[Expert] Nouveaux modèles de la presse : innovons, mais sachons aussi rester de « vieux cons » ! Lundi 10 décembre à Science Po, s’est tenue une conférence de haut niveau sur les nouvelles pratiques du journalisme. On y a beaucoup parlé de modèles économiques et des tendances à ne pas rater pour les années à venir.
On a aussi pu entrevoir quelques risques derrière les opportunités. La presse doit aussi être un peu « vieux con » – Credit ©deepblue66 via Flickr.com La première tendance totalement incontournable est celle de la forte progression de la consommation média sur mobiles. En France, près de 30% des Français possèdent un smartphone selon la dernière étude du Crédoc. Si l’on compte tous les appareils permettant de se connecter en mobilité (téléphone, tablette, clé 3G, carte PCMCIA), c’est 64% de la population (de plus de 12 ans) qui accède désormais à Internet en mobilité.
Julia Beizer du Washington Post, est venue nous confirmer l’importance des mobiles pour le secteur des médias. Chose intéressante, Julia confirme un phénomène que j’ai repéré. Cyrille Frank. Welcome to The Grid - Ask The Post. Posted at 05:54 PM ET, 08/28/2012 Aug 28, 2012 09:54 PM EDT TheWashingtonPost Stories are more visual and social than ever. The Grid (Republican National Convention and Democratic National Convention) is our destination for telling the story during live events.
It’s there to bring together the new normal of event coverage: live video, blogging and the best content curated from social stream. It’s hard to limit coverage to one kind of template, especially for an event as complex and long as political conventions. Here is a little more of our thinking behind The Grid: Discovery The Grid format allows for readers to discover for themselves what they want.
You’ll notice we do not limit ourselves to Post authors. Lenses Part of discovery is customizing your own stream of coverage. We also try not to overwhelm readers by defaulting to a curated Editor’s Pick view. Mobile forward We designed the interface to be accessible and optimized for all the places people want it. First Draft Comment below. - Non, le fact-checking en télé n’est pas un gadget, c’est un impératif citoyen !
Bonne et belle empoignade Twitterienne mardi 23 octobre, initiée par Jean-Marie Charon aux alentours de 8h15 sur la question du fact-checking. Et qui a opposé les défenseurs d’un fact-checking en temps réel en télévision (moi-même et Erwann Gaucher) aux plus sceptiques Eric Mettout et Jean-Marie Charon. Le terme de “fact-checking” n’est pas nouveau : il date des années 30 aux Etats-Unis, période durant laquelle les grands journaux créent des départements spécialisés dans la vérification de l’information. Les articles des journalistes sont passés au peigne fin pour en vérifier le fond, qu’il s’agisse des faits, des dates, des chiffres… Le mot est remis à la mode dès 2004, à mesure qu’apparaissent des fondations, sites et blogs dédiés à la vérification de la parole politique : factcheck.org, politiFact.com, The Fact Checker… L’enjeu de présidentielle américaine explique cette profusion de “vérificateurs”.
Pour Eric Mettout, directeur de la rédaction de l’Express, c’est du gadget. Le Télégramme met le cap sur la diversification. Le groupe Le Télégramme prend le large. Après avoir perdu de l'argent en 2001 et 2002 à cause de sa filiale Bretagne multimédia et du lancement avorté d'un hebdomadaire à Nantes, le quotidien de Morlaix vient de se lancer dans une nouvelle diversification. Il a signé le 6 avril l'acquisition de deux sociétés spécialistes des courses de voile au large, Promovoile et Pen Duick. La première organise La Route du rhum, qui s'élance de Saint-Malo tous les quatre ans. La seconde, Pen Duick, établie au Chesnay, dans les Yvelines, est la société de Gérard Petipas, figure du nautisme, compagnon d'Éric Tabarly, créateur de la Course de l'Europe, du Challenge Mondial Assistance et organisateur de la transat Jacques-Vabre parmi bien d'autres événements.
Ce nouveau pôle événements voile est regroupé au sein de Bretagne multimédia, la filiale du Télégramme spécialisée dans les activités Internet. La diffusion progresse. - La presse doit répondre aux motivations plurielles de ses lecteurs. La pyramide du sens En 1943, Abraham Maslow publiait sa fameuse “pyramide des besoins“. Son ambition : décrire les motivations profondes des individus. Au delà des nombreuses critiques que l’on peut adresser au modèle, cette grille d’analyse – si adaptée – reste pertinente pour comprendre l’usage des médias, notamment. Selon cette étude fameuse enseignée dans les meilleures écoles de marketing et de management, nos comportements sont dictés par des motivations à cinq niveaux. On peut les résumer en trois groupes : - Besoins primaires (physiologiques et sécurité) : survivre = se vêtir, se loger, manger, - Besoins secondaires (appartenance et estime de soi) : socialisation = discuter, flirter, se mettre en avant pour se sentir valorisé - Besoins tertiaires (accomplissement) = aspirations à s’élever intellectuellement, à devenir la “meilleure” personne que l’on puisse devenir On ne s’intéresse pas vraiment aux autres le ventre vide par exemple.
Twitter words Cyrille Frank aka Cyceron. - Oui, le journaliste doit se faire marketeux ! Le “packaging” journalistique – Crédit : funkyah via Flick’r Le journalisme n’a pas pour vocation de délivrer la vérité à une foule crédule, ignare et manipulée. Son rôle est pluriel : informer mais aussi divertir, socialiser… rendre service. Et pour se faire, il doit absolument vendre son contenu. Discussion intéressante la semaine dernière, lors d’une session de formation. L’un de mes stagiaires refuse presque de réaliser l’exercice que je lui propose : éditorialiser les commentaires qui se trouvent sous un article. Il s’agit de mettre en forme l’opinion des lecteurs, en l’occurrence leur avis sur la situation des urgences et pourquoi ça coince. Pour lui, ce n’est pas du journalisme, ce n’est pas de l’information. Argument recevable, il ne s’agit en effet pas d’information, mais d’opinion. Je lui réponds que les témoignages ne se substituent pas au dossier factuel sur la situation de l’hôpital en France, mais s’y ajoutent.
Mais mon argument ne porte pas le moins du monde. Cyrille Frank. - Le « story-telling » contre l’information. Story-telling et information Le “story-telling” est devenu l’un des termes à la mode du marketing-journalistique. La nouvelle martingale d’audience et de satisfaction lecteur. Pour intéresser désormais le public, il faut lui raconter une histoire susceptible de l’émouvoir. Une pratique ancienne qui présente des risques déontologiques. Obama a perdu, Mitt Romney a gagné. Les faits sont mornes, banals, inintéressants ? L’enquête universitaire valide ou invalide un postulat en fonction des éléments trouvés.
Patrick Champagne dans “la vision médiatique” a montré comment les journalistes construisent parfois la réalité qu’ils prétendent décrire. Primo, les journalistes télé n’ont guère le temps de procéder à une vraie enquête. Secondo, la course à l’audience, la concurrence pousse au spectaculaire et à la simplification. Des émeutes à Vaux-en-Velin ? Tant pis si les choses sont plus complexes, tant pis si la majorité des habitants de la cité est composée de travailleurs silencieux et dociles. Facebook : son nouvel algorithme, son ciblage, et notre ligne éditoriale. Le Monde.fr aime Facebook : nous y postons tous les jours une sélection d'informations que nous estimons importantes, essentielles, immanquables (sous formes de liens, d’images ou de vidéos). Nos lecteurs aiment Facebook : ils sont plus de 400 000 à y suivre notre page, pour "aimer" et surtout commenter nos informations.
Et ils sont environ 26 millions en France, selon les derniers chiffres Nielsen, et un milliard dans le monde, selon les derniers chiffres de Mark Zuckerberg, à avoir un profil. Sur Facebook, ils publient des statuts ou des liens, partagent coups de cœur et coups de gueule, discutent avec leurs amis ou des inconnus des petits et grands événements de la vie. Mais Facebook, c’est également une plateforme retravaillée en permanence par des équipes soucieuses de faire évoluer la formule et l’expérience des utilisateurs. Pour les professionnels, toutes ces évolutions ne sont pas forcément faciles à appréhender. Las. Michaël Szadkowski et Flavien Hamon. Pourquoi les journalistes devraient se méfier de Twitter. "Je me demande si je ne devrais pas quitter Twitter", ai-je lâché hier à un confrère et co-fellow, alors que nous prenions un café chez Coupa, légendaire spot étudiant sur le campus de Stanford.
Nous discutions tous deux de modèles économiques pour la presse et débattions du match publicité vs payant. "Pourquoi donc ? ", a demandé mon interlocuteur, me promptant à détailler mon argumentaire, basé sur un sentiment qui semble progresser ici dans la Silicon Valley...: 1. 2. 3. Et c'est là où le bat blesse : en tant que journaliste, je contribue à créer gratuitement pour Twitter des contenus qui lui servent à capter de l'attention et entretenir l'attractivité de la plateforme et ainsi vendre de la publicité.
Et si fermer son compte est peut-être une décision simpliste et/ou radicale, il me semble impératif de s'interroger sur la stratégie de contenus à y distribuer... [écouter la chronique sur RFI]