background preloader

Perturbateurs endocriniens

Facebook Twitter

Les déchets électroniques empoisonnés au brome. En dépit de la réglementation, la France ne retraite pas ces produits très toxiques pour l’environnement et l’homme.

Les déchets électroniques empoisonnés au brome

Pour le béotien, ce n’est qu’un rapport technique au titre rébarbatif : « Tri et classement des plastiques des déchets d’équipements électriques et électroniques ». Mais pour les spécialistes du traitement des déchets, ces trente-quatre pages mises en ligne le 20 mars par l’Institut national de l’environnement industriel et de la prévention des risques (Ineris), résultats d’une commande du ministère de l’environnement, constituent un document explosif. Perturbateurs endocriniens : nouvel échec de Bruxelles. La Commission européenne renonce, pour la troisième fois, à soumettre au vote son projet de réglementation de ces produits chimiques dangereux omniprésents dans l’environnement.

Perturbateurs endocriniens : nouvel échec de Bruxelles

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Stéphane Foucart et Stéphane Horel Encore raté. Bové, Jadot, Hulot… Des perturbateurs endocriniens plein la tête. L’association Générations futures dénonce l’inertie de Bruxelles sur le dossier des pesticides et des substances chimiques.

Bové, Jadot, Hulot… Des perturbateurs endocriniens plein la tête

Résidus de pesticides, phtalates et bisphénols au menu : Générations futures remet sur la table son fameux cocktail. Après avoir, depuis 2013, traqué ces substances chimiques suspectées d’être des perturbateurs endocriniens sur les cheveux d’enfants, de femmes en âge de procréer, après en avoir cherché – et trouvé – dans les salades, les fraises, les poussières des logements et dans l’eau, l’association s’est penchée cette fois sur quelques têtes pensantes de l’écologie en France. Bébés et femmes enceintes, premières victimes des produits chimiques toxiques. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Angela Bolis PCB, PBB, PFOA, dioxine, phtalates… Derrière ces noms barbares se cachent des produits, pour certains toxiques, auxquels sont quotidiennement exposés femmes enceintes, enfants à naître et nouveau-nés.

Bébés et femmes enceintes, premières victimes des produits chimiques toxiques

La contamination chimique de ces populations les plus vulnérables était l’objet d’un colloque organisé, jeudi 9 juin, par l’association WECF (Women in Europe for a Common Future), afin d’améliorer la prévention. « La réglementation actuelle ne permet pas de protéger la population, car elle se base sur les règles de la toxicologie classique, qui dit que la dose fait le poison. Des résidus de substances toxiques présents dans la majorité des couches-culottes. Le mensuel « 60 Millions de consommateurs » a testé douze produits de référence, dont certaines étiquetées « écologiques » : dix contiennent au moins un composé indésirable.

Des résidus de substances toxiques présents dans la majorité des couches-culottes

Des substances « à la toxicité suspectée ou avérée » ont été retrouvées en faible quantité dans la majorité des couches-culottes testées par le magazine 60 Millions de consommateurs. Sur douze références testées, y compris des produits étiquetés « écologiques », dix contiennent au moins un composant indésirable, déplore le mensuel dans son numéro de mardi 24 janvier. « Invasion chimique » : le cerveau des enfants en danger. Une image a sans doute décidé du parcours du toxicologue danois Philippe Grandjean.

« Invasion chimique » : le cerveau des enfants en danger

Celle de Shinobu Sakamoto, une adolescente japonaise victime d’intoxication au méthylmercure à Minamata, brandissant une pancarte, en 1972, à l’occasion de la première conférence des Nations unies sur l’environnement, à ­Stockholm. Alors jeune étudiant en médecine, Philippe Grandjean n’a encore jamais entendu parler des risques environnementaux pendant sa formation. Il décide d’en savoir plus. Quatre décennies plus tard, sa conviction éclate dans son livre, Cerveaux en danger : ­notre encéphale n’est jamais aussi vulnérable aux agressions chimiques que lors de son développement, dans le ventre maternel puis dans l’enfance, et les millions d’années d’évolution dont il résulte ne l’ont pas préparé à se défendre face aux milliers de molécules artificielles répandues dans l’environnement au cours du siècle écoulé.

Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens. Faute de majorité, la Commission a repoussé le vote de sa proposition de réglementation Reculer pour mieux sauter.

Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens

Ou pour mieux échouer ? Alors qu’elle avait avancé la date de son propre chef, la Commission européenne a finalement renoncé à soumettre au vote sa proposition de réglementation des perturbateurs endocriniens. Perturbateurs endocriniens : la fabrique d’un mensonge. La Commission européenne a élaboré ses propres éléments de preuves pour éviter une réglementation trop sévère de ces substances dangereuses.

Perturbateurs endocriniens : la fabrique d’un mensonge

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Stéphane Horel Tout, ou presque, tient en ces quelques mots : « Les perturbateurs endocriniens peuvent (…) être traités comme la plupart des substances [chimiques] préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement. » C’est sur cette simple phrase, issue de la conclusion d’un avis de 2013 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), que Bruxelles fonde son projet de réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes capables d’interférer avec le système hormonal à des doses souvent infimes.