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« Ce n’est pas le principe du mérite qu’il faut rejeter mais son caractère hégémonique »

Tribune. Devant la Conférence des grandes écoles, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a défendu le 4 juin l’exigence d’une plus grande mixité géographique et sociale dans les grandes écoles, afin que – mais c’était là un implicite – les étudiants ne voient pas l’expression de leurs talents et de leurs ambitions limitée par des contraintes ou des discriminations injustes. Lire l’entretien avec Frédérique Vidal : « Il faut réfléchir à de nouvelles voies d’entrée dans les grandes écoles » Dans la même perspective, au cœur de l’« école de la confiance » promue par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, il y a la représentation d’une école bienveillante et juste. Juste car arc-boutée sur la lutte contre les « inégalités de destin » fustigées par le président de la République lui-même et capable de reconnaître les mérites de tous les élèves. La faisabilité, tout d’abord, car la mesure du mérite n’a rien d’évident.

https://www.lemonde.fr/education/article/2019/06/10/ce-n-est-pas-le-principe-du-merite-qu-il-faut-rejeter-mais-son-caractere-hegemonique_5474312_1473685.html

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Massification et démocratisation de l'accès à l'école et à l'enseignement supérieur Les sources des graphiques et des données sont détaillées en fin d'article. Depuis les années 1950, l'accès à l'École, puis à l'enseignement supérieur, s'est élargi : l'enseignement secondaire et supérieur s'est ouvert à des catégories sociales qui en étaient autrefois écartées et la durée de scolarisation moyenne s'est allongée. L'examen des taux de scolarisation, d'accès et de réussite à des diplômes permet de mettre en lumière ce phénomène de « massification » du système scolaire, tout en nuançant l'idée de « démocratisation » de l'école [1]. La massification de l'enseignement secondaire et de l'accès au baccalauréat À la fois diplôme sanctionnant la fin des études secondaires et premier grade universitaire donnant accès à l'enseignement supérieur, le diplôme du baccalauréat était autrefois réservé à une élite. Jusqu'au début des années 1950, moins de 5 % des élèves d'une classe d'âge accède au baccalauréat.

« Mes parents disent que j’argumente comme une Parisienne avec mon master » : le défi des étudiants qui naviguent d’un milieu social à un autre Neufchâtel-en-Bray, Seine-Maritime. C’est dans cette commune rurale de 5 000 habitants, entre Rouen et Amiens, que Tifany allait au lycée. Issue d’un milieu populaire et pupille de l’Etat – son père est incarcéré depuis qu’elle a 13 ans –, elle a passé une partie de sa jeunesse en foyer. Il y a un peu plus d’un an, elle a intégré Sciences Po Paris, dans le cadre de la procédure réservée aux élèves scolarisés dans certains établissements de l’éducation prioritaire. « Je m’en suis sortie grâce à mes profs et à mes amis, qui sont ma famille de cœur », raconte aujourd’hui la jeune femme de 19 ans, boursière, qui vit en colocation à Clichy (Hauts-de-Seine). Tout un monde sépare Neufchâtel-en-Bray de Sciences Po, établissement basé dans le cossu 7e arrondissement de Paris, où les enfants de cadres et de professions intellectuelles supérieures sont largement surreprésentés. Tifany se sent toujours un peu perdue dans ce nouvel environnement.

Inégalités scolaires : ce qui se joue dans la classe Pourquoi, malgré l’engagement quotidien des enseignants sur le terrain, l’école reproduit-elle les inégalités sociales ? Certains considèrent que les élèves qui échouent à l’école ne possèdent pas les qualités nécessaires (« intelligence », motivation, etc.), ou qu’ils sont victimes d’une forme de handicap social rédhibitoire lié à leur milieu d’origine. Ces explications qui mettent en avant les « déficits » des élèves des milieux populaires négligent le rôle des situations scolaires elles-mêmes. Elles ne permettent pas de rendre compte les dynamiques, qui, au quotidien, à l’intérieur des classes, peuvent creuser les écarts de performances entre élèves. S’opposant à l’idée selon laquelle la moindre réussite scolaire des enfants de classe populaire s’expliquerait par un manque de capacités ou de motivation, de nombreux travaux de sociologie ont mis en évidence le rôle joué par l’école dans la reproduction des inégalités sociales.

« Quand un jeune se sent dans une position sociale dominante, rien ne lui semble impossible en matière d’orientation » Entre 2014 et 2018, un collectif de 17 chercheurs piloté par Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure de Lyon, a mené une enquête sur la reproduction des inégalités, en dressant le portrait de 35 enfants de 5 ans. Si Enfances de Classe (Seuil, 2019), un travail sociologique d’une ampleur inédite, éclaire les déterminants de la réussite scolaire, il permet aussi de comprendre les inégalités d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur, comme l’explique Bernard Lahire. Oser des choix d’études ambitieux, ne pas « s’autocensurer », avoir confiance dans ses possibilités : en quoi ces capacités individuelles sont-elles influencées par les origines sociales ? Bernard Lahire : Le système français est très hiérarchisé. « Les étudiants qui entrent dans le supérieur ont intégré les hiérarchies scolaires »

L'allongement de la scolarité jusqu'à 16 ans - Lumni Les APIs permettent de charger des scripts : géolocalisation, moteurs de recherche, traductions, ... Les APIs permettent de charger des scripts : géolocalisation, moteurs de recherche, traductions, ... Services visant à afficher du contenu web. A Nice, des fournitures scolaires pour des enfants sans papiers C’est Sopio qui joue la traductrice. A 11 ans, cette petite Géorgienne connaît les listes de fournitures scolaires sur le bout des doigts. Elle maîtrise les tailles de cahiers, les couleurs des intercalaires, le jargon du matériel de maths. Il y a deux jours, Sopio est venue chercher ses propres affaires à cette distribution de fournitures scolaires. Cette fois, elle aide Alina et ses deux enfants, Mariam et Georgi. «Pour le collège, ils ont besoin de classeurs, d’un grand cahier, d’un compas, d’une équerre, énumère-t-elle.

Education : il y 60 ans, l’école devenait obligatoire jusqu’à 16 ans La loi Jules Ferry du 28 mars 1882 avait rendu l’instruction obligatoire en France pour tous les enfants, filles et garçons, de six à treize ans. Après le Front populaire, la loi du 9 août 1936, initiée par Jean Zay, prolongera ensuite l’obligation d’aller à l’école jusqu’à quatorze ans. La mesure contribue au développement de l’enseignement secondaire et à la création des collèges, mais les élèves titulaires du certificat d’études primaires pouvaient quitter l’école dès 11 ans.

Débat : Ce que dit la sociologie sur les origines des inégalités scolaires Cet article, co-écrit avec le sociologue Jean‑Pierre Terrail, est publié suite à la Nuit Sciences et Lettres : « Les Origines », organisée le 7 juin 2019 à l’ENS, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez ici quelques informations sur l’événement. Pour désigner l’école française dans son organisation actuelle, l’expression usuelle d’« école unique » paraît tout à fait pertinente : il s’agit d’une institution ouverte à tous, proposant à chaque élève les mêmes programmes, les mêmes possibilités de parcours, et des maîtres formés à l’identique. De tous ces points de vue, l’école unique se présente comme celle de l’égalité des chances. Son dispositif a été mis en place entre 1959, quand le décret Berthoin porte l’obligation scolaire à seize ans, invitant ainsi tous les élèves à prolonger leur parcours au-delà de l’enseignement élémentaire, et 1975, lorsque la réforme Haby institue le collège unique. Capital linguistique

« Les rôles sociaux des enseignants et des élèves ont évolué parallèlement » Cet entretien paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au « Monde », vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien. Qu’est-ce qu’un « bon prof » ou un « bon élève » ? Comment leur représentation a-t-elle changé depuis le XIXe siècle ? Comment les relations entre ces deux figures de l’école ont-elles évolué ? Le diplôme n’efface pas la distance de classe Fils d’ouvrier, Nassim Larfa a usé ses pantalons sur les bancs de collèges et lycées estampillés « zone d’éducation prioritaire ». Aujourd’hui, à 22 ans, il est diplômé de Sciences Po Paris. Sans être exceptionnel, son parcours est suffisamment rare pour être remarqué.

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