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Sociologie de l'humour / humour oppressif

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Les-profs-sur-twitter-cyniques. Sur Twitter, pour garder le teint frais et m’éviter les aigreurs d’estomac j’évite de m’abonner aux comptes de certaines catégories professionnelles.

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Les médecins, les avocats et les professeurs. Je n’apprécie pas leur corporatisme, leur sentiment de supériorité, leur condescendance et leurs moqueries envers leurs patients/clients/élèves. Raphaël Enthoven disserte sur le politiquement incorrect. Enthoven ne disserte pas sur le politiquement correct, mais sur sa perception du politiquement correct, en tant que politiquement correct lui-même.

Raphaël Enthoven disserte sur le politiquement incorrect

Du coup, sa définition du phénomène se situe hors de toute réalité : « - Le politiquement incorrect, c’est en général, un compliment qu’on se fait à soi-même, sur le ton d’une confession douloureuse : "Oui, c’est vrai, je suis politiquement incorrect, que voulez-vous, c’est plus fort que moi, je ne peux pas suivre la même route que les braves gens. Je préfère, quoi qu’il m’en coûte, être lucide et solitaire plutôt qu’embrasser les causes collectives et le despotisme sournois des bons sentiments. » Le politiquement incorrect n’est pas un compliment, ce n’est pas quelque chose qu’on doit confesser, ce n’est pas plus fort que soi, tandis que le politiquement correct n’a rien à voir avec la route que suivent les braves gens et n’appartient à aucune cause collective, quelle qu’elle soit.

Bleu Kobalt: Photo. Point Desproges et liberté d'expression - Les Hystériques. Souvent, lorsque l'on critique une blague qui entretient les poncifs d'une mentalité nauséabonde - la culture du viol, au hasard - on a droit à des objections systématiques : parmi ces objections, il y en a deux qui me laissent toujours pantoise.

Point Desproges et liberté d'expression - Les Hystériques

La mort de la liberté d'expression, et le Point Desproges. Censure et liberté d'expression Nous vivons dans une société où chacun a le droit d'exprimer son opinion et c'est tant mieux. Les blagues sur les roux. Critique de l'anti-politiquement correct. L’expression « politiquement correct » s’emploie généralement comme quolibet mis au service d’arguments réactionnaires pour disqualifier toute thèse adverse.

Critique de l'anti-politiquement correct

Presque personne ne se dit « politiquement correct » : pour les racistes, les sexistes, les homophobes, le politiquement correct c’est toujours cette prétendue « chape de plomb », cette idéologie écrasante qui serait brutalement et arbitrairement imposée par les tristes sires qui défendent l’égalité, combattent les injustices et n’aiment pas les discriminations. L’expression permet de présenter la défense de l’ordre sous les traits de la subversion. Cher connard cynique... Je voudrais vous parler d'un article que j'ai lu l'autre jour et qui se moquait des handicapés sous couvert "d'humour".

Cher connard cynique...

Il me paraît important d'expliquer à certains la différence majeure qu'il y a entre "faire de l'humour pour mieux comprendre le quotidien d'un groupe de personnes donné et susciter de l'empathie à son égard" et "se foutre carrément de la gueule des gens pour épater la galerie". En effet, la mode semble être à la connarditude, au cynisme assumé et affiché pour faire cool, parce qu'on peut rire de tout, on DOIT rire de tout (sinon c'est que t'as un balai dans le derrière ou un humour de merde).

Le privilège de ne pas être offensé. Humour, oppression et bingo. Si vous me suivez sur Facebook et/ou Twitter, vous m’avez certainement déjà vue aborder ce vaste et ô combien merveilleux thème qu’est l’humour.

Humour, oppression et bingo.

C’est un sujet complexe et difficile à cerner, je le concède. Cependant, il est absolument inévitable de se voir donner des leçons d’humour lorsque l’on fait remarquer à quelqu’un-e que sa blague est [rayer les mentions inutiles] pas drôle – à chier – stigmatisante – clichée – sexiste – raciste – bref, oppressante. L'humour est une chose trop sérieuse... - Une heure de peine...

Lui : Wah, hé, faut que je te montre un truc, tu vas trop te marrer.

L'humour est une chose trop sérieuse... - Une heure de peine...

C'est un test dans le dernier Consoles +, c'est trop bon. Moi : ... Lui : Tu ris pas ? Moi : Désolé, le sexisme, ça me fait pas franchement rire. ...pour être laissée à des rigolos - Une heure de peine... Moi : Tagazok, gars. .

...pour être laissée à des rigolos - Une heure de peine...

Moi : Ah, ben, ça tombe bien, je me suis justement retiré dans un fjord perdu de la Norvège pour réfléchir au sens des propositions humoristiques. L'humour pour les nuls. Je vais parler d’humour.

L'humour pour les nuls

La chose à laquelle il ne faut pas toucher, parce que les inconditionnels de la liberté d’expression l’ont placée au panthéon. Parce que selon eux tout doit pouvoir être dit n’importe comment, sans réflexion, même le pire, et surtout quand c’est sous couvert d’humour. Mais voilà, l’humour a bien des formes. Et est parfois instrumentalisé. L’humour est une arme. Je vais parler d’humour.

L’humour est une arme

La chose à laquelle il ne faut pas toucher, parce que les inconditionnels de la liberté d’expression l’ont placée au panthéon. Parce que selon eux tout doit pouvoir être dit n’importe comment, sans réflexion, même le pire, et surtout quand c’est sous couvert d’humour. Mais voilà, l’humour a bien des formes. Et est parfois instrumentalisé. Une heure de peine... Dans mon précédent billet, j'ai essayé de montrer qu'il existait une "culture troll", c'est-à-dire une façon relativement routinisée de réagir au problème du troll. Le point clef me semble être une certaine tolérance au troll, dans le sens où ceux-ci sont assez systématiquement minimisés au point que la faute devient moins le trollage proprement dit que l'indignation face à ceux-ci, voire le simple fait de se sentir blessé.e.

Le problème réside surtout dans le fait que cela vient valider la représentation du monde qui est celle des trolls. Dans le présent billet, je vais essayer de me plonger dans certaines productions de la culture troll, pour essayer de montrer ce qu'elle en vient à produire. Un pavé dans la mare 7 : l'humour. Assumer son humour (à la con) - Une heure de peine... Parfois, les sites de presse publient des infos. Parfois, ils publient des analyses. Et parfois, on ne sait pas trop ce qu'ils publient. C'est le cas avec cet article de Slate "". L'auteur y parle vaguement de l'arrivée de cours de Cultural Studies dans le monde académique français. Mais plutôt que d'expliquer de quoi il s'agit - le terme même de Cultural Studies n'apparaît nulle part... - ou de proposer une réflexion sur la chose, elle se contente de proposer un générateur de "cours à la con".

@Moossye @melaniebourdaa @Uneheuredepeine @placardobalais les gars qui font du @legorafi sans le talent ni le contexte de reception....— Olivier Mauco (@GameinSociety) October 17, 2013. Autopsie du politiquement incorrect - Une heure de peine... Dans mon précédent billet, j'ai essayé de montrer qu'il existait une "culture troll", c'est-à-dire une façon relativement routinisée de réagir au problème du troll.

Le point clef me semble être une certaine tolérance au troll, dans le sens où ceux-ci sont assez systématiquement minimisés au point que la faute devient moins le trollage proprement dit que l'indignation face à ceux-ci, voire le simple fait de se sentir blessé.e. Le problème réside surtout dans le fait que cela vient valider la représentation du monde qui est celle des trolls.

Dans le présent billet, je vais essayer de me plonger dans certaines productions de la culture troll, pour essayer de montrer ce qu'elle en vient à produire. L'impolitesse du désespoir - Une heure de peine... Je n'ai pas d'humour. Voilà, comme ça, c'est dit. J'ai préféré préciser ce point d'entrée de jeu pour que les choses soient claires... Desproges et Coluche : stop à l’instrumentalisation de l’humour noir et du second degré : A contrario. Source INA J’aimais beaucoup Coluche et Desproges. Ces humoristes étaient des individus intelligents, créatifs, mordants, sensibles et talentueux, à bien des niveaux. Comme beaucoup de monde, j’ai tous les textes de Desproges sous la main. Y compris son roman (« Des femmes qui tombent »). Apologie de l'humour. Peut-on faire des blagues... Oh, ça va… C’est pour rire!

Je connais à peu près le Code de la Bonne Féministe lorsqu’il s’agit d’attaques frontales ou de sexisme primaire. Mais je suis presque toujours désemparée lorsqu’il s’agit… d’humour. Je ne sais jamais comment réagir face aux blagues dont le fond de commerce est la bêtise féminine, le fait que les femmes sont dépensières, qu’elles ne s’intéressent qu’à l’apparence, etc. Je ne veux pas ici renforcer le stéréotype de la féministe qui n’a aucun humour.

Que les choses soient claires : j’aime rire. Je ne sais pas quelle personne pourrait affirmer le contraire, d’ailleurs. : « Rien ne me fait rire ! Être gros.se, quelle marrade ! Humour & Blagues anti-dominants : Photo. Moule : Mollusque Bivalve Comestible.: Quand un mec lâche une remarque misogyne, puis se... Classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/le_rire/Bergson_le_rire.pdf. Cher connard cynique... Ceci n’est pas du second degré. La publicité Ryanair ci-dessus est évidemment sexiste. Mais tous ne l’entendent pas ainsi (ce serait surprenant lorsqu’on parle de sexisme…), et un article commente : Le message est certes à prendre au second degré. Du second degré, vraiment ? Pourtant, si on comprend le message de ces affiches au second degré, cela signifie que le message que les publicitaires cherchent à communiquer est en réalité l’inverse de ce qui est écrit, ce qui donne : nos prix ne sont pas attractifs et notre équipage non plus.

Je doute que ce soit le sens de ces affiches. Il n’y a second degré que si le message que l’on souhaite faire passer est clairement différent du message communiqué en surface (et le plus souvent opposé à ce message de surface). Poil à fille. C'est un homme hétéro cis blanc... Les filles sont drôles comme l'éclair. (RAH ! Je ne sais pas pourquoi Blogger me diminue légèrement la taille de mes images à chaque fois, j'espère que c'est lisible malgré tout) Critique de la culture troll (1) - Une heure de peine... La stratégie du mauvais élève - Une heure de peine... Une heure de peine... On le sait depuis longtemps : Internet n'a pas tant affecté les élèves que les chats. , aucune autre espèce n'a autant tiré partie de l'avènement du numérique.

La compréhension de ce phénomène, de cette étrange affinité élective entre les chats et Internet, n'a pas encore fait l'objet de toute l'attention qu'elle mérite de la part de toutes les sciences sociales - car, plus que jamais, un travail interdisciplinaire est nécessaire pour jeter une lumière sur cette transformation majeure de nos sociétés. Queer Montréal.