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Nicolas Hulot : « Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force »

Nicolas Hulot : « Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force »
Il appelle de ses vœux un « nouveau monde » pour rebâtir sur celui mis à genoux par l’épidémie de Covid-19. Pour Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique et solidaire, qui a démissionné de son poste en août 2018, l’heure n’est pas aux divisions, aux querelles de partis ou à la recherche de responsabilités dans la crise. Le président de la fondation qui porte son nom appelle à l’unité, afin de définir un horizon commun. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les 100 principes de Nicolas Hulot pour « un nouveau monde » Au-delà des mesures urgentes pour le déconfinement, il propose une transformation sociale, écologique, économique, fiscale et démocratique « radicale et cohérente », qu’il s’agisse de la lutte contre l’évasion fiscale, de la revalorisation de tous les métiers vitaux, du « juste échange » ou de la création d’une troisième Assemblée. Comment analysez-vous les causes de la crise engendrée par le coronavirus ? Je ne veux pas faire de procès d’intention.

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« Tout plaquer pour une vie plus simple » : le confinement, déclic d’un changement de vie Le compromis de vente était signé, les plans presque bouclés, de l’emplacement de l’âtre dans le salon à la couleur des dalles conduisant à l’immense entrée. « La maison allait ressembler à un magazine de décoration », raconte Philippe*, 50 ans, manager dans une entreprise automobile toulousaine. Le prix mirobolant de la bâtisse – 1,2 million d’euros – n’avait pas freiné son couple, coutumier des « coups » immobiliers et des belles plus-values. « Il y a encore deux mois, on était sûrs que tout ça avait un sens », reconnaît Isabelle, directrice commerciale dans le prêt-à-porter et « toujours entre deux avions ». « Il a fallu le confinement pour qu’on réalise à quel point on était emprisonnés dans notre quotidien » Quand soudain, coup d’arrêt : le 17 mars, la France se retrouve confinée.

« Mettons l’environnement au cœur de la reprise économique » Tribune. Au cours des dernières semaines, des moyens d’ampleur inédite ont été mobilisés pour faire face à la crise sans précédent déclenchée par le Covid-19. En plus des impacts sanitaires, les conséquences sociales et économiques sont désormais tangibles pour tous les Français. Il s’agit aujourd’hui d’en limiter les effets, notamment par la mobilisation de moyens financiers pour assurer la capacité des entreprises de notre pays à rebondir de façon inclusive et résiliente.

Jane Goodall : « Prenons conscience que la pandémie est liée à notre manque de respect pour le monde naturel » Tribune. Le monde est confronté aujourd’hui à des défis sans précédent. Au moment où j’écris, le Covid-19 a infecté plus de 3 millions de personnes à travers le monde, et au 29 avril, 218 386 personnes en sont mortes. Actuellement, les personnes dans la plupart des pays sont confinées chez elles (seules ou en famille), elles ont adopté des mesures d’éloignement sanitaire et réduisent au minimum leurs sorties. Certaines entreprises ont totalement fermé, d’autres maintiennent leurs activités en télétravail, et tandis que certaines personnes sont en activité partielle, des milliers d’individus à travers le monde ont perdu leur travail. Le coût économique de tout cela est déjà catastrophique.

Coronavirus : « Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble au monde d’avant, mais en pire », dit Jean-Yves Le Drian Démocratiques ou autoritaires, tous les régimes sont secoués par la pandémie de Covid-19. La tendance au repli national et à la controverse sur la crise sanitaire est difficile à battre en brèche. Alors que se profile un sommet inédit, par visioconférence, des pays du Conseil de sécurité de l’ONU (dit « P5 »), le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a répondu par téléphone aux questions du Monde. L’ambassadeur de Chine Lu Shaye a été convoqué au Quai d’Orsay en raison d’écrits jugés inadmissibles sur la réponse occidentale au Covid-19. S’agit-il d’un cas isolé ou de l’illustration d’une mue de la diplomatie chinoise, plus agressive ?

Faire du vélo à Paris est bon pour la santé (malgré la pollution de l’air) Face à une importante pollution de l’air, le mieux pour sa santé ne serait-il pas d’éviter de courir ou de faire du vélo ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Agnès Buzyn lors d’un débat opposant sept candidats à la Mairie de Paris, mercredi 4 mars, sur LCI. Si les risques liés à la pollution sont avérés, des études approfondies sur la question concluent tout de même que la pratique du vélo est globalement bénéfique. Explications.

Huit pistes pour une relance verte des économies après le coronavirus « Le Green Deal est aussi nécessaire qu’avant la crise. Le réchauffement climatique n’a pas disparu. » Ces mots ne sont pas ceux de militants écologistes, mais de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. En pleine bourrasque pandémique, le 15 avril, elle a rappelé avec insistance que les importants plans de relance qui seront nécessaires en Europe pour sortir de la récession économique devront prendre en compte la dimension climatique. Certes, les mesures de confinement ont fait temporairement baisser les émissions de gaz à effet de serre. Mais cela donne aussi la mesure du chemin à parcourir : les rejets carbonés devraient diminuer entre 5 % et 15 % sur l’année 2020 en France, selon le Haut Conseil pour le climat. Une baisse massive, mais inférieure à ce qui est nécessaire pour espérer atteindre un jour les objectifs de l’accord de Paris.

Posséder la terre en « commun » pour mieux la protéger C’est une idée vieille comme le monde, puis tombée dans les oubliettes de l’histoire, qui resurgit aujourd’hui dans le débat public à la lumière de la crise écologique : considérer les terres agricoles non plus comme une propriété privée, mais comme un « bien commun » dont la gouvernance doit être partagée afin de mieux les protéger. La réflexion est portée par des chercheurs – philosophes, juristes, anthropologues, économistes – mais aussi par des collectifs de citoyens qui constatent les difficultés du droit moderne à protéger la terre de la surexploitation ou du bétonnage. La situation est en effet préoccupante. Alors que la crise sanitaire due au Covid-19 a montré l’importance d’une relocalisation de la production alimentaire, plus de cent hectares du patrimoine cultivable français sont grignotés chaque jour par l’habitat (41,9 %), les réseaux routiers (27,8 %) ou les services et loisirs (16,2 %), souligne un rapport de France Stratégie publié en 2019.

Le monde d’après : « Il est temps de ne pas reprendre comme avant » Tribune. En quelques semaines, la crise sanitaire a rendu possible ce qui semblait impossible : un desserrement de l’étau budgétaire, une remise en cause des dividendes, la défense de l’Etat-providence par ceux-là mêmes qui œuvraient hier à son démantèlement, et une chute des émissions de gaz à effet de serre. Telles qu’elles se dessinent, les immenses relances économiques préparent toutefois les conditions de prochains désastres écologiques, sans régler la question sociale.

Michel Aglietta : « La vraie richesse des nations est leur capital public » Entretien. Michel Aglietta est conseiller scientifique au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), un organisme de recherche indépendant placé auprès du premier ministre. Polytechnicien, professeur émérite de sciences économiques à l’université Paris-Nanterre, membre de l’Institut universitaire de France, il est l’un des « pères » de « l’école de la régulation » qui, depuis le milieu des années 1970, propose une alternative à la théorie économique dominante néolibérale d’inspiration américaine, en insistant sur le rôle des institutions et des rapports sociaux dans le fonctionnement des économies de marché (Régulation et crises du capitalisme, 1976-1997). Au cours de sa carrière, Michel Aglietta, né en 1938, a ainsi étudié le mode de régulation du capitalisme américain (objet de sa thèse en 1974), les crises financières (Crise et rénovation de la finance, avec Sandra Rigot, Odile Jacob, 2009), le modèle chinois (La Voie chinoise.

Dettes publiques : la lourde facture de la crise due au coronavirus C’est aujourd’hui une double urgence : soutenir ménages et entreprises face à l’arrêt partiel de l’activité, puis relancer l’économie lorsque la pandémie du Covid-19 refluera. Seulement voilà : lorsque la crise sera derrière nous, les Etats se retrouveront alourdis d’une dette publique colossale. Avant 2008, celle des pays développés tournait autour de 75 % du produit intérieur brut (PIB). Les mauvaises herbes, nécessaires à la bonne santé des cultures Les mauvaises herbes portent mal leur nom. « Les adventices sont vues comme les ravageuses principales des champs agricoles », constate Sabrina Gaba, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Ces plantes sauvages entrent en compétition avec les cultures dans l’accès aux ressources (lumière, nutriments présents dans le sol) et sont donc quasi systématiquement éliminées. « En général, par épandage d’herbicides », précise la chercheuse. Article réservé à nos abonnés Lire aussi « L’agroécologie peut parfaitement nourrir 10 milliards d’humains » En France, l’agroécologie connaît un essor depuis la mise en place du plan Ecophyto I.

Ville déconfinée, ville cyclable ? Les défenseurs du vélo préparent la bataille des mobilités Virtuellement, la salle de 500 places était pleine à craquer, ce mercredi 22 avril. Toute la « cyclosphère » était réunie pour un « webinaire » sur le sujet du moment : la ville déconfinée sera-t-elle, enfin, cyclable ? Ou plutôt, selon le langage poli adopté par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) : « Aménagements cyclables temporaires et confinement : quelles opportunités ? « La gestion de la pandémie de Covid-19 et les mesures nécessaires à la sortie de crise conspirent à faire de l’environnement une question subsidiaire » Chronique. Que de la catastrophe il puisse naître quelque chose : c’était l’espoir de ceux qui se soucient de l’environnement. Il aura fallu très peu de temps pour que cet espoir soit douché. Le « monde d’après » la pandémie de Covid-19 s’annonce, en dépit des discours, la copie conforme de celui d’avant.

(1) Eviter les prochaines crises en changeant de modèle alimentaire Le coronavirus à l’origine de l’actuelle pandémie provient indiscutablement de la consommation d’animaux. C’est ce qui a conduit la Chine, le 26 février, à interdire tout transport ou commerce d’animaux sauvages destinés à l’alimentation. D’ailleurs, selon une équipe de chercheurs menée par la biologiste Laura Kurpiers, 75 % des maladies infectieuses émergentes auraient une origine animale. C’est, par exemple, le cas des Sras, du VIH (via des singes tués pour leur viande), de la rougeole, et de plusieurs grippes.

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