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Jacques Sapir Grèce

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La trahison de Tsipras? Les propositions soumises par Alexis Tsipras et son gouvernement dans la nuit de jeudi à vendredi ont provoqué la stupeur. Elle reprennent largement, mais non totalement, les propositions formulées par l’Eurogroupe le 26 juin. Elles sont largement perçues dans l’opinion internationale comme une « capitulation » du gouvernement Tsipras. La réaction très positive des marchés financiers ce vendredi matin est, à cet égard, un signe important.

On sait par ailleurs qu’elles ont été en partie rédigées avec l’aide de hauts fonctionnaires français, même si cela est démenti par Bercy. Ces propositions résultent d’un intense travail de pressions tant sur la Grèce que sur l’Allemagne exercées par les Etats-Unis. Les termes de la proposition grecque Ces propositions sont donc proches de celles de l’Eurogroupe. De fait, les propositions transmises par le gouvernement grec, si elles font incontestablement un pas vers les créanciers, maintiennent une partie des exigences formulées précédemment. Sans titre. Jacques Sapir on Twitter: "#Breaking Si effectivement il y a une réunion de l'Eurogroupe SANS la #Grèce ce la signifiera rupture totale des conventions européennes"

Sapir : «Le défaut de paiement de la Grèce risque d'entraîner sa sortie de la zone euro» FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le ministre de l'Intérieur grec a annoncé ce dimanche que son pays ne pourrait rembourser sa dette envers le FMI en juin. L'économiste Jacques Sapir décrypte les conséquences que pourrait entraîner ce défaut de paiement. Jacques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l'Institut de prévision de l'économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

Vous pouvez lire ses chroniques sur son blog RussEurope. La Grèce «ne paiera pas la prochaine tranche au FMI de 1,6 milliard d'euros, entre le 5 et le 19 juin», a déclaré dimanche à la télévision Nikos Voutsis, le ministre de l'Intérieur. Qu'est-ce que cela signifie-t-il concrètement? Que peut-il se passer si Athènes met sa menace à exécution? Il faut commencer par préciser que la menace concerne l'un des prêts accordés par le FMI à la suite des plans de sauvetage mis en place de 2010 à 2012.

Grèce : un crime se commet sous nos yeux. L’agence de statistique de la Grèce vient de publier ses dernières données (Grèce PIB trimestriel), et elles s’inscrivent en faux par rapport aux « observateurs » qui croyaient en une amélioration de la situation dans ce malheureux pays. En fait, l’économie continue de s’effondrer et ce sur une pente désormais rapide. En valeur constante le Produit Intérieur Brut est passé de 211 milliards d’euros à 171 milliards, soit une chute cumulée de 19% depuis le premier trimestre de 2009.

C’est bien à un véritable désastre que nous assistons. Graphique 1 Souces : HELLSTAT La rapidité de cet effondrement est due à plusieurs facteurs. Il y a en premier lieu les politiques d’austérité qui sont imposées à la Grèce par l’Union Européenne via la Troïka, soit le FMI, la BCE et l’UE. La consommation s’est contractée de manière très forte, ce que révèle un document du service statistique grec (Grèce commerce de détail). Tableau 1 Évolution de la consommation de détail en prix constants (100 = 2005) Leçons de la Russie pour la Grèce: le retour au troc, ses raisons, ses logiques, et ses conséquences. La démonétarisation de l’économie russe, dans la période 1993-1998, a constitué le phénomène le plus spectaculaire de la première phase de la transition.

Pour la première fois on assistait à un développement du troc et des monnaies parallèles alors que l’inflation baissait et que les cadres d’une économie normalisée se mettaient en place. Au fur et à mesure que l’inflation s’est ralentie, les entreprises ont cessé progressivement d’utiliser le rouble pour leurs transactions. Ce phénomène a probablement été le plus corrosif du point de vue des bases théoriques de la macroéconomie standard[1]. On rappelle que, dans cette période, qui correspond en fait à la première phase de la transition, la politique du gouvernement russe avait été de combattre à tout prix l’inflation, identifiée comme essentiellement d’origine monétaire[2], et de chercher à rétablir le plus rapidement possible un équilibre budgétaire.

Ce phénomène fut doublement spectaculaire. Graphique 1 Tableau I Source : Rozanova I. Grèce: seule l’annulation de la dette peut apporter un début de solution. La Grèce fait, à nouveau, la une des journaux. Le problème qui semble se poser est de savoir si les créditeurs européens accepteront de payer encore la somme de 44 milliards pour ce pays. Dissipons immédiatement ce faux suspense, la réponse est « oui ».

Mais cela sera-t-il efficace ? La réponse est clairement « non ». Ajouter de la dette à la dette ne servira rigoureusement à rien, mais contribuera à alourdir la facture des contribuables européens dans une période de récessions généralisée. Après la restructuration de 107 milliards de dettes privées de ce printemps, la dette souveraine grecque atteint toujours 287 milliards d’Euros. C’est une somme considérable, rapportée au PIB du pays. Graphique 1 La charge des intérêts sur ces 168% (pour un taux moyen d’environ 5%) représentera alors 8,4 % du PIB, et ceci en dehors de tout remboursement du capital.

L’annulation partielle de la dette et son coût pour la France Graphique 2 Citation Jacques Sapir More Posts Follow Me: Grèce : dernières nouvelles d’une tragédie… La situation de la Grèce ne cesse de se détériorer. Alors que le pays est sous perfusion de la part de l’Union Européenne et du FMI, la situation sociale ne cesse de se dégrader. On l’avait signalé dans une note récente. Les statistiques récemment publiées le confirment. L’austérité équivaut au massacre d’une partie de la population, en particulier les personnes les plus exposées comme les plus de 60 ans mais aussi les enfants en bas âge. Alors que la production continue de s’effondrer, ce qui entraîne un effondrement des impôts comme la TVA, le revenu de cette dernière baissant de 12% d’octobre 2011 à octobre 2012.

Graphique 1 Sources : ELSTAT, Labour Force Survey, septembre 2012, publié le 6 décembre 2012. Il est particulièrement significatif que le chômage des jeunes (moins de 25 ans) explose littéralement. Graphique 2 Dans ce désastre, on peut constater des différences régionales significatives. Graphique 3 Graphique 4 Jacques Sapir More Posts Follow Me: Mots clefs : Grèce. Grèce : Vers l’insolvabilité. Read it in English : Greece: the road to Insolvency Les nouvelles qui parviennent de Grèce sont chaque jour plus tragiques. S’il fallait un exemple de la faillite des politiques d’austérité, ce pays nous en fournirait un éclatant. Mais ce pays n’est pas un « exemple ».

Il est constitué de 10 millions de personnes qui souffrent sans aucun espoir de secours. La Grèce est dans une voie sans issue, au bout de laquelle il ne peut y avoir que le défaut sur le reste de la dette, une partie ayant été déjà restructurée dans des conditions qui s’apparentent à un défaut ordonné. Il est clair que, d’ici le mois de juin, la Grèce sera de nouveau insolvable. Le dernier accord signé à l’automne dernier entre le gouvernement et la Troïka, soit le FMI, la BCE et l’Union Européenne, prévoyait que les intérêts de la dette grecque seraient payés par des prêts de ladite Troïka, à charge au gouvernement de dégager un surplus sur les comptes courants du Budget (ce que l’on appelle un « excédent primaire »).

Les veines ouvertes de la Grèce. L’interruption des négociations entre la Grèce et la TROÏKA (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) ramène brutalement les feux des projecteurs sur ce malheureux pays. On sait que la cause de cette interruption était la volonté de la TROÏKA de supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans les deux prochaines années. Même le gouvernement conservateur de Samaras a refusé de telles coupes. Rapportées à l’échelle de la France, pays dont la population est 6,5 fois plus élevée, ces coupes impliqueraient la suppression de 975 000 postes, sur les 2,15 millions de fonctionnaires d’État. On comprend le refus du gouvernement grec. En fait, la Grèce s’est appauvrie d’un quart de son PIB depuis le 2ème trimestre de 2008. L’effondrement économique est continu, et ceci quel que soit l’indicateur que l’on retient, qu’il s’agisse du PIB calculé à prix constants ou à prix courants.

Graphique 1 Source: Données de HELSTAT Graphique 2 Jacques Sapir More Posts Follow Me: Grèce : entre le FMI et Bruxelles le torchon brûle. Le Fonds Monétaire International vient de rendre public un rapport particulièrement critique sur la situation de la Grèce. Ce rapport conclut à la domination de politiques restrictives qui conduisent à un ajustement qui se fait essentiellement par la récession. « Greece is adjusting mainly through recession, not through productivity-enhancing reforms.» Ce rapport s’est attiré l’ire de la Commission Européenne et, aujourd’hui, on peut dire que le torchon brûle au sein même de la Troïka (ensemble composé du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne) qui est chargée d’administrer les « réformes » imposées à la Grèce.

C’est même là l’essentiel. En effet, les critiques portées par le FMI contre la politique imposée à la Grèce sont relativement modérées, même si elles s’appuient très souvent sur un constat fort juste. Le FMI reconnaît ainsi que la contraction de l’économie a été pire que ce qui avait été prévu. Graphique 1 Graphique 2 Graphique 3 Graphique 4 Tout cela est une histoire connue.

La Grèce au bord du précipice. La situation de la Grèce est aujourd’hui catastrophique, un fait souligné par la décision sans précédent du gouvernement de fermer les services de la radio et de la télévision d’État pour des « raisons d’économie ». Cette situation n’est que l’exemple le plus poussé de l’effet des politiques d’austérité qui sont menées depuis 2010 au sein de la zone euro et dans le but de « sauver » l’Euro. Elle a conduit à un véritable désastre. La fermeture décidée par le gouvernement grec des chaînes de radio et de télévision publiques (ERT) a provoqué une énorme émotion, tant en Grèce qu’à l’étranger. Les chaînes publiques italiennes ont inséré le logo de la compagnie d’État grecque et des mouvements de solidarité se sont produits dans toute l’Europe. D’importantes manifestations ont eu lieu à Athènes, et l’émotion légitime provoquée par ce geste n’est pas prête de s’éteindre. Graphique 1 I.I. I.II. Ceci ne fait que rendre encore plus problématique la stabilisation et la sortie de crise.

Graphique 2. Convergence des crises. La question du coût du travail au sein de la zone Euro mobilise beaucoup l’attention ces dernières semaines. Sur la base des statistiques disponibles, d’Eurostat et de l’OCDE, on va tenter de préciser un certain nombre de fait. Tout d’abord, il convient quand on parle de « coût du travail » de comprendre que l’on ne parle pas que du salaire mais aussi des prestations sociales qui sont attachées au salaire. Ensuite, il faut savoir que la productivité, y compris au sein des pays de la zone Euro, peut varier très fortement.

Donc, le « coût du travail » compris comme le salaire augmenté des prestations sociales payées par l’employeur peut être connu chaque année, en moyenne de l’ensemble des activités. Tableau 1 Salaire horaire + prestations sociales à la charge de l’employeur, en Euros Source : Eurostat On voit immédiatement que les différences sont considérables, mais aussi que la France n’est pas dans une situation aussi catastrophique qu’on veut bien le dire. Graphique 1 Source: Eurostat. Constitutions, souveraineté et Grèce. La question de la souveraineté est directement posée aujourd’hui par le comportement des institutions de l’Union européenne et de leurs dirigeants. Ces dernières ont pris le parti de ne considérer que le principe légalité et de l’établir comme l’unique principe de fonctionnement de l’UE, et ce au détriment de la légitimité. A travers cette manipulation, elles peuvent faire disparaître le principe de souveraineté car, si seul compte le légal alors on n’a plus besoin du « juste », c’est à dire la légitimité, et l’on peut se passer de qui doit dire le juste, soit le Souverain.

Mais, cette remise en cause est aussi à l’ordre du jour en raison de l’irruption du Constitutionnalisme économique sur la scène publique. L’importance grandissante des constitutions économiques. Le terme est inconnu du grand public, et pourtant la notion de constitution économique est aujourd’hui très présente. Le scandale Juncker et la Grèce.

Une usurpation de souveraineté. [10] Buchanan J.M., et G. Jacques Sapir. L'Euro au risque de la chouette. Ainsi le veut la Constitution : il y aura des élections anticipées en Grèce, qui devraient se tenir le 25 janvier. L’incapacité du Premier-Ministre Samaras à faire élire son candidat à la Présidence de la République (qui se fait en Grèce à une majorité qualifiée de 180 députés au parlement) a sonné l’heure des comptes. Elle vient aussi solder une politique inhumaine imposé par ce même Samaras aux ordres de la « Troïka », soit, rappelons le la Banque Centrale européenne, la Commission Européenne et le FMI. Elle solde de plus une politique des faux-semblants de ce gouvernement aux ordres, qui n’a ni rétabli les finances publiques (une partie des ressources fiscales sont « fictives » car la population n’a plus les moyens de les payer) ni provoqué un retour de la croissance.

Il annonçait un « glorieux » 0,7% alors que le pays a connu une récession de près de -25% depuis 2009. La situation de la Grèce peut se résumer en deux graphiques. Le premier indique l’évolution du PIB, comparé à 2007. La question de la démocratie en Europe. Alessandro Bianchi m’a posé plusieurs questions, auxquelles j’ai répondu. J’en extrais un développement qui me semble important sur la question de la démocratie en Europe, des soi-disantes “valeurs” européennes, et de leur respect par les institutions européennes. Les tragiques événements de Paris qui ont vu la mort de 17 personnes (sans compter celle des terroristes) ont abouti à une unanimité, qui est largement illusoire, dans l’affirmation de « valeurs européennes ».

Ces valeurs, quelles sont-elles ? Essentiellement la démocratie, l’affirmation d’un certain individualisme et la paix. Le double discours européen. Cette discordance sur les trois principes fondamentaux de l’idéologie européenne confine désormais à l’existence d’un « double discours » : faites ce que je dis, et non ce que je faits.

Oligarchie ou bureaucratie ? Je ne pense pas que ceci soit uniquement lié à l’émergence d’un régime oligarchique. Les fondements idéologiques du tournant oligarco-bureaucratique. [1] Comme C. Souveraineté monétaire, Grèce et Etat social. Suite des questions posées par Alessandro Bianchi et de mes réponses à celles-ci. 1. Si les États devaient retrouver leur souveraineté monétaire, quel type de politique économique le devraient-ils mettre en œuvre pour relancer leurs économies ? Considérez-vous comme fondamental, en l’occurrence, le fait de revenir à une banque centrale nationale qui dépend du Ministère du trésor ?

Il faut ici commencer par dire que la souveraineté monétaire est un moyen et pas une fin en soi. Le plein-emploi, la richesse nationale, une bonne répartition de cette richesse, constituent des fins. Il y a de plus une raison supplémentaire. L’idée qu’une zone monétaire caractérisée par une monnaie unique, comme c’est le cas avec l’Euro, donnerait naissance à une dynamique d’augmentation très forte des flux commerciaux entre les pays de cette zone, et que cette dynamique conduirait à une forte croissance dans cette zone monétaire ,a été fortement répandue dans la seconde moitié des années 1990. 2. 3. Le message d'espoir de SYRIZA. L'Allemagne entre deux maux. Grèce: un jeu complexe. L'ultimatum de Francfort. Moment national. Quitte ou double. Haïr l’Allemagne? L’accord Grèce-Eurogroupe. L’hypothèse d’un “GREXIT”

Après l’Euro. A nouveau l’Euro. La Grèce et ses créanciers. Une conférence à Athènes. La Grèce et le piège des liquidités. Tsipras, acteur du grand basculement? La Grèce face à l’hybris européen.