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Retrait[e]

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Théo, la sagesse du radical. Théo est bien coiffé, avec une légère raie de côté, comme je la portais à son âge quand je voulais faire bonne impression aux partiels.

Théo, la sagesse du radical

Théo a dix-huit ans, il est peut-être en première année de fac, je n'en sais rien. Je ne connais de Théo rien d'autre qu'un résumé très monté de son passage sur LCI, que je découvre sur mon réseau social addictif préféré. Mais je l'imagine bon élève, posé, bûcheur aux partiels, raisonnable, raisonnant. « Les critiques à l’égard de l’ancien système de retraite sont biaisées » Tribune.

« Les critiques à l’égard de l’ancien système de retraite sont biaisées »

Lorsque le débat sur la réforme des retraites a été lancé en décembre 2019, l’argument avancé était qu’un « système de retraite universel en points » réduirait fortement les inégalités actuelles qui font que les plus aisés, les hommes, les mono-pensionnés sont aujourd’hui les grands bénéficiaires des règles retenues à ce jour pour calculer le droit à pension de chacun. « Dans le nouveau système proposé, un euro cotisé donne les mêmes droits », est-il martelé dans les médias. Il nous a été expliqué, avec beaucoup d’assurance, que le nouveau système permettrait à chacun d’entre nous de savoir à tout moment combien il pouvait espérer à la lecture de son compte « retraite », sur lequel seraient comptabilisés tous ses points accumulés au cours de sa carrière.

Cela était présenté comme une grande avancée par rapport à la situation actuelle, avec ses quarante-deux régimes et leurs règles de calcul toutes différentes. Or une telle présentation est totalement erronée. Désintox. Rigolons un coup avec l’étude d’impact !! La stratégie de l'individualisme. Dans la bouche des opposants, il est devenu coutumier de comparer cette réforme des retraites avec le CPE.

La stratégie de l'individualisme

Le CPE ? Cette funeste tentative des années Villepin-Chirac pour créer un nouveau contrat de travail - projet qui se solda par un échec complet. Le déshonneur et la défaite, aurait dit un grand homme dans un autre contexte. On comprend bien l'intérêt de cette comparaison pour les manifestants. Elle permet d’assimiler Emmanuel Macron et son gouvernement à l'intransigeance bornée du couple Villepin-Chirac. Elle sert à démontrer que l'actuel président-qui-dénonce-l'immobilisme est lui-même... immobile. Et puis cette comparaison est populaire, aussi, parce qu'elle fournit de l'espoir aux protestataires. Falaise Néanmoins cette analogie historique est inexacte. Bref, à l'époque, Villepin s'était mis dans la position du général en haut de la falaise : reculer un peu, cela revient à tomber.

Deux économistes de poids étrillent l’approche financière et comptable de la réforme. Une “réforme de progrès” dont on exonère certaines catégories pour qu’elles n’aient pas… à en souffrir ? Tribune.

Une “réforme de progrès” dont on exonère certaines catégories pour qu’elles n’aient pas… à en souffrir ?

L’âge pivot pourrait se rapprocher de 67 ans dans la deuxième moitié du siècle. Dans le futur système universel de retraite, quels seraient les effets d’un âge pivot à 65 ans pour les personnes nées à partir de 1975 ?

L’âge pivot pourrait se rapprocher de 67 ans dans la deuxième moitié du siècle

C’est l’une des hypothèses centrales explorées par l’étude d’impact rédigée par le gouvernement et annexée à l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites. Dans une version intermédiaire de ce document, dont des extraits ont été consultés par Le Monde, la conséquence serait implacable : à terme, à compter de la génération 1980, « l’âge moyen de départ [à la retraite] serait plus élevé » que dans le régime actuel, ce qui correspond précisément aux intentions de l’exécutif.

Dans le dispositif qui doit commencer à voir le jour à partir de 2022, les femmes et les hommes pourront, comme aujourd’hui, réclamer le versement de leur pension à 62 ans. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Réforme des retraites : des conséquences très contrastées selon les parcours et les métiers A quel niveau, exactement ? Une étude d'impact truquée, nous publions les chiffres corrigés. [Communiqué] Retraites : une étude d’impact truquée, nous publions les chiffres corrigés Publiée ce jour, l’étude d’impact du gouvernement de près de 1 000 pages tient plus de l’opération de communication que de l’éclairage sincère du débat parlementaire.

Une étude d'impact truquée, nous publions les chiffres corrigés

Les cas-types présentés pour rendre compte de l’impact de la réforme sont délibérément faussés. Par conséquent, l’étude d’impact ne rend pas compte des conséquences du projet de réforme des retraites, ce qui est pourtant l’objectif que la Constitution lui assigne. De plus elle est volontairement trompeuse quant aux résultats de la réforme. Un système de retraite cybernétique. Comment analyser un projet de loi ?

Un système de retraite cybernétique

C’est un exercice qui obéit à des règles d’une simplicité que tout le monde est à même de comprendre et de mettre en œuvre, mais qui est – en même temps – d’une complexité quasi insurmontable pour un être humain normalement constitué. Un projet de loi se présente sous la forme de mesures législatives qui sont propres à la loi envisagée ou, en majorité, viennent s’intégrer au corpus de mesures législatives déjà existantes dans le domaine concerné, ce que l’on nomme « code ». Il y a un code pour les dispositions sur les impôts, sur la « propriété intellectuelle », sur l’éducation, sur les mesures pénales ou civiles, etc. Ici le code principalement modifié est le code de la sécurité sociale. Les mesures faisant partie du projet prennent donc la forme : « [cette loi dispose que] A », ou majoritairement : « [cette loi] modifie l’article B du code de la sécurité sociale en y supprimant, ajoutant, remplaçant ou modifiant les dispositions par A ».

Pourquoi il est si difficile de faire une réforme des retraites simple et juste.