tant de Français stars mondiales en économie. Steve Keen et Gaël Giraud : « L’économie est semblable à l’astronomie d’avant Copernic » Ce catastrophisme qui intoxique le débat économique. A l'image de Jean Tirole, les économistes français ont la cote. Ce que les jeux vidéo nous apprennent de l’économie.

Profs d’économie : néoclassiques 1 – hétérodoxes 0. Des pistes pour réformer l'enseignement de l'économie dans le supérieur. Orgueil et Préjugés. Pourquoi l'économie a échoué - RTBF Chroniques Paul Krugman. « À quoi sert un économiste » Economistes, cessez de vous enfermer dans votre modèle! Il faut renouveler l’enseignement de l’économie.