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Comprendre economie

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La vie à pile ou face. Recensé : Frédérique Leichter-Flack, Qui vivra qui mourra. Quand on ne peut pas sauver tout le monde, Albin Michel, 2015, 200 p., 16 €. On connaît la comptine, Il était un petit navire autrement appelée La courte paille : « Au bout de cinq à six semaines, les vivres vinrent, vinrent à manquer. On tira à la courte paille pour savoir qui, qui serait mangé… Le sort tomba sur le plus jeune ».

Aussi étrange que cela paraisse, on continue de la murmurer, de la chanter dans les maisons, au pied du lit de nos enfants, alors qu’elle parle du choix effroyable d’avoir à en tuer un pour permettre aux autres de survivre. On sait également combien l’expérience de pensée élaborée par la psychologie morale contemporaine (le dilemme du tramway fou nous plaçant devant une alternative terrifiante comme dans un piège moral sans issue) est devenue le nouveau cas d’école de la philosophie morale.

Le dilemme du tramway (ou « trolley problem ») Trier, sélectionner, lister pour survivre est-ce moral ? Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs. La théorie des biens communs, ou plus précisément des « communs », suivant le terme anglais commons, qui est plus général et moins focalisée que la traduction française actuellement utilisée, a connu plusieurs périodes : les études historiques, l’analyse du fonctionnement des communs naturels et la construction des communs du numérique.

Elinor Ostrom et l’approche institutionnelle de l’économie politique des communs est essentielle dans ce parcours pour comprendre le renouveau de l’étude des communs et l’apparition de mouvements sociaux qui se revendiquent de la défense ou de la construction des communs. Leçons de l’histoire L’histoire de l’Angleterre et du mouvement des enclosures, qui opposa très violemment les pauvres des campagnes aux propriétaires terriens entre le XIIIe et XVIIe siècle a été la première incarnation des analyses et des mouvements sur les communs. De la tragédie à l’écologie Les communs du numérique Continuer de construire une théorie des communs. La compétitivité est une idée morte. Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies.

Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée. Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique.

Deux courbes explosives Mais c’est précisément au moment où elle semblait près de se réaliser que cette promesse d’accomplissement tourne au cauchemar. Revue ESPRIT. Dans le contexte du conflit entre les taxis parisiens et la compagnie Uber, nous publions en avant-première l'introduction à notre dossier de juillet, intitulé "Le partage, une nouvelle économie? ", qui pose la question de savoir si l'économie collaborative représente une alternative au capitalisme ou simplement la dernière de ses incarnations. Les métamorphoses du capitalisme NOUS VIVONS dans un monde sans utopies, un monde désenchanté où ne survivent que les besoins, les désirs des individus face à l’absurdité des choses ; un monde nihiliste[1].

Sa complexité, sa diversité ne permettent plus de penser une société idéale, de se laisser aller au périlleux confort de l’idéologie. Pourtant, il est des domaines dans lesquels les idéaux persistent, dans lesquels on ne s’interdit pas de penser l’avenir, d’imaginer des transformations radicales. À l’heure où la raison économique est toute-puissante, serait-ce de l’économie même que viendront les alternatives ? Alice Béja. Albert Hirschman : un tempérament autosubversif. L’œuvre iconoclaste d’Albert Hirschman est en partie le résultat d’une vie mouvementée et dont le versant académique débuta assez tardivement [1]. Très tôt il put observer sur le terrain l’apparente omniprésence de la violence dans les transactions humaines, la tendance des sociétés, y compris les plus avancées, à être gangrenées par un inexorable processus de brutalisation. Mais contre tout fatalisme, il choisit de s’intéresser à la capacité intrinsèque d’adaptation des collectivités humaines ; à quelque échelle ou à quelque mesure que ce soit l’action était possible et les discours sur les lois, les régularités, les commandements de l’histoire, de la nature ou de la société devaient être nuancés.

Son œuvre constitua une vaste enquête sur les principes, mais aussi les astuces, pouvant favoriser l’émergence d’un environnement social, politique, économique raisonnable. La question de l’action collective et tournée vers les réformes fut donc au cœur de son propos [2]. Conclusion. Lexique de termes de la complexité. Adam Sith. Adam Smith a étudié les physiocrates (qu'il critiquera). Il appartient aux "Lumières Ecossaises" (Adam Ferguson, Francis Hutcheson). Il a rencontré Voltaire, les encyclopédistes français, Quesnay et Turgot. Il fut surtout lié toute sa vie avec Hume dont il fut l'exécuteur testamentaire. Cette partie a été rédigée par Xavier Dubois Adam Smith est né à Kirkcaldy, en Ecosse, baptisé le 5 juin 1723. Son père était contrôleur des douanes, mort six mois avant la naissance de l'enfant.

Apport conceptuel. 1) La sympathie Dans la Théorie des sentiments moraux, Adam Smith explique que la nature de l'homme se caractérise d'abord par la sympathie qui se définit comme un « principe d'intérêt pour ce qui arrive aux autres », comme la « faculté de partager les passions des autres quelles qu'elles soient ». Un supplément de bonheur ajoute moins que ce qu'un sentiment de malheur nous retire. Cette propension à sympathiser avec la joie est à l'origine du désir d'améliorer sa condition, de l'ambition.

Dette, crise, chômage : qui crée l'argent ? La dette est-elle une institution dangereuse ? Recensé : David Graeber, Dette : 5000 ans d’histoire, Paris, Les liens qui libèrent, 2013, 624 p., 29,90 € (David Graeber, Debt : The First 5000 Years, New York, Melville House, 2011). Compte tenu des crises de la dette qui touchent actuellement le monde occidental, de la crise des subprimes aux crises des finances publiques, il n’est guère surprenant qu’un ouvrage radical et compliqué traitant de l’histoire de la dette finisse sur la liste des bestsellers de l’année. L’auteur, David Graeber, est l’un des principaux intellectuels militant au sein des mouvements Global Justice et Occupy [1] ; il se définit lui-même comme un « anthropologue anarchiste [2] ». Depuis qu’il s’est vu refusé un poste permanent dans des circonstances controversées par l’université de Yale, il est professeur à la London School of Economics.

Ce qui manquera aux économistes Une histoire de la dette et de l’argent durant le dernier millénaire La dette entraîne-t-elle la violence ? Dette et inégalité Bibliographie : Innovation ou partage des richesses : quelle gouvernance économique pour la France ? Jean-Philippe Delsol et Thomas Piketty Corinne Amar © Radio France Le XXIe siècle n’a que treize ans et voilà qu’est sorti aux éditions du Seuil « Le capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty. Une somme qui tire les conclusions de trois cents ans de capitalisme et qui livre quelques conseils pour les décennies, voire les siècles, à venir. Certains qualifieront le livre d’utopique. L’auteur précise : « utopie utile ». En revanche, pour ceux qui aiment les prédictions, passez votre chemin, Thomas Piketty ne se pose pas comme le prophète de l’économie.

Pourtant on serait tenté de dire en lisant ce pavé, qu’à l’heure des experts en tout (économie, politique, société, religion, cuisine équipée) il essaie de s'extraire de la masse des donneurs de conseils, pour atteindre le statut de théoricien de son temps. Thomas Piketty a joué un rôle majeur dans la fondation de l'École d'économie de Paris, il y est aujourd'hui professeur.