Débat politique et blog catho
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Il y a de cela quelques années, lors d’un oral d’histoire du droit de la famille, j’avais imprudemment parlé de civilisation chrétienne. Que n’avais-je pas dit là ! Le professeur, aimable par ailleurs et plutôt bien disposé à l’égard du christianisme, m’a interrompu pour me faire remarquer qu’il n’y avait pas de civilisation chrétienne.
Les propos de Claude Guéant, affirmant que « toutes les civilisations ne se valent pas », ont provoqué l’une de ces polémiques qui donnent à nos campagnes électorales leur charme vénéneux. Pour le ministre de l’Intérieur, notre culture est de « celles qui défendent l’humanité », forcément plus avancées que « celles qui la nient ». Qui ne voudrait être avec lui du bon côté, celui où rayonnent « la liberté, l’égalité et la fraternité » ? Comment ne pas nous sentir supérieurs aux civilisations « qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique » ? Pourquoi, en un mot, s’offusquer de telles banalités ? La vision de Claude Guéant correspond à celle que notre classe politique républicaine a le plus constamment défendu – et la gauche au premier chef, la gauche de Léon Blum, avant qu’elle ne devienne, disons depuis les années « Touche pas à mon pote », foncièrement multiculturaliste.
Interrogé dimanche matin sur RTL au sujet de sa déclaration de samedi sur les civilisations, Claude Guéant a affirmé qu'il ne la «regrett[ait] pas». Il a par ailleurs accusé la gauche d'avoir extrait cette phrase de son contexte. «Je ne la regrette pas mais je regrette que certains à gauche continuent à extraire des petites phrases de leur contexte et enlèvent ainsi la dignité du débat démocratique»
Fallait-il pour les uns quitter la séance, faut-il pour les autres présenter des excuses ? Le mieux est de vous faire une opinion par vous-même, grâce aux vaillants sténographes de l’Assemblée Nationale, qui nous ont restitué l’intégralité de la question orale du député apparenté PS de Martinique à Claude Guéant : « Nous savions que pour M. Guéant la distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu’il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique.
Je termine Des hommes de l’ombre , je songe à Guéant. Pour la politique sécuritaire ? Oui. Aussi, parce que lui, son coup, il l’a fait à la lumière. Ce qui n’exclut évidemment pas qu’il ait été pensé dans l’ombre. Et puis, en milieu de semaine, le Guéant ne doit pas être mécontent de son effet.
Il y a des choses importantes dans la vie. Il y en a de plus importantes que d’autres. Un récent sondage donne quelques indices sur l’ordre des priorités de Français en cette fin d’année 2011. Les journalistes ont toutefois souvent présenté les choses sous un jour contestable.
Ce n’est pas une question, c’est une affirmation voire une réponse. La formule se trouve en sous-titre d’un article de William Cavanaugh déjà cité ( ici en particulier) : Mourir pour la compagnie des téléphones (reproduction dans Migrations du sacré : éd. de L’Homme Nouveau 2010). J’y reviens à l’occasion d’un billet de Charles Vaugirard intitulé Etat : je t’aime et pour saluer en passant le lancement du blog du mouvement des chrétiens indignés . A bien des égards, je suis assez proche des idées des uns et des autres à une réserve près mais de taille pour ce qui est du billet de Charles : le rôle de l’État ( étant précisé que les indignés chrétiens n’ont pas de “doctrine” sur le sujet, c’est entendu ).
13 points, décevants à la lecture rapide. Pas d’invention de solution miracle, pas de tapage, pas LA politique incarnée par LE parti, mais des aspects essentiels de la vision de l’homme, de la société par l’Evangile et par la foi. (Europe, laïcité, environnement, jeunesse, éducation, vie naissante, handicap, économie et justice, patrimoine, etc. ). Mais à bien y regarder, certaines options pourtant défendues aujourd’hui en politique se révèlent inéligibles pour des chrétiens [ 3 ] .
Entretien réalisé par la Fraternité des chrétiens indignés le 23 février 2012, avec Gaël Giraud, jésuite français et économiste spécialisé en économie mathématique, membre du CERAS et collaborateur de la revue Projet .
Cher frère, Comme tu le sais, la « lettre à mon frère » est à la mode. Bon nombre de bloggeurs se sont livrés à cet exercice, et après moultes hésitations j’ai décidé d’en écrire une. Une lettre à toi, cher frère dans l’Eglise qui défend le libéralisme économique avec autant d’énergie que tu défends « Notre-Seigneur-Jésus-Christ », « Notre-Saint-Père-le-Pape-Benoît-XVI » ou « La-Vie-à-naître ». Tu n’es pas un « tiède », loin s’en faut, et je suis le premier à t’en féliciter. J’admire même ton courage avec tes prises de position à rebours d’une société qui ne demande qu’à mieux connaître le Christ.
Il est de bon ton, depuis quelques semaines, d’afficher bien haut son antilibéralisme, qui a pris dans notre siècle la place qu’occupaient autrefois les bonnes mœurs, celle d’une vertu dont on se drape ou qu’on porte en étendard, convaincu de sa bienséance. Le billet de Charles Vaugirard en est un exemple frappant, ponctué d’une condescendance que peine à cacher sa belle plume. Patrice de Plunkett , lui, se voit déjà en Hessel catho, la résistance en moins. A eux deux, et quelques copains, ils se disent « chrétiens indignés ». Indépendamment de mon positionnement idéologique, toute attitude qui consiste à se faire une respectabilité à peu de frais et à prôner un moralisme à deux balles me met en rogne. Car ces deux attitudes sont également pathétiques.
Pendant trois semaines, j'ai décroché : plus d'internet, et des communications téléphoniques tellement chères que j'ai laissé mon i phone tranquille. Oui, j'étais en Afrique, et pas n'importe laquelle : à 120 km de Kinshasa, dans un séminaire sans eau courante ni électricité (ou si peu). Trois semaines en RDC (ex-Zaïre) en plein pendant la présidentielle, ça vaut son pesant d'arachide. Et ça passionne tout le monde, prêtres et séminaristes : vous comprenez, M. l'abbé, chez nous il n'y a pas la démocratie, on ne peut pas dire ce qu'on pense vraiment du président. En plus, la France... Alors, le soir des résultats du premier tour, tout le monde est devant la télé, et on découvre avec surprise que Sarkozy n'est pas passé du premier coup.
C’est la crise… Je dis ça au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte. Et du coup, certains chrétiens remettent les modèles en question. Ce mercredi, sur internet, un « manifeste des chrétiens indignés » à vu le jour ! Onretrouve le texte sur le blog de Charles Vaugirard , et sur celui de Patrice de Plunkett , dont ces indignés se réclament. Ou plus exactent, c’est des idées de Patrice de Plunkett concernant « le système économique néo-libéral qui régit économies et sociétés depuis près de trente ans » qu’ils s’inspirent.
L’engagement politique des catholiques est un devoir et non seulement un droit. C’est d’ailleurs une des formes d’engagement propre aux laïcs dans la mesure où les prêtres, religieuses et religieux ne peuvent pas, canoniquement, avoir de fonctions politiques. Jean-Paul II l’a affirmé sans ambiguïté dans sa grande exhortation apostolique Christifideles laici : les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun ( Christifideles laici, n° 42 ). Joseph Ratzinger l’a confirmé dans la Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique :
J’ai hésité. Beaucoup. J’ai hésité d’abord à intituler ce billet la droite, la gauche et le péché originel mais le titre était déjà pris. J’ai hésité surtout à voter pour la primaire à gauche. Je suis même allé jusque devant la porte et puis là je me suis rappelé cette terrible condition payer un euro déclarer souscrire aux valeurs de la gauche. Franchement, ce n’est pas que je ne veux pas.