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"Et les différences biologiques alors ?"

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Mon cerveau a t il un sexe? Catherine Vidal – Le cerveau a-t-il un sexe. Souleymane Coulibaly, alias Soro Solo, est un journaliste culturel originaire de Côte-d’Ivoire. Découvreur de talents, il a accompagné l’ouverture de l’Europe aux musiques africaines. Il a collaboré aux magazines de RFI pour lesquels il fait des reportages, ainsi qu’à plusieurs émissions sur France Inter, dont L’Afrique Enchantée qui, après trois saisons estivales, est désormais programmée à l’année. Soro Solo était, jusqu’aux événements tragiques de 2002, le plus fameux des journalistes culturels de Côte-d’Ivoire. Avec plus de 20 heures d’antenne hebdomadaire et une voix reconnaissable entre mille, il reçoit deux fois le prix du meilleur journaliste du pays (Prix Ebony – 1993, 1994).

Son émission Le Grognon, lancée en 1989, lui vaut une grande popularité car il y évoque les dérapages des services publics ivoiriens à partir de témoignages sur les petits arrangements avec l’administration. Des membres de sa famille sont assassinés. Depuis, Soro Solo a collaboré à de nombreux magazines sur RFI. Hommes-femmes : pour Vidal, aucune différence dans le cerveau n’est innée.

Une personne s’apprête à manger un cerveau rose, puis bleu Photo : Tristen West/Flickr/CC. Montage : Leonardo da Cerdan. Les hommes et les femmes ont-ils le même cerveau ? L’interview que nous avons publiée de Susan Pinker, le 10 juin, a fait débat aussi bien parmi vous, riverains, que dans la rédaction de Rue89. Psychologue et chroniqueuse – au quotidien canadien The Globe and Mail –, Pinker évoque notamment des différences entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes. « Des différences subtiles dans l’architecture neuronale et la connectivité cérébrale. » Catherine Vidal, neurobiologiste et auteure de « Hommes, femmes : avons-nous le même cerveau ? Rue89 : Qu’avez-vous pensé des propos de Susan Pinker dans l’interview publiée sur Rue89 sur les différences hommes-femmes ?

Catherine Vidal (DR) Catherine Vidal : Susan Pinker fait référence à des travaux en IRM qui s’intéressent au fonctionnement du cerveau, chez les hommes et chez les femmes. Il y a un très bel exemple. Le connectome et la circulation circulaire des stéréotypes de genre. A en croire maints commentateurs de l’actualité de décembre 2013, des chercheurs auraient démontré l’existence d’une différence frappante entre les « connectomes » cérébraux des femmes et ceux des hommes, et celle-ci serait à l’origine d’une forme de complémentarité de leurs aptitudes et comportements. L’étude en question était pourtant très (très) loin d’autoriser les conclusions annoncées. Ce nouveau cas de validation imaginaire du bienfondé de certains stéréotypes de genre est exemplaire.

Comme souvent, cette construction d’une fausse information a été sous-tendue par un tropisme hétérosexiste, favorisée par le manque d’éthique des producteurs de l’article scientifique, et permise par le dysfonctionnement structurel des médias en matière de sciences. Les journalistes accrédités ont été informés le 27 novembre 2013, résumé à leur intention et texte intégral à l’appui, de l’article à paraître dans la revue scientifique éditée par l’Académie des sciences des Etats-Unis [1]. Pas si vite…

Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? #lefilm | Penser/Classer. Alors si ce n’est pas la sélection sexuelle, il reste la sélection naturelle. Les grands seraient-ils meilleurs à la chasse, ont-ils rapporté les meilleurs mammouths à la grotte, les plus gros poissons et les meilleurs fruits des arbres ? Et comme les femmes se penchaient pour cueillir les fruits, elles auraient eu plus intérêt à être petites ? Sauf qu’on sait (grâce à l’anthropologie) que la galanterie est un gadget assez récent et peu généralisable, les femmes ne sont pas cantonnées aux tâches légères/simples, qu’elles sont chargées de tâches très difficiles et demandant de la force physique, dans plein de cultures et régions du monde, et que cela en a probablement toujours été ainsi.

Le film montre plein de femmes qui portent des charges hallucinantes et font des boulots durs. Il y a de bonnes raisons de penser qu’« il vaut mieux » être grande, pour une femme, si on veut avoir des enfants. Bon alors c’est quoi la réponse ? Ma conclusion : enthousiaste ! La recherche au cinéma. Les femmes sont-elles moins fortes que les hommes? Il existe des groupes d'auto-défense qui, au cours de stages réservés aux femmes, parviennent à convaincre celles-ci qu'il leur est tout à fait possible de couper en deux une épaisse planche de bois à l'aide du tranchant de la main. Le stage s'achève sur cette épreuve.

Cela pourrait faire rire, et pourtant: quand les participantes qui viennent ici réparer leurs plaies ou simplement prendre confiance en elles se trouvent face au rectangle de pin brut, elles respirent un bon coup, elles frappent et la planche tombe, coupée en deux, sous leur propre regard médusé. «Je n'aurais jamais cru que je pouvais faire ça». Et pour cause. «Le problème, soulève Claire Greslé-Favier, docteure en études américaines et spécialiste des questions de genre et de sexualité, c'est que la force physique supérieure des hommes est souvent utilisée comme argument massue quand on parle de différence homme/femme». Bien sûr, il y a des femmes qui sont moins fortes que les hommes.

On pourrait parler de ségrégation. «Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48» Berlin, 19 août 2009, Championnats du monde, finale du 800 mètres «dames» : la Sud-Africaine Caster Semenya, 18 ans, accomplit un véritable exploit en courant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes 45 centièmes. Sa victoire est de courte durée. À peine la course finie, le staff des équipes rivales et les journalistes sportifs accusent la championne d’être un homme. Les épaules de Caster Semenya sont trop larges, son bassin trop étroit, sa poitrine trop plate, ses maxillaires trop carrées… «trop», «trop», «trop»… pour être considérée comme une «authentique femme». Le commentateur Mondenard déclare même sur Europe 1 «onze athlètes avaient une culotte et une seule avait un bermuda» (1).

Aurait-il fallu que Caster porte du maquillage ? L’athlète subit alors des examens sanguins, chromosomiques et gynécologiques. L’accès aux toilettes pour dames lui est interdit (alors qu’elle urine avec une vulve). «Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48», explique Eric Macé.