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L'esprit face à la mort/la violence

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In Unit Stalked by Suicide, Veterans Try to Save One Another. Pourquoi les soldats mutilent-ils les corps de leurs adversaires? Jeremy Morlock, un des soldats accusés du meurtre de trois civils afghans, a été condamné mercredi 23 mars à 24 ans de prison après avoir plaidé coupable.

Pourquoi les soldats mutilent-ils les corps de leurs adversaires?

Il devient le premier des cinq soldats jugés par un tribunal militaire à être condamné, quelques jours après la publication par le journal allemand Der Spiegel de photos des accusés posant avec une de leurs victimes. Cet article revient sur la longue histoire des mutilations en temps de guerre et les raisons qui poussent les soldats à commettre de tels actes. publicité Der Spiegel a publié dans son édition parue lundi 21 mars des photos de deux soldats américains en Afghanistan posant avec le corps d’un civil afghan qu’ils sont suspectés d’avoir tué.

Attention, les clichés peuvent choquer: De tels actes peuvent paraître difficiles à croire venant de soldats d'une armée moderne et encadrée, mais ils ne sont pas l’apanage des soldats américains, et n'ont rien de nouveau. L’anthropologue Lawrence Keeley écrit ainsi: Actes culturels. Pourquoi les témoins d'agression n'interviennent-ils pas (toujours)? La peur du risque n'explique pas tout.

Pourquoi les témoins d'agression n'interviennent-ils pas (toujours)?

Mardi 22 avril, une jeune femme a été agressée dans le métro de Lille. Poursuivie jusqu'à l'extérieur, personne n'est venu l'aider pendant les trente premières minutes. Sur RTL, elle raconte s’être «mise près d'un homme» qui «n'a rien voulu savoir, il ne m'a pas aidée». Pire, «les gens sont partis dans l'autre rame tout au fond. Ils m'ont laissée toute seule et ils me regardaient me faire agresser. La peur du risque En décembre 2013, deux étudiants américains ont mené l'expérience. La peur du risque constitue évidemment le premier frein à l'intervention. Un processus de déresponsabilisation L'espace public joue un rôle à part entière dans le comportement de chacun.

Le groupe a donc aussi sa part d'importance: il inhibe. Pourtant certains interviennent. Voilà ce que ça fait, d'assister à 278 exécutions de condamnés à mort. Michelle Lyons est une citoyenne américaine qui travaille aujourd'hui dans les relations publiques, mais qui a passé une bonne partie de sa vie en lien avec le système judiciaire de l'Etat du Texas.

Voilà ce que ça fait, d'assister à 278 exécutions de condamnés à mort

En tant que reporter, puis en tant que porte-parole du Département de la justice criminelle de l'Etat - qui détient le record du nombre d'exécutions. Elle a assisté à la mort par injection létale de 278 personnes, dont deux femmes. Et elle a raconté au journal local, le Texas Monthly, ce que ça fait de voir autant de gens mourir. Elle ne s'en remet pas. Mais elle est toujours pour la peine de mort. Comment apprend-on à tuer? Vous avez peut-être vu American Sniper, le nouveau film de Clint Eastwood dans lequel Bradley Cooper joue un soldat américain, celui qui sait le mieux, en Irak, sur le terrain, mettre en joue et tuer, prendre en quelques secondes quelques vies.

Comment apprend-on à tuer?

Bientôt sortira un autre film –plus subtil– sur un autre sniper, qui ne tue pas sur le terrain mais depuis une cabine de commande éloignée: Good Kill, d'Andrew Niccol, avec Ethan Hawke. Ces deux films, pour un simple spectateur qui n'a jamais tué personne, interrogent. Qu'est-ce qui fait que l'on est capable, dans des sociétés dans lesquelles la mort a été mise depuis bien longtemps à distance, sortie des maisons, sortie du quotidien, mais encore tabou, le cinquième commandement, interdit absolu, qu'est-ce qui fait que l'on est capable de tuer? Dans un article du New York Times, «Comment nous avons appris à tuer», un capitaine Marine et étudiant à la New York University qui a servi en Irak et en Afghanistan, l'explique.

Zabriskie précisait: Ferguson: la mort de Michael Brown racontée par le policier qui l'a tué, Darren Wilson (en français) Le grand jury chargé de l'affaire a décidé de ne pas renvoyer devant un tribunal le policier blanc qui a tué Michael Brown, un jeune noir de 18 ans, dans cette banlieue du Missouri cet été.

Ferguson: la mort de Michael Brown racontée par le policier qui l'a tué, Darren Wilson (en français)

Darren Wilson a raconté sa version des faits aux jurés. Nous en avons traduit la retranscription. Ferguson attendait depuis trois mois que le grand jury se prononce sur la tenue ou non d'un procès, la décision est tombée le 24 novembre: Darren Wilson, le policier responsable de la mort de Michael Brown, le 9 août 2014, ne sera pas poursuivi. Pour se décider, les jurés ont assisté entre autres à la déposition de Darren Wilson -fait relativement rare à ce stade de la procédure judiciaire (pour voir toutes les pièces du dossier, c'est ici). Ce texte est disponible en anglais ici, nous avons traduit en français toute la partie du témoignage de Darren Wilson sur sa version du 9 août, avec les questions du ministère public.

QUESTION — D’accord.