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Pluralisme

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Tribune Le Monde (C. Baudelot, S. Beaud, C. Detrez, F. Jany-Catrice, T. Piketty) – Réforme des programmes de SES : « un risque de marginalisation de cette discipline au lycée » Tribune. La réforme en cours du lycée supprime les séries de bac, dont celle d’économique et social (ES), et propose un système complexe de choix d’enseignements dits majeurs et mineurs dans lequel la place de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) est plus qu’incertaine.Plus grave, la récente publication des projets de programmes de SES, en classe de seconde et de première, montre clairement une volonté de rompre avec la philosophie qui a présidé à la naissance, il y a cinquante ans, de cette nouvelle discipline au lycée. Alors que les jeunes ont aujourd’hui plus que jamais besoin d’être armés d’outils de réflexion leur permettant de développer un sens critique (c’est-à-dire favorisant la diversité et le pluralisme) sur les interprétations des grands problèmes sociaux et économiques du monde, les nouveaux programmes visent désormais à planter des concepts découpés du réel et terriblement abstraits pour des lycéens.

Un « esprit des SES » Développer le sens critique. Le Monde (J. Lautman) : « L’enseignement des SES, une construction pédagogique qui a fait ses preuves » Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jacques Lautman retrace la chronologie des attaques contre les programmes d’économie depuis leur création en 1967. Tribune. Le Conseil supérieur des programmes vient d’approuver pour la filière Economique et social (ES) du lycée des programmes qui refusent l’interdisciplinarité des sciences sociales, refusent l’étude des classes sociales, accroissent très sensiblement la place de la théorie du marché, au détriment de la part accordée à la macroéconomie et à ses relations avec les choix politiques.

C’est le reniement du projet interdisciplinaire pédagogique approuvé et porté par le ministre Alain Peyrefitte, qui décide en 1967 de créer entre la voie lettres-langues et la voie scientifique à socle mathématique une troisième voie introduisant aux savoirs sur les sociétés. Les trois porteurs du projet, dont je suis le dernier encore vivant, visaient la formation des lycéens avec un mixte pédagogique, non pas un cours scientifique. Cabale hostile. Débat : Comment renforcer la place des sciences sociales dans l’espace public. Les universitaires ont un rapport magique à l’espace public.

Ils pensent que le livre, la revue ou l’article qu’ils ont patiemment composé pendant des mois, voire des années, va mécaniquement trouver ses lecteurs une fois publié. La pression se relâche donc une fois que l’écrit existe, sauf que c’est là que tout le travail de diffusion doit commencer… Car l’espace public est saturé. L’incitation à publier multiplie les travaux de recherche, qui entrent en concurrence avec des écrits journalistiques et d’autres « biens culturels ». Si on s’arrête, par exemple, sur Wikipedia comme vitrine encyclopédique, largement consultée, et que Google affiche dans ses pages de résultats, on constate que le moindre disque ou épisode de série, voire le moindre personnage de fiction, y fait facilement l’objet d’une notice sérieuse et détaillée, tandis qu’un travail scientifique d’importance n’y sera pas mentionné.

Une production très riche mais peu visible Préférer les livres aux articles Devenir le média. Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique. Tribune. Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Les doctorants et le travail gratuit Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le doctorat.

La reproduction des inégalités La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de performance. Les SES et la fabrique des programmes scolaires. Le 10 mai dernier, l’Institut Sapiens, organisme sans but lucratif qui se présente comme la première « think tech française » ayant pour vocation de « définir le rôle de l’humain dans une société bouleversée par le numérique » [1], publiait sur son site un rapport intitulé « Comment élever le niveau des Français en économie ?

». Un titre suffisamment attractif pour voir le résumé de ses conclusions relayé sans recul par certains médias [2]. Signé par Pierre Robert, ancien professeur de sciences économiques et sociales (SES) en classes préparatoires aux grandes écoles de commerce au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, ce document commence par compiler les résultats de quelques sondages récents censés démontrer l’intérêt des Français pour l’économie, mais aussi, et surtout, leur supposée « méconnaissance » en la matière.

Des glissements rhétoriques problématiques Pierre Robert opère ensuite une seconde imputation causale encore plus problématique. La création des SES. La commission pour réformer l’enseignement des SES fait la part belle à l’économie néolibérale. Economie: l’université est toujours plus sectaire face aux hétérodoxes. Après le Brexit, le déni des économistes - Le Temps. Au début du mois dernier, Andy Haldane, économiste en chef à la Banque d’Angleterre, a expliqué que l’échec des modèles de prévision récents de la BoE est dû au «comportement irrationnel» des agents économiques.

Le fait de ne pas avoir repéré cette irrationalité avait amené les décideurs à prévoir que l’économie britannique ralentirait dans le sillage du référendum sur le Brexit en juin dernier. Au lieu de cela, les consommateurs britanniques se sont lancés dans une frénésie de dépenses inconsidérées depuis la décision de quitter l’Union européenne; et, de manière tout aussi illogique, les secteurs de la construction, des produits manufacturés et des services ont rebondi.

Haldane ne donne aucune explication pour cette explosion de comportement irrationnel. Il ne le peut pas, d’ailleurs: pour lui, l’irrationalité signifie simplement un comportement qui est incompatible avec les prévisions dérivées du modèle de la BoE. La rationalité des économistes et le sens commun Rêve impossible. André Orléan : « Keynes défend des valeurs éthiques opposées au capitalisme » Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, André Orléan a préfacé la réédition de « Lettre à nos petits-enfants », de John Maynard Keynes. Il analyse, ici, l’œuvre complexe de l’économiste britannique. LE MONDE IDEES | • Mis à jour le | Propos recueillis par Antoine Reverchon André Orléan est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), président de l’Association française d’économie politique (AFEP), fondée en 2009, qui regroupe les économistes souhaitant ouvrir la recherche et l’enseignement de leur matière au-delà du seul courant néoclassique.

Spécialiste de la monnaie, il a publié en 2011 L’Empire de la valeur (Seuil). La plupart des œuvres de Keynes ont déjà été traduites en français. Keynes a été un auteur prolifique et complexe, tout au long de sa carrière. Pourquoi ? Quand Messieurs Cahuc et Zylberberg découvrent la science. Il n’est pas facile de lire sereinement le livre de Messieurs Pierre Cahuc et André Zylberberg.

Non seulement parce que la violence du ton et des attaques peuvent dissuader les meilleures volontés, mais surtout parce que, sans cesse, le lecteur se trouve confronté à des contre-vérités manifestes et à des manipulations. Ce livre n’éclaire pas ; il obscurcit et déforme sciemment. Son but n’est pas la recherche de la vérité mais le désir de faire mal – ou de faire du buzz, ce qui est à peu près la même chose.

L’usage du terme « négationnisme » est pleinement révélateur de cette volonté, non pas de réfuter ou de contredire, comme il sied à un débat contradictoire argumenté, mais de salir. Le livre s’ouvre sur le récit de l’affaire Lyssenko et, en effet, il y a dans le ton des auteurs comme des relents de guerre froide, de croisade purificatrice, d’ennemis irréductibles qu’il s’agit de détruire et d’exclure comme y invite explicitement le sous-titre : « comment s’en débarrasser ». Walras le négationniste !

Pour Pierre Cahuc et André Zylberberg, un bon économiste est quelqu’un qui publie des articles en anglais dans des revues jugées de prestige et qui montre une capacité à faire de la « science expérimentale ». De nombreux économistes, d’Angus Deaton à André Orléan ont montré la fragilité de ce raisonnement. Si, de plus, vous avez le malheur de penser qu’il faut tenir compte des rapports de force présents dans toute activité économique, ou bien si vous voulez mobiliser l’histoire, la science politique ou la sociologie pour expliquer les phénomènes économiques et que vous êtes prompt à souligner la tendance des marchés à déraper, alors allez chercher du travail ailleurs !

La vision dominante l’est d’autant plus qu’elle tient les institutions clés de la reproduction des économistes (revues, sélection des professeurs, financements, influence médiatique…) et empêche d’autres voix de se faire entendre, au détriment du débat démocratique sur les questions économiques. Facs d’éco : un économisme sans pluralisme. Il n’y a pas qu’en France que les étudiants en économie se plaignent du contenu de leurs études. AlterEcoPlus révèle les résultats d’une étude internationale, non encore publiée, réalisée dans 13 pays.

Elle montre que les universités forment d’abord des techniciens déconnectés des problèmes du monde et fermés sur leur discipline. Il y a trois ans, le collectif d’étudiants PEPS économie avait démontré combien l’enseignement universitaire français était confiné dans le moule étroit d’un économisme technicien. Grâce au travail d’analyse d’une cinquantaine d’étudiants mobilisés dans le cadre de l’association International Student Initiative for Pluralism in Economics (ISIPE), l’étude a été élargie à 13 pays. La méthode est simple : lister les matières enseignées à l’université permettant d’obtenir une licence d’économie et les fameux « crédits ECTS » affectés à chacune d’elle – pour obtenir sa licence il en faut 180 – afin de mesurer son poids dans la formation. « À quoi sert un économiste » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Philippe Arnaud A quoi servent les économistes ?

La question n’est pas nouvelle. Le Cercle des économistes se l’était posée en 2010, en publiant un ouvrage en forme d’exercice d’introspection (A quoi servent les économistes ? , sous la direction de Christian de Boissieu et Bertrand Jacquillat, PUF/Descartes & Cie). La même année, dans le mensuel Alternatives économiques, Joseph Stiglitz, le Prix Nobel 2001 d’économie, réglait ainsi son compte à la profession : « Les économistes ont fourni le cadre intellectuel utilisé par les régulateurs financiers pour justifier leur inaction. La théorie économique est devenue un monde autosuffisant, une fausse représentation de la réalité. » Un propos repris en substance par le collectif des Economistes atterrés, pour qui la plupart des « experts » qui interviennent dans le débat public le font pour rationaliser les politiques de soumission aux exigences des marchés financiers.

Comment se forment les oracles moutonniers des économistes. Les prévisions de croissance du «consensus des économistes» sont très attendues par le gouvernement et tous les membres du microcosme de la conjoncture. Mais qui est donc ce grand oracle inconnu qui prévoit le retour du beau temps? L’année touchant à sa fin, chacun revient sur la croissance de 2015 et suppute sur celle de 2016. Parmi toutes ces prévisions, celle du «consensus des économistes» est très attendue par le gouvernement et tous les membres du microcosme de la conjoncture. Moyenne des prédictions des plus grands augures économistes, elle souffre pourtant de quelques biais. Déjà, à quoi ça sert de faire des prédictions de croissance?

Un oracle incontournable Des prévisions qui tendraient naturellement vers l’optimisme. Pas d’inquiétude pour le projet de loi de finances 2016: la copie du ministère des Finances ne s’est pas fait retoquer. Bercy n’est pas seul à s’appuyer sur cet organisme. Consensus des économistes, qui êtes-vous? Bruno Tinel, économiste à l’Université Paris 1. Où il est démontré par des économistes que l’économie n’est pas une science. Dans les sciences dures, quand un chercheur trouve un résultat original, l’un des moyens de s’assurer de la qualité de son travail est de demander à d’autres de reproduire l’expérience dans les mêmes conditions. S’ils retrouvent les mêmes résultats, c’est que la recherche est sérieuse. Les économistes ont voulu faire pareil : quand Ben Bernanke, alors universitaire, était le rédacteur en chef de l’American Economic Review, considérée comme la plus prestigieuse aux Etats-Unis, il a instauré l’obligation pour les économistes de fournir leurs données et leurs méthodes.

Pour que d’autres puissent s’en saisir et tenter de reproduire les résultats. Depuis, d’autres revues ont imposé les mêmes obligations. Du coup, deux économistes, Andrew C. Chang et Phillip Li, ont tenté de reproduire le travail de leurs petits copains. Le résultat n’est pas joli, joli… Ils ont focalisé leur attention sur 67 articles publiés dans 13 revues d’économie américaines entre juillet 2008 et octobre 2013. La cause ? Jean Tirole : «La concurrence peut servir la gauche» Après Thomas Piketty, lundi, Jean Tirole, Prix Nobel d’économie, et Etienne Wasmer, professeur à Sciences-Po, proposent, à une gauche qui semble paralysée en attendant que la croissance advienne et que le chômage baisse enfin, une autre vision d’une politique économique. Les derniers chiffres montrent que l’inversion de la tendance n’est pas pour demain : 3,536 millions de chômeurs en avril, + 0,7 % sur un mois, + 5,1 % sur un an.

L’OCDE évoque 2015… Pourtant, tous les paramètres semblent au vert : un euro au plus bas, un pétrole autour de 60 dollars et des taux d’intérêt historiquement bas. Résultat : une croissance de 0,6 % au premier semestre. Nous avons donc demandé à plusieurs économistes qui se revendiquent à gauche quels seraient les outils propres à réduire le chômage et les inégalités. Etre progressiste au XXIe siècle, c’est partager un socle de valeurs et d’objectifs redistributifs.

Première idée reçue : la concurrence desservirait l’idéal progressiste. Jean Tirole : «La concurrence peut servir la gauche» Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde ? Les banquiers ! « Touche pas au grisbi ! ». Cette réplique des Tontons Flingueurs est bien connue dans les couloirs de la rédaction du Monde dès qu’il s’agit d’aborder la question européenne. Une étude menée par Acrimed montre clairement que les économistes interrogés à ce sujet par le quotidien sont favorables à la construction européenne telle qu’elle se fait. C’est incontestable : les analyses dissonantes sont bannies des colonnes du Monde et les économistes qui travaillent pour des banques y ont pignon sur rue. Chasse gardée, donc. Alors que nous pointions du doigt la tendance qu’avait le journal Le Monde à interviewer des économistes au service des banques dès lors qu’il s’agissait de la « zone euro » [1] ou du chômage [2], une journaliste du quotidien du soir (Marie Charrel) – mise en cause dans nos articles – a sursauté et a tweeté : « @acrimed_info.

C’est marrant, vous ne pointez jamais les articles où je ne cite que des économistes d’université » (7 avril 2015). Edmond Malinvaud, grand économiste français, est décédé. Mais qui sont donc ces économistes. Economistes : la guerre entre orthodoxes et hétérodoxes est déclarée. Niκoς sur Twitter : "Lettre ouverte de Gabriel Colletis à Jean Tirole en faveur d'une section «Économie et société» à l'université. Lettre ouverte à Jean Tirole - AFEP. Quand le Nobel français d’économie pète un plomb… Les revues de sciences humaines et sociales (2) : l’évaluation de la recherche et des chercheurs.

Nouvelle section d’économie : risques et opportunités. Quand Fioraso soutient la dictature des économistes orthodoxes. Université : les économistes dominants défendent leur territoire. Tout le monde n’est pas Bernard Maris ! A Bernard Maris. Universités: guerre ouverte chez les profs d’économie. Christian Chavagneux, Alternatives Economiques - Pourquoi tant de Français stars mondiales en économie. Steve Keen et Gaël Giraud : « L’économie est semblable à l’astronomie d’avant Copernic » Ce catastrophisme qui intoxique le débat économique. A l'image de Jean Tirole, les économistes français ont la cote. Ce que les jeux vidéo nous apprennent de l’économie. Profs d’économie : néoclassiques 1 – hétérodoxes 0. Des pistes pour réformer l'enseignement de l'économie dans le supérieur.

Orgueil et Préjugés. Pourquoi l'économie a échoué - RTBF Chroniques Paul Krugman. « À quoi sert un économiste » Economistes, cessez de vous enfermer dans votre modèle! Il faut renouveler l’enseignement de l’économie.