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L'appropriation de l'espace

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L’expression « appropriation de l’espace » est au fondement de notions centrales en géographie (comme dans les autres disciplines qui prennent en compte l’espace), telles que territoire, patrimoine, espace public, aménagement, s... tout en étant rarement définie et discutée de façon approfondie.

Elle mérite d’autant plus de l’être que c’est une expression à la fois omniprésente et polysémique, passant de l’idéel au matériel et de l’individuel au collectif. (Hypergéo) ‘Peace is a cup of coffee’ : espaces publics dans Le Cap post-apartheid. 1La démocratisation a changé les conditions de possibilité de l’espace public en Afrique du Sud et notamment de l’espace public de la co-présence (Houssay-Holzschuch, 2007, 2010 ; Sabatier 2010).

‘Peace is a cup of coffee’ : espaces publics dans Le Cap post-apartheid

Les années 1990 ont notamment été caractérisées par une croissance de la criminalité, conduisant à un déclin des espaces publics traditionnels (rues, parcs, places) (illustration 1) et à la multiplication des phénomènes de sécurisation résidentielle par la clôture (illustration 2) ou les communautés fermées (illustration 3) (Lemanski et al., 2008 ; Morange et al., 2006). Illustration 1 - SDF, Grand Parade, devant l’ancien hôtel de ville Auteur : Myriam Houssay-Holzschuch, Pâques 2001. Illustration 2 - Epicerie de quartier, Summergreens, juillet 2005. Appropriation (de l'espace) L’expression « appropriation de l’espace » est au fondement de notions centrales en géographie (comme dans les autres disciplines qui prennent en compte l’espace), telles que territoire, patrimoine, espace public, aménagement, s... tout en étant rarement définie et discutée de façon approfondie.

Appropriation (de l'espace)

Elle mérite d’autant plus de l’être que c’est une expression à la fois omniprésente et polysémique, passant de l’idéel au matériel et de l’individuel au collectif. L’application à l’espace de cette filiation marxiste sera surtout le fait d’Henri Lefebvre, avec ses ouvrages sur la vie quotidienne, le rural et l’urbain, et bien entendu « La production de l’espace » (1974) : « D’un espace naturel modifié pour servir les besoins et les possibilités d’un groupe, on peut dire que ce groupe se l’approprie » (Lefebvre, 2000, p. 192). Si l’appropriation conserve son contenu matérialiste, elle est opposée à la « domination » (destructrice) de la nature. Communautés fermées (gated communities) Ce terme dérive littéralement de l’anglo-américain gated communities, et recouvre, non sans une certaine ambiguïté sémantique sur le sens de « communauté », des formes variées d’enclosure résidentielle soumise à des règles contractuelles de gouvernance territoriale privée.

Communautés fermées (gated communities)

On compare souvent les lotissements, immeubles sécurisés et certaines grilles érigées par les municipalités entre quartiers pavillonnaires et logement sociaux en France, aux « gated communities » des Etats-Unis, aux « barrio cerrados » d’Amérique Latine, aux « compounds » et « streets closures » en Afrique du Sud ou au Liban. L’entre soi social, qui justifie la référence à une « communauté » sociale idéalisée, repose sur la forme contractuelle d’adhésion volontaire à un mode de gouvernance territoriale privée : la copropriété horizontale. Espace social. En géographie, et plus encore à l’échelle des sciences humaines et sociales, le syntagme « espace social » est à la fois très important (voire incontournable) et polysémique (voire fuyant).

Espace social

Quand il se réfère ou s’articule à ce qu’on appelle aussi parfois « espace géographique », c’est pour lui conférer un contenu social qui varie selon les usages. Deux distinctions au moins peuvent être dégagées. La première oppose classiquement l’espace social (en général) – ce que l’on peut appeler la dimension spatiale du social – et un espace social (en particulier). Gentrification. La gentrification désigne une forme particulière d’embourgeoisement qui concerne les quartiers populaires et passe par la transformation de l’habitat, voire de l’espace public et des commerces.

Gentrification

Cette notion s’insère dans le champ de la s sociale et implique un changement dans la division sociale de l’espace intra-urbain, qui passe aussi par sa transformation physique. À l’origine, gentrification est un néologisme anglais inventé en 1964 par Ruth Glass, sociologue marxiste, à propos de Londres. Le mot est composé à partir de gentry, terme qui renvoie à la petit noblesse terrienne en Angleterre, mais aussi, plus généralement, à la bonne société, aux gens bien nés, dans un sens péjoratif.

Ce nouveau mot a donc à l’origine un sens critique par rapport au processus qu’il désigne. Peuplement. Le terme de peuplement a une double signification : il désigne la forme prise par la répartition de la population dans un territoire, c’est donc une configuration spatiale ; mais cette configuration résulte de l’action d’occuper un territoire en le peuplant, comme dans l’expression « colonie de peuplement ».

Peuplement

La notion de peuplement, qui interroge les localisations, les concentrations et la plus ou moins grande régularité de l’installation des populations, est caractéristique de l’approche géographique, par opposition à une approche démographique qui se centre davantage sur les caractères de cette population et les processus de son évolution (P. George, 1969). Introduction. 1Au-delà des terrains empiriques ou des thèses défendues dans les différents travaux présentés ici, ce numéro thématique a d’abord pour objectif de défendre cette idée simple que la question de « l’appropriation de l’espace » est incontournable en géographie, a fortiori en géographie sociale.

Introduction

Autrement dit, « l’appropriation de l’espace » non seulement peut mais doit nécessairement se trouver sur le chemin de tout géographe qui interroge ce que l’on appelle généralement les rapports espaces/sociétés, et que nous préférons appeler la dimension spatiale des sociétés (Ripoll, à paraître ; Veschambre, à paraître). De plus, l’entrée par l’appropriation invite à ne jamais perdre de vue les inégalités sociales et rapports force ou de pouvoir qui traversent toute société, et plus encore à les mettre en relation, à les appréhender dans leurs dynamiques. La notion d’appropriation. 1En construisant un dossier thématique autour d’une notion, il paraissait utile d’aller voir comment elle était abordée à travers les dictionnaires récents.

La notion d’appropriation

Sans prétendre à une note de lecture exhaustive sur les ouvrages en question, l’entrée appropriation nous fournit l’occasion d’y effectuer des sondages et d’en évoquer l’esprit et la démarche. 1 Qui est bien un point de vue sur la géographie, le dictionnaire « d’une » géographie comme le préci (...) 2En s’attachant à fixer le vocabulaire de la discipline, le Dictionnaire de la géographie1 a le mérite de nous offrir un outil rigoureux sur lequel nous appuyer pour interroger nos propres usages. 3Dans ce dictionnaire, la notion d’appropriation semble souvent utile aux auteurs, puisqu’elle figure dans le lexique, est présente dans 39 entrées (dont 22 fois en référence à l’espace), apparaissant même dans certaines des entrées majeures : Carte, Cartographie, Espace, Espace public, Découper, Habiter, Territoire, etc. 5Pour J.

S’approprier l’espace… ou contester son appropriation ? Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajoutés aux références par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.Les utilisateurs des institutions abonnées à l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent télécharger les références bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouvé un DOI.

S’approprier l’espace… ou contester son appropriation ?

Le service d'export bibliographique est disponible pour les institutions qui ont souscrit à un des programmes freemium d'OpenEdition.Si vous souhaitez que votre institution souscrive à l'un des programmes freemium d'OpenEdition et bénéficie de ses services, écrivez à : access@openedition.org. Aguiton (C.), 2001. – Le monde nous appartient, Paris, Plon, 251 p. Andréani (T.), Baron (A.), Clair (L.), Le Pors (A.), Rovère (M.), Salesse (Y.), 2002. – L’appropriation sociale, Paris, Syllepse, coll. « Les Notes de la Fondation Copernic », 126 p. Attac, 2000. – Tout sur Attac, Paris, Mille et Une Nuits, coll. « Les petits libres », 127 p.

2005/2 L'appropriation de l'espace : sur la dimension spatiale des inégalités sociales et des rapports de pouvoir. S’approprier l’espace… ou contester son appropriation ? Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajoutés aux références par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.Les utilisateurs des institutions abonnées à l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent télécharger les références bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouvé un DOI.

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Le service d'export bibliographique est disponible pour les institutions qui ont souscrit à un des programmes freemium d'OpenEdition.Si vous souhaitez que votre institution souscrive à l'un des programmes freemium d'OpenEdition et bénéficie de ses services, écrivez à : access@openedition.org. Aguiton (C.), 2001. – Le monde nous appartient, Paris, Plon, 251 p. Andréani (T.), Baron (A.), Clair (L.), Le Pors (A.), Rovère (M.), Salesse (Y.), 2002. – L’appropriation sociale, Paris, Syllepse, coll. « Les Notes de la Fondation Copernic », 126 p. Le recyclage urbain, entre démolition et patrimonialisation : enjeux d’appropriation symbolique de l’espace. 1La question de l’appropriation de l’espace est révélatrice des relations de pouvoir entre groupes sociaux. Nous l’envisagerons dans le cadre de la ville, « création du pouvoir et des lieux de pouvoir » (Burgel, 2001), espace où ces enjeux d’appropriation sont exacerbés.

Manifestation du principe de centralité, la ville est par excellence le théâtre de conflits pour l’appropriation d’espaces rares. 2Sans pour autant l’occulter dans notre réflexion, nous n’envisagerons pas cette question de l’appropriation de l’espace urbain sous l’angle juridique des transferts de propriété, ou sous l’angle économique de la valeur et de ses évolutions. Appropriations de l’espace public dans les ensembles de logements collectifs, forme d’adaptabilité ou contournement de normes ?

1On ne peut réfuter le caractère passionnant et parfois passionné des débats sur les questions d’appropriation et d’usage de l’espace. C’est à travers l’appropriation et l’usage de l’espace que l’homme existe, s’exprime, s’impose, se démarque, se construit et se reproduit. Mais dans toute tranche de vie s’établissent des rapports antagonistes, voire conflictuels entre les pouvoirs politiques et la population. L’appropriation socialement différenciée de l’espace urbain de Maracaibo (Venezuela) 1Ce texte cherche à montrer les liens entre usages et appropriations de l’espace urbain dans le contexte vénézuélien.

La notion d’appropriation est ici envisagée de manière très large depuis la propriété foncière juridiquement et officiellement reconnue jusqu’à l’appropriation illégale par l’invasion de terres urbaines. L’espace-laboratoire retenu est Maracaibo, deuxième ville du Venezuela avec 1,7 million d’habitants en 2001. Une des particularités de cette ville est sa grande taille : elle mesure plus de 25 kilomètres du nord au sud et sa superficie dépasse les 300 km2. Appropriation de l’espace et propriété du sol. 1Dans nos sociétés où richesse et économie se dématérialisent, la propriété du sol demeure un élément clé en terme de ressource et de réussite sociale. Le droit français reconnaît deux dimensions à la propriété immobilière.

Une dimension patrimoniale, qui confère au bien immobilier une valeur susceptible de fonder l’échange marchand entre un vendeur et un acquéreur. Une dimension testimoniale qui garantit le statut du propriétaire par un titre reconnu et institutionnellement validé. 2Doublement légitimée par une valeur d’échange et un document officiel, la propriété du sol semble impliquer une complète appropriation de la part du propriétaire. Penser et faire la géographie sociale - L’appropriation de l’espace : une problématique centrale pour la géographie sociale. 3 Voir les textes de F. Ripoll et V. Veschambre dans ce même volume. 1Nous voulons défendre ici une idée simple, à savoir que la question de « l’appropriation de l’espace » est incontournable en géographie, a fortiori en géographie sociale. Lappropriation-de-lespace-une-problematique-centrale-pour-la-geographie-sociale.