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La caricature, un genre subversif

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La caricature permet de rire de tout, et malgré tout.

Comment dessiner après l’attentat contre “Charlie Hebdo” ? Propos recueillis par Julie Rasplus Mis à jour le , publié le Deux semaines que les survivants de l'attaque contre Charlie Hebdo ont déposé les crayons, le temps de souffler, après avoir réalisé le numéro 1 178.

Comment dessiner après l’attentat contre “Charlie Hebdo” ?

Le prochain est prévu pour février. Daumier. La Révolution de 1789 va multiplier ces images (mille cinq cents gravures satiriques entre 1789 et 1792) et la demande suscitée par l'actualité va être à l'origine d'un appareil de production organisé.

Daumier

Pour les Américains, Charlie Hebdo n’est pas raciste, mais n'est pas irréprochable non plus. Alors qu’en France on s’arrache le dernier numéro du journal satirique au nom de la liberté d’expression, les Etats-Unis tentent de savoir si le journal est si intouchable que ça.

Pour les Américains, Charlie Hebdo n’est pas raciste, mais n'est pas irréprochable non plus

Partout à travers le monde, des gens qui n’avaient jamais lu Charlie Hebdo sont sortis dans la rue pour montrer leur soutien à ses dessinateurs et journalistes et aux valeurs défendues par la France. Mais au milieu de la masse d’unanimité, certaines voix se sont élevées pour accuser le journal d’être allé trop loin. Cette liberté de caricaturer qu'exècre l'islam radical.

Si l'islam s'est progressivement affranchi de l'interdit de représentation, la liberté de dérision reste une barrière inexpugnable entre Occident et islam radical.

Cette liberté de caricaturer qu'exècre l'islam radical

La caricature, le dessin, l’humour, la dérision sont tout ce qu’exècre le militant radical islamiste. Pour lui, les coups de crayon de Charlie Hebdo sont devenus le symbole même de l’attentat contre la religion et un insupportable blasphème. En 2006, la publication de caricatures de Mahomet, reproduites à partir d’un journal danois, avait enflammé le monde musulman. Caricatures: il faut se moquer de la religion. En 2006, le monde était secoué par l'affaire dite des caricatures de Mahomet, publiées par un journal danois et reprises en France par Charlie Hebdo.

Caricatures: il faut se moquer de la religion

Christopher Hitchens, grand défenseur de la laïcité aujourd'hui décédé, réaffirmait la nécessité de ne pas céder aux menaces et de critiquer les religions. Mercredi, des hommes armés ont attaqué les bureaux de Charlie Hebdo, faisant au moins 12 morts. Le magazine était connu pour avoir publié des images du prophète Mahomet, y compris les dessins de 2005 parus pour la première fois dans le quotidien danois Jyllands-Posten, des caricatures qui avaient été à l'origine d'une vague de violence dans le monde entier. En février 2006, Christopher Hitchens, mort en 2011, se saisissait du problème à son inimitable manière.

Nous republions aujourd'hui des extraits de son article. Il débutait par la déclaration du porte-parole du Département d'Etat américain réagissant aux caricatures: Une déclaration contestée par Hitchens: [...] Christopher Hitchens. De l’humour dans les dessins de presse. 1 Signifiant « toute espèce de liquide », le terme français umor, ou par réfection humor (xiie siècl (...) 2 Les caricatures sont obligatoirement déformantes – « à charge » – comme le rappelle l’étymologie d (...) 3 La dimension esthétique est un critère qui ne nous paraît aucunement pertinent quand il est questi (...) 4 Quand celui-ci est présent, ces modes d’actualisation peuvent être divers (in : dialogique, narrat (...) 1Cerner l’humour et sa manifestation dans les dessins de presse – qu’il s’agisse des quotidiens ou des hebdomadaires – est une gageure.

De l’humour dans les dessins de presse

Le terme est largement polysémique, probablement du fait que son origine – l’humeur1 – lui permet un vaste champ d’effets sur les récepteurs. Du drame de Boston à la mort de Thatcher: quand les caricaturistes se déchainent. Signe des temps, reflet d’une époque ?

Du drame de Boston à la mort de Thatcher: quand les caricaturistes se déchainent

Si la caricature et le dessin ont toujours accompagné l’actualité d’une plume trempée dans le curare, les récents évènements survenus à Boston, ainsi que la disparition de Margaret Thatcher, ont déchainé la toile et les médias où une légion de dessinateurs, au trait morbide, se sont multipliés en croquis assassins. Mais c’est la disparition de la Dame de fer qui a le plus inspiré ces fossoyeurs, dont le crayon est allé creuser sa tombe avec acidité.

Florilège. Islamorama et Castorama à la une du "Monde" : pourquoi le dessinateur Plantu s'est planté. Dessin publié par Plantu en une du "Monde", daté du 1er octobre 2013 (Capture d'écran).

Islamorama et Castorama à la une du "Monde" : pourquoi le dessinateur Plantu s'est planté

Le dessinateur Plantu a publié à la une du "Monde" daté du mardi 1er octobre un dessin qui n’est vraiment pas au niveau de cet éditorialiste. Il y fait le parallèle entre deux communautés qui sont "intégristes" à ses yeux : les islamistes qui interdisent à leurs filles de se rendre à l’école et les syndicalistes de la CGT qui s’opposent au travail le dimanche. Sauf que, cette fois-ci, et tant pis si je m’attaque à une icône de la caricature française, Plantu, le militant de la paix au Proche Orient, le dénonciateur de tous les extrémismes en France et de tous les travers de nos politiques, s’est carrément planté. Pour au moins cinq raisons. 1. Hermès n° 29 : "Dérision, contestation" Une de "Charlie Hebdo" sur Hollande : "Pour dédramatiser le sujet"- 14 janvier 2014. Une une (dé)culottée pour couvrir l'affaire Hollande-Gayet.

Une de "Charlie Hebdo" sur Hollande : "Pour dédramatiser le sujet"- 14 janvier 2014

La couverture de "Charlie Hebdo", à paraitre mercredi 15 janvier, est pour le moins osée : on y voit une caricature sur laquelle le chef de l'Etat a sa braguette ouverte, et où son sexe à l'air lâche la célèbre anaphore "moi président... ". Un dessin de Luz qui fait beaucoup jaser cinq jours après les révélations de "Closer" sur la relation présumée entre François Hollande et l'actrice. Plantu : "Le dessin est un moyen de faire émerger les frustrations". Propos recueillis par Hervé Brusini Mis à jour le , publié le Dans le documentaire Caricaturistes, fantassins de la démocratie, on voit de drôles de choses.

Plantu : "Le dessin est un moyen de faire émerger les frustrations"

Certains, tel ce dessinateur russe, font le taxi de nuit pour survivre. D’autres, comme ce caricaturiste danois, ont bien failli y laisser leur peau. Incroyable comme un petit (ou grand) dessin peut attirer les foudres de celui qui ne supporte pas la liberté d’expression. «Une bonne caricature doit secouer le lecteur» interview d’Anette Gehring, directrice du Musée de la caricature de Bâle par Gabriele Ochsenbein (swissinfo.ch) - A lire sur le site Swissinfo.ch En matière de dessins de presse, il n’existe pas de tabous. C’est le credo d’Anette Gehring, directrice du Musée de la caricature de Bâle. Reste que dans le paysage médiatique actuel, la place dévolue à cet outil journalistique à part tend de plus en plus à se réduire comme peau de chagrin. L’outrance peut-elle être une stratégie de communication politique viable.

Les bisbilles fleuries et les dérapages verbaux ont toujours émaillé les débats politiques en France. En revanche, ces dernières semaines ont vu un seuil alarmant être franchi. Vie de Mahomet : interview du dessinateur Charb - Le rire subversif. L’éthique de la caricature. Les caricaturistes, sorte de fous du roi des temps modernes, ont une latitude beaucoup plus grande que les autres éditorialistes. Leur médium – le dessin – leur confère un statut à part, doublé d’une liberté unique; mais peuvent-ils pour autant rire de tout?

Caricature d'André-Philippe Côté, Le Solei, 18 mai 2012 Comme le disait le caricaturiste du journal Le Monde, Jean Plantureux dit Plantu, si on veut connaître le degré de liberté d’expression d’un pays, on ne doit pas parler au premier ministre, mais aux dessinateurs de presse. « On a une liberté particulière, estime André-Philippe Côté, caricaturiste au journal Le Soleil. Je ne suis pas tenu à rapporter des faits, je peux inventer, ce que mes collègues de l’éditorial ne peuvent pas faire. Charlie caricature Mahomet: "provocation" ou "liberté d'expression"? Caricatures de Mahomet: Les dessinateurs de presse romands sont partagés. Caricatures de Mahomet De Burki à Ben en passant par Mix & Remix ou encore Barrigue, les avis des dessinateurs sont très contrastés sur la pertinence des dessins de Charlie Hebdo caricaturant Mahomet.

La Une controversée du journal satirique. Image: AFP Articles en relation. Charlie Hebdo et ses caricatures : « Il y a trente ans, c’était les cathos intégristes... » - Rue89 - L'Obs. La une de Charlie Hebdo du 19 septembre 2012 Après la publication de nouvelles caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo, Guillaume Doizy, spécialiste de l’histoire des caricatures, revient sur la tradition française de satire des religions. Rue89 : Existait-il une tradition de caricaturer les musulmans en France avant la reproduction par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet publiées dans un journal danois en 2005 ?

Guillaume Doizy : Non, pas vraiment. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, il y a bien quelques caricaturistes qui dessinent Mahomet, du fait des tensions et des guerres avec la Turquie. "Charlie Hebdo" caricature Mahomet : pas du courage, mais du pur opportunisme. Bien sûr qu’il faut soutenir Charlie Hebdo! Caricaturer Mahomet, une exigence laïque ! - Depuis ses origines, la caricature politique vise aussi bien des puissants que des faibles. Caricatures de Mahomet à Mahomet. Dans un article précédent, écrit avant la sortie des caricatures de Charlie Hebdo, nous évoquions les arguments dont se réclament les censeurs. Notamment que les images - film ou dessin- ont le singulier pouvoir de causer une douleur inadmissible à celui qu'elles blessent dans ses croyances et de produire de la haine (donc des comportements répréhensibles) chez celui qui ne les partage pas.

Il est permis de soupçonner des motivations publicitaires ou mercantiles chez Charlie Hebdo, comme il est permis de soupçonner les auteurs du film sur Mahomet d'avoir les pires des intentions.