Aussi.ch. Les transsexuels devraient-ils parler de leur sexe avant de serrer ? L’auteur, à la coule. En Grande-Bretagne, il est désormais illégal de sucer une bite si vous avez une bite sans dire à la bite que vous sucez que vous-même disposez d’une bite. Ou si vous aviez autrefois une bite. Ou si vous avez une chatte alors que la personne pense que vous avez une bite. Ou une chatte. Ou un truc du genre. Si vous ne faites pas savoir le sexe que vous aviez à votre naissance à un potentiel partenaire sexuel, vous pourrez donc vous retrouver en prison, et sachez que quelques personnes en ont déjà fait les frais. En fin de semaine dernière, la Cour d’appel britannique a rejeté l’appel d’une personne nommée McNally. Apparemment, on ne consent pas à « se faire doigter », on consent à « se faire doigter par quelqu’un disposant d’un pénis » ou à « se faire doigter par quelqu’un disposant d’un vagin ». Que tout soit clair, comme beaucoup de filles, j’aime bien les coups d’un soir.
Ah oui aussi, je suis transgenre. MY BABY SHOT ME DOWN Bang, vous êtes morts. D’une « théorie du genre » qu’ils font semblant de mal comprendre… | Ladies & gentlemen. Le Figaro s'en frotte les mains, que dis-je, s'en lèche les babines, ce matin : les agité-es de la Manif Pour Tous reviennent en "saison 2" avec un "nouveau cheval de bataille" et ça promet : à la rentrée, ils entreront officiellement en guerre, milices de parents outrés et "comités de vigilance" en ordre de marche contre ce qu'ils appellent la "diffusion subreptice" de la "théorie du genre" dans les crèches et les écoles. Non, non, ce n'est pas une "diffusion subreptice", c'est un projet assumé de société Pourquoi "subreptice", d'abord? La volonté politique est claire, et on ne va pas s'en plaindre. "Tu sais ce que ce sera? " Homme ou femme?
"Et tu sais ce que c'est? " Distinguer le sexe du genre, pour distinguer le prétendu "naturel" des constructions socio-culturelles Voilà, c'est juste ça, mesdames et messieurs les hérissé-es d'une "théorie du genre" que vous faites semblant de mal comprendre! Le sexisme, une perte de chance Le sexisme ne fait de bien à personne. Uniques! «Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48» Berlin, 19 août 2009, Championnats du monde, finale du 800 mètres «dames» : la Sud-Africaine Caster Semenya, 18 ans, accomplit un véritable exploit en courant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes 45 centièmes.
Sa victoire est de courte durée. À peine la course finie, le staff des équipes rivales et les journalistes sportifs accusent la championne d’être un homme. Les épaules de Caster Semenya sont trop larges, son bassin trop étroit, sa poitrine trop plate, ses maxillaires trop carrées… «trop», «trop», «trop»… pour être considérée comme une «authentique femme».
Le commentateur Mondenard déclare même sur Europe 1 «onze athlètes avaient une culotte et une seule avait un bermuda» (1). Aurait-il fallu que Caster porte du maquillage ? L’athlète subit alors des examens sanguins, chromosomiques et gynécologiques. L’accès aux toilettes pour dames lui est interdit (alors qu’elle urine avec une vulve). «Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48», explique Eric Macé. "Théorie du genre": la belle aubaine. Un nouvel ennemi est apparu dans les radars de la droite. Cela a commencé avec des manuels de SVT, s’est renforcé avec les manifs de la honte et les mouvements anti-« mariage pour tous ». Personne ne savait très bien de quoi il s’agissait, mais on savait que c’était mal. Le mot d’ordre s’est répandu : le lobby gayo-franco-maçonno-gauchiste a trouvé un nouveau truc, ça s’appelle la théorie du genre et c’est mal.
Il paraît qu’ils veulent l’enseigner à l’école. Il paraît qu’ils disent que le sexe ça n’existe pas, ou alors qu’on peut choisir son sexe (on ne sait pas trop), qu’ils renient la nature et qu’ils veulent qu’on devienne tous homos. Le mot d’ordre s’est répandu comme une traînée de poudre. La théorie du genre à encore frappé! Il y a eu le communisme et le nazisme. @consultant2kap T'as compris que la théorie du genre est aux portes des Écoles ou tu planes encore? La théorie du genre est en marche. Alors il faut résister : mieux, il faut combattre. Pourquoi un tel emballement ? Le genre n'est pas une théorie — Je veux comprendre. Commençons par rétablir une vérité : si vous utilisez l’expression « théorie du genre » pour désigner les Gender Studies, ou « études de genre » en français, sachez que vous faites un contresens.
Les Gender Studies sont un champ d’études interdisciplinaires, relativement nouveau. Elles sont apparues en Amérique du Nord dans les années 1970-1980. Elles rassemblent toutes les questions portant sur les différences de genre, de sexualité, de comportements dans des disciplines aussi diverses que la littérature, le langage, l’histoire, la politique, la sociologie, l’anthropologie, le cinéma, la communication (étude des médias), le droit, la médecine, et la liste continue.
Par exemple, en politique, on étudiera le féminisme. En sociologie, on étudiera l’influence du masculin/féminin dans les interactions sociales. Voilà par exemple, une question qui a toute sa place au sein de ce que l’on appelle les études de genre. Distinguer le sexe (la génétique) et le genre (la construction sociale) Une heure de peine... Dans le dernier billet, au milieu de mon énervement - pour lequel je ne m'excuserais que lorsque sera reconnue l'indécence des attaques contre le genre - j'ai proposé ma traduction de l'expérience de la boîte qu'utilise Michael Schawble dans son introduction à la sociologie (j'ai une passion coupable pour les introductions à la sociologie, j'en fais la collection). Je me suis dit qu'elle méritait peut-être deux ou trois explications pour ceux qui voudraient en faire usage auprès de leurs proches. Je complète donc ici l'argumentaire qu'elle recouvre. Pour faire l'expérience que je vais décrire, nous aurions besoin d'une paire de nouveau-nés, des vrais jumeaux.
Nous aurions aussi besoin d'une grande boîte dans laquelle un des jumeaux pourrait vivre sans aucun contact avec un autre être humain. La boîte devrait être telle qu'elle lui fournirait à boire et à manger, et évacuerait les restes, de façon mécanique. Prenons un autre exemple : je suis hétérosexuel. Du genre face à la paresse intellectuelle. Et moi, c'est une vieille histoire qui doit remonter à... probablement 2005 et les temps glorieux de l'agrégation, quand j'étais jeune et que le monde était pur. Toujours abonné depuis cette date, c'est non seulement une lecture mensuelle pour moi, mais aussi pour mes élèves qui doivent en avoir parfois marre que je leur en donne à lire toutes les cinq minutes, et que je les y renvoie plus souvent qu'à mon tour.
Et puis, paf, pour une raison pas si mystérieuse que ça, il y a des choses qui ont commencé à m'énerver dans le magazine. Au point que là, j'ai envie de dire un mot sur l'un des articles de la dernière livraison. Le genre, on le sait bien, c'est une question sensible. Quand, par contre, je tombe sur un article de mon magazine préférée qui reprend certaines des antiennes des "anti-genres", je suis plus sensible. Que retrouve-t-on dans cet article ? Première paresse : l'argument du "c'est évident voyons". Qu'est-ce que c'est que cet argument ? Sociologie des offensives néo-réactionnaires. Il y a d'abord eu les attaques contre la théorie de l'évolution, à grand coup de constructions pseudo-scientifiques mais vraiment religieuses qui ne valent pas beaucoup mieux qu'.
Il y a, depuis peu, l'extension de ce "combat" contre l'astronomie, la condamnation renouvelée de Galilée et le retour tonitruant de la Terre au centre de l'Univers. Il y a eu, surtout, juste à côté de chez vous, . Et, dernier épisode de cette triste série, . A chaque fois, la même stratégie : occuper le terrain pour re-définir le monde à leur avantage.
Et ce qui est inquiétant, c'est que ça marche. L'objet de leur ire ? J'ai déjà longuement documentée cette approche sur ce blog. Il en va de même dans le domaine de la sexualité : le genre des individus ne peut se réduire à leur sexe. Evidemment, rien de tout cela ne trouve grâce aux yeux des intégristes chrétiens. Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences ? J'enseigne le genre. Et je continuerai à le faire. Ce sera un billet énervé. Très énervé. Fatigué aussi. Fatigué d'entendre des ignares et des incompétents baver de haine sur quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Enervé de voir qu'on les laisse faire et que, pire encore, on leur donne raison. Enervé d'apprendre que je fais le mal. Enervé de voir que l'on laisse des mouvements religieux dicter la forme du débat public, surtout en matière d'éducation. J'enseigne le genre parce que c'est ce que mon programme de Sciences économiques et sociales me demande de faire, n'en déplaise à Vincent Peillon qui double son ignorance crasse des sciences sociales - déjà étonnante pour un philosophe de profession... - d'une méconnaissance absolue de ce qui se passe dans l'administration dont il est le ministre.
On étudiera les processus par lesquels l'enfant construit sa personnalité par l'intériorisation/ incorporation de manières de penser et d'agir socialement situées. J'enseigne le genre parce que c'est un fait.