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Revenu universel, salaire citoyen, allocation d’existence … il existe de nombreux termes permettant de décrire la socialisation des salaires et des revenus. Le débat pour un revenu pour tous sans condition est souvent associé à plusieurs problématiques : si nous n’avons plus besoin de travailler pour vivre alors qui fera les tâches indispensables à notre société ? Un tel revenu ne remet pas en cause notre société de consommation, ne va-elle pas encourager à aller vers encore plus de production ? Et si c’est pour acheter des produits qui viennent du bout du monde et faire travailler ceux qui ont moins de protection sociale, on y voit un paradoxe. Qui va décider de la somme à distribuer ?
Revenu social, gratuité et monnaie locale : comment passer d'une économie globalisée à une économie locale et solidaire
J’ai déjà eu l’occasion de parler récemment du revenu de base, dans un billet consacré à la rémunération des amateurs , mais je voudrais aborder à nouveau la question en lien avec un autre sujet qui m’importe : le domaine public. A priori, il semble difficile de trouver un rapport entre le revenu de base et le domaine public, au sens de la propriété intellectuelle – à savoir l’ensemble des créations qui ne sont plus ou n’ont jamais été protégées par le droit d’auteur. Revenu de base, revenu de vie, revenu inconditionnel, dividende universel, salaire à vie, etc : ces différentes appellations renvoient (d’après Wikipedia) au concept d’un « revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie « , tout au long de leur existence. La mise en oeuvre d’un tel projet est susceptible d’entraîner des transformations très profondes du système économique, parce qu’il déconnecte le revenu et l’emploi.
Du domaine public comme fondement du revenu de base (et réciproquement ?)
Précarité énergétique : mieux que les tarifs progressifs, le dividende énergie !
Plutôt que des tarifs progressifs dont la mise en place est coûteuse et bancale, une meilleure solution pour faciliter l’accès des ménages modestes à une énergie bon marché tout en incitant aux économies serait la distribution d’un « dividende énergie ». Le prix de l’énergie est sur une pente croissante que l’on peut difficilement empêcher : les réserves fossiles se réduisent – et il faut d’ailleurs en consommer moins pour limiter le réchauffement climatique – ; le coût du nucléaire n’est plus aussi bon marché dès lors que l’on prend en compte les risques propres à cette énergie et le coût de démantèlement des centrales ; et les énergies renouvelables qu’il nous faut développer coûtent plus cher. Or, selon l’INSEE, 3,8 millions de ménages français sont en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire dépensent plus de 10% de leur budget en énergie, soit parce qu’ils ont des revenus trop faibles, soit parce que leur logement est une vraie passoire à chaleur.Revenu garanti pour tous : quand la réalité devance l'utopie - Réduction des inégalités
Je voudrais prendre à revers l'interprétation courante d'un revenu de base inconditionnel comme devant nous délivrer du travail alors qu'il est tout au contraire la condition d'un travail autonome et qu'il doit donc être considéré comme productif . C'est ce qui lui donne un tout autre sens que la seule suppression de la misère, justifiant dés lors un montant supérieur au minimum vital sans que cela puisse être considéré comme une simple dépense mais au contraire une ressource ou un investissement. Cependant, pour que ce point de vue soit effectif, on ne peut faire du revenu garanti une mesure isolée sans les institutions démocratisant l'accès au travail autonome (notamment des coopératives municipales ), non pas un solde de tout compte mais un point de départ, une condition préalable au dépassement du salariat qui n'est en rien une fin du travail dans une civilisation des loisirs si ennuyeuse.

