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UTOPIE

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Comment réhabiliter l’utopie ? Une lecture critique d’Ernst Bloch. Texte intégral 1Les années ayant suivi la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS furent celles du triomphe de fait du capitalisme mondialisé et des démocraties libérales.

Comment réhabiliter l’utopie ? Une lecture critique d’Ernst Bloch

L’écroulement du bloc communiste mit fin à près d’un demi-siècle de guerre froide, et survint au terme d’une décennie marquée par la conversion des États occidentaux aux politiques néolibérales. La déréglementation financière, les privatisations, le contrôle de l’inflation, la lutte contre le pouvoir des syndicats et la réduction des dépenses du Welfare State marquèrent ainsi une rupture nette avec le keynésianisme et le compromis social de l’après-guerre. Les espaces d'Abraxas et les Arènes de Picasso à Noisy-le-Grand. Visions de l’Ailleurs dans Les villes invisibles d’Italo Calvino.

1Le titre donné à cette communication est paradoxal puisque, en raccourci, il donnerait « Visions de l’invisible », ce qui peut sembler improbable.

Visions de l’Ailleurs dans Les villes invisibles d’Italo Calvino

Pourtant, voir l’invisible est sans doute l’un des buts de toute l’œuvre de Calvino, c’est une fonction qu’il attribue à l’écriture, et c’est en particulier une excellente définition de l’Ailleurs dans les Città invisibili (1972). “Être ailleurs”, c’est voir ce que les autres ne voient pas d’habitude, ce qui peut être une notion géographique mais aussi indiquer un degré de conscience (ou d’inconscience, ou d’ultra-conscience). On essaiera de préciser en quoi les deux notions d’ailleurs et d’invisible se croisent (partiellement) dans ce livre. 3Le contenu est constitué de proses (poèmes en prose ?) Décrivant des villes exotiques, improbables, en tout cas lointaines (on verra lointaines de qui). 5Quant à la structure, elle est complexe. 6La lecture elle-même du livre se présente comme inédite et plurielle. 39Le premier niveau est thématique.

Isabelle Lavergne, Les villes invisibles d’Italo Calvino, un voyage sans fin dans l’empire de la langue (entre voyage hystérique et expression de la féminité) Les villes invisibles d’Italo Calvino, un voyage sans fin dans l’empire de la langue (entre voyage hystérique et expression de la féminité) « La langue n’est rien de plus que l’intégrale des équivoques que son histoire y a laissé persister. » (Jacques Lacan, L’Étourdit, « Silicet », 4, 1973) Les Villes invisibles font partie de ces œuvres où Calvino pratique, fût-ce discrètement, la métalittérature et l’autoréférence.

Isabelle Lavergne, Les villes invisibles d’Italo Calvino, un voyage sans fin dans l’empire de la langue (entre voyage hystérique et expression de la féminité)

La structure de l’ouvrage en effet présente, d’une part 55 textes répartis en 9 sections suivant l’artifice d’une disposition mathématique[1], qui sont les 55 villes aux noms de femmes que Marco Polo décrit à l’empereur Kublai Khan, et d’autre part un récit cadre qui fonctionne comme un commentaire des récits de Marco Polo. Non seulement commentaire d’un contenu, mais aussi commentaire de la notion même de récit, de parole, de langue. Les espaces d’Abaraxas à Noisy-le-Grand : enchevêtrés. De Brazil ( au futur Hunger Games, rien d’étonnant à ce que les espaces d’Abraxas, conçus par l’architecte Ricardo Bofill au début des années 1980 dans le quartier du Mont d’Est à Noisy-le-Grand, aient inspiré et inspirent toujours les réalisateurs de films de science-fiction.

Les espaces d’Abaraxas à Noisy-le-Grand : enchevêtrés

Dans la vraie vie, ils sont « Gotham city » et « Alcatraz » pour certains, « une cité pas comme les autres » pour d’autres. Pour moi, ils ont toujours été associés à des amis de ma famille, vivant à Noisy. Le Palacio d'Abraxas la cité interdite - Mitia-Arcturus Photographe. Vision idéaliste décalée La mégalomanie de Ricardo Bofill n'a pas tenu assez compte de l'aspect humain.

Le Palacio d'Abraxas la cité interdite - Mitia-Arcturus Photographe

Rajouté à cela, une volonté politique inadéquate,aboutissant à une mixité de logements sociaux mal gérée,fait peser sur les habitants d'Abraxas une menace sourde mais présente... Pas de vraies rues avec des ouvertures, très peu d'espaces verts et de respiration, pas de commerce, tout concoure à créer un cadre de vie pesant et lourd où angoisse et claustrophobie rime avec tristesse et oppression. C'est sans doute pour ces raisons que Terry Gilliam à posé le décor de son film "Brazil"au coeur du Palacio d'Abraxas...

En Seine-Saint-Denis, les illusions perdues d'une utopie urbaine. “Vous voyez comme les façades sont noircies ? Et les mauvaises herbes dans les bacs à fleurs ? Les jardins ne sont pas entretenus !” Michel Lebigre habite aux Espaces d’Abraxas, à Noisy-le-Grand (Seine Saint-Denis), depuis trente ans. En se promenant dans sa résidence, au milieu des colossaux bâtiments de béton rose, il se désole de voir que son quartier s’est tant dégradé. Conçus entre 1978 et 1983 par l’architecte espagnol Ricardo Bofill comme une alternative aux grands ensembles de logements de l’après-guerre par leur conception nouvelle et leur architecture néoclassique, les bâtiments sont totalement inédits dans le paysage urbain de l’époque. Lire notre entretien avec Ricardo Bofill : “Je n’ai pas réussi à changer la ville” Lorsqu’ils sont arrivés, en octobre 1984, Michel Lebigre et son épouse ont trouvé l’endroit particulièrement bien conçu.

La plupart des voisins des Lebigre sont arrivés au même moment et avec le même enthousiasme. Utopie, la quête de la société idéale en Occident. L'habitat - Noisy Le Grand - Tourisme - Marne La Vallée. Cet ensemble d’immeubles - 337 logements - dont les travaux ont été entamés en 1973 a été réalisé par l’architecte Henry Edouard Ciriani.

L'habitat - Noisy Le Grand - Tourisme - Marne La Vallée

La Noiseraie intègre les données urbanistiques de la ville nouvelle, notamment la voie piétonne et la voieire destinée à la desserte automobile qui sont orthogonales. Ces immeubles placés en liaison avec un parcours piétonnier confèrent un caractère unitaire au quartier du Champy. Ces données géométriques simples donnent à l'ensemble de la Noiseraie une forme en "T" offrant une succession de bâtiments caractéristiques par leurs balcons étagés et la présence de loggias. Alors que l'on pourrait s'attendre avec ce type d'architecture à des immeubles froids et austères, la recherche des volumes est remarquable, qui ne dénature pas l'unité urbaine du quartier du Champy.