La Cour des comptes dresse un bilan sévère de dix ans de rénovation urbaine. Dans les quartiers concernés, la situation économique des habitants a peu progressé.
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Béatrice Jérôme La politique de la ville n'a pas permis de réduire la fracture urbaine. La Cour des comptes dresse, dans un rapport rendu public mardi 17 juillet, un bilan sévère d'"une décennie de réformes" dans les quartiers défavorisés. Dans les territoires concernés, où vivent 8 millions d'habitants, le taux de chômage est toujours deux fois plus important qu'ailleurs, le niveau de vie moyen des ménages inférieur de moitié à la moyenne nationale, la part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté. La Cour des comptes juge plutôt "positivement" le programme national, initié en 2003, de rénovation urbaine. Depuis 2003, les dispositifs contractuels et territoriaux se sont enchevêtrés, impliquant un nombre d'acteurs toujours plus grand, mal coordonnés, faute d'un pilotage interministériel suffisamment fort.
Miroirs de la ville #10 À quoi sert la rénovation urbaine ? Le mardi matin, Urbain, trop urbain promène un livre le long du Web.
Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur TWITTER, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ? > Miroir à partir de Jacques Donzelot, À quoi sert la rénovation urbaine ? (Éditions PUF, 2012). En France, le programme national de la rénovation urbaine (PNRU), lancé en 2003 et dont beaucoup de politiques semblent souhaiter la reconduite, a produit une modification évidente du paysage de nos villes, et surtout des « quartiers sensibles ». Les années 1980, mais surtout 1990 sont « marquées par une forte hausse de la mobilité dans le parc HLM : partant d’à peine 10,1% en 1992, elle passe à 12,5% en 1999 » (p.19). Au centre de l’ouvrage collectif dirigé par Donzelot vient la contribution de Renaud Epstein qui étudie de près et de façon très convaincante le fonctionnement de l’ANRU.
Un bilan de la politique du renouvellement urbain - Arts & Spectacles. Autour du sociologue Jacques Donzelot (pour tenter un bilan de la politique du renouvellement urbain), nous recevrons les sociologues, urbanistes et spécialistes de sciences politiques Thierry Oblet, Christine Lelévrier, Barbara Allen et Noémie Houard et l'architecte Jean-Patrick Fortin, représentant de l'Anru, l'Agence nationale du renouvellement urbain. • Indications bibliographiques.
Tour Bois-le-Prêtre, une saine renaissance. Avec fierté, madame F. fait visiter son nouveau duplex… qu’elle l’occupe depuis des décennies.
Mais il a été complètement transfiguré. «On avait de toutes petites fenêtres, la façade tombait abrupte sur le vide.» Cette retraitée s’est vite habituée aux grandes baies vitrées qui donnent sur sa pimpante loggia. Elle l’a transformée en bar, en hommage à son défunt mari qui était musicien de cabaret. «Là, on a abattu un mur pour libérer la cuisine, ici un autre pour agrandir le salon.» Obstination. Ici, on ne s’est pas contenté d’un lifting de façade, comme en 2009 où la tour avait été repeinte en rose. «Réanimer».
«On a beaucoup entendu dire que cette tour était moche, s’insurge Frédéric Druot. En général, quand on s’attaque à ce genre de réhabilitation, on liste tout ce qui va mal, du hall d’entrée aux dégradations, pour définir un programme. Stimulant. . (1 ) «Plus, les grands ensembles territoire d’exception», 2007, édition Gustavo Gill. Un rapport pointe les échecs répétés de la politique des quartiers. Contre l'ANRU, la ZAC Pouchet. Les architectes Frédéric Druot, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal ont obtenu aujourd'hui l'Equerre d'argent pour leur réhabilitation d'une tour de HLM, rue Bois-le-Prêtre, dans le XVIIème arrondissement.
Ce prix est le plus important en France pour un bâtiment. Il couronne là une opération exemplaire comme on voudrait en voir partout. Le travail de ces trois maîtres d'oeuvre a été une affaire d'opiniâtreté, menée sur des années, avec le souci constant de ce que l'architecture peut apporter aux gens. On n'a pas tous les jours l'occasion de raconter de belles histoires, alors, allons-y. Posée en bordure de boulevard périphérique, la tour Bois-le-Prêtre fut dessinée par Raymond Lopez et construite en 1962. La tour Bois-le-Prêtre après transformation (photo David Boureau). Au début des années 2000, la nouvelle municipalité parisienne établit une liste de sites prioritaires pour la politique de la ville.
Ils font partie de ceux que l'obsession de la démolition choque. Comment?