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La rigueur contestée par les Français

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Plan de rigueur : les drôles de mesures du gouvernement. Le plan de rigueur divise les Français - Le duel des éditorialistes - Actu. Pour en débattre : Pierre Haski de Rue 89 et Jean-Sébastien Ferjou d'Atlantico Hier, le Premier ministre François Fillon a annoncé une série de mesures pour limiter les déficits : des nouvelles recettes avec une hausse de la TVA réduite à 7% pour de nombreux biens et services, un alignement des prestations sociales, dont les allocations familiales, sur la croissance et non plus sur l'inflation, une réduction des dépenses de santé, ou un gel du barème de l'impôt sur le revenu.

Des mesures qui toucheront principalement les plus aisés, a insisté le Premier ministre. Mais associations et syndicats estiment que les plus modestes ne seront pas épargnés. "Il ne faut pas oublier de voir l'impact que cela peut avoir sur la croissance, et de ce point de vue là, le plan n'est pas trop mal fixé," estime Jean-Sébastien Ferjou. "Les mesures visent plutôt les ménages aisés, les grandes entreprises et plutôt le secteur économique qui est protégé de la mondialisation. Un plan de rigueur peut en cacher un autre. Tous les gouvernements européens qui ont dû prendre, sous la pression des marchés financiers, des mesures impopulaires pour réduire à marche forcée leurs déficits sont aujourd'hui soit sur le départ (Papandréou, Berlusconi), soit mal en point (Zapatero, Cameron).

Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ne pas avoir cette donnée en tête en confiant à François Fillon le soin de monter au front pour annoncer la "douloureuse" aux Français. Avec des accents churchilliens et une référence à 1945, qui a dû faire plaisir à Angela Merkel, on nous promettait une rigueur de guerre. On a eu droit à une rigueur de campagne, enfermée dans une triple injonction contradictoire : rassurer les marchés sur la crédibilité de la signature de la France, sans provoquer la colère de la rue (Juppé, hiver 1995) ni casser plus encore la (faible) croissance. Une sorte de triangle maudit de la réforme. Rigueur : le pire renvoyé à l'après-présidentielle. "Notre pays ne doit pas être condamné un jour à mener une politique imposée par d'autres. " Sous les ors de Matignon, l'air grave, François Fillon dramatise la situation en ce lundi 7 novembre pour mieux faire digérer aux Français son deuxième plan de rigueur en moins de trois mois. L'avertissement est clair : sans les nouvelles mesures décidées, la France risque de se retrouver dans la situation de l'Italie, obligée par ses partenaires de "demander" le contrôle du FMI sur ses réformes, voire dans la situation de la Grèce.

"La faillite n'est plus un mot abstrait", prévient le Premier ministre. Mais l'enjeu n'est pas seulement économique. Nicolas Sarkozy sait qu'il joue sa réélection sur le sujet. Que la France perde son triple AAA, la meilleure note possible, et le président peut dire définitivement adieu à un deuxième mandat... Message aux agences de notation Contrairement aux mesures annoncées le 24 août, celles du 7 novembre monteront donc en puissance progressivement. Affichage. Retraite retardée : petites économies, grande détresse ! Fillon abandonne la loi Scellier ... et les emplois du BTP. Rigueur, deuxième lame : en route vers la grande dépression ?

La très belle « prime dividendes » des salariés ... de l'UMP ?