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La déradicalisation

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Dounia Bouzar, mamma fracas. Dans sa vie, elle a claqué beaucoup de portes.

Dounia Bouzar, mamma fracas

Jamais discrètement. Plutôt avec fracas. Déradicalisation, la lutte à tâtons. L’aveu est unanime et d’autant plus inattendu qu’il émane de pouvoirs publics plus habitués aux déclarations pleines de certitudes qu’aux assauts de modestie.

Déradicalisation, la lutte à tâtons

En matière de prise en charge de la radicalisation islamiste, la France tâtonne. Du ministère de l’Intérieur à celui de la Justice, du monde universitaire aux structures associatives, on le reconnaît sans peine : aujourd’hui, chacun «expérimente» avec «humilité» pour tenter d’appréhender et de prévenir le jihadisme. «Il y aura des réussites et des échecs», anticipe le député socialiste Sébastien Pietrasanta, qui a contribué à plusieurs rapports sur le sujet depuis 2014. LEA : comment j'ai été endoctrinée... Déradicalisation : premier échec pour la méthode "Dounia Bouzar" Elle avait fait de Léa, une jeune adolescente de 17 ans qui projetait de se faire exploser devant une synagogue de Lyon en 2014, un emblème de sa méthode de "déradicalisation".

Déradicalisation : premier échec pour la méthode "Dounia Bouzar"

Léa, un nom d’emprunt, a en effet été l’une des premières à être suivie par la très médiatique anthropologue Dounia Bouzar, qui s’est rapidement imposée comme une référence pour les pouvoirs publics, notamment pris de court par l’afflux des départs en Syrie. A travers son Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), Dounia Bouzar a ainsi multiplié les entretiens de déradicalisation avec l’intéressée (voir la vidéo promotion de l'un de leurs échanges), qui suivait en parallèle une formation dans le domaine du social et avait accepté un suivi psychologique.

« Un marché opaque de la déradicalisation est en train d’apparaître en France » Asiem El Difraoui, politologue et spécialiste du djihadisme, estime que le dispositif de déradicalisation à l’étude en France « n’est pas encore assez fonctionnel ».

« Un marché opaque de la déradicalisation est en train d’apparaître en France »

Après les attentats de janvier et de novembre 2015, la lutte contre la radicalisation islamiste est affichée comme une priorité par le gouvernement. La France prépare la création de plusieurs centres pour accueillir djihadistes de retour de Syrie et jeunes radicalisés, et des programmes de déradicalisation devraient se mettre en place à partir du 25 janvier dans deux quartiers des prisons d’Osny (Val-d’Oise) et Lille-Annœullin (Nord). Pourtant, dans les domaines de la prévention et de la déradicalisation, la France est moins expérimentée que ses voisins européens, argumente le politologue et spécialiste du djihadisme Asiem El Difraoui, coauteur d’une étude comparative sur les modèles allemand, britannique et danois pour le Comité interministériel de la prévention de la délinquance (CIPD).

Comment la déradicalisation, devenue un business, laisse prospérer des structures peu sérieuses. 100 millions d’euros : c’est la somme que le gouvernement va débloquer, sur trois ans, pour lutter contre la radicalisation.

Comment la déradicalisation, devenue un business, laisse prospérer des structures peu sérieuses

Une somme importante, annoncée le 24 octobre 2016 par Manuel Valls, qui a pour conséquence l’émergence d’un marché de la "déradicalisation". Aujourd’hui, près de 80 structures – associations ou entreprises – ont investi ce secteur et chassent les subventions. Le problème est qu’elles ne présentent pas toutes des garanties de sérieux et de professionnalisme.