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Les bulles de filtre

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Les algorithmes nous volent notre hasard et nous nous laissons faire. Une conversation avec Philippe Vion-Dury. Sur internet, nous sommes tous sous l’emprise d’algorithmes divers, c’est un lieu commun. Et c’est justement pour ça qu’il faut l’étudier en détail. Philippe Vion-Dury, journaliste, s’y attelle dans son récent ouvrage La nouvelle servitude volontaire, enquête sur le projet politique de la Silicon Valley (éd. FYP). Engagé et densément référencé, l’essai de Philippe dresse un constat inquiétant : grâce au Big Data, les géants de la Silicon Valley captent notre attention et nous privent de ce qui nous reste de hasard. Ainsi, ils mettent à mal la notion même d’émancipation issue de l’Esprit des Lumières.

Ce qui constitue l’idéal même de la révolution française tient en quelques mots : privilégier ce qu’on choisit et décide soi-même. Les services tels que Facebook, Spotify, Netflix et les autres ont une particularité : ils calculent et anticipent nos besoins pour maximiser le temps que nous passons chez eux. Pas de quoi s’enjailler, mais remettons les choses en contexte. Et poursuit : Vive les filtres ! Mais choisissons-les. Paramétrer notre bulle de filtre… pour en reprendre le contrôle. Avant l’internet, les grands médias étaient nos filtres sur le monde. Selon le journal que vous achetiez, la chaîne de radio ou de télévision que vous suiviez, votre vision du monde était différente, rappelle sur son blog Ethan Zuckerman (@ethanz), directeur du Centre pour les médias civiques du MIT (@civicMIT).

Puis, internet et ses puissants moteurs de recherche ont permis de faire naître des filtres selon ses centres d’intérêts. Les médias sociaux ont ensuite proposé une autre forme de filtre, des filtres basés sur nos relations sociales… jusqu’à ce que celles-ci deviennent trop importantes et qu’elles nécessitent une autre approche : une approche algorithmique qui personnalise le filtrage selon un ensemble complexe de facteurs. . « Pourquoi les plateformes de médias sociaux comme Facebook et Twitter ne donnent-elles pas aux utilisateurs des outils puissants pour filtrer leurs propres flux ? Gobo pour l’instant n’est bien sûr qu’un démonstrateur.

Il est lent. Hubert Guillaud. Bulle de filtres. Eli Pariser a théorisé le concept de la bulle de filtres. La bulle de filtres, ou bulle de filtrage, est un concept développé par le militant d'Internet Eli Pariser. Selon Pariser, la « bulle de filtres » désigne à la fois le filtrage de l'information qui parvient à l'internaute par différents filtres ; et l'état d' « isolement intellectuel » et culturel dans lequel il se retrouve quand les informations qu'il recherche sur Internet résultent d'une personnalisation mise en place à son insu.

Selon cette théorie, des algorithmes sélectionnent « discrètement » les contenus visibles par chaque internaute, en s'appuyant sur différentes données collectées sur lui. Chaque internaute accéderait à une version significativement différente du web. Il serait installé dans une « bulle » unique, optimisée pour sa personnalité supposée. Cette bulle serait in fine construite à la fois par les algorithmes et par les choix de l'internaute ("amis" sur les réseaux sociaux, sources d'informations, etc.).

Arte Journal : Do not track - Le web et la bulle de filtres. Eli Pariser nous met en garde contre "les bulles de filtres" en ligne. Fake news et accès à l’info : les “bulles de filtres” ne sont pas le plus gros problème ! Filter bubble is the new Dark web Un billet proposé par Jérémie Poiroux, designer à l’ENS Lyon Rémi Metral est étudiant en journalisme à l’ISCPA Lyon. Il travaille en ce moment sur un mémoire qui traite des effets des algorithmes sur notre accès à l’information et m’a posé quelques questions qu’il intégrera à son travail. Avec son aimable autorisation, je reproduis ici l’interview. Pablo Barbera, chercheur à l’Université de New York, semble avoir mis en échec la théorie de la bulle de filtre (“filter bubble effect”) d’Eli Pariser dans une étude intitulée “How social media reduces mass political polarization” (2014).

Il faut comprendre que la théorie de la bulle de filtre est développée par Eli Pariser (2011) pour dénoncer les pratiques de l’économie de l’attention des géants du web tels que Google ou Facebook. Pour vous faire consommer, rien de mieux que de vous proposer ce que vous aimez déjà. Pablo Barberà ne remet pas en cause la théorie de bulle de filtre. Références Lazarsfeld, P.