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Elle M'aime/ miroir/ soi /monde

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Pigeau phd. De la photo d’identité à la photo de profil. Depuis les premiers métaux polis jusqu’aux miroitements de verre de la Renaissance, l’homme mire son image dans les miroirs… et les écrans. Aujourd’hui, ce reflet se dédouble sans fin pour multiplier, composer, imaginer et finalement présenter un autre soi.

Longtemps considéré comme un genre mineur, le portrait est devenu omniprésent dans le quotidien avec l’avènement de la photographie argentique puis numérique jusqu’au selfie, accessible à tous et à portée de mains. Ce déploiement de l’image engendre de nouvelles définitions de l’identité et représentations de soi face à l’autre, face à soi même, face à l’écran… Le visage sous son meilleur profil Le portrait et l’autoportrait traversent l’histoire de l’art avec des codes de représentations qui sont aujourd’hui réappropriés voir bousculés. L’image de soi se développe et se diffuse en suivant les évolutions techniques.

Ce masque numérique sans cesse répété est vraisemblance plutôt que simulacre. Simple reflet narcissique ? Et puis… La valeur “refuge” • Les idées, Maison, Foyer, Refuge, Michel Eltchaninoff, Mona Chollet, Peter Sloterdijk, Gaston Bachelard, Enquête, Jan Patocka, Jean-Claude Kaufmann. Quelle métamorphose ! Nous avons vécu durant plus d’un siècle sur le rejet du petit monde de la maison, considéré comme étouffant, aliénant, insupportable. À la fin du XIXe siècle, nous ne rêvions que de le fuir pour pouvoir respirer à pleins poumons l’air de la liberté et, comme Rimbaud, aller « loin, bien loin, heureux comme un bohémien / Par la nature, heureux comme avec une femme » (« Sensation »). André Gide, dans Les Nourritures terrestres, clamait sa colère : « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. » Considéré comme conformiste, bourgeois, consanguin, ennuyeux, le chez-soi est longtemps resté un repoussoir.

En 1998, dans le film Festen, le réalisateur Thomas Vinterberg raconte une réunion de famille cauchemardesque, au Danemark, qui révèle la médiocrité, le conformisme, le poids des violences et des secrets. Mais, aujourd’hui, c’est une tout autre image que nous renvoie ce pays. Michel Makarius, Une histoire du flou, Aux frontières du visible, Éditions du Félin, 2016, lu par François Collet - oeil de minerve ISSN 2267-9243. Mise au point (pp.13-24) La notion de « flou » est clairement définie, comme écart avec une netteté paradigmatique. L’auteur ne va donc pas envisager un flou purement optique qui se comprendrait directement comme abstraction, mais comme le résultat d’un jeu avec un visible identifiable.

Ainsi, l’impressionnisme va constituer le centre de gravité de cette histoire. On sait la dette que Kandinsky contracte à l’égard de la Meule de foin de Monet. Mais l’impressionnisme n‘est pas qu’une anticipation de l’abstraction, il est aussi l’aboutissement de recherches picturales qui ont rongé le visible : « l’histoire du flou recoupe ainsi le travail d’érosion des assises de la figure » (p.15). L’auteur précise son projet en faisant un détour culturel par la peinture chinoise. Raison de plus, dit l’auteur, pour souligner son parti pris méthodologique et esthétique: s’attacher à la matérialité des œuvres, et fonder l’analyse sur le plaisir esthétique comme tel. I – Une histoire du flou (pp. 25-66) Art So : ateliers et stages à Nice.