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Politiques, Territoires et bibliothèques

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Les bibliothèques au risque des politiques publiques. Aux élus avec qui j’ai travaillé sur le plan professionnel ou associatif, avec ma gratitude complice.

Les bibliothèques au risque des politiques publiques

Il faut savoir se laisser bousculer par l’histoire. J’étais en train de préparer la rédaction du présent article, un mois et demi après les événements tragiques des 7, 8 et 9 janvier 2015, quand je me suis rendu compte que j’écrivais comme si de rien n’était, travaillant sur une problématique déjà élaborée et prêt à dérouler imperturbablement le fil de mon raisonnement. Or ces trois tueries et les innombrables répercussions qu’elles ont eues dans le pays, dans la rue et ailleurs, dans l’intimité des consciences et le fracas du débat public, dans les analyses et les comportements, ont jeté une lumière crue sur deux questions essentielles : qu’est-ce que la liberté d’expression ? Où en sommes-nous du vivre ensemble ? Deux questions éminemment politiques. Enquête auprès des bibliothécaires et des décideurs. Plan livre au Québec : "geste important envers la lecture, le livre"

Ce 24 avril, la ministre de la Culture du Québec a dévoilé son Plan d'action sur le livre.

Plan livre au Québec : "geste important envers la lecture, le livre"

Une enveloppe de 12,7 millions $ CA pour apporter un soutien à l'ensemble de l'industrie. L'interprofession est concernée, mais, chose intéressante, les lecteurs ne sont pas occultés. Hélène David Crédit Twitter L'association des éditeurs (ANEL) n'a pas encore réagi officiellement aux annonces de la ministre. En revanche, l'Association des libraires (ALQ) s'est empressée de saluer le projet d'Hélène David. Que ce soit par la promotion et l'animation des librairies, ou encore dans le soutien aux bibliothèques publiques pour l'achat de livres, à travers des établissements agréés, l'ensemble est complet.

L'ALQ avait interpellé la ministre dans une lettre ouverte, quelques jours avant la conférence qui s'est déroulée à Sherbrooke. On apprécie d'autant mieux les investissements qu'opère le gouvernement, « dans un contexte de compressions budgétaires généralisées ». Library News Round-up: 4 May 2015.

Collectivités territoriales

« On érige entre "eux" et "nous" le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum. Que vous inspire le retour en force des thèmes de la « ségrégation » et de la « mixité sociale » dans la bouche des responsables politiques, après les attentats de janvier 2015 ?

« On érige entre "eux" et "nous" le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum

La résurgence de la question de la ségrégation urbaine, immédiatement après une vague d’attentats, oriente vers une réponse territoriale à la question du terrorisme. Or celui-ci est structuré à l’échelle planétaire et fonctionne selon une logique de réseaux, sans inscription territoriale évidente hormis cet espace très particulier qu’est l’univers carcéral. Croire en un déterminisme spatial du terrorisme n’a pas grand sens : si les conditions de vie urbaine ou la composition sociologique d’un quartier devaient prédisposer à de tels actes, alors les terroristes seraient infiniment plus nombreux !

La volonté de « casser les ghettos » ou encore d’« en finir avec les banlieues » est-elle à nouveau à l’ordre du jour du gouvernement avec ces récents événements ? Attention aux biais statistiques ! Mohammed Mechmache rappelle aux députés les conditions de l'engagement citoyen. Plus de trente ans après la « marche pour l’égalité et contre le racisme », et près de dix ans après les émeutes de l’automne 2005, le responsable associatif Mohammed Mechmache a profité d’être invité à l’Assemblée nationale le 19 février dernier pour pousser un cri d’alerte en direction des responsables politiques.

Mohammed Mechmache rappelle aux députés les conditions de l'engagement citoyen

Il est urgent de traiter enfin les problèmes de fond, à travers une politique globale. Se contenter d’annoncer des mesures spécifiques sur l’éducation, la laïcité ou la citoyenneté pour une petite partie de la population des quartiers populaires risque de leur donner une nouvelle l’impression que la République les oublie. « Nous avons stigmatisés les enfants qui ne respectaient pas la minute de silence après les attentats de janvier 2015.

Il aurait également été intéressant de chercher à comprendre les processus qui ont permis qu’une partie des enfants de notre République en soient arrivés là. Avant de lancer : « nous vous tendons la main.