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Les bibliothèques sur le pont contre l’illettrisme

Les bibliothèques sur le pont contre l’illettrisme
En France, 7% de la population âgée de 18 à 65 ans est touchée par l’illettrisme. Un chiffre avancé par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. « Il faut en finir avec la vision misérabiliste de l’illettrisme » estime Hugues Lenoir, enseignant-chercheur en Sciences de l’éducation à l’Université Paris Ouest Nanterre. Et d’évoquer ces hommes et femmes qui ont soit mal appris à la lire, soit oublié par manque de pratique. La moitié de ces personnes a un emploi, « preuve qu’ils ont des compétences autres sur lesquelles on peut s’appuyer », précise l’universitaire. Ce dernier raconte aussi leurs stratégies d’évitement pour ne pas se faire repérer « ce sont, par exemple, des personnes qui vont refuser des promotions, car elles savent qu’il faudra faire des restitutions écrites ». «Défrichement avancé» Bienveillance Des interrogations, des doutes qui ont conduit ces professionnels à parler de cette question et à se rassembler en groupe de travail. Autre territoire, autre pratique.

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Accessibilité numérique Marc Maisonneuve est l’un des créateurs de Tosca consultants, cabinet de conseil en système d’information pour les bibliothèques et les centres de documentation. Auteur de plusieurs ouvrages décrivant les logiciels métier pour bibliothèque, il conduit une enquête annuelle sur leur diffusion en France. Depuis 2009, il anime un service de veille sur les mutations des bibliothèques. Il édite le site Combattre l’illettrisme en lecture publique Le plus souvent rapprochés des publics « empêchés » ou « éloignés de la lecture », les hommes et les femmes qui se trouvent en situation d’illettrisme comptent parmi les grands effacés des bibliothèques publiques, non parce qu’ils ne sont pas pris en compte dans les démarches des établissements mais parce qu’ils sont majoritairement associés – en général par raccourci, parfois par recherche de la facilité – à d’autres types de publics en fragilité linguistique (analphabétisme, FLE). Dans les faits, les difficultés spécifiques de ces personnes amènent les professionnels du secteur à entamer une réflexion sur leurs attentes, et à fournir une réponse concrète touchant notamment à l’accueil, à la médiation et à la place du bibliothécaire. « Ah bon, c’est encore un thème d’actualité, l’illettrisme ?

Accueillir des publics empêchés en bibliothèque, mode d'emploi L'accueil des publics empêchés fait partie des missions incontournables des bibliothèques, étant donné leur statut de service public. Mais mettre en place des actions à destination de ces publics peut s'avérer intimidant ou compliqué lorsqu'il s'agit d'une grande première. Voici donc, en quelques points, un mode d'emploi pour bien organiser leur venue ou des actions spécifiques. Médiathèque Françoise Sagan (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Orthophoniste, un rôle clé dans l'adaptation de livres pour les personnes Dys Frédéric Bisson, CC BY 2.0 Les personnes dites Dys (dyslexie, dyspraxie, dysphasie...) peuvent avoir une relation pénible à la lecture. « Difficultés à rentrer dans le décodage, confusions de sons, difficultés d’identification des mots, à plus long terme, elles gardent une lenteur de lecture », indique Monique Touzin, orthophoniste sur Paris. Elle travaille notamment pour le dispositif Paris Santé Réussite qui lutte contre l'illettrisme, les troubles des apprentissages et les inégalités sociales de santé.

Accessibilité en bibliothèque: en 2017, où en est-on? L’accessibilité est un sujet qui fait beaucoup parler de lui : on estime en effet que 18 % de la population française est touchée par un handicap, quel qu’il soit, ce qui correspond à près d’un Français sur 5. Depuis plusieurs années, des mesures législatives ont été prises pour que les bâtiments et services publics soient adaptés aux personnes en situation de handicap, notamment les bibliothèques. Alors, en 2017, quel est le bilan ?

Des livres « faciles à lire » pour combattre l’illettrisme Le présentoir se trouve au centre de la médiathèque de Landerneau. Un meuble en bois clair, avec un pied en métal gris, sur lequel le public peut voir des livres présentés de face, sans classification de genre. Cet espace « Facile à lire » a été installé en 2014. Il s’inspire des easy to read squares (coins « Facile à lire ») des pays scandinaves. Comment lutter contre l’illettrisme et le prévenir «L’illettrisme n’est pas un état, mais une situation dans laquelle se retrouvent des personnes à un moment donné de leur parcours de vies », soulignent le Centre de ressources emploi et formation (Crefor) et l’Agence régionale du livre et de la lecture (ARL) de Haute-Normandie dans leur introduction au guide qu’ils ont co-rédigé : « Prévenir et lutter contre l’illettrisme avec les bibliothèques ». Les personnes concernées ne sont donc pas condamnées à se heurter au quotidien aux difficultés, voire aux obstacles, dues à l’absence de maîtrise de la lecture. A première vue, les bibliothèques, lieux de lecture par excellence, ne sont pas spontanément perçues comme des acteurs en première ligne pour les aider à sortir de cette situation. Elles jouent pourtant un rôle actif salué par les spécialistes de cette question. « Ces interventions revêtent des formes diverses, en fonction notamment du contexte local, et nécessitent l’établissement de liens solides avec les partenaires.

Illectronisme : quelles solutions pour les exclus du numérique ? Le Syndicat de la Presse sociale (SPS) publie un Livre Blanc contre l’illectronisme. Un phénomène qui concerne 23% de la population française. 23% : le chiffre, paru en 2018, est considérable. Près d’un quart des Français, soit 11 millions de personnes, sont « mal à l’aise » avec le numérique. On parle en ce qui les concerne d’« illectronisme », terme utilisé pour la première fois en France en 1999, quand la France comptait 5,5 millions d’internautes. « À travers l’école, en particulier, l’État peut prévenir l’illectronisme, avant qu’il ne devienne un nouvel avatar de l’illettrisme », déclarait Lionel Jospin, alors Premier ministre.

Nouvelle loi sur l'exception handicap : quels défis pour les bibliothèques? Photo d'illustration (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0) En 2006 est créée la loi sur l'exception au droit d'auteur en faveur des personnes handicapées. À cette époque, la loi autorisait les organismes agrémentés (associations, bibliothèques) à créer des contenus adaptés (livres braille, audio, numériques, vidéos en langage des signes, etc.) aux personnes handicapées et à les communiquer gratuitement sans demander l’autorisation ni reverser quoi que ce soit aux ayants droit. La limite était que seules les personnes avec un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80 % pouvaient profiter de cette offre. Cependant, la loi de 2006 a été modifiée par celle du 7 juillet 2016. Le décret de cette nouvelle loi a été signé en février 2017 et elle est entrée en application en mars 2017.

Le gouvernement veut faire reculer l'illettrisme de 20 % d'ici 2023 Définir une stratégie de prévention et de lutte contre l’illettrisme, tel était l'un des objectifs du gouvernement, alors que 2,5 millions de personnes, soit 7 % de la population âgée de 16 à 65 ans scolarisée en France, sont considérées comme illettrées, ne maîtrisant pas les compétences de base en lecture, écriture et calcul. Un rapport remis à la ministre du Travail Muriel Pénicaud recommande de fixer un objectif ambitieux, avec un recul de 20 % de l'illettrisme d'ici 2023. (Tomohiro Tokunaga, CC BY 2.0) Dans un rapport remis à Muriel Pénicaud par Christian Janin et Yves Hinnekint, chargés d'une mission relative à la lutte contre l'illettrisme, un objectif de recul de 20 % de l'illettrisme est fixé d'ici 2023, date de la nouvelle enquête INSEE IVQ. Pour rappel, c'est la dernière enquête INSEE IVQ, réalisée en 2011, qui fixe le nombre de personnes illettrées en France à 2,5 millions d'individus.

Un plan d'action pour faire venir le public en situation d'illettrisme en bibliothèque (davide vizzini, CC BY 2.0) En décembre 2016, l'Association des Bibliothécaires de France se dotait d'un groupe de travail sur les bibliothèques et l'illettrisme, « qui rassemble aujourd'hui 5 à 6 membres », nous explique Jean-Rémi François, directeur de la Bibliothèque départementale des Ardennes. La feuille de route du groupe s'est rapidement concrétisée avec l'organisation d'une journée d'étude sur le sujet, le 6 mars 2017 à Villetaneuse. « C'est la première fois que l'ABF s'empare de la problématique de l'illettrisme, défini par l'ATD (Agir Tous pour la Dignité) Quart Monde il y a 35 ans. Nous avons quelques retours d'expérience d'établissements, notamment à Marseille ou en Bretagne, mais pas de panorama national. Nous voulons travailler sur la culture professionnelle, car les bibliothèques ont un rôle à jouer », explique Jean-Rémi François.

Publics sourds et malentendants en bibliothèque Le 27 mars 2017 à la médiathèque de Vandoeuvre s’est tenue une journée d’étude organisée par l’ABF Lorraine, avec pour thème : les publics sourds et malentendants en bibliothèque. En ouverture de cette journée, Colette Gravier (DRAC région Grand Est) a dressé un rapide bilan des offres culturelles actuelles à destination de ces publics : elles restent pauvres dans la région malgré certaines actions déjà menées. Elle rappelle les aides possibles de la DRAC et du CNL à destination des publics empêchés et en situation de handicap.

HandiBib, des ressources pour des bibliothèques accessibles Deux professionnelles des bibliothèques ont mis en ligne le site HandiBib, pour référencer les animations en bibliothèques destinées à un public en situation de handicap, mais aussi rassembler des ouvrages sur le sujet ou encore lister les différentes associations susceptibles de travailler avec les bibliothèques et médiathèques. Le tout pour les rendre plus accessibles et ouvertes à tous. Des équipements pour des activités accessibles sur le stand de l'éditeur Mes Mains En Or (ActuaLitté, CC BY SA 2.0) Camille et Nayeli, respectivement adjointe territoriale du patrimoine et des bibliothèques et assistante de conservation, se sont retrouvées autour d'un projet de recherche lors de leurs études à l'Université Paris-Descartes. « [N]ous avons eu envie de [le] développer de manière plus professionnelle une fois notre cursus terminé », expliquent les deux cocréatrices de la plateforme HandiBib.

Situations de handicap et bibliothèques, des documents de référence Les documents en gros caractères, une forme d'accessibilité (ActuaLitté, CC BY SA 2.0) Plus d'un an après la remise d'un rapport d’inspection interministériel aux trois ministres concernés, Culture, Affaires sociales et Éducation nationale, le ministère de la Culture propose plusieurs textes et ressources pour permettre aux professionnels de la documentation de mettre en œuvre une politique d'accessibilité. « Dans un contexte de pénurie de l’offre de documents accessibles, et où le numérique (texte ou audio) représente la modalité la plus prometteuse d’accès au livre et à la lecture, l’enjeu principal est d’améliorer la diffusion des œuvres accessibles ou adaptées dans le cadre de l’Exception handicap au droit d’auteur, au bénéfice des personnes empêchées de lire du fait d’un handicap ou d’un trouble (dyslexie, dysphasie, dyspraxie…) », rappelle la rue de Valois.

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