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Edgar Morin : Réforme de pensée, transdisciplinarité, réforme de l'Université

Edgar Morin : Réforme de pensée, transdisciplinarité, réforme de l'Université
Réforme de pensée et transdisciplinarité Nous savons que le mode de pensée ou de connaissance parcellaire, compartimenté, monodisciplinaire, quantificateur nous conduit à une intelligence aveugle, dans la mesure même où l'aptitude humaine normale à relier les connaissances s'y trouve sacrifiée au profit de l'aptitude non moins normale à séparer. Car connaître, c'est, dans une boucle ininterrompue, séparer pour analyser, et relier pour synthétiser ou complexifier. La prévalence disciplinaire, séparatrice, nous fait perdre l'aptitude à relier, l'aptitude à contextualiser, c'est-à-dire à situer une information ou un savoir dans son contexte naturel. Nous perdons l'aptitude à globaliser, c'est-à-dire à introduire les connaissances dans un ensemble plus ou moins organisé. Or les conditions de toute connaissance pertinente sont justement la contextualisation, la globalisation. Ces conditions se rappellent à nous d'autant plus que s'ouvre une ère planétaire d'inter-solidarité. Related:  Penser l'école (dans une dynamique Education nouvelle)Blogs littérairesFouineurs-éditeurs, intelligence collective, Occupy Wall Street

Meirieu : "Je ne peux accepter que l’idéologie des compétences devienne une « théorie de l’apprentissage" Peut-on être optimiste à cette rentrée ? Dans la nouvelle édition actualisée de sa "Lettre à une jeune professeur", Philippe Meirieu analyse le plaisir d'enseigner. L'ouvrage, accessible et optimiste, reconnaît les difficultés du métier mais en montre aussi la beauté intime. Je suis dans un paradoxe pour démarrer cet entretien. Oui, bien sûr, cette rentrée est, à de très nombreux égards, catastrophique : le système est au bout du rouleau, étouffé par une politique de restriction insupportable. Mais, fort heureusement, les professeurs ne sont pas seulement les « employés » d’un ministère qui n’a plus aucune légitimité à se nommer « de l’Education nationale »… Ce sont aussi des hommes et des femmes qui sont mus par la passion de transmettre et je veux croire que les comportements de leur institution n’érodera pas trop leur enthousiasme. Le bilan de la rentrée "techniquement parfaite" a déjà été dressé, notamment par les syndicats. Il faut absolument y échapper. Oui, évidemment !

ARCHAÏON L’Université du 21ème siècle sera citoyenne, responsable et solidaire ou ne sera pas 1. La réforme de l’Université : une nécessité et une urgence pour répondre aux défis du 21ème siècle. En janvier 2003 j’avais, pour le 5ème anniversaire de la déclaration sur l’enseignement supérieur, souligné ce qui, dans cette déclaration me paraissait sous-estimé : 1.1. la nécessité d’un changement radical et d’un nouveau contrat entre Université et société ;le caractère central de la réflexion sur la responsabilité de l’Université ;le besoin de concevoir pour cela une stratégie de changement en réseau. Mon exposé à cette occasion avait tracé les grandes lignes d’une stratégie. A la différence de la plupart d’entre vous, je n’appartiens pas à l’Université. Ce faisant je vais le faire en « déspécialisant » la réflexion, en traitant l’Université non comme un être institutionnel et social à part « à nul autre pareil » , mais comme le point d’application particulier d’une réflexion plus générale qui s’applique, mutatis mutandis, aux autres institutions et aux autres corps sociaux. 1.2. 2.

Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser Dans quelle mesure l'évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l'entreprise éducative ? Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd'hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l'école, le sens des savoirs, le statut de l'autorité, la place de l'école dans la société. A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées. Aujourd'hui, la famille tend à se défausser sur l'école, censée à la fois éduquer et instruire. P. M. L'idée d'humanité s'est dissociée de l'idée de culture. M. P.

la barque d'or, avec pierre le vigan De la Sérendipité. Leçons de l'inattendu, par Pek Van Andel et Danièle Bourcier · Viviane Huys Pek VAN ANDEL et Danièle BOURCIER, De la Sérendipité. Dans la science, la technique, l’art et le droit. Leçons de l’inattendu, Paris, L’Act Mem, collection Libres sciences, 2009. Les deux chercheurs, auteurs de cet ouvrage présentent une étude relativement approfondie de ce que l’on nomme « sérendipité », une notion qui désigne une forme de déduction inventive dans laquelle les inférences construites à partir d’indices jouent un grand rôle. Liant le raisonnement abductif mis en évidence par C.S. La troisième partie de l’ouvrage, enfin, est consacrée aux controverses et malentendus autour des effets inattendus que l’on a pu prendre pour de la sérendipité, et notamment à la confusion qui peut régner entre ce terme et la notion « d’effets pervers ». Chance, hasard, accident, la sérendipité est avant tout considérée par Pek Van Andel et Danièle Bourcier comme « l’art d’enlever des œillères ». Viviane Huys Chercheuse associée, MICA, Bordeaux III.

L’école transformée en machine à désintégrer Dans le petit jeu des annonces gouvernementales qui s’emballent à l’approche des élections, le repérage des enfants «à risque» et «à haut risque» en maternelle est très représentatif d’une conception tout à fait cohérente de l’enseignement fondée sur des principes simples : médicalisation, détection et dérivation. Longtemps, la métaphore médicale a joué un rôle critique en éducation. En 1967, les enfants de Barbiana écrivaient dans leur «Lettre à une maîtresse d’école» que «l’école se comport[ait] comme un hôpital qui soignerait les bien portants et exclurait les malades». Le caractère subversif de la formule s’est émoussé : avec la gestion libérale du système de santé, quand le management l’emporte sur le soin et que le «pilotage par les résultats» permet tout naturellement d’arroser là où c’est déjà mouillé, la médecine n’a plus rien à envier à l’école ! Ainsi, ce qu’on nous présente comme une machine à intégrer est devenu une gigantesque machine à désintégrer.

Les Amis d'Alain de Benoist Comment intégrer la sérendipité Un des dangers des réseaux sociaux est qu'ils nous poussent à penser comme les autres, ce que les Américains appellent "group think". Une quantité croissante d'informations nous parvient par leur intermédiaire. Les pistes peuvent être riches, mais nous avons tendance à nous y connecter avec des gens qui pensent plutôt comme nous. Dans un article publié par le New York Times du 1er août , Damon Darling regrette, d'une façon plus générale, que les TIC tendent à réduire les hasards heureux, ce qu'en anglais on appelle "serendipity" (et que d'aucuns voudraient traduire par "zadigacité "… allez donc voir Wikipedia en français pour en trouver la raison). J'ai tendance à croire que la navigation sur le web, pour peu qu'on s'y livre avec un minimum de curiosité est au contraire une fabuleuse source de sérendipité (le néologisme qui permet de traduire ce mot qui n'existe pas en français). Je le fais de deux façons au moins: [Photo Flickr de guyphenix ] Signaler ce contenu comme inapproprié

Meirieu : Un pédagogue dans la Cité Par François Jarraud Attention : ce livre n'est ni une biographie officielle, ni des mémoires, encore moins un testament ! Avec "Un pédagogue dans la Cité", Philippe Meirieu revient dans le débat éducatif avec des propositions et pas seulement des souvenirs. "J'ai considéré comme "pédagogues" des personnalités engagées à la fois dans la réflexion et l'action éducative". Dans cet ouvrage, fruit d'une conversation avec Luc Cédelle, Philippe Meirieu revient sur son parcours et son action de pédagogue. Mais l'essentiel c'est la foi et les propositions. Plus qu'un livre de souvenirs, l'ouvrage est un livre de réflexion et d'action. Philippe Meirieu, Luc Cédelle, Un pédagogue dans la Cité, Conversation avec Luc Cédelle, Desclee de Brouwer, 2012. Présentation et commande Philippe Meirieu : Jamais la question des rapports entre démocratie et pédagogie n’a été aussi vive A la formation, n'êtes-vous pas finalement à la mauvaise place ? Non.

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