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Les lieux de mémoire

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Les monuments aux morts, des œuvres d'art au service du souvenir. Canonisation culturelle et identités nationales : l'élaboration des « lieux de mémoire » La fortune de l’expression « lieux de mémoire » est largement due au succès de l’entreprise collective dirigée par l’historien Pierre Nora, autour de qui fut conçue et menée à bien, entre 1984 et 1992, l’œuvre qui proposait, en trois parties intitulées respectivement La République, La Nation et Les France, une histoire de la mémoire collective française [1][1] Pierre Nora (dir.) : Les lieux de mémoire, Paris :....

Canonisation culturelle et identités nationales : l'élaboration des « lieux de mémoire »

La notion de « lieux de mémoire », telle qu’elle avait été construite dans ce cadre après avoir été empruntée à la rhétorique latine dans laquelle le locus memoriae visait à associer, pour fixer l’ordre du discours, une idée à un lieu [2][2] Pierre Nora : « La notion de lieux de mémoire est-elle..., a, depuis, été largement réutilisée et repensée, mais également distendue et édulcorée, à mesure que l’entreprise fut transférée à d’autres collectivités. En étant exportée, la notion de lieu de mémoire a donc aussi été reçue, analysée et critiquée.

Domestiquer l’histoire - Éditions de la Maison des sciences de l’homme. L’ethnologie s’est, jusqu’à présent, très peu intéressée au monument dans la mesure où celui-ci témoignait d’une conception officielle de l’histoire.

Domestiquer l’histoire - Éditions de la Maison des sciences de l’homme

Érigé pour entretenir la mémoire, il énonce le passé en le peuplant des figures que l’autorité souhaite immortaliser. Et la notion de « monuments historiques » ne fait que prolonger cette définition première en choisissant après coup, dans la masse des édifices et des ouvrages de l’art, ceux qui incarnent au mieux le destin imaginé de la nation. Aujourd’hui, ces conditions originelles ont beaucoup perdu de leur force et de leur sens. Pourtant l’intérêt pour les hauts lieux, loin de faiblir, n’a jamais été aussi intense et jamais les débats à leur propos n’ont été aussi ardents. Ce livre tente d’en comprendre les raisons. Verdier Memoire. Qu’est-ce qu’un lieu de savoir ? - Lieux de mémoire, lieux de savoir. 1 Deux références dans une riche bibliographie : Yates, 1987 ; Carruthers, 2004. 1L’expression « lieu de mémoire » renvoie aux arts de la mémoire développés dans l’Antiquité classique et théorisés notamment par Cicéron et Quintilien avant de donner lieu à une longue tradition dans l’Europe moderne1.

Qu’est-ce qu’un lieu de savoir ? - Lieux de mémoire, lieux de savoir

L’art de la mémoire était une technique mentale permettant de composer, puis de mémoriser un discours, soit littéralement, soit dans ses principaux points et articulations, afin de pouvoir le prononcer par exemple lors d’une plaidoirie ou d’un discours politique (Guérin, 2011). Cette technique reposait sur une séquence de lieux reliés par un parcours mental ou visuel. Ces lieux pouvaient s’appuyer sur une configuration architecturale ou topographique réelle, préalablement mémorisée, ou être une construction de l’imagination. 3Que sont ces lieux de mémoire ? VERDUNLieudememoire. Les monuments aux morts, mémoire de la guerre - 1918, la Grande Guerre s'achève... Le monument aux morts d’Annot (Alpes-de-Haute-Provence).

Les monuments aux morts, mémoire de la guerre - 1918, la Grande Guerre s'achève...

Photo : Xavier Lambours © La Documentation française. Agrandir l'image C’est juste au sortir du conflit que sont érigés partout en France des monuments aux morts de la Grande Guerre ; dans chaque ville, chaque village, là où ces hommes vivaient et travaillaient. Sur les champs de batailles, là où ils sont tombés, leurs restes reposent dans de grands cimetières et ossuaires. Geo commemoration. Traces de 14-18. Recensé : Stéphane Audoin-Rouzeau, Gerd Krumeich, Cicatrices.

Traces de 14-18

La Grande Guerre aujourd’hui, photographies de Jean Richardot, Paris, Tallandier, 2008. 39 €. Parmi les livres sur la Grande Guerre qui paraissent à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de l’armistice du 11 novembre se distingue un album au format original. La Résistance et les Français - Les lieux de mémoire de la Résistance dans l'Orne : la construction d'une identité résistante.

1 Boivin (Michel) « le Gaullisme dans l'Orne », le Pays bas-normand, 1979. 1Pour la date du 15 octobre 1943, dans l'Orne, 3 350 résistants sont recensés1.

La Résistance et les Français - Les lieux de mémoire de la Résistance dans l'Orne : la construction d'une identité résistante

En juin 1944, l'Armée Secrète regroupe environ 1 500 hommes considérés comme moralement prêts pour le combat. Musées de guerre et mémoriaux - Éditions de la Maison des sciences de l’homme. La France, comme d'autres pays d'Europe, porte encore dans son paysage et sa mémoire les blessures des nombreux conflits armés du xxe siècle.

Musées de guerre et mémoriaux - Éditions de la Maison des sciences de l’homme

La Seconde Guerre mondiale, en particulier, y a engendré de nombreux « lieux de mémoire » : villages-martyrs, lieux de massacre par les nazis, camps d'internement vichystes, lieux de combats de la Résistance... Ces traces ont suscité la création de musées et de mémoriaux dont l'existence, en tant qu'institutions, ne laisse pas d'être problématique quant aux choix des thèmes et aux modes d'exposition des événements concernés. Dans ses thèses relatives à la muséologie, Georges-Henri Rivière parle ainsi d'une « ponctuation de l'espace adéquate à l'organisation idéologique du message à transmettre ».

Que transmettre ? La guerre et la politique peuvent-elles devenir un patrimoine ? Des lieux de mémoire de l’immigration. Recensé : Céline Barrére et Claire Lévy-Vroelant, Hôtels meublés à Paris : enquête sur une mémoire de l’immigration (Créaphis, 2011). 300 p., 20 €.

Des lieux de mémoire de l’immigration

La recherche sociologique des vingt dernières années fourmille de réflexions sur la mémoire collective et le patrimoine. Sans doute la publication dans les années 1980 à 1990 des Lieux de mémoire (coordonnés par Pierre Nora) a t-elle fait écho à l’inquiétude d’une société transformée par la mondialisation. Lieux de mémoire, version allemande, par Olivier Morel (Le Monde diplomatique, mars 2002) Il y a quelques années paraissaient en France 130 essais d’un tableau de l’histoire nationale en sept volumes, Les Lieux de mémoire (1), dirigés par Pierre Nora.

Lieux de mémoire, version allemande, par Olivier Morel (Le Monde diplomatique, mars 2002)

Cette grande entreprise scientifique et éditoriale se voulait une galerie de la mémoire collective française dans le sens de ses valeurs centrales de cohésion, de ses traditions et de son identité. Pluridisciplinaire et internationale, conduite par Etienne François, directeur du Centre Marc-Bloch de Berlin, et Hagen Schulze, historien de la période contemporaine à Berlin et à Londres, la version allemande des Lieux de mémoire français, Deutsche Erinnerungsorte, forme une somme sans précédent avec ses 120 essais et ses 2 250 pages (2).

C’est déjà aller au-delà de « l’Allemagne », qui donne pourtant son titre au projet. Lieux memoire europe. « À la recherche des lieux de mémoire européens » 1Communauté de destin et espace d’une histoire partagée, l’Europe est-elle devenue une communauté de mémoire ?

« À la recherche des lieux de mémoire européens »

Possède-t-elle, comme les nations qui la composent, ces « unités significatives, d’ordre matériel ou idéel, dont la volonté des hommes ou le travail du temps a fait un élément symbolique d’une quelconque communauté » que Pierre Nora a, le premier, appelées des « lieux de mémoire » ? Telle est la question à laquelle, à la demande de Nathalie Petitjean, rédactrice-en-chef de la Documentation photographique, notre dossier (n° 8087, mai-juin 2012) a tenté de répondre. L’invitation de Jan Gerchow, directeur du Historisches Museum Frankfurt, et de Pierre Monnet, directeur de l’Institut français d’histoire en Allemagne, nous a offert l’occasion de présenter ce cahier au Musée historique de Francfort le 24 avril 2013 et de revenir sur les réflexions qui ont présidé à son élaboration. Lieux d’Europe - Éditions de la Maison des sciences de l’homme. Alors qu’elle s’interroge, se regarde et se raconte depuis des siècles, l’Europe demeure perplexe au miroir de ses inépuisables productions. Elle est à l’étroit dans les paragraphes étriqués des documents juridiques, elle tend à se soustraire aux appropriations idéologiques de toutes obédiences, dépasse toujours les images d’elle-même qu’elle crée sans relâche, échappe à sa propre histoire comme à ses historiens, à ses géographes et à tous ceux qui s’efforcent de la définir.

Mais elle offre à l’expérience et à l’imagination des hommes la richesse infiniment diversifiée de son patrimoine. S’il est encore et toujours difficile de dire l’Europe, du moins peut-on la percevoir et la toucher, surtout en ces lieux singuliers mais innombrables où se livre au regard et à l’esprit un surcroît de sens. Frontières, carrefours, passages, nœuds urbains, vastes plaines, lieux de commémoration ou de mémoire : ce sont quelques-uns d’entre eux qui ont inspiré les auteurs de cet ouvrage. Entre lieux et mémoire. L'inscription de la francophonie canadienne dans la durée Sous la direction de Anne Gilbert, Michel Bock et Joseph Yvon Thériault Publication Year: 2010 Dans Les lieux de mémoire, Pierre Nora affirme que « la mémoire s'enracine dans le concret, l'espace, le geste, l'image et l'objet » (1984, xix).

Entre lieux et mémoire adopte une perspective semblable et jette un regard sur les expériences concrètes, géographiquement situées, par lesquelles les francophones du Canada construisent leur identité à partir des réminiscences de leur passé.