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1945, le retour des "absents"

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En 1945, la France entreprend de rapatrier ses compatriotes.

Entre avril et août, plus d'1,5 million de prisonniers de guerre, déportés et requis du Service du Travail Obligatoire (STO) rentrent en France et transitent par des centres d'accueil et de tri organisés dans tout le pays. Un évènement peu connu du grand public dont Paris vient de commémorer les 70 ans. Henri Frenay. Le rapatriement des prisonniers et déportés, par Henri Frenay. Retour des prisonniers et déportés à Paris (vidéo INA) Ce sujet du 27 avril 1945 associe pour la première fois à l'image le retour des prisonniers de guerre à celui des déportés.

Retour des prisonniers et déportés à Paris (vidéo INA)

Suivant la logique du ministère Frenay, le commentaire tend à réunir les "absents" en une même catégorie. Contrairement aux reportages de la radio et de la presse écrite, le commentateur ne nomme pas les déportés du Bourget parmi lesquels se trouvait notamment Marcel Dassault, que l'on voit à l'image. Rapatriement Gare d'Orsay (video) L’organisation du rapatriement des prisonniers de guerre est mise au point par le ministère des PDR (prisonniers, déportés et réfugiés) dirigé par Pierre Frenay.

Ces rapatriements se font dans des conditions souvent pénibles et non sans une certaine improvisation. Des difficultés de toutes sortes (et notamment pour les prisonniers libérés avant la fin des hostilités) obligent l’administration à s’adapter à une situation en constante évolution. Malgré ces problèmes, le retour des prisonniers est assez rapidement réalisé, si bien que 20 000 rapatriés retrouvent la France en mars 1945, 313 000 en avril, 900 000 en mai et 276 000 en juin.

Au mois de juillet le retour massif des prisonniers s’achève. Les premiers prisonniers qui rentrent en France sont ceux libérés suite à la progression des troupes alliées à l’ouest de la rive gauche du Rhin en mars 1945. 31 décembre 1944 : alors que la guerre s’achève, de Gaulle inaugure une exposition titrée Le front des barbelés sur les captifs d’Allemagne, manière de sensibiliser au sort du million et demi de Français, prisonniers, travailleurs et déportés, disséminés sur le territoire du Reich à l’agonie.

C’est à Henri Frenay, ex-prisonnier de guerre et fondateur de Combat, ministre des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, qu’est confiée la mission de rapatrier ces "absents". Une entreprise colossale : il faut les identifier, les localiser et organiser, sous les bombardements alliés, leur transport en quatre mois. Hôtel Lutetia À grand renfort d’images et de slogans – "Pensez à eux ! " –, le gouvernement d’union nationale mobilise l’opinion, en réunissant les rapatriés sous une même bannière.

L’hôtel Lutetia est le principal centre d’accueil mis en place à Paris par le gouvernement, après la Libération du 26 avril à la fin du mois d’août 1945.

Exposition itinérante avril 2015 "Lutetia 1945 - Le retour des Déportés" L’hôtel Lutetia Histoire L’hôtel Lutetia, 45, boulevard Raspail, est un hôtel de luxe parisien fondé en 1910 par Madame Boucicaut, propriétaire du grand magasin « Le Bon Marché », pour ses importants clients de province. Après avoir été occupé par l’Abwehr, service de renseignements de l’état-major allemand en 1940, le palace est réquisitionné sur ordre du général de Gaulle, en 1945, pour devenir un centre de rapatriement pour les prisonniers de guerre, les requis du STO et les déportés. Les rapatriés y sont dirigés directement, nourris et hébergés le temps de subir les contrôles sanitaires et d’être identifiés. Auschwitz-Lutetia, de Pascal Magontier CNRD 2015 Petit cahier, Convoi 76, Chantal DossinLe convoi 76 du 30 juin 1944. Des témoignages sur l’accueil au Lutetia. La réquisition du Lutetia. « Pourquoi le Lutetia est-il si important dans notre vécu ?

La réquisition du Lutetia

C’est que, en vérité, notre deuxième vie a commencé là, dans ce lieu. Quand nous y sommes rentrés, nous n’étions que des matricules ; nous en sortions redevenus des citoyens. » Gisèle Guillemot, 2005. La réquisition de l’Hôtel Lutetia s’est faite dans l’urgence du rapatriement des déportés dont l’accueil posait un problème spécifique par rapport à celui des prisonniers de guerre ou des requis du STO. Quelques chiffres : – 1 million de prisonniers de guerre – 600.000 jeunes du STO – 90.000 déportés par mesure de répression – 76.000 hommes, femmes et enfants déportés comme Juifs[1]. Combien d’entre eux rentreront ? TOURISME - Le Ritz en 2012, le Crillon et le Plaza Athénée en 2013... ces palaces dans lesquels le commun des mortels ne peut pas même s’offrir une petite sieste ont tous entrepris de longs travaux de rénovation pour résister à la concurrence des chaînes asiatiques qui ouvrent ou reprennent des hôtels de grand luxe dans Paris (Royal Monceau, Shangri-La, Mandarin Oriental, Peninsula...).

Ce lundi 14 avril 2014 à midi, un autre grand hôtel parisien a fermé ses portes pour un lifting aussi poussé que ceux de ses riches clientes: le Lutetia, la plus belle adresse de la Rive gauche (au sud de la Seine). Racheté en 2010 par le groupe israélien Alrov, 100 ans tout pile après son ouverture, l’hôtel ferme pour trois ans. Les travaux de rénovation débuteront le 1er juin. A sa ré-ouverture, l'établissement aura une ambition : obtenir les 5 étoiles décernées aux établissements d'excellence depuis juillet 2012. [Cet article a été publié dans Libération en janvier 2005, à l’occasion du 60e anniversaire de la liberation du camp d’Auschwitz] Le 27 janvier 1945, l'Armée Rouge pénètre à Auschwitz-Birkenau, le plus important des camps d'extermination nazis.

Peu à peu les autres vont être libérés. Avec la fin de la guerre, le printemps 1945 voit le retour de plus de 2 millions de Français : prisonniers de guerre, requis du STO et déportés reviennent dans un pays qui les attend sans être prêt à les accueillir.

Les centres d'accueil n'arrivent pas à faire face, il en arrive jusqu'à 25000 par jour ! Les retours convergent vers la gare d'Orsay. L'hôtel Lutetia, anciennement occupé par les Allemands, devient centre d'accueil des déportés. Plaque commémorative. "Leur joie ne pouvait effacer l'angoisse et la peine des familles des milliers de disparus qui attendirent vainement les leurs en ces lieux". Certaines familles appréhendent ces retrouvailles : va-t-il revenir ?

Paris commémore le retour des 1.500.000 déportés et prisonniers de guerre. Diaporama - Cérémonie 70 ans. Le retour des "absents" LE RETOUR DES ABSENTS. Du 9 au 26 avril 2015, le ministère de la Défense et la Ville de Paris présentent l’exposition LE RETOUR DES ABSENTS sur les Berges de Seine.

LE RETOUR DES ABSENTS

Dans le cadre de la célébration du 70e anniversaire de la Victoire, cette exposition commémore un épisode important et pourtant peu connu de la fin de la Seconde Guerre mondiale : le retour au pays, au printemps 1945, de plus d’un million et demi de Français retenus en Allemagne comme déportés, prisonniers de guerre et requis du Service du Travail obligatoire (STO). L’exposition présente un grand nombre de documents d’archives (photographies, affiches d’époque) montrant comment la République a mené à bien le retour de ses enfants.