Sarkozy et le vote des étrangers : diviser pour rassembler jusqu'au FN. Eva Joly, qui fait preuve d’un amateurisme gênant pour EELV et le PS, devrait prendre une leçon de cynisme auprès de Nicolas Sarkozy. En professionnel de la politique prêt à tous les reniements, toutes les contre-vérités pour gagner en 2012, il fournit aux hommes et femmes politiques débutants, un véritable florilège de ses talents à l’occasion du débat sur le droit de vote des étrangers non européens. N. Sarkozy lors du Congrès des maires de France, le 23/11/11 (Philippe Wojazer/AFP) Devant 3.000 "petits maires" invités à l’Élysée mercredi 23 novembre pour tenter de désamorcer la colère qui les a conduits à donner le Sénat à la gauche, le président candidat a repris au vol la proposition de loi constitutionnelle qu’entend présenter le Parti socialiste le 8 décembre sur le droit de vote aux élections locales.
Pour la dénoncer alors que, depuis près de dix ans, il s’y est toujours déclaré favorable, "à titre personnel". Nicolas Sarkozy le diviseur… Il gouverne à vue avec les sondages. Bientôt des "maires étrangers" ? Le mensonge de Claude Guéant. Les ministres de l’Intérieur font vraiment un sale boulot. En actes et en paroles. On se souvient, pêle mêle, des "101 Maliens" expulsés de Charles Pasqua (1986), des "sauvageons" de Jean-Pierre Chevènement (1998), du "kärcher" de Nicolas Sarkozy (2006) ou des chiffres sur les délinquants roumains de Brice Hortefeux (2010). "Cet accord prévoit l’éligibilité" Jusqu’à présent, la bêtise et le mensonge ne faisaient pas systématiquement partie de leurs attributions. Mais Claude Guéant, dans sa volonté de braconner sur les terres du Front national, n’hésite pas à faire usage de ces deux "qualités".
C. Bêtise, quand il pense que certains Français, désireux de chercher des boucs émissaires pendant la crise économique et financière qui touche les plus modestes d’entre eux, se laisseraient séduire par les clins d’œil appuyés d’un homme qui, après tout, ne fait que copier Marine Le Pen. Mensonge, surtout. La Constitution interdit les maires étrangers Les Français favorables au vote des étrangers.
Droit de vote des étrangers : Sarkozy a la mémoire courte ? C'est une sortie surprenante. Les maires UMP rassemblés à l'Élysée mercredi soir s'attendaient à beaucoup de choses mais certainement pas à cela. « Il va dire qu'il est officiellement candidat à l'élection présidentielle » espéraient certains. Perdu ! Nicolas Sarkozy a pris tout le monde à revers et a parlé du droit de vote des étrangers.
Il a en effet qualifié mercredi « d'hasardeuse » la proposition de loi socialiste visant à autoriser les étrangers hors-UE résidant en France à voter aux élections municipales, que le Sénat doit examiner en décembre. Évidemment, le PS a réagi vivement. Jamais le moment Nicolas Sarkozy aurait-il donc retourné sa veste ? Un argument qui ne convint pas les socialistes. « Ce n’est pas notre proposition qui divise les Français, une majorité d’entre eux y est désormais favorable. Sondage : 61% des Français favorables au vote des étrangers. UMP : Chronique ordinaire d'une xénophobie assumée ? Sarkozy est indécis.
Droit de vote des étrangers : un bon coup pour le PS ? (Wikimedia Commons - Ceridwen - cc) C’est un peu un marronnier du débat politique. Une proposition de loi écologiste sur le droit de vote des étrangersaux élections municipales, déjà adoptée par les députés en 2000, sera discutée par le Sénat le 8 décembre. François Fillon et Nicolas Sarkozy se sont d’ores et déjà opposés à une telle réforme. La Droite populaire a même fait circuler une pétition contre le projet socialiste. A droite, on parie sur le fait que le droit de vote des étrangers est trop clivant et polémique, une idée de bobos coupés des classes populaires. Sur le fond, Claude Guéant a sans doute raison. Les revirements de Sarkozy L'autre erreur de Guéant est qu'il oublie que Nicolas Sarkozy a, par le passé, défendu cette idée. Cela n’a rien d’étonnant, en leader de parti et candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy n’a jamais hésité à jouer la carte du communautarisme.
Mais dans la majorité, tout le monde n’est pas forcément sur la même ligne. La frilosité de Jospin. Vote des étrangers: l'UMP, à droite toute? (Flickr - Primeministergr - CC) Du même auteur Le SNJ du Figaro se serait inquiété de ce que « certains lecteurs, pourtant sympathisants de droite, peuvent être lassés de nos prises de position » et Etienne Mougeotte aurait enjoint « de ne pas céder aux pressions du microcosme parisien » et invité « ses » journalistes de gauche à rejoindre Libé (Libération). Cette anecdote, si elle est vraie, éclaire la nature profonde du débat actuel qui est moins, pour la droite, d'aller à droite que de savoir ce qu'on met exactement sous cette appellation commode et réductrice.
Claude Guéant, homme intelligent et ministre fidèle et dévoué au Président, depuis quelque temps semble avoir choisi de mettre en oeuvre une politique exclusivement négative dans tous les sens du terme. Retrouvez Philippe Bilger sur son blog.