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S'agit-il d'une erreur primaire ?

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PS : une rénovation adoptée avec 2/3 d'abstentions. (capture d'écran - dailymotion - jnguerini) Du même auteur C’est un détail.

PS : une rénovation adoptée avec 2/3 d'abstentions

Le vote sur la « rénovation socialiste » n’a fait se déplacer qu’un militant sur 3. Et encore est-ce là un pourcentage national, assombri par des chiffres bien plus bas dans une fédération socialiste aussi dynamique que celle de Paris (moins d’un votant sur 5 inscrits). C’est un détail – mais un de ces détails qui en disent long.

L’organisation d’une succession de conventions thématiques mensuelles à marche forcée n’est sans doute pas pour rien dans la présente abstention. Au-delà de la forme de la consultation, il y a le fond des propositions. Entendons-nous bien, même si certains de ces points se rapprochent de l’anecdotique ou de la « tambouille » interne fort peu politique, il s’agit dans leur grande majorité de sujets importants pour l’avenir du PS. Les slogans de « parti de masse » ou de « parti de militants », rituelle litanie des congrès, n’ont jamais sonné aussi vide qu’aujourd’hui. PS: Olivier Ferrand a le bras long et la mémoire courte.

(dessin: Louison) «On ne boude pas notre plaisir. C’est un moment clé pour la gauche et le Parti socialiste. Les primaires, c’est un droit démocratique supplémentaire que l’on confie aux citoyens. » Les adhérents PS ont tranché : ils ont voté en faveur des « primaires ouvertes » pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2012 (1). De quoi transporter sur un nuage Olivier Ferrand, l’ultra-médiatique président du think tank Terra Nova, le VRP en chef des primaires socialistes, celui que Le Monde n’hésite pas à présenter comme « l’homme qui monte au PS ». Sauf que ce qu’il considère être aujourd’hui un « droit démocratique » — la désignation des candidats par le vote — il ne le voyait pas du tout du même œil, hier, quand cela pouvait freiner sa « carrière ». Un parachute doré sur un plateau d’argent Olivier Ferrand (capture écran: Dailymotion - Besoin de gauche) Une quarantaine de circonscriptions sont concernées.

La désignation «extrêmement baroque» des candidats PS! «On va te tuer!» La primaire à gauche: le pari de la reconquête. Le petit militant (photo: alibaba0 - Flickr - cc) Du même auteur Le Parti socialiste est sur le point d’adopter le principe de primaires populaires : pour 2012, ce sont les citoyens, et non plus les militants, qui désigneront leur candidat à l’élection présidentielle.

La primaire à gauche: le pari de la reconquête

La primaire se veut un élément de la reconquête de la gauche. En associant des millions de citoyens (4 millions en Italie pour Romano Prodi, 35 millions aux Etats-Unis pour Barack Obama) à sa désignation, elle offre au candidat une formidable dynamique électorale, militante, citoyenne.Mais la primaire est avant tout porteuse d’un approfondissement de notre démocratie. En 2007, les Français ont pu choisir, au second tour, entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Primaires: le contre-exemple italien n’en est pas un. La gauche de la gauche ne devrait pas jouer la carte Prodi pour critiquer les primaires.

Primaires: le contre-exemple italien n’en est pas un

(photo: Mixer-Flickr-cc) Instaurer des luttes de personnes quand devrait régner le débat d’idées, remplacer les militants par des fans hystériques au service d’une écurie, accoucher de programmes si consensuels qu’ils se résument au final à des listes interminables de compromis voire de compromissions.... Les craintes que suscitent les primaires ne manquent pas. Et elles sont tout à fait légitimes. Mais depuis que Martine Aubry a annoncé sa conversion à ce mode de désignation, tous les responsables politiques de « l’autre gauche » s’appuient sur l’exemple italien pour donner du poids à leur discours.

En 2005, les primaires italiennes n’ont en rien renforcé les luttes de personnes et ce que Jean-Luc Mélenchon appelle « l’égocratie ». La modification du corpus idéologique de la gauche italienne ne date pas de 2005 Du même auteur Et le recentrage de la gauche italienne ? Va, lis et reviens :