"On approche chaque jour davantage d'un krach obligataire massif."
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Jacques Attali: L'Europe rase gratis Jacques Attali: L'Europe rase gratis Pour avoir, depuis des mois, appelé à la mise en place d'une Agence européenne du Trésor, capable d'émettre des bons du Trésor européens, je ne peux que me réjouir de la formidable avancée que représente la décision de Bruxelles. L'Europe, et c'est heureux, a choisi de sortir par le haut. Les technocrates ont rempli leur vraie mission, qui est de rendre possible ce que souhaitent les politiques.
Jacques Attali: Goldman, le volcan et nous Il est parfois des coïncidences hautement symboliques: au moment même, où, en attente à l'aéroport de La Guardia, New York, d'un avion pour Washington, j'apprenais que mon retour à Paris le lendemain serait sans doute compromis par l'éruption du volcan islandais, un ami voyageant avec moi me présentait un financier, attendant, lui, un avion pour Boston: John Paulson. L'homme qui a construit une immense fortune en pariant sur l'effondrement de Wall Street, parce que, pensait-on, il avait été l'un des très rares à prévoir la crise des subprimes et à avoir très lucidement parié sur la baisse de certains produits titrisés que les autres financiers s'arrachaient. Jacques Attali: Goldman, le volcan et nous
Le pire est encore à venir - Manifestation de sidérurgistes d'Arcelor Pascal Rossignol / Reuters - Pourquoi personne ne veut-il voir que le pire est sans doute encore devant nous ? De très nombreux pays, qui vivent sur des financements étrangers, ont le plus grand mal à les trouver ; de très nombreuses banques internationales manquent cruellement de ressources, sans même savoir à quelle échéance la réalité de leurs bilans va les frapper ; de plus en plus d' entreprises industrielles ont de plus en plus de mal à obtenir le renouvellement de leurs crédits et approchent de l'asphyxie. Au total, la machine économique mondiale est en train de s'enrayer rapidement. Chacun devrait l'accepter et réagir. Même les observateurs les plus optimistes d'antan commencent à le reconnaitre : selon l'agence Bloomberg, en Asie, seulement un prêt sur huit fait en 2008 sera refinancé en 2009. Le pire est encore à venir
- Le parquet du New York Stock Exchange Reuters - La crise, chacun le sait, est largement de la faute des banques américaines, qui ont trop prêté et développé des produits spéculatifs. Pour les sauver, le Trésor américain leur a prêté de l'argent sans intérêt. Celles de ces banques qui n'ont pas fait faillite continuent à agir comme avant, inventant de nouveaux produits spéculatifs et ne prêtant, très chers, qu'à celles des entreprises qui n'ont pas vraiment besoin de leur argent. Elles ont, en plus, aujourd'hui, une raison supplémentaire d'agir ainsi: tous les régulateurs leur enjoignant de reconstituer leurs fonds propres, elles le font, non seulement en utilisant tous les artifices comptables rendus possibles par les réformes d'avril, mais aussi en refusant de prêter aux particuliers et en exigeant des intérêts énormes des grandes entreprises désespérément à la recherche de liquidités. Banques: le triomphe des coupables par Jacques Attali Banques: le triomphe des coupables par Jacques Attali
Parmi les résultats imaginaires du G20 de Pittsburgh, il y a l'idée que le G8, réunion de riches, est enfin remplacée par un sommet plus légitime, parce que représentant l'essentiel de la production et de la population de la planète. De fait, depuis des années, le G7 n'était plus que l'antichambre du G8, lui-même antichambre du G20; car les réunions au sommet des pays industrialisées étaient devenues l'occasion de rencontres pittoresques et vides de sens de mille et un chefs d'Etat et présidents d'institutions internationales. publicité Remplacer le G8 par le G20 est une défaite pour l'Europe, par Jacques Attali Remplacer le G8 par le G20 est une défaite pour l'Europe, par Jacques Attali
Fukushima: Sont ils tous fous? | Conversation avec Jacques Attali Fukushima: Sont ils tous fous? | Conversation avec Jacques Attali Depuis le terrible accident du 11 mars 2011, (un tremblement de terre de magnitude 9 et un tsunami d’une hauteur de 15 mètres), la centrale dévastée de Fukushima n’a, semble-t-il, causé aucun problème de santé hors du Japon. Au Japon, par contre, on a trouvé , dans des produits alimentaires, des niveaux de césium supérieurs à la norme autorisée. . De plus, à en croire certaines données japonaises, dont certaines ne sont pas encore traduites, la situation de Fukushima n’est plus sous contrôle. D’abord, 400 tonnes d’eau y entrent chaque jour, envoyé par l’opérateur, TEPCO, pour refroidir les réactions nucléaires qui s’y poursuivent, y sont contaminées, et viennent s’ajouter aux 280.000 tonnes d’eau contaminées qui s’y trouvent déjà. De plus, il y a dans la centrale des centaines de tonnes de matériaux très contaminés.
Conclusion
Jacques Attali: le monde, un marché sans Etat La crise actuelle va peut-être conduire à penser enfin le monde comme il est, et non comme on rêve qu'il soit encore: il n'est plus un ensemble de nations échangeant les unes avec les autres: il forme une économie globale de marché, sans Etat régulateur. Car le marché est mondial, alors que la démocratie, quand elle existe, est locale. Et l'économie prend ainsi le pas, pour l'instant, sur la géopolitique. Toutes les théories économiques classiques, qui, de Walras à Friedman, en passant par Pareto, Debreu, et bien d'autres, modélisent une économie de marché plus ou moins parfaite, sans Etat, trouvent enfin une raison d'être. Elles n'ont, et ne pouvaient avoir, aucune application pratique pour décrire les économies nationales puisque elles ne correspondent à aucune réalité là où existe un Etat. Jacques Attali: le monde, un marché sans Etat
Avancer par peur / L'express -7-mai-2009