
Dexia
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La Commission européenne a mis un point final, vendredi 28 décembre, à la saga de ce qu'elle a appelé "la plus grande bad bank européenne" . Dexia, avec ses 300 milliards d'euros d'actifs initiaux et sa situation menaçante pour l'ensemble du système financier, pourra donc bénéficier des aides d'Etat que lui ont octroyées la France, la Belgique et le Luxembourg pour assurer sa "résolution ordonnée" , à savoir son sauvetage et... son démantèlement. Le plan, qui a été approuvé par la Bruxelles, sur proposition du commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia , autorise également la restructuration de Dexia Banque Belgique, devenue le bancassureur Belfius et la cession de Dexia Municipal Agency (DMA), qui fera partie de la nouvelle banque française de développement, chargée de prêter de l'argent au secteur public local et de remédier aux défaillances du marché dans ce secteur.
Bruxelles valide le démantèlement de la banque franco-belge Dexia
La Belgique et la France renflouent à nouveau Dexia après de lourdes pertes
La restructuration de Dexia coûte cher. A tel point que les gouvernements de la France et de la Belgique ont décidé d'apporter respectivement 2,9 milliards d'euros et 2,6 milliards à l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales, sous la forme d'actions de préférence. Avec le Luxembourg, les deux Etats ont dans le même temps convenu de ramener à 85 milliards d'euros les garanties publiques dont bénéficient Dexia pour ses besoins de financement, contre 90 milliards précédemment. "La clé de répartition (des garanties, NDLR) entre les Etats a été modifiée comme suit: 51,41% pour la Belgique, 45,59% pour la France et 3% pour le Luxembourg", précise Dexia. La contribution de la Belgique, auparavant de 60,5%, s'en trouve ainsi réduite. Celle de la France était jusqu'ici de 36,5%.L'affaire" Dexia n'aura pas attendu la passation de pouvoir prévue le 15 mai pour s' imposer parmi les priorités du nouveau président, François Hollande . Mardi 8 mai, le secrétaire général de l'Elysée, Xavier Musca, a fait le point sur l'épineux dossier avec Pierre Moscovici, chargé de la transition dans l'équipe de M. Hollande. Coactionnaires de la banque en cours de démantèlement, la France et la Belgique croisent le fer sur l' avenir du groupe, sa gestion, et leurs obligations financières respectives face au risque de faillite, toujours bien réel, de Dexia. L'enjeu pour la zone euro est fort.
La Belgique profite de l'alternance en France pour relancer le dossier Dexia
Enquête approfondie de Bruxelles sur la vente de Dexia au Luxembourg
Le gouvernement a peur : Dexia est un nouveau Crédit Lyonnais. Une nouvelle faillite bancaire, mais en pire : à l’époque, en 1993, la perte s’élevait à 130 milliards de francs, cette fois le chiffre est du même ordre, mais en euros ! Les enseignements du Crédit Lyonnais n’ont servi à rien . Le modeste mais rentable Crédit Local de France s’est lancé, à partir des années 90, dans une folle expansion (rachat de son équivalent en Belgique, puis en Italie).
Dexia, un nouveau Crédit Lyonnais en pire !
Dexia menacée de dégradation par Moody's
L'agence de notation financière Moody's a annoncé lundi qu'elle envisageait d'abaisser la note de la banque franco-belge en raison de ses craintes grandissantes sur la liquidité de l'établissement, confronté à une dégradation des conditions de marché. Dexia est actuellement noté "A3" pour sa dette long terme et "Prime-1" pour sa dette court terme, rappelle Moody's dans un communiqué. "Cette décision est due à une dégradation continue de positions de liquidités du fait de la détérioration des conditions de financement sur les marchés", explique Moody's. L'agence insiste sur la question du financement et fait part de ses inquiétudes persistantes quant à la dépendance de l'établissement vis-à-vis des financements à court terme, ce qui l'expose de plus en plus à une crise de liquidité en cas de détérioration profonde des conditions de marché.La Belgique a nationalisé Dexia Banque et endossé le reste du groupe
Le Premier ministre et le ministre des Finances ont officialisé vers 3h30 ce lundi la nationalisation à 100% de Dexia Banque Belgique. "Les clients et les épargnants peuvent donc être sûrs à 200% que leur argent est en sécurité", ont-ils souligné lors d'une conférence de presse. "Nous sommes contents d'avoir réussi à libérer Dexia Banque Belgique de toute charge et de tout risque qui pourrait provenir de l'environnement au sein de la holding Dexia SA", a affirmé Yves Leterme, considérant que cette mesure allait "sécuriser" la banque de détail présente sur le sol belge. Les ministres ont ensuite précisé que le principal objectif restait les clients et les épargnants de Dexia, mais qu'avec "cette solution, le personnel de Dexia est également sauvé". Yves Leterme a par ailleurs indiqué que le gouvernement portera "une attention particulière pour les actionnaires" de Dexia.Le régulateur français avait alerté Dexia dès août 2010 | Économie
Les transactions sur Dexia ont été suspendues avant l'ouverture de la Bourse jeudi, dans l'attente d'un communiqué de Dexia, ont annoncé les autorités boursières belges. Il n’était plus possible d’acheter ou de vendre des titres Dexia jeudi matin à la bourse de Bruxelles. Le gendarme de la bourse belge avait en effet décidé en concertation avec Dexia de suspendre le titre de la banque. La raison : Dexia n’était pas en accord avec les chiffres publiés dans la nuit de mercredi à jeudi par l’autorité bancaire européenne (EBA) indiquant ses besoins en capital. De plus, au vu des volumes importants échangés jeudi et de la faible part de capital flottant de Dexia (30%) qui la rend très volatile en bourse, la décision d’une suspension s’imposait.
Dexia a besoin de 1,7 milliard d'euros pour se recapitaliser
Questions autour du démantèlement de Dexia
Le groupe UMP, qui détient la majorité absolue à l'Assemblée, et le groupe du Nouveau Centre (NC) ont voté ce projet de loi de finances rectificative ("collectif") pour 2011, examiné en procédure accélérée, que le Sénat examinera à son tour mercredi soir. L'opposition de gauche a voté contre. "Nous votons contre parce que ce qu'on nous présente est complètement flou. Le ministre ne nous a pas convaincu", a dit Christian Eckert (PS). La gauche étant désormais majoritaire à la haute assemblée, le texte pourrait être rejeté mercredi.
L'Assemblée vote les 33 milliards de garanties de l'Etat français à Dexia
Le sauvetage de Dexia a échoué . La banque franco-belge, rattrapée par la crise trois ans après avoir échappé de peu à la faillite, semble aller tout droit vers un démantèlement qui ferait d'elle le premier établissement européen victime de la crise de la dette. A l'issue d'un conseil d'administration marathon de six heures réuni à Bruxelles, la banque a laissé présager un nouveau virage stratégique en ouvrant la voie, dans un communiqué sybillin, à de nouvelles cessions et alliances pour résoudre ses "problèmes structurels".

