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«Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48»

Berlin, 19 août 2009, Championnats du monde, finale du 800 mètres «dames» : la Sud-Africaine Caster Semenya, 18 ans, accomplit un véritable exploit en courant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes 45 centièmes. Sa victoire est de courte durée. À peine la course finie, le staff des équipes rivales et les journalistes sportifs accusent la championne d’être un homme. Les épaules de Caster Semenya sont trop larges, son bassin trop étroit, sa poitrine trop plate, ses maxillaires trop carrées… «trop», «trop», «trop»… pour être considérée comme une «authentique femme». Le commentateur Mondenard déclare même sur Europe 1 «onze athlètes avaient une culotte et une seule avait un bermuda» (1). Aurait-il fallu que Caster porte du maquillage ? L’accès aux toilettes pour dames lui est interdit (alors qu’elle urine avec une vulve). Pour Eric Macé, l’ambiguité sexuelle ne devrait plus être classée dans la catégorie des maladies. Photo © Reuters Related:  FéminismeBio/Essentialisme

Sur le travail sexuel : une perspective féministe révolutionnaire – Période Introduction Le débat actuel sur le travail sexuel parmi les féministes a davantage tendance à échauffer les esprits qu’à les éclairer. Les accusations de mauvaise foi fusent des deux côtés, les résultats de recherches sont mobilisés pour affaiblir la position adverse, même lorsque la validité de la recherche elle-même est limitée par ses méthodes et ses champs d’application. Les prises de position des travailleuses du sexe se voient accusées de chaque côté d’être naïves ou manipulées, selon la position respective que leur parole semble renforcer. Au cours de la dernière décennie, ce débat a été largement associé aux démarches pour légiférer sur le travail du sexe à partir d’objectifs féministes. Quand on s’engage dans une bataille politique, des pressions immenses mènent à simplifier à l’extrême les termes du débat. Quand on se penche sur les discussions, on se trouve tiraillée entre des descriptions très contradictoires de la prostitution, qui toutes semblent exactes.

Différences hommes/femmes Le numéro de février de Sciences et Avenir comporte plusieurs articles sur le thème "Homme Femme, La science face aux idées reçues". Les féministes n'y apprendront rien de très nouveau mais on peut supposer que l'étiquette de neutralité scientifique qu'a le magazine encouragera certains à enfin accepter ce que des scientifiques féministes (donc forcément mues par une idéologie leur faisant mal faire leurs recherches) disent depuis des années. Le premier article "Pour en finir avec le neurosexisme" montre combien l'on tend à perpétuer et à justifier des stéréotypes par des arguments neuroscientifiques par des expériences et des interprétations biaisées. Catherine Vidal souligne que le cerveau a un sexe dans le sens où il contrôle les fonctions reproductives (hypothalamus qui a une activité pour induire l'ovulation) mais aucun en ce qui qui concerne la mémoire, l'attention et le raisonnement. Claude Steele de Stanford a mené une expérience intéressante au début des années 90.

Comment la testostérone vient aux hommes (et aux femmes aussi) «Effets du comportement de genre sur la testostérone chez les femmes et les hommes», annonce le titre de l’étude*. Minute: le mécanisme n’est-il pas censé fonctionner dans l’autre sens? La testostérone n’est-elle pas un facteur explicatif de certaines attitudes associées au genre masculin – forte compétitivité, agressivité marquée, moindre empathie? Les idées courantes vont globalement dans cette direction-là. Mais l’expérience réalisée par Sari M. van Anders, Jeffrey Steiger et Katherine L. Déroulement de l’expérience: des comédiens des deux sexes sont recrutés pour jouer un monologue mettant en scène un acte de pouvoir (en l’occurrence, le licenciement d’un subordonné). Conclusions? Le pouvoir rend antisocial Que fait, au juste, la testostérone? Plusieurs études reflètent par ailleurs le fait que les taux de testostérone s’associent à des différences comportementales. La libido en boucle Ce fonctionnement à deux voies est connu dans le domaine du sexe.

Y a-t-il un alpha dans la meute? - Le Temps Ayant passé treize étés à observer une meute sur l’île d’Ellesmere, au Canada, le zoologiste états-unien L. David Mech fait, en 1999, une déclaration dont le ton penaud cache des implications fracassantes pour le petit monde des experts en loups. «On s’est trompés», dit-il, en gros, dans un article intitulé «Alpha Status, Dominance, and Division of Labor in Wolf Packs», publié dans le Canadian Journal of Zoology: les individus alpha, censés dominer le groupe à l’issue d’un processus de compétition, n’existent pas. Pas comme on le croyait, dans tous les cas. Flash-back: on est en 1947. Une histoire de famille Le hic? Re-flash-back. Babouins et management Viennent ensuite les études en captivité: c’est en observant les babouins du zoo de Londres que le zoologiste Solly Zuckermann a élaboré la théorie de la dominance, à la fin des années 1920. Aujourd’hui, les primatologues (et les «loupologues», si on ose) savent que la théorie classique de la dominance est périmée.

Déconstruction de l’idée de nature dans les rapports sociaux "Si le patriarcat existe, c'est qu'à la base les hommes sont plus forts physiquement que les femmes ; ils les ont donc dominés et cela a commencé cela". Je ne compte plus les fois où j'ai entendu cette hypothèse naturaliste. Hypothèse qui tend à transformer des rapports sociaux en des rapports naturels (= dûs à la nature), ce nouveau dieu qui régit les rapports humains et qui, comme le dit Colette Guillaumin, "va jusqu'à organiser des programmes génétiques spéciaux pour ceux qui sont socialement dominés". Nous ne savons rien de la force physique des hommes "à la base". que le dimorphisme sexuel, l'ensemble des différences morphologiques entre les individus mâle et femelle d'une même espèce, est difficile à établir quand on dispose de très peu de squelettes entiers pour une période donnée. montre que le dimorphisme sexuel, lorsqu'il existe, est dû à la sélection intrasexuelle entre mâles et non pas à la sélection intersexuelle. Si les dominés sont dominés c'est qu'ils sont différents.

Concepts de bases - Unique en son genre Chèr.es allié.es (et les autres aussi d’ailleurs !), nous savons que tout ce vocabulaire est compliqué pour vous. Aussi, je vais essayer de vous faciliter un peu la tâche en listant ici les termes et expression à éviter, voire à bannir ! Si tu penses que d’autres termes devraient être ajoutés à cette liste, laisse-moi un commentaire J 1. 1. Pourquoi préférer transgenre (ou trans) à transsexuel et transidentité à transsexualisme ? - Transsexuel n’est pas inclusif : comme son étymologie l’indique, ce terme se réfère littéralement à un « changement de sexe » (trans = « de l’autre côté » + sexuel). - C’est un terme largement médicalisé et pathologisant de par son histoire. - C’est un terme qui perpétue la confusion entre sexe et genre de par son étymologie et sa signification. - Le suffixe "sexuel" rappelle les orientations sexuelles (comme dans homosexuel par exemple) et entretient donc la confusion entre genre et orientation. 2. 2. 3. 3. 4. 4. 5. 5. 6. 6. Les corps n’ont pas de genre. 7. 7.

Fatema Mernissi: Seules les musulmanes persécutées intéressent l’Occident Seules les musulmanes persécutées intéressent l’Occident Sociologue marocaine iconoclaste, Fatema Mernissi publie “Le Harem et l’Occident”. Un livre rebelle et provocateur qui dénonce les clichés sur la femme orientale, jusqu’au paradoxe. Propos recueillis par Valérie Colin-Simard Seules les musulmanes persécutées intéressent l’Occident Sociologue marocaine iconoclaste, Fatema Mernissi publie “Le Harem et l’Occident”. Un livre rebelle et provocateur qui dénonce les clichés sur la femme orientale, jusqu’au paradoxe. J'aime : J'aime chargement…

A propos de David Reimer Les néo-réactionnaires multiplient les attaques contre les études sur le genre. Le plus grave est sans doute que certains médias, peu soucieux de rigueur et reconverti dans la presse à scandale (oui, Le Point, c'est de vous dont je parle), leur donne un écho sans prendre la peine de faire un travail journalistique digne de ce nom. Le cas de David Reimer est souvent mobilisé comme un argument contre les recherches sur le genre. Le problème, c'est qu'il s'agit de quelque chose de malhonnête : en se centrant sur un cas unique tragique, on essaye de faire oublier que la même situation s'est reproduite plusieurs fois avec des fins beaucoup plus heureuses. Je donne ici à lire un extrait du livre de la chercheuse en neuroscience Lise Eliot qui, pour ceux qui sont motivés par le minimum d'honnêteté intellectuelle, devrait régler le débat. Un commentaire : je suis un peu gêné par la façon dont Lise Eliot semble considérer une inclinaison homosexuelle comme un signe de masculinité.

Les hommes sont-ils tous des violeurs ? Les féministes sont très souvent accusées de dire que tout homme est un violeur. Je suis toujours surprise de l'énergie à véhiculer des rumeurs autour des féministes, rumeurs que nous passons un temps assez considérable à démentir. Ce temps ne peut être consacré à une lutte active et c'est assez ironique lorsqu'on se rappelle que beaucoup de gens nous disent qu'on ne s'occupe pas "des vrais problèmes". Si vous cessiez peut-être d'inventer des rumeurs et des ragots, on perdrait un peu moins de temps. Dés leur petite enfance, leurs parents, leurs amis, l'école, la télévision, les productions culturelles diverses et variées indiquent aux femmes qu'il faut "faire attention". A l'âge adulte (entre 18 et 75 ans, en métropole) on estime que 84 000 femmes sont victimes de viols et de tentatives de viol. 90% d'entre elles connaissent leur agresseur ; dans 37% des cas il s'agit du conjoint. Alors pourquoi dire que "tout homme est un violeur" ?

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