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Novlangue

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Le participe présent est-il réac ? Michéa face à la stratégie Godwin. Récemment associé à la galaxie lepéniste par un dossier du "Point", le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur d'"Impasse Adam Smith", répond à ses détracteurs et se défend face à la tentative d'annexion de sa pensée antilibérale par l'extrême droite.

Michéa face à la stratégie Godwin

Jean-Claude Michéa, capture d'écran Youtube Marianne : Un hebdomadaire faisait sa une, il y a quelques semaines, sur les «néocons», vous bombardant comme l'idéologue le plus emblématique d'une véritable lame de fond identitaire, souverainiste et protectionniste, et amalgamant votre nom à celui de Marine Le Pen, soi-disant admirative de vos écrits. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Jean-Claude Michéa : N'exagérons rien ! Le magazine de François Pinault a d'ailleurs bien pris soin - sans doute pour brouiller un peu plus les pistes - d'inclure également, dans sa liste noire des «néoconservateurs à la française», des personnalités telles que Régis Debray, Arnaud Montebourg, Natacha Polony, Benoît Hamon ou Yves Cochet. J. Pas assez de panacée de gouvernance. Quinze.

Pas assez de panacée de gouvernance

C’est le nombre de fois qu’on relève le mot gouvernance dans un article signé Yvan Allaire, qu’a publié Le Devoir le 6 décembre dernier. À force de réitérer le fétiche — absent de notre vocabulaire il y a quelques années encore — peut-être viendra-t-on à lui donner le semblant de consistance qu’il n’a toujours pas. L’auteur, un animateur du nébuleux Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), trouve mille et une manières de conférer des lettres de noblesse au sème. « Nous vivons une crise de gouvernance dans les institutions et organismes de l’État québécois », écrit-il en citant les problèmes de gestion (un mot qui, lui, a une histoire et du sens) qu’on observe au Fonds de solidarité, au CHUM, au CUSM, à Tourisme Montréal et dans les universités, selon ses exemples.

Attac. « Novlangue » est un mot inventé par Georges Orwell dans « 1984 », roman de contre-utopie qui présente une société du futur (le roman est écrit dans les années 50) caractérisée par un ultra totalitarisme, un totalitarisme qui vise à la perfection en tant que totalitarisme, un totalitarisme achevé.

Attac

L'un des instruments de ce pouvoir tout puissant (mais il y en a d'autres) est d'inventer une langue (« novlangue ») qui interdise toute liberté de penser. C'est dire que le langage n'est donc pas neutre mais porteur d'une façon de voir le monde. La « hollangue », cette langue morte. Ce mot étrangement pénible, d'abord, qui court les rédactions et les discours officiels à une fréquence accélérée depuis le début de l'année : la « gouvernance ».

La « hollangue », cette langue morte

On le trouve sans relâche dans le quotidien les Echos ou chez la ministre Marisol Touraine, on l'entend en boucle chez les économistes de plateau télé, ou dans la bouche du président de la République, François Hollande, appelant, entre autres, le 17 avril dernier, à « renforcer la gouvernance mondiale » lors du forum Nouveau Monde. La novlangue Européenne ou la subversion du sens comme outil stratégique. Par Michel Ruch.

La novlangue Européenne ou la subversion du sens comme outil stratégique

Dans son célèbre essai-roman d’anticipation « 1984 », l’écrivain britannique George ORWELL décrivait en 1949 une société totalitaire future inspirée du modèle soviétique. Dans cette société règnent une police de la pensée et une nouvelle langue, la novlangue, au vocabulaire ultra restreint, et caractérisée par l’inversion du sens des mots : par exemple, « l’esclavage, c’est la liberté » ou « la guerre, c’est la paix ». La langue officielle de l’URSS, véritable langue parallèle à la langue courante russe (dupliquée dans les Etats satellites polonais, tchèque, bulgare, etc) n’était pas la novlangue, mais s’en approchait par une torsion constante du sens initial des mots, eux-mêmes articulés dans un discours stéréotypé qu’on appela la langue de bois.

Franck Lepage : la langue de bois décryptée avec humour ! Petit dictionnaire de langue de bois économique - Journal du Net Economie. "Croissance négative", "favoriser le dialogue social"...

Petit dictionnaire de langue de bois économique - Journal du Net Economie

Des concepts fourre-tout dont raffolent politiques et chefs d'entreprise. Ne parlez pas de "baisse de salaire", mais de "dévaluation compétitive". Surtout ne dites pas "plan de rigueur" mais "effort budgétaire"... Les hommes politiques et responsables économiques sont passés maître dans l'art de la circonvolution et de l'euphémisme. Découvrez quelques exemples révélateurs. "Les fondamentaux sont bons" Exemple : "Je suis très confiant face aux mouvements à la Bourse de Paris puisque l'économie française a de bons fondamentaux". "La croissance négative" Exemple : "L'Espagne va commencer l'année 2012 avec un taux de croissance négative", Luis de Guindos, le ministre de l'Economie espagnol, le 26 décembre 2011.

1984-2014, Orwell s’est juste trompé de 30 ans… Une lettre de George Orwell du 18 mai 1944, explique où il est allé puiser la source de son inspiration pour « 1984 » La collection « George Orwell ; a life in letters » constituée par Peter Davison et éditée chez Liveright, contient un document considéré comme le point de départ de la démarche qui mènera le journaliste-chroniqueur-romancier british à son œuvre magistrale, le roman « d’anticipation » 1984 qui paraîtra le 8 juin 1949.

1984-2014, Orwell s’est juste trompé de 30 ans…

Il s’agit d’une réponse de Eric Arthur Blair – son vrai nom – à une lettre de l’un de ses admirateurs, un certain Noel Willmett qui l’interroge sur l’évolution politique du monde, l’issue de la guerre étant encore très indécise au moment de cet échange épistolaire. « Cher Monsieur Willmett, Grand merci pour votre lettre. Quant à l’immunité de l’Angleterre et des USA, quoi que puissent affirmer les pacifistes de tous crins, nous ne sommes pas encore totalitaires et c’est heureux.

Dans « un grand souci pédagogique , Le Robert Junior stigmatise littéralement les filles « En traversant le Saint-Laurent. Tout est parti du mot "sournois".

Dans « un grand souci pédagogique , Le Robert Junior stigmatise littéralement les filles « En traversant le Saint-Laurent

C’était au cours d’une soirée sympathique en famille. Le mot a été utilisé au cours de la conversation, certains prétendant qu’il n’était pas si négatif que cela, les autres défendant l’idée contraire. Il fallait donc les départager. Le Petit Robert Junior (édition nord-américaine) devait servir à cela.